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Un week-end dans « Le Monde »

La chronique de Gilles-William Goldnadel


Un week-end dans « Le Monde »
D.R.

Chaque jour que Dieu fait, le président d’Avocats sans frontières s’astreint à la lecture du «quotidien de référence».


Nous sommes le dimanche 24 mai. Il est autour de midi. Je viens d’achever ma lecture du Monde. Ce n’est pas un plaisir, mais un devoir. À l’instar de l’écoute quotidienne de France Inter, de mes séances régulières de gymnastique et de ma visite annuelle chez le dentiste.

Échantillons :

Un éditorial approuvant la résolution à l’ONU en date du 25 mars, selon qui la traite esclavagiste transatlantique est « le plus grave crime contre l’humanité » de tous les temps. Le Monde reproche à la France de n’avoir pas voté ce texte sous le prétexte, insuffisant à ses yeux, de ne pas vouloir hiérarchiser les malheurs du monde. Mais rien de rien sur la traite esclavagiste arabo-islamique pourtant plus ancienne et plus cruelle. Et qui perdure encore. Walou.

Une tribune d’artistes progressistes (pardon pour la formule pléonastique) qui mettent en garde contre la « mainmise idéologique de l’extrême droite sur les espaces d’art et de pensée en France ». À titre d’exemple, ces belles âmes citent la commission d’enquête sur l’odieux visuel de sévices publics menée par l’ignoble Charles Alloncle. Il est vrai que France Inter et France Info sont les remparts du pluralisme culturel et politique…

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Un article sur l’action judiciaire menée par la CGT spectacle et la Ligue française des droits de l’homme contre le groupe Canal+, accusé d’une manière de maccarthysme. À aucun moment il n’est rappelé que la pétition à l’origine de l’affaire, parue dans Libération au début du dernier Festival de Cannes, taxe Vincent Bolloré de « crypto-fasciste ». À dire le vrai, être poursuivi par la CGT et la LDH, toutes deux décrédibilisées depuis longtemps pour leur extrémisme extrême, vaut mieux qu’une Légion d’honneur. Notez que, si cette action triomphe – pour autant qu’elle soit menée jusqu’au bout –, je veux bien troquer ma robe d’avocat pour une autre en bure.

Une tribune contre Patrick Bruel, rédigée par une avocate expressément adepte de MeToo. À aucun moment, la présomption d’innocence, même partielle, n’est seulement envisagée. Étrange pour une juriste même très engagée. Si j’étais le conseil de l’artiste, je ferais bien un petit quelque chose.

Une interview d’un intellectuel palestinien aux États-Unis par Benjamin Barthe. Je rappelle que ce journaliste du Monde est l’époux à la ville d’une Palestinienne qui a célébré dans l’allégresse certains faits s’étant déroulés un certain 7 octobre. La même, qui publie sur X ses pensées sous l’enseigne « Free Palestine », a recommandé à Dieu l’âme du chef du Hamas lorsque celui-ci a été rappelé à lui avec un petit coup de main de Tsahal. Toujours est-il que l’intellectuel palestinien se félicite de constater que la popularité d’Israël baisse aux États-Unis. Il tient bien évidemment à largement relaxer les détracteurs de l’État juif dans les facultés américaines de tout antisémitisme. L’interview est longue et détaillée. Pourtant, à aucun moment Benjamin Barthe ne songe à questionner son interviewé sur le Hamas et le 7-Octobre. Madame sera contente.

Il est dimanche 15 h 23. C’était un week-end dans Le Monde.

Qui ne tourne vraiment pas rond.

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Article extrait du Magazine Causeur




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