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“Asako I & II” : le premier amour est toujours le dernier

Allez voir le dernier film de Ryūsuke Hamaguchi, vous en sortirez bouleversé

“Asako I & II” : le premier amour est toujours le dernier
Erika Karata et Masahiro Higashide dans "Asako I & II", de Ryusuke Hamaguchi. ©Art House distribution

Asako I&II, le dernier film de Ryūsuke Hamaguchi, raconte l’histoire d’une jeune japonaise qui perd son premier amour et s’apprête à se marier, quelques années après, avec un homme similaire. Vous en sortirez bouleversé. 


Je fais toujours confiance à Éric Neuhoff. Parce qu’il est un excellent écrivain et que les écrivains parlent souvent mieux du cinéma que les professionnels de la critique. Ils ont déjà un énorme avantage sur ces derniers : ils savent écrire. Aussi, pour ne pas remonter trop loin dans le temps, quand Éric Neuhoff m’a incité à voir Cold War du Polonais Pawel Pawlikowski – avec Joanna Kulig, admirable – ou Leto du russe Kirill Serebrennikov, je n’ai pas hésité et je n’ai pas été déçu : ils resteront dans ma mémoire comme deux des très grands films de l’an passé.

Maya I, Maya II…

Et voici en ce début de l’an 2019 : Asako I&II du Japonais, Ryüsuke Hamaguchi, avec la sublime Erika Karata, film dont Éric Neuhoff  observe qu’il y a quelque chose de quasiment proustien dans ce Vertigo à l’envers. Le premier amour ne s’efface pas. Tout ce qui suit n’en est que l’écho. Chacun feint de l’ignorer, mais personne n’est dupe.

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La première fille que j’avais aimée à Lausanne s’appelait Maya (en sanscrit : l’illusion). La deuxième, je l’avais surnommée Maya 2. Ensuite, les numéros ont succédé aux numéros : nous n’aimons jamais que la même personne, même et surtout si nous voulons échapper à cette malédiction. Proust parlait de notre « poupée intérieure ». En est-il de même pour les femmes ?

Rendez-vous avez Asako

C’est toute l’histoire d’Asako I&II. Je me garderai bien de la déflorer. Mais s’il vous reste ne serait-ce qu’un vague résidu de sentimentalité, alors ne ratez pas ce rendez-vous avec Asako : vous en sortirez bouleversé. Et comme le dit Éric Neuhoff : ce n’est pas la pire manière de commencer l’année. Le Japon est aussi surprenant que le cœur des jeunes filles.

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