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Vianney: “Mon truc à moi, c’est la chanson française”

Vianney: “Mon truc à moi, c’est la chanson française”
Vianney en 2020 © JP PARIENTE//NMA2020/SIPA Numéro de reportage : 00994119_000018

Le chanteur est un personnage singulier dans une variété française sinistrée par le rap. À la différence de la majorité des autres artistes, il ne se revendique pas de gauche.


Dimanche 28 mars, Vianney passait dans Sept à Huit, le rendez-vous d’Harry Roselmack sur TF1. Au vu des commentaires suscités par sa prestation, on peut dire que la nouvelle icône de la chanson française n’a pas laissé indifférent.

À plusieurs reprises, face caméra, Vianney se tord les mains. Il sourit aussi comme s’il voulait présenter des excuses. Le jeune homme préfère la chanson française, même s’il écoute du rap. Il va à la messe, même s’il encourage les gays à élever des enfants. Vianney concilie ce que l’on oppose, dépasse les conflits, se joue des aspérités. Avec lui, la chanson française retrouve un visage, une jeunesse et une joie de vivre. Cette posture réjouit ou agace. En tout cas, ça marche car le chanteur à la carrière rapide structure maintenant la vie culturelle.

Membre du jury de l’émission The Voice, Vianney fait grimper les audiences du concours de chant. Marc Lavoine le qualifie de “surdoué au quotient intellectuel fort”. Les candidats rêvent de l’avoir en coach. Vianney plaît, il est à la mode. Même Yann Barthès fait sa promotion.

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Vianney incarne une alternative au son que l’on dit “tendance”, à savoir, le rap. Il aime Maxime Le Forestier, Barbara, Francis Cabrel, Céline Dion. Il recherche une musique née d’un rapport au texte, à la langue. Ses chansons produisent du sens. En ménestrel 2.0, Vianney marie la guitare et la voix, sans artifice.

Un profil sincère et atypique

Ses paroles sont paisibles et ses mélodies rythmées. Le caractère de Vianney est équilibré, “classique” et “très sage”, selon la journaliste de TF1 qui l’interrogeait. Le chanteur contraste avec les figures du marché. La simplicité serait-elle la recette de son succès ? “Mon style ne fait pas rêver”, confie-t-il, et pourtant sa carrière grimpe. Il le dit souvent, il ne cherche pas à faire du business et lorsque la famille s’agrandira, il trouvera une activité compatible avec sa vie privée.

Vianney est fils de militaire mais n’a pas du tout la rigidité dont son milieu se voit souvent taxé. Ancien élève du lycée de Saint-Cyr-l’École, ce catho-scout de la bonne bourgeoisie parisienne professe une grande tolérance et une belle capacité d’écoute. C’est pour ça qu’on l’invite.

Infractions culturelles

Après un éloge de l’uniforme, il lâche : “Je sais, on n’est pas censé être comme ça”. Défendre un habit collectif est considéré comme un positionnement réactionnaire ? Pourtant, Vianney affirme un point de vue différent et il a conscience de se mettre à dos toute une bien-pensance. Plus tard, pendant l’entretien, il récidive par une nouvelle infraction culturelle. Vianney considère que, généralement, les musulmans assument plus leur foi que les catholiques. Il trouve cela dommage. “Je sais que je suis tout seul dans le délire. (…) Il faut assumer ce qu’il y a en nous sans agresser l’autre”. Ce Gandhi de la musique ne fait “pas d’évangélisation”.  Il n’y a pas à convertir, simplement à chanter. N’est-ce pas finalement le moyen le plus efficace pour influencer à grande échelle ?

À ceux qui ont, à tort, annoncé la fin de sa carrière, Vianney répond clairement sur TikTok : “Je ne vous abandonnerai jamais”. Suivi par plus d’un demi-million de personnes sur les réseaux sociaux, Vianney n’est pas près de quitter les ondes et les plateaux. Car il aime les gens. Tout simplement.

Cet article a initialement été publié sur L’info déchaînée, le média des étudiants de l’Institut Libre de Journalisme


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Etudiante à L'Institut libre de journalisme

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