Un fait divers qui devient un fait de société qui provoque une affaire d’État, avant de finir en affaire classée, définitivement enterrée: c’est un feuilleton malheureusement déjà vu.
Si l’assassinat de la petite Lyhanna par Jérôme Barella bouleverse l’opinion, son exploitation politique laisse dubitatif. Les uns et les autres exigent que des têtes tombent, comme l’a martelé Gabriel Attal dans Le Figaro : ce drame « aurait pu être évité si la justice avait fonctionné correctement. […] Dans cette affaire, quelqu’un devra payer. Les Français ont le droit de savoir ce qu’il s’est passé. » L’expérience prouve pourtant que… sanctionner ou sectionner un maillon faible ne sert à rien quand c’est toute la chaîne de la justice qui déraille, car trop axée à gauche. Le premier février 2011, à Pornic, en Loire-Atlantique, est découvert le corps de Laëtitia, 18 ans. Elle a été tuée par Tony Meilhon, un multirécidiviste qui a bénéficié des largesses de la justice.
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Alors président de la République, Nicolas Sarkozy annonce qu’il va nettoyer les écuries : « Quand on laisse sortir de prison un individu comme le présumé coupable sans s’assurer qu’il sera suivi par un conseiller d’insertion, c’est une faute. Ceux qui ont couvert ou laissé faire cette faute seront sanctionnés. » Deux semaines plus tard, après une enquête menée dare-dare, le ministre de la Justice, Michel Mercier, annonce une sanction : le directeur interrégional des services pénitentiaires de Rennes est démis de ses fonctions. Le Syndicat de la magistrature s’indigne : « Il n’y a qu’une sanction, mais c’est une de trop. » Dans un premier temps, le directeur démis, C.-Y. L. (donner son nom ne ressusciterait pas Laëtitia…) est mis au placard. Mais rapidement réhabilité. Par arrêté du garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Libertés, en date du 27 décembre 2011, M. C.-Y. L. est nommé inspecteur territorial des services pénitentiaires de Toulouse pour une durée de trois ans, à compter du 1er février 2012. Et en 2014, il fera valoir ses droits à la retraite.




