Gouverner, c’est aussi interdire : lors de la canicule, la macronie a encore brillé dans l’art de masquer sa faillite en panoplie d’urgentiste. Et si l’Etat-nounou finissait par promouvoir l’alternative libérale ?
La suspension de l’épisode caniculaire, ce week-end, contrarie l’Etat-nounou. Rien n’excite davantage un pouvoir impuissant que les sautes de la nature. Elles lui permettent, sadiquement, d’infantiliser les citoyens épuisés. Hier, dans Le Parisien Dimanche, le ministre de l’Intérieur, vêtu de sa panoplie d’urgentiste, se flattait d’avoir été à l’initiative de 336 mesures, dont 64 arrêtés d’interdiction d’événements sportifs et 14 arrêtés pour les événements culturels. Parmi les décisions décrétées par Laurent Nunez à destination des préfets : celle visant, au prix d’un autoritarisme peu probant, à interdire la vente et la consommation d’alcool à certaines heures et dans certains lieux. Lors de l’hystérie covidienne, la technocratie s’était déjà surexcitée en concoctant des confinements sanitaires inutiles et un angoissant hygiénisme imposant le non-contact jusqu’au sein des familles. Mais ces agitations d’un Etat apparemment empathique ne sont destinées qu’à feindre une protection de la société. En réalité, jamais les Français n’ont été si peu préservés des violences et des insécurités. Pire : le lynchage de Louis, 17 ans, vendredi à Narbonne, tué à coups de pieds dans la tête par cinq adolescents confiés comme lui à l’Aide sociale à l’enfance (ASE) (« Wallah, on l’a mis KO ! »), a dévoilé l’ensauvagement de cette institution qui a la prétention, au nom de l’Etat-mamma, d’aider des parents désemparés. Hier, dans le JDD, la mère de Louis a dit sa colère : « Ce n’est pas le temps du deuil. C’est le temps de la guerre (…) ».
Le régime est prêt à tous les artifices pour masquer l’effondrement du système. La dette publique vient de dépasser les 3500 milliards d’euros. Elle aura augmenté de 1280 milliards en dix ans de gestion du « Mozart de la finance », intronisé par ses parrains de Davos. Résultat : une intervention du FMI est envisageable. Parmi les services publics déglingués, prendre le train est un saut dans l’inconnu tant la SNCF additionne sur une même journée (scènes vécues) des pannes saugrenues.
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Plus généralement, à mesure que la réalité contredit la propagande, la macronie cherche toujours plus brutalement à maîtriser son récit, avec l’appui de médias dénonçant du « racisme » dans la moindre description de la guerre civile qui s’installe. C’est ainsi que l’Arcom a de nouveau mis CNews, chaîne privée, en demeure de respecter les rappels à l’ordre du pouvoir et du Conseil d’Etat qui exigent un droit de regard sur une ligne éditoriale jugée trop indocile. Dans une tribune publiée vendredi par Le Figaro le patron de Canal+, Maxime Saada, a qualifié cette énième procédure de « décision politique » visant un seul objectif : « Faire taire, puis faire disparaître, une chaîne que des millions de Français choisissent librement chaque jour ».
Pourtant, en dépit de ses délitements, l’Etat ventripotent et aboulique ne subit que de rares critiques tant l’alternative libérale est encore considérée par le monde politique comme un tabou. Pourtant c’est cette issue qui s’observe dans le réveil de la société civile et ses débrouillardises. Désireux de reprendre leur destin en mains, les Français oubliés instruisent le procès d’un Leviathan étouffant et brutal. Ils font du libéralisme comme Monsieur Jourdain faisait de la prose…




