À quoi a donc pensé notre chroniqueur en faisant l’éloge de la créature aux sabots fendus, impure dans la Bible et proscrite par le Coran ? Par les temps qui courent, quand dîner entre amis est suspect aux yeux de la gauche, chanter le porc est d’une imprudence folle…
Ainsi parle le Poète :
« S’en allant aux tects, où restait enfermé le peuple des gorets, il en prit une paire, les rapporta, les immola, les fit flamber et, les ayant tranchés menu, les embrocha.
« Quand ce rôti fut prêt, il l’apporta fumant, le mit devant Ulysse, à même sur les broches, en saupoudra les chairs d’une blanche farine, et mélangea dans sa jatte un vin fleurant le miel… » (Odyssée, XIV)
Il est plus que temps de réécrire les classiques : entre la consommation de cochon et l’absorption de vin, Homère n’est pas du tout hallal. C’est que les Grecs — et les Romains — mangeaient volontiers du porc : la truie met bas une douzaine de porcelets, au bas mot, ils se nourrissent du tout-venant, grossissent à vue d’œil et surtout, ils ont une chair exquise : il y a quelques jours, j’ai cuisiné un filet mignon Wellington qui marquera l’histoire des délectations.
De quoi me faire traiter de fasciste par les hurluberlus qui ont manifesté le 30 mai à Colmar contre un banquet organisé par le Canon français. Depuis des mois les militants de LFI et consorts tentent de faire annuler administrativement ou légalement ces manifestations de la convivialité à la française — la même que celle des grands banquets républicains du XIXe siècle.
Le Canon français perçus par certains comme une forme de résistance
Le cochon était le roi de ces banquets populaires, organisés depuis la Fête de la Fédération en 1790, et par lesquels on entrait dans la communauté des Français. Pierre Birnbaum, dans La République et le cochon (Seuil, 2013), raconte comment les juifs avaient alors mis au point un double standard : le porc restait interdit à la maison, conformément au Talmud, mais il était permis aux Israélites d’en manger dans les fêtes collectives. C’est qu’ils étaient assez intelligents pour dissocier la personne privée et l’être public, afin de s’intégrer tout en restant fidèles à eux-mêmes.
Mais, m’objectera-t-on, c’était une France majoritairement paysanne qui s’exprimait alors. Et peut-être faut-il réserver désormais le droit de vote aux urbains qui se nourrissent de vélos électriques et de quinoa d’importation…
Que les musulmans d’aujourd’hui refusent non seulement de manger du cochon (dans lequel tout est bon), mais fassent pression sur les collabos de gauche pour qu’ils s’opposent aux banquets organisés çà et là par le Canon français en dit long sur le fait qu’ils se sentent désormais assez forts pour faire sécession, refuser la République qui les subventionne et pour imposer aux autres leur fanatisme.
Car convenons-en, il faut être fanatique pour refuser de goûter à un porcelet ingénieusement désossé, farci, recousu et cuit à la broche où on l’arrosera, deux ou trois heures durant, d’un mélange aromatique de thym et de laurier émietté, sel et poivre en sus. En arrosant ces agapes d’un rouge plein de corps — un Rasteau de chez moi, par exemple…
Ce n’est pas une question de hiérarchie entre les groupes humains, mais de volonté d’intégration et d’assimilation : les sectateurs de Mahomet, comme on disait jadis (tout au moins les islamistes militants, qui vivent sous la loi des Frères musulmans) ne veulent plus s’intégrer à la nation française. Parce qu’ils sont en train de la conquérir, et que l’envahisseur impose ses coutumes aux peuples vaincus. Voyez ce que les Romains ont fait des Gaulois, ou ce que les Saxons ont fait de l’Angleterre romaine.
Nous en sommes là, et ces banquets du Canon français, vilipendés par les bien-pensants au nom du vivre-ensemble, concept de plus en plus restrictif, sont une forme de résistance à ce grignotage patient du pays par des coutumes nées dans les sables du désert.
Créolisations
Les nouveaux barbares ne cherchent plus à se faufiler dans le tissu français pour s’y dissoudre, mais pour l’anéantir. Imposition de vêtements burlesques et discriminants, au mépris de la Constitution et des droits de la femme, nouveau calendrier scandé par des fêtes venues de déserts lointains, port généralisé de la barbe, amour, jusqu’au carnage, des équipes de foot pourvu qu’elles soient black-beur et ne comptent plus guère de Blancs, cette non-couleur honnie par les « racisés » (toute personne qui utilise sérieusement ce terme ignoble devrait être poursuivie en justice), et revendications fort sérieuses sur la nécessité d’indemniser les uns pour un esclavage qu’ils ont souvent organisé eux-mêmes, les autres pour une colonisation qui leur a tout appris et tout laissé.
Car enfin, pour parler un instant de colonisation, que sont les Arabes qui ont envahi le Maghreb sinon des colonisateurs ? Les Berbères, légitimes occupants de l’Algérie, devraient leur demander des indemnisations colossales pour tant de siècles d’occupation et de massacres — ou les virer d’un pays qu’ils occupent indument et dont ils exploitent les ressources sans en faire profiter les propriétaires historiques, et en les insultant au passage.
Mais la tâche serait ardue : les Algériens, quand par hasard ils se lancent dans des enquêtes sur leur ADN, s’aperçoivent qu’ils sont à peine arabes sur les bords, quelque peu turcs, pas mal français, voire juifs séfarades, et majoritairement kabyles. Et qu’ils parlent une langue qui est essentiellement mêlée de berbère et de romanité — ce qui fait hurler de rire les Arabes du Moyen-Orient.





