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Sexy, moi? Jamais!

Le regard libre d’Elisabeth Lévy


Sexy, moi? Jamais!
La vedette Sydney Sweeney © Image Press Agency/Sipa USA/SIPA

Puissante, libre, désirable: Sydney Sweeney est un icone féministe.


La comédienne Sydney Sweeney enrage les sportives avec un spot publicitaire. La star de la série Euphoria aux 26 millions d’abonnés sur Instagram fait la promotion d’un site de paris sportifs, Novif, dont elle est actionnaire. Écoutez :


Elle montre ses formes somptueuses en quasi-tenue d’Ève, gants de boxe, batte de baseball et autres babioles sportives cachant seulement ses parties les plus intimes. C’est torride et je n’exclus pas que ce spot ait un grand succès auprès du public masculin. « La femme poupée-objet, accessoire de la performance, dans toute sa splendeur », observe sévèrement Libé qui ne rigole pas avec la gaudriole. Le film déplaît souverainement aux vierges outragées du nouveau féminisme et à ces championnes, indignées par la « sexualisation du sport féminin ». Un affront à toutes les femmes qui en bavent pour rester au plus haut niveau, affirment-elles. Le sport, c’est de la sueur et des larmes, rappellent-elles avec force photos.

Je ne me rappelle pas qu’on ait déploré la sexualisation du sport masculin quand les rugbymen posent pour un calendrier ou que des footballeurs affichent leurs jolies tablettes de chocolat pour vendre des voitures. Personnellement, j’apprécie évidemment ces spectacles en esthète.

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Cela dit, ne peut-on pas comprendre qu’une athlète ne veuille pas être réduite à de jolies formes ?

Cette publicité ne parle pas des athlètes. Il faudrait rappeler aux dames patronnesses que ce qu’on voit à l’écran, c’est rarement la vraie vie. Derrière cette bronca, on retrouve évidemment le puritanisme qui tient le désir (particulièrement masculin) pour un crime du patriarcat.

Certes, il s’agit de mobiliser les pulsions sexuelles à des fins mercantiles, mais la volonté de convertir la libido en fièvre acheteuse est vieille comme la pub. Le sexy fait vendre. « Immonde, tonne la triathlète française Mathilde Tily, aucune somme d’argent ne devrait convaincre une femme d’offrir cette image. » De quoi je me mêle ?

Les sportives protestent à raison parce que leurs qualités athlétiques sont moins rémunérées que celles des hommes, mais elles ne peuvent pas tolérer qu’une femme suscite le désir, l’assume et en tire profit. Il faut dire qu’en plus on soupçonne Mlle Sweeney de voter pour Donald Trump. Aussi voudrait-on en faire l’icône des trad-wives. C’est tout le contraire. Sydney Sweeney est une femme puissante, libre, qui fait ce qu’elle veut de son corps. Pour moi, c’est une héroïne féministe.

Retrouvez Elisabeth dans la matinale de Sud radio, du lundi au jeudi



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Fondatrice et directrice de la rédaction de Causeur. Journaliste, elle est chroniqueuse sur CNews, Sud Radio... Auparavant, Elisabeth Lévy a notamment collaboré à Marianne, au Figaro Magazine, à France Culture et aux émissions de télévision de Franz-Olivier Giesbert (France 2). Elle est l’auteur de plusieurs essais, dont le dernier "Les rien-pensants" (Cerf), est sorti en 2017.

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