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Proust Park

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MA SÉRIE D’ÉLECTION 

Jeudi 29 septembre 

Excellents débuts pour la saison 20 de South Park. Apparemment l’actualité présidentielle américaine, gratinée il est vrai, a inspiré les amis Stone et Parker.

Aujourd’hui, l’épisode 3 relate à sa façon le premier débat télévisé Clinton-Trump (celui-ci étant représenté, ne me demandez pas pourquoi, par Garrison, personnage récurrent de la série).

Trump-Garrison, donc, estime en fin de compte ne pas être à la hauteur de la tâche. Il décide d’appeler à voter Clinton, et l’annonce solennellement lors du débat. Hélas, de son côté Hillary a longuement préparé ce débat avec ses coaches, et en est ressortie avec un angle d’attaque unique : dénier à son adversaire toute crédibilité.

Ça donne un débat d’anthologie, avec moult variations sur un malentendu à la Beaumarchais, si j’ose :

Trump-Garrison : « Je ne mérite pas d’être votre président, votez pour Mme Clinton ! »

Hillary : « Mon adversaire est un menteur, il ne faut pas écouter ce qu’il dit ! » 

VALEURS ACTUELLES : LA VIE COMMENCE À 50 ANS

Mercredi 5 octobre

20 h 30, hôtel des Invalides. Je sais, sur le bristol il y avait marqué 19 h, mais pour moi c’est tôt, et puis zut, on n’est quand même pas « en région ». Il y a là le gratin des droites parisiennes, de Guaino à Marine Le Pen en passant par Dupont-Aignan et le trio infernal Zemmour-Buisson-Villiers. Ces trois-là s’amusent à mimer leur fameux « complot de la Rotonde » devant un parterre de journalistes de gauche surexcités.[access capability=”lire_inedits”]

Étonnant comme ces gens-là ne croient pas eux-mêmes ce qu’ils écrivent ! Trente ans qu’ils dénoncent, entre droite et extrême droite, un flirt indécent. Mais quand ils voient dans le même salon des membres du FN et de LR, ils manquent défaillir…

Une bien bonne soirée donc, dont le clou restera à mes yeux cette confidence faite à Élisabeth Lévy et moi par un éditeur en vue : « De plus en plus de gens viennent me voir en me disant : “Tu sais, en fait j’ai toujours été de droite, même si je ne pouvais pas trop le dire… » 

Ça devait arriver : au bout de quarante ans, nos amis du Bon-Camp ont fini de manger leur pain blanc. Du coup, les moins honnêtes ou les plus malins posent des jalons vers une reconversion. « The times they are a-changing ! »commente à peu près Élisabeth, non sans un sourire carnassier. Elle a raison de se réjouir, la patronne : les rats montent sur notre navire, c’est bon signe. 

NAZIS SURFEURS CONTRE TOMATES TUEUSES 

Lundi 17 octobre

Ce week-end, profitant du mauvais temps, je me suis plongé dans 101 Nanars, de François Forestier. Vingt ans après la première édition, l’auteur nous propose une mouture revue et augmentée de son anthologie des films navrants – mais – réjouissants, répondant à un critère de choix assez pointu : « Plus ils sont mauvais, plus ils sont bons. »

Deux perles rares ont particulièrement retenu mon attention. A priori, Surf Nazis must die s’annonce prometteur ; las, après visionnage, force est de reconnaître que l’essentiel tient dans le titre. Une redoutable bande de Brice de Berchtesgaden nostalgiques du IIIe Reich fait régner la terreur sur les rouleaux californiens — jusqu’à être exterminés un à un par une sorte de Mad Max déguisé en Whoopi Goldberg, dont ils ont imprudemment assassiné le fils. 

Moins convenue est la morale, déjà post-vegane, de L’Attaque des tomates tueuses (1978). Révoltées par les traitements inhumains qui leur sont réservés, les tomates se retournent contre les hommes et les dévorent jusqu’à grossir démesurément. En fin de compte, un agent du FBI déguisé en tomate réussit à infiltrer l’organisation, au point d’être convié à un meeting-barbecue sur la plage. Hélas ! L’inconscient, saucisse à la main, se tourne alors vers la tomate voisine pour lui dire « Passe-moi le ketchup », et le voilà grillé !

GASPARD, SALOPARD !

Ce soir, spectacle de Gaspard Proust à la Comédie des Champs-Élysées. Ça m’a coûté 45 € (j’ai gardé le ticket si tu veux), mais ça valait le coup pour voir en vrai cet escogriffe même pas français nous cracher à la gueule – et nous, en redemander…

Ce Proust-là ne respecte rien, et c’est rien de le dire. Parfois il est taquin, mais le plus souvent le mec est méchant, limite désagréable ; à certains moments, il vous met même carrément mal à l’aise. Mais bon, si t’aimes pas ça, il te reste toujours Dany Boon. 

LES DONS DE BASILE

Vendredi 21 octobre

Étrange courrier dans ma boîte mail aujourd’hui. Jimmy Wales, président de la Wikimedia Foundation, m’écrit :

« Bonjour Basile, Il y a deux ans vous avez fait un don de 50 €. Nous vous en sommes profondément reconnaissants, et nous avons encore besoin de vous cette année. […]

 Si tous les donateurs renouvelaient aujourd’hui leurs dons, notre levée de fonds serait achevée en une heure. »

« Profondément reconnaissants », t’as vu ? Aussitôt je me suis senti responsabilisé. Wiki est un outil génial, développé sans but lucratif – et qu’il serait donc crétin de mépriser précisément parce qu’il ne fait pas de pognon !

Non seulement Wikipédia c’est Le Meilleur du Net, mais le site a su se rendre indispensable. L’académicien Marc Fumaroli, peu suspect d’addiction 2.0, en a lui-même témoigné : sans cet instrument, il n’aurait tout simplement pas pu écrire son Livre des métaphores (2012).

En plus de ça, il faut bien le dire, j’ai été très touché que le président de Wikipédia prenne le temps de m’écrire personnellement.[/access]

Le Livre des métaphores

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