Faisant référence aux prochaines élections présidentielles programmées en 2012, le général Henry Rangel Silva – chaviste émérite et accessoirement chef du Commandement Stratégique Opérationnel de la République Bolivarienne du Venezuela – a déclaré[1. Dans une interview avec Ultimas Noticias le 8 novembre 2010.] que l’hypothèse d’un gouvernement d’opposition était « difficile », qu’elle reviendrait à « vendre le pays » et que « ni les gens, ni les forces armées et encore moins le peuple ne l’accepteraient ».

Outre cette distinction subtile entre « les gens » et « le peuple » que seul un véritable Bolivarien sera peut être en mesure de nous expliquer, cette plongée brève mais intense dans les tréfonds de la pensée chaviste nous permet de mieux comprendre le fonctionnement démocratique du socialisme du XXIe siècle. L’idée est ici exprimée avec la limpidité d’un garde à vous : si le peuple vénézuélien vote pour Chavez, il sera d’accord avec lui-même mais s’il vote pour l’opposition, il n’acceptera pas le résultat de son vote. Comme quoi le socialisme du XXIe siècle a manifestement quelques points communs avec son prédécesseur du XXe siècle.

Ce qui est un peu moins drôle c’est la prédiction du général quant à l’attitude des forces armées en cas de victoire de l’opposition. Manifestement, le bidasse de Caracas n’accepterait pas – de manière tout à fait spontanée et sans aucune instruction de sa hiérarchie – que l’on batte le patron lors des élections. Comme le dit si bien Henry Rangel Silva lui-même, « les Forces Armées Nationales ne sont pas loyales à moitié mais totalement envers le peuple, un projet de vie et un commandant en chef ». Il est comme ça le bidasse de Caracas : fidèle jusqu’à la mort au Comandante en Jefe.

Poète dans l’âme, le général laisse ainsi l’imagination de chacun libre de conjecturer sur ce que pourraient faire lesdites « forces armées » en cas de victoire de l’opposition. Il nous donne quand même une petite piste en rappelant que « les forces armées ont toujours été utilisées pour renverser des gouvernements d’une manière ou d’une autre ».

Lire la suite