Et si, après vingt-neuf de néolibéralisme à la sauce Mitterrand-Chirac-Sarkozy, l’âne de Buridan français obtenait l’eau et l’avoine d’un seul coup ? Jusqu’ici, droite et gauche se sont succédé au pouvoir en inventant la divine formule de l’alternance unique. Un coup, le discours sécuritaire teinté de néolibéralisme immédiatement corrigé par le rejet de son rejeton libertaire. Un autre, un programme social mâtiné d’idéologie du Progrès, salmigondis mêlant idéaux socialistes et libertés subjectives rythmées par les besoins du marché.

Le Grand Journal, machine à nous dire quoi penser

À force de déception et de lassitude, le peuple rue dans les brancards à chaque élection, renvoyant dos à dos gauche sociétale et droite du fric. Dix ans après l’onde de choc de l’hydre Le Pen et le carnaval antifasciste qui a suivi, l’ombre populiste se profile à nouveau sur la France. Et tant mieux : les élites traîtresses s’inquiètent sérieusement du regain de popularité des slogans xénophobes surfant sur la désespérance d’un peuple oublié, martyrisé et honni. Sur les plateaux de télévision, les sociologues de salon nous expliquent que la révolte gronde en banlieue, chez ces exclus victimes du racisme ordinaire. Le grand Villepin opine du chef. Auréolé de son discours à l’ONU, il drague ouvertement le vote ethnique et dénonce publiquement le néocolonialisme du pays légal.

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