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Agnès: la fillette qui humilie l’Éducation nationale

Quand une Savoyarde de neuf ans met le système à l'épreuve


Agnès: la fillette qui humilie l’Éducation nationale
Réseau social X/Twitter, Nicolas (@nb4ld), de l'article "Notre fille vient de passer le brevet. Elle a 9 ans. Ça n'est pas une bonne chose."

Alors que le brevet 2026 enregistre son plus mauvais résultat depuis vingt ans – 81,6 % d’admis, quand même – , Agnès, neuf ans, a décroché le diplôme avec mention bien sans avoir jamais mis les pieds dans un collège…


À seulement neuf ans et deux mois, une fillette savoyarde décroche le brevet des collèges avec mention bien. Elle n’a jamais mis les pieds au collège. En effet, à l’instar de John Stuart Mill, Blaise Pascal, Thomas Edison, Pierre Curie, Wolfgang Amadeus Mozart, Orson Welles, Abraham Lincoln, Marguerite Yourcenar, Luc Ferry, Agatha Christie, Billie Eilish, Ryan Gosling, Maud Fontenoy, Serena et Venus Williams, elle a été instruite en famille. Ses parents, Katya et Nicolas, ont utilisé des manuels des années 1950, convaincus que les programmes actuels étaient trop orientés et trop peu exigeants. Pendant ce temps, l’Éducation nationale fabrique des illettrés en série et le niveau des élèves ne cesse de chuter dans les classements internationaux.

Le cas Agnès : quand une enfant « normale » ridiculise le système

Agnès Baldeck, de La Chapelle-Blanche (Savoie), a passé les épreuves du brevet en candidate libre au collège Garibaldi d’Aix-les-Bains, fin juin 2026. Résultat : une moyenne de 15,85/20 et une mention bien. Elle a obtenu 16 en mathématiques et en français, 17 en sciences et 20 en anglais. Seule ombre assumée : un 5 en Enseignement moral et civique (EMC). Son père, Nicolas Baldeck, explique sans détour qu’il avait donné un conseil stratégique à sa fille : « Elle avait la consigne de sacrifier l’EMC, de faible coefficient, pour avoir plus de temps à consacrer à l’histoire-géographie. » Un choix assumé qui en dit long sur leur vision : prioriser les fondamentaux plutôt que les matières jugées idéologiques.

Déscolarisée depuis le Covid, Agnès ne travaille que trois heures par jour. Elle peut ainsi consacrer le reste de son temps à la danse, au tennis, au patinage artistique et à la clarinette. Sa mère, diplômée de l’EM Lyon, complète les leçons classiques par des chansons générées par l’IA. Ses parents affirment qu’Agnès n’est pas un génie, mais simplement une fillette à qui l’on a offert les méthodes d’avant le grand effondrement pédagogique. Les manuels de mathématiques et de français des années 1950 suffisent à dépasser ce que l’école publique d’aujourd’hui exige à 14 ou 15 ans. Le brevet d’aujourd’hui correspond au niveau d’un CM1 d’il y a soixante-dix ans. L’école française a capitulé.

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Nicolas Baldeck le dit crûment : « Passer le brevet à 9 ans, ce n’est pas normal. Passer ce brevet à 9 ans, ça devrait l’être. Son niveau correspond à ce que les enfants de cet âge faisaient il y a quelques décennies. On le sait : nous utilisons les manuels de l’époque. » Puis le père de famille, qui utilise des manuels des années 1950, conclut : « Ce système a baissé les bras. Il a cessé d’être exigeant, cessé d’être ambitieux… »

Une faillite qui s’affiche noir sur blanc

Les chiffres tombés en juillet 2026 sont sans appel : 81,6 % de réussite au brevet, en chute de 3,9 points. Un niveau historiquement bas depuis 2006, accentué par la réforme qui renforce le poids des épreuves terminales. La série professionnelle s’effondre de plus de dix points. Pendant que l’institution « pleure » ses résultats et multiplie les ajustements cosmétiques, une enfant de neuf ans, formée « à l’ancienne », la ridiculise.

Cette nouvelle baisse n’est pas un accident. Elle s’inscrit dans une dégringolade continue, confirmée par les évaluations nationales et internationales. L’école unique, obsédée par l’inclusion forcée, le rythme collectif et la formation aux « valeurs de la République », freine les plus rapides, décourage les professeurs et abandonne les enfants au milieu.

L’instruction en famille étouffée en France pour des raisons idéologiques

Dans les pays où l’instruction en famille est libre, elle démontre ses bons résultats. Aux États-Unis, plus de trois millions d’enfants y ont recours : leurs résultats sont supérieurs à la moyenne nationale en lecture et en mathématiques, et leur taux d’admission dans l’enseignement supérieur est souvent excellent. Sont-ils moins socialisés ? Au contraire : ils ont le temps de fréquenter des clubs sportifs, des associations et de voir plus souvent leur famille élargie. C’est finalement plus riche et plus varié qu’une cour de récréation.

En Finlande, pays régulièrement cité en exemple pour les performances de son système scolaire, l’IEF est libre. L’État y collabore avec bienveillance en organisant des examens pour les élèves concernés. En Angleterre, en Irlande, aux Pays-Bas et en Norvège, la réglementation est souple, les résultats probants et la liberté pédagogique réelle. Les études convergent : les enfants en IEF sont généralement plus autonomes, curieux et résilients.

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En France, la loi Blanquer de 2021 a mis fin à une liberté qui concernait pourtant plus de 70 000 enfants. Le régime de déclaration simple a été remplacé par une autorisation préalable restrictive délivrée par le DASEN. Le motif officiel était la lutte contre le « séparatisme islamiste ». Dans la pratique, ce verrou administratif cible prioritairement les familles traditionnelles, chrétiennes ou simplement attachées à une éducation classique, rigoureuse et non conformiste. Derrière le prétexte sécuritaire se cache un projet idéologique : l’État veut le monopole de la formation des esprits. L’école doit produire des individus « inclusifs », alignés sur les normes progressistes du moment, et non des citoyens cultivés et indépendants d’esprit.

Agnès incarne ce que le pouvoir redoute : la démonstration éclatante qu’on peut réussir mieux hors de l’appareil. Même si sa mère, Katya, mathématicienne, a demandé à une intelligence artificielle d’inventer des exercices permettant à Agnès de se familiariser avec les consignes absurdes de certains intitulés. « On appelle ça la méthode Ombrage. » Dolores Ombrage est l’une des professeures de Harry Potter, connue pour sa cruauté bureaucratique et son autoritarisme : elle réprime les élèves qui demandent des comptes sur ce qu’ils apprennent en classe. Voilà où conduit le système scolaire actuel…

Le brevet en poche, que va devenir Agnès ? En France, rien n’est prévu pour ce genre d’élèves : elle ne peut pas intégrer une classe de seconde, car elle n’a pas l’âge requis. Les Baldeck envisagent donc de s’expatrier, sans doute en Irlande.

Vers la liberté éducative

L’histoire d’Agnès n’appelle pas à généraliser l’IEF à tous les foyers : elle exige investissement, culture et organisation. Mais elle pose des questions que l’Éducation nationale refuse d’entendre : pourquoi un système qui coûte des milliards produit-il des résultats aussi médiocres ? L’école française est-elle encore réformable ou faut-il la contourner massivement ?

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Interrogée sur les réformes souhaitables, la mère d’Agnès s’est montrée simple et clairvoyante : « Il faut supprimer la carte scolaire, accorder une liberté totale aux établissements et les subventionner en fonction du nombre d’élèves qui s’y inscrivent. » Il est évident qu’une saine concurrence entre établissements, ainsi qu’un retour à une réelle liberté d’instruire ses enfants à la maison, obligerait l’Éducation nationale à se remettre en question.


Références principales : 
Classement Pisa 2023 : la France 23e, le niveau des élèves dégringole en mathématiques et en lecture
DEPP (résultats brevet 2026), NHERI (Brian Ray), Cardus Education Survey, travaux de Peter Gray (Free to Learn),  Home Education Research , Alan Thomas & Harriet Pattison




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Lisa Hirsig est enseignante, chroniqueuse, auteur de "La grande garderie" (Albin Michel) et membre de l’IREF.

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