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Des machettes du Rwanda aux chrysanthèmes d’Ottawa

Louise Arbour est la nouvelle gouverneure générale du Canada


Des machettes du Rwanda aux chrysanthèmes d’Ottawa
Louise Arbour et le roi Charles III à Londres, hier © Yui Mok/AP/SIPA

L’ancienne juge de la Cour suprême Louise Arbour a rencontré hier le roi Charles III au palais de Buckingham (notre photo), en amont de sa prestation de serment le 8 juin prochain comme 31e gouverneure générale du Canada.


« L’ONU, ce machin ».
Charles de Gaulle.


Le Premier ministre Carney a choisi une vedette internationale qui s’est illustrée dans la défense des droits de l’homme pour occuper le poste de gouverneure générale, représentante du monarque Charles III, défenseur de la foi anglicane au Canada. Elle succèdera le 8 juin prochain à Mary Simon, qui elle-même avait succédé à Julie Payette, ex-astronaute mal lunée, qui fut prématurément démissionnée en raison de son comportement tyrannique envers ses subordonnés inspiré des Klingons. (« Ottawa, we have a problem »). Surprise : ces deux gentes dames avaient été choisies par nul autre que Justin « Blackface » Trudeau.

Fin du forfait «324 heures» : Louise Arbour fera économiser 52 000$ de cours de langue à l’État

Mme Simon accéda au trône canadien en dépit de son incapacité à parler français (langue officielle de traduction au Canada) et elle a même aujourd’hui l’outrecuidance de se plaindre d’attaques « injustes » à ce sujet puisque, née et scolarisée dans le nord du Québec, elle n’a pas eu l’« occasion » d’apprendre le français vu qu’elle fréquentait des écoles pour Autochtones dont le programme était exclusivement en langue anglaise, ce qui était logique vu qu’elles étaient administrées par le gouvernement fédéral (Au passage, voilà qui est instructif quant à la place traditionnellement accordée à la langue de Chateaubriand depuis toujours par les autorités canadiennes). Elle déclare en gémissant :

Bien sûr, je trouve cela injuste, tout simplement parce qu’on ne peut pas apprendre une langue du jour au lendemain. Je n’ai pas eu l’occasion, comme d’autres, d’apprendre le français quand j’étais enfant… Lorsque les attaques ont commencé, cela m’a semblé vraiment étrange d’être la cible de ces critiques alors qu’un comité entier chargé d’examiner le processus était parvenu à la conclusion que j’étais la bonne personne.

Mme Simon joue les ingénues : l’approbation des pantins de Justin Trudeau (dont le français est plutôt fantaisiste) ne prouve rien.

Elle essaie de convaincre la population qu’elle a fait de gros efforts pour maîtriser le français. Pour la seule année 2025, l’État consacra 52 000 $ pour 324 heures de cours de français. Mais elle peut maintenant comprendre un texte écrit! On peut penser qu’elle n’obtiendra pas de contrat publicitaire de Berlitz. Signalons simplement aussi que lorsqu’une entreprise recrute une secrétaire bilingue, elle doit être pleinement opérationnelle le jour même de son entrée en fonction.

(A titre de comparaison, les membres de la famille royale belge doivent connaître les trois langues nationales : le néerlandais, le français et l’allemand. Le Canada fait pâle figure…)

Mme Simon n’était donc pas qualifiée pour ce poste régalien et il fallait un manque complet d’intégrité pour l’accepter; mais… un traitement annuel royal de presque 400,000 $CAD pour inaugurer les chrysanthèmes, sans oublier les avantages (pas si) marginaux et la belle retraite dont il est assorti, ça se trouve pas sous le pas d’un cheval.

Le changement c’est maintenant

Mais ne nous appesantissons pas sur le passé. Cap sur l’avenir. Quelle avancée avec Louise Arbour!

Son CV a de quoi impressionner. En voici quelques éléments. Une success story à l’américaine pour la fille de barons de l’hôtellerie.

Elle fut professeure de droit, puis magistrate en Ontario.

Le point de départ de sa gloire internationale fut sa nomination au poste de procureure générale du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) et du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) en 1996. Chose curieuse, elle ne comptait aucune expérience dans la pratique du droit pénal, que ce soit en défense ou au sein d’un ministère public. Ses brillantes cogitations dans la salle de classe feutrée et ses éminentes contributions doctrinales sont admirables, mais, pour ce genre de poste, on aurait plutôt pensé à un procureur qui a mis ses deux mains dans le cambouis en pourchassant de gros trafiquants de drogue. Mais baste! On comptait sur elle pour apprendre sur le tas des cadavres découpés à la machette.

Cela dit, pur hasard, sa nomination coïncida avec une subvention de 2 millions $ au Fonds du Tribunal international pour le Rwanda accordée par… le gouvernement canadien. D’aucuns y verraient une sorte de quid pro quo, d’autant que le gouvernement canadien, la risée du monde international, n’a souvent d’autre possibilité que se monnayer une reconnaissance. Cela dit, on ne saurait reprocher à Mme Arbour pendant son mandat une résistance acharnée aux fermes suggestions émanant des grandes puissances; notamment, le gouvernement américain n’a jamais eu de motifs de grief à élever contre elle.

Incidemment, par la suite, en 2016, la lanceuse d’alerte Florence Hartmann fut kidnappée à La Haye (Pays-Bas) par les tontons macoutes du TPIY et illégalement emprisonnée et frappée d’une amende. La chambre d’appel de cette « star chamber » (en v.o., « chambre étoilée » en v.f.) déclara, sans rire :

Par rapport aux principes reconnus par la Convention européenne en matière de liberté d’expression… la Chambre d’appel n’est pas liée par les décisions des juridictions régionales ou internationales, y compris la Cour européenne des droits de l’homme.

A chacun donc d’apprécier la participation de Mme Arbour aux activités de ces juridictions spécialisées empêtrées dans de multiples scandales internes et externes, qui n’ont connu que des lamentables échecs. Mais, à défaut d’enquêtes proactives de sa part, passeront à l’histoire du droit ses beaux ouvrages doctrinaux publiés par elle au cours de son mandat.

A partir de 1999, Mme Arbour siégera cinq ans à la cour suprême du Canada. Puis en 2004, elle devint Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme. Pendant cinq ans, elle batailla pour le respect des droits de l’homme avec la précieuse et irremplaçable aide d’États membres aussi éminents et motivés que l’Arabie saoudite. Mais, comme par hasard, faisant preuve d’une malléabilité de circonstance, elle se retourna cette fois contre les nombreux États occidentaux auxquels elle avait jadis donné satisfaction : il allait désormais sans dire que, parmi les 193 états membres de l’ONU, seuls ceux-ci pouvaient nourrir des velléités de contrôle du Haut-Commissariat. Elle fit une peu glorieuse sortie en 2008.

Mais tout est bien qui finit bien : le royaume canadien a maintenant une gégé bilingue, français-anglais! Tous les Canadiens se reconnaîtront en elle. Surtout que sa compétence en matière de relations publiques n’est plus à démontrer.




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