Notre consœur Caroline Fourest a récemment fait une déclaration tout aussi intéressante que curieuse. Au sujet de sa série documentaire sur les extrémismes (politiques, religieux), elle a déclaré que « le journalisme est avant tout une pédagogie ».
Si cette assertion est compréhensible dans ce contexte – ces documentaires se sont attachés à rendre compréhensibles les divers mouvements qu’elle présente à un public télévisuel sans doute peu au fait de ces mouvances -, elle l’est déjà beaucoup moins dans son travail sur les Femen, clairement orienté et partial et dont Ovidie a fait une critique que j’aurais volontiers contresignée.
Hors de tout contexte, il me semblait tout de même que la fonction du journalisme est avant tout d’informer et de questionner, voire de donner à penser et débattre dans le meilleur des cas. Faire œuvre de « pédagogie », voilà qui en outre devrait inquiéter une profession qui, la plupart du temps, sait si bien se décrédibiliser à trop vouloir « pédagogiser », ce dont nombre de lecteurs se plaignent en cessant d’acheter des journaux jugés plus proches de la propagande que de l’information. Tout comme l’homme de théâtre a pour devoir de faire confiance à l’intelligence de son public, le journaliste peut se fier à celle de son lectorat.

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