Au Festival de Cannes, le Prix Ecoprod met en lumière les artistes et productions qui s’engagent enfin dans la transition écologique. Aure Atika a adoré le lauréat japonais de cette année.
Dans Hôtel du Nord, Raymonde (Arletty) balance à Edmond (Louis Jouvet) une des plus célèbres répliques du cinéma : « Atmosphère ! Atmosphère ! Est-ce que j’ai une gueule d’atmosphère ? » Si le film de Marcel Carné avait été réalisé de nos jours et présenté au dernier Festival de Cannes, peut-être aurait-il été en compétition pour le prix Ecoprod, du nom de l’association qui l’a créé, afin de récompenser les films les plus « écoresponsables ».
Sans doute, un membre du jury écologiste aurait-il relevé « la manière subtile avec laquelle le scénariste a abordé un des problèmes majeurs de notre époque, à savoir le rejet par l’homme du CO₂ dans l’atmosphère ». Cela aurait-il suffi pour remporter le prix en question ? Probablement pas : pointilleuse, l’association Ecoprod, qui a calculé qu’une heure de contenu cinématographique émettait en moyenne 16 tonnes de CO₂ , tient à récompenser les équipes cinématographiques réduisant le plus possible leur « impact environnemental » en termes de transports, de décors, d’hébergement et d’alimentation.
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Pour ce faire, elle met à la disposition des réalisateurs un « calculateur carbone » homologué par le CNC qui, de son côté, offre une prime de 28 000 euros aux productions qui, ayant quémandé une subvention, respectent certains engagements de sobriété et réduisent ainsi drastiquement leur « bilan carbone », nous apprend le média Reporterre. Cette année, c’est le film de Ryusuke Hamaguchi, Soudain, qui a remporté le prix Ecoprod. Vertueux comme pas deux, le réalisateur japonais a non seulement entraîné ses équipes techniques sur le chemin de l’écologie mais, « dans un souci de cohérence entre la démarche écoresponsable et le sujet humaniste du film », il a également demandé à ses interprètes de « suivre une formation de trois jours à l’humanitude, une méthode de soins visant à accompagner les personnes dépendantes dans le respect de leur dignité ».
Admirative, l’actrice Aure Atika, présidente du jury Ecoprod, a gratifié l’équipe du film d’une réflexion qui restera dans les mémoires : « Comme si la conscience écologique réveillait le sens du collectif. » Quel cinéma !





