A Loosdrecht aux Pays-Bas, la mairie de la commune a été remplacée par un centre pour migrants. La plupart des habitants se rebellent.
Aux Pays-Bas, la révolte anti-migrants gronde dans un village propret qui a vu sa mairie réquisitionnée pour accueillir une centaine de jeunes demandeurs d’asile. Des habitants de Loosdrecht, aux bords du lac du même nom, ne comptent pas se laisser faire pour autant. Les femmes y sont en première ligne dans le combat, assurent-elles, pour la sécurité de leurs filles. C’est que Monsieur le maire vient de céder au diktat de l’État d’héberger dans « sa » mairie des « demandeurs d’asile masculins, jeunes et non accompagnés ».
Trois soirées de heurts
Des mots comme autant de chiffons rouges dans un pays où de jeunes et faux réfugiés maghrébins et syriens, dont les chances d’obtenir l’asile politique sont quasi nulles, jouissent d’une réputation exécrable. Non seulement du fait de leurs nombreux larcins et comportements agressifs envers les contrôleurs des transports publics, mais aussi pour leur attitude machiste envers de jeunes Néerlandaises.
Loosdrecht, situé à une trentaine de kilomètres au sud d’Amsterdam, avec quelque neuf mille habitants, était déjà mécontente de perdre son indépendance administrative pour être incorporée dans la ville, pas si voisine, d’Hilversum. Voir leur mairie, désormais inoccupée, destinée à l’accueil de jeunes indésirables était le pied-de-nez de trop pour ce village plutôt huppé situé dans le « cœur vert » de la Hollande, région jalousement protégée contre l’urbanisation galopante de l’ouest du pays.
Pendant trois soirées consécutives1, des villageois, avec des renforts pas forcément désirés de jeunes ultras vêtus de noir venus d’ailleurs, ont vainement tenté de prendre d’assaut la mairie de tous les malheurs. La police antiémeute a parfois été attaquée avec de lourds pétards, même si la grande majorité du millier de manifestants du premier soir criait sa colère pacifiquement. Au village, on a très mal pris que le ministre de la Justice traite leurs jeunes de « racailles ».
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Samedi 25 avril, des villageoises ont pris le relais et juré de continuer leur combat jusqu’à ce que le maire libéral-conservateur retire son projet. Elles étaient quelques centaines2, et les hommes ont été priés de se borner à des encouragements en marge du cortège. À Loosdrecht aussi, le nom de Lisa était sur toutes les lèvres, celui de la jeune fille de 17 ans, assassinée l’été dernier alors qu’elle se rendait à vélo à son domicile dans un village près d’Amsterdam. Un demandeur d’asile nigérian, hébergé dans un centre d’accueil, qui n’a rien fait pour empêcher ses chasses nocturnes de femmes, a avoué le meurtre, ainsi qu’un viol et une tentative de viol quelques jours plus tôt. « Plus de cent jeunes hommes venus d’on ne sait où, groupés au centre du village, avec toutes nos filles qui passent devant la mairie en se rendant à l’école, au lac ou aux terrains de sport ? On nous prend pour qui ? », a fulminé une manifestante interrogée par les médias locaux.
Rétropédalage
Devant la colère populaire, le maire a commencé à rétropédaler. La centaine de jeunes sera réduite à une bonne soixantaine et l’accueil ne sera que temporaire, pour quelques mois seulement, selon l’édile, qui n’a pas daigné rencontrer les manifestants. Les villageois savent cependant que les promesses des autorités néerlandaises de réduire les flux migratoires se sont avérées autant de mensonges au fil des ans3. Les gouvernements précédents ont tous connu une fin précoce du fait de désaccords internes sur une politique migratoire sévère pourtant souhaitée par la grande majorité de la population.
Ces derniers jours, monsieur anti-immigration, Geert Wilders, a perdu le peu de crédibilité qui lui restait en la matière. Au Sénat, son Parti pour la liberté a voté contre un projet de loi visant à restreindre le regroupement familial, au motif qu’il n’irait pas assez loin. Il était clair cependant que M. Wilders voulait se venger d’avoir été exclu du nouveau gouvernement dirigé par le libéral Rob Jetten. Tambouille politique qui donne la nausée aux Néerlandais, dont le mépris pour leurs dirigeants bat tous les records…
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Elus traités de « collabos »
La révolte des femmes de Loosdrecht, qui, en matière d’agit-prop, pourraient suivre l’exemple de leurs sœurs françaises de Némésis, sera-t-elle couronnée de succès ? Dans d’autres villes et villages prévus pour accueillir des migrants, des maires jugent désormais plus prudent d’enterrer les projets devant la fureur, la violence et les menaces contre les élus traités de « collabos ». La question migratoire pourrit ainsi de plus en plus la vie dans de petites communes rurales, qui accueillent cependant à bras ouverts des réfugiés ukrainiens, loués pour leur adaptation à la vie locale. À Loosdrecht, la petite communauté ukrainienne s’est solidarisée avec la résistance contre l’« usurpation » de la mairie. « Ce sont des chrétiens, ils se comportent de façon exemplaire », a affirmé une manifestante sommée de s’expliquer sur les relents de racisme dénoncés par quelques bien-pensants.
Dans la petite ville d’IJsselstein, au sud de Loosdrecht, la maire a également réuni la population contre elle en enjoignant le club de foot IJFC de céder un terrain à la construction d’un centre de réfugiés. Temporaire, bien sûr… Tollé, manifestations, nouvelles visites des « gars en noir » avec leurs pétards, banderoles avec des textes douteux comme : « Pas de brebis berbères sur nos pelouses »… Présent à IJsselstein et à Loosdrecht, un reporter du journal de droite De Telegraaf a joué les Cassandre : « Ceux qui sont élus par le peuple jouent avec le feu s’ils cessent de représenter ce même peuple. »
- https://www.nrc.nl/nieuws/2026/04/24/drie-dagen-gewelddadig-protest-in-loosdrecht-tegen-komst-azc-die-incompetente-burgemeester-heeft-dit-er-gewoon-op-eigen-titel-doorheen-gedrukt-a4926274 ↩︎
- https://www.ad.nl/binnenland/honderden-vrouwen-in-loosdrecht-vreedzaam-de-straat-op-asielplan-moet-van-de-baan~a8f7dbec/?slug_rd=1 ↩︎
- https://www.telegraaf.nl/opinie/roderick-veelo-politiek-speelt-met-vuur/147187941.html ↩︎




