Vous l’avez voulu, vous l’avez eu : un grand coup dans la fourmilière nommé Macron ! Grand vainqueur du référendum anti-Le Pen, notre nouveau chef de l’Etat a provisoirement le bénéfice du doute. «Le nouveau président aura nos colères et nos scepticismes, notre ironie et notre inquiétude, peut-être même notre tristesse, s’il s’avère, comme le craint Alain Finkielkraut, le destructeur du peu qui reste du monde ancien, mais il n’aura pas notre haine, en convient Elisabeth Lévy.

Circonspection de mise

Notre sérénissime directrice de la rédaction ose d’ailleurs une comparaison audacieuse : là où Jean-Pierre Chevènement aspirait à « faire turbuler le système » en appliquant enfin l’Autre politique mise sous le boisseau depuis Maastricht, Emmanuel Macron « n’est pas là pour renverser la table, plutôt pour la stabiliser et, si possible, mieux la garnir que ses prédécesseurs, ce qui, espère-t-il sincèrement, profitera à l’ensemble du bon peuple de France ». Et s’il échoue, « on ne pourra plus nous dire que c’est parce qu’on n’a pas fait assez vite ou assez fort et que nous avons besoin d’encore plus d’Europe », à la façon des éditorialistes de La Pravda réclamant toujours plus de socialisme scientifique en URSS…

L’identité remisée

A la fois soulagé et abattu, Alain Finkielkraut se félicite de la défaite de Marine Le Pen, stupéfiante d’amateurisme et d’incompétence lors du débat d’entre-deux-tours, mais redoute le pire pour le prochain quinquennat. La négation de la culture française au nom d’une société ouverte synonyme de multiculturalisme et de saut dans le village global. Notre ami québécois Mathieu Bock-Côté, grand pourfendeur du clone canadien de Macron alias Justin Trudeau, souligne à raison l’occultation de la question identitaire de la campagne alors même que celle-ci taraude les Français. Le spécialiste de l’opinion Jérôme Fourquet, qui officie à l’Ifop, confirme ce diagnostic : une très large majorité de nos concitoyens plébiscitent des mesures radicales contre le radicalisme islamiste et la submersion migratoire, ce qui n’a pas empêché le phénomène Macron de percer. Car son optimisme porteur d’espérance a séduit une grande partie des électeurs, et pas seulement dans les grandes métropoles mondialisées. Egalement interrogé dans nos colonnes, Christophe Guilluy explique la mise en minorité électorale de la France périphérique, démographiquement majoritaire, par l’incapacité du Front national à en rassembler toutes les composantes. Autre apport de notre dossier autour du président en marche, les révélations détaillées des liens qu’entretient son bras gauche Richard Ferrand, pressenti au gouvernement, avec le mouvement anti-israélien BDS.

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Un café, l’addition et Causeur !

Dans nos pages actualités, Luc Rosenzweig dénonce la censure par Arte d’un documentaire sur l’antisémitisme qui ne se contentait pas de rappeler les basses oeuvres du IIIe Reich mais pointait du doigt des judéophobes musulmans issus de l’immigration extra-européenne. Tempête sous un crâne antifasciste ! Cap vers le sud avec mon reportage à Toulon sur les valeureux Missionnaires de la miséricorde divine évangélisant les musulmans sur une terre de mission et mon entretien avec Vincent Raynayd, directeur du domaine italien de Gallimard. Cet esprit aiguisé dissèque l’esprit d’initiative transalpin, rétif au jacobinisme, à la fois de source de chaos et de dynamisme, notamment dans les petites villes.
Enfin, Thomas Morales regrette les très riches heures du festival de Cannes, dont la nouvelle édition s’ouvre aujourd’hui, naguère illuminé par les incandescentes Sophia Loren et Claudia Cardinale. Tandis qu’Emmanuel Tresmontant dresse un bilan globalement négatif du café français, Jérôme Leroy se souvient de Georges Perec, entré en Pléiade ces derniers mois. Achetez Causeur, en sus de tout ce que j’ai énuméré, une foule de « e » vous y attend !


Causeur #46 – Mai 2016 par causeur