Home Brèves Affaire du piéton : lâchons les basques de Morano !


Affaire du piéton : lâchons les basques de Morano !

Lorsque quelqu’un est à la fois la cible de Stéphane Guillon et de Chantal Perrichon, l’intégriste présidente de la Ligue contre la violence routière, il devient urgent de le défendre. C’est pourquoi, une fois n’est pas coutume, je vais prendre la défense de Nadine Morano.

Alors qu’elle était le centre d’un cortège officiel, l’un de ses motards a percuté un piéton, lequel vient de sortir de l’hôpital avec un arrêt de travail de trois mois. Voici donc la ministre au centre d’une nouvelle polémique. Et notre Guillon de la moquer sur twitter, alors qu’elle n’y est absolument pour rien, puisqu’elle consultait un dossier, bien tranquillement à l’arrière de son véhicule, en train de rejoindre un avion à Villacoublay, lequel devait la transporter à Sarrebourg auprès du Premier Ministre[1. Et non dans sa ville de Toul, comme il avait été d’abord annoncé, certainement pour lui nuire.]. Et Madame Perrichon, la dame qui veut mettre des mouchards sur toutes nos autos, de fustiger l’existence même de cortèges officiels pour les ministres. C’est bien connu, un ministre est plus utile dans un embouteillage qu’au boulot.

Or, lorsqu’on lit le témoignage du jeune piéton, ce dernier n’en veut absolument à personne, ni au motard, ni évidemment à la ministre. Il n’a visiblement pas regardé, il n’a pas entendu les sirènes puisque il avait mis ses écouteurs. Il a été touché par le comportement de Nadine Morano qui s’est préoccupée de son cas et qui a eu des gestes aux antipodes de son image médiatique[2. Image dont elle est co-responsable avec les médias, dois-je préciser.]. Et il ne lui en veut pas du tout. Bref, c’est visiblement un type bien, qui se sent lui-même responsable de ce qui lui arrive, et ne cédera donc à aucune « envie de pénal » (P. Muray), à contre-courant des moeurs de notre époque.

C’est pourquoi ce jeune homme nous donne une leçon de vie. Il en donne une à Guillon, à Perrichon, aux sociétés d’assurances, tous ceux qui profitent de cette judiciarisation folle et ceux qui n’ont pour obsession que de faire payer l’autre. Mais il en donne une aussi à Nadine Morano, qui pourra méditer sur cette attitude, elle qui a le papier bleu plutôt facile, aussi bien avec les journalistes qu’en face des citoyens lambda.


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