Le canal 14 n’aurait pas rêvé meilleure campagne de publicité
Qui donc a eu cette splendide idée ? Vincent Bolloré lui-même ? L’ami Pascal Praud ? Dame Christine Kelly ? Les trois ensemble ?
Qu’importe ! Oui, quel coup de génie, tout de même !
Tous les Machiavel de la com’ stratégique réunis n’auraient pu trouver mieux. Lâcher dans la nature une croisade à deux balles pour pétitionnaires paresseux et bas de plafonds prônant la mise au bûcher de leur propre chaîne de télévision, en effet, qui aurait pu faire mieux? On se le demande.
Combien sont-ils à avoir mordu à l’hameçon ? On parle de centaines de milliers. C’est bien, mais c’est encore trop peu si l’on s’attarde à considérer combien la bêtise inquisitoriale, la connerie militante, compte, chez nous en France, de pratiquants et de sympathisants. Il manque encore du monde.
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Beaucoup de monde, et ils ne seront jamais assez pour que le coup de génie de la manip’ Bolloré atteigne son zénith et son plein effet.
Son plein effet ? Victimiser et victimiser encore et encore CNews. On le sait, par les temps qui courent, dans nos sociétés en voie de décomposition, on n’est rien ou bien peu de chose tant qu’on ne peut pas s’honorer du beau titre de « victime ». Eh bien, c’est ce que la pétition est en passe d’apporter sur un plateau d’argent à la chaîne honnie : le graal de la victimisation, les stigmates canonisants de la flagellation médiatique en place publique.
Corollaire de ce qui précède, plus les bataillons destructeurs enflent, plus la cible croit en importance. Regardez La Bastille. En 1789, les p’tits gars de la Révolution balbutiante auraient traité la grosse bâtisse par le mépris, elle serait restée ce qu’elle était en vérité un gros tas de pierres sans grand attrait. Or, ils l’ont pour ainsi dire sacralisée. Le mépris, voilà la clef, voilà la meilleure stratégie à déployer à l’encontre de ce à quoi l’on veut nuire. Le mépris qui relègue l’objet à combattre dans l’insignifiance, quasiment dans l’inexistence.
Erreur stratégique cardinale, donc, que celle de ces braves petits bénis-non-non du conformisme et de la bien pensance bobo-gaucho tombés dans le piège de cette pétition diabolique.
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Ils sont en panique, comprenez-vous. Alors ils ne pensent plus. Ils pétitionnent, ils censurent, ils délirent à la Don Quichotte, vous savez l’inspiré famélique qui prenait les moulins à vent de la Mancha pour de terrifiants géants.
Au fond, voulez-vous que je vous dise, ils sont touchants de se révéler aussi faciles à berner. Oui, touchants.
Je ne sais pas si Messieurs Bolloré et Praud, Madame Kelly ont prévu de les récompenser de quelques douceurs. Ce ne serait que justice devant l’ampleur quasiment sans précédent de la campagne publicitaire qu’ils s’emploient à leur offrir. En effet, si, dans le tréfonds de la France bien profonde il se trouvait encore une paire de pékins à ignorer l’existence de CNews ou à n’avoir toujours pas eu la curiosité d’y aller voir de plus près, cette anomalie, à n’en pas douter, devrait se trouver corrigée dans les prochaines heures.




