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Dekra rentre dans le rang

Rétropédalage landais

Dekra rentre dans le rang
© D.R.

La multinationale du contrôle auto fait son mea culpa six ans après un scandale sexiste dans une publicité.


À Tarnos (Landes), un scandale déclenché en 2014 par l’antenne locale de Dekra, le roi du contrôle technique automobile, vient de trouver une fin édifiante. À l’époque, une série de publicités un poil provocantes montrait des hommes et des femmes nus sur lesquels avaient été apposées des mentions « OK » aux endroits stratégiques. Le tout assorti du slogan « Rien ne nous échappe, on contrôle tout ». Les âmes sensibles du clergé féministe gascon et basque s’étaient alors indignées, l’adjointe écolo au maire de Bayonne Martine Bisauta y allant même de son petit caftage à l’Autorité de contrôle de la publicité professionnelle. Ladite institution avait alors envoyé illico une lettre recommandée à Dekra, dont le siège parisien s’était courageusement défaussé sur l’agence de Tarnos, obligée de se flageller en place publique.

Six ans plus tard, Dekra est passée de l’expiation à la rédemption. Le 17 février dernier, la direction de l’entreprise a annoncé « se donner pour objectif de favoriser le bien vivre-ensemble, qui repose notamment sur une culture exempte de sexisme ». Le groupe va notamment « sensibiliser l’ensemble des collaborateurs à la question du sexisme via des modules de formation, des journées dédiées, des supports de communication » et ainsi faire en sorte « d’éviter tout biais sexiste sur les fiches de postes, offres d’emplois ». Miracle !

Et comme du néoféminisme à l’idéologie du genre, il n’y a qu’un pas, Dekra s’efforcera de « construire une communication interne et externe dépourvue de stéréotypes de genre en veillant à promouvoir une communication éliminant les représentations fondées sur des stéréotypes genrés ». En gros, des commissaires politiques veilleront à ce que les salariés ne rigolent pas trop grassement sur fond de calendrier Pirelli. Exit les blagues salaces du Salon du camion. Un programme aussi réjouissant devait donner du travail aux « agences de conseils en égalité professionnelle » tels qu’Egalis, la PME de Caroline De Haas. Les métiers inutiles ont décidément de l’avenir.

Mars 2020 - Causeur #77

Article extrait du Magazine Causeur


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