« Le fait est que si, en Occident, le courant dominant des écrits sur le Troisième Reich a été et reste sans ambiguïtés hostile au nazisme, au cours des trente dernières années la majorité de ceux qui concernaient le communisme et l’Union soviétique ont été, à des degrés divers, bienveillants à leur égard. » Richard Pipes est un historien engagé et ne s’en est jamais caché. Un temps conseiller pour la Sécurité nationale de l’Administration Reagan, il est considéré comme un grand spécialiste de la Révolution russe dans laquelle il voit l’un des pires événements du XXe siècle. Son œuvre, très peu traduite  – et ceci explique peut-être cela – prend à rebours l’historiographie occidentale sur la question, comme il l’explique dans un petit livre synthétique, Les trois pourquoi de la Révolution russe, qui est la substantifique moelle de ses précédentes sommes : « Parmi les historiens occidentaux, l’idée qui prévaut est que la chute du tsarisme ainsi que le triomphe du bolchévisme étaient prédestinés alors que l’émergence de Staline comme successeur de Lénine a été une espèce d’accident. »
Les trois « pourquoi ? » qu’il pose, pour montrer l’importance du « facteur humain », aurait dit Graham Greene, dans ces événements de 1917 à 1924, sont : « Pourquoi le chute du tsarisme ? », « Pourquoi le triomphe des bolcheviks ? » et surtout « Pourquoi Staline a-t-il succédé à Lénine ? » Pipes insiste dans les réponses aux deux premières questions sur ce qu’il appelle l’« évitabilité » de tels événements.
Pour ce qui concerne le tsarisme, par exemple, il constate que, malgré les tensions sociales, peu de monde demandait en Russie un changement radical de société.

 

Les trois pourquoi de la Révolution russe, de Richard Pipes (Éditions de Fallois).

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