Plutôt que de qualifier notre « séparatisme » d’islamiste ou de maghrébin, Emmanuel Macron a préféré le mettre… au pluriel lors de son discours célébrant les 150 ans de la République, au Panthéon. L’heure est pourtant grave, et la France ne peut plus se satisfaire d’une ligne si peu claire en la matière.


Les banlieues tremblent, les frères musulmans sont en état d’alerte et les gangsters font leurs valises : Monsieur Macron veut lutter contre le séparatisme. Tout ce que la France compte comme ennemi interne se prépare à subir l’assaut ferme et décidé du président de la République. 

C’est une blague bien sûr, à l’image des déclarations de ce président dont l’impuissance n’a d’égal que l’aplomb incroyable qu’il manifeste devant son échec à gouverner la France. À l’occasion de l’anniversaire des 150 ans de la République, le chef de l’État a promis de légiférer contre le séparatisme comme si le danger planant sur la France était un retour du maquis corse ou l’éclosion d’une rébellion en Bretagne. Incapable de nommer l’ennemi, Monsieur Macron se contente de paraboles et de généralités. Crachons le morceau à sa place puisqu’il a peur de parler vrai : ce n’est pas de séparatisme régional dont il s’agit mais de l’émergence territoriale et politique d’un nouveau peuple au cœur de la République française. 

Un peuple dans le peuple français?

Un peuple maghrébin de France cherche à s’affirmer en tant que tel avec ses valeurs et mentalités propres. Il s’agit d’autre chose que de religion ou de laïcité, car une nouvelle société émerge sous nos yeux avec ses codes, son langage et sa sensibilité.  Une société qui dispose de ses propres notions du tolérable et de l’intolérable, du licite et de l’illicite. La notion de Beau y est différente. Celle du Juste aussi.

La France n’est que reculades et renoncements depuis une trentaine d’années. Il suffit de voir l’alignement de plusieurs immigrés Maliens ou Guinéens sur l’Islam maghrébin pour percevoir l’ampleur du phénomène de bascule qui pointe à l’horizon

Si Monsieur Macron et son entourage étaient lucides, ils saisiraient l’évidence d’une contre-société en formation qui a ses qualités et ses défauts. Contrairement à la société française, elle ne sent pas liée par le concept de Liberté auquel elle préfère de loin les notions de Transcendance et de Tradition. Elle n’a donc aucun mal à opposer un refus systématique aux minorités militantes qui veulent imposer le changement sociétal au nom de la Liberté. Il lui suffit d’invoquer Dieu et ses commandements pour se sortir d’affaire et garantir sa stabilité.

Pas vraiment des cousins

Cette contre-société a ses zones d’ombres bien entendu et elles sont nombreuses. La plus détestable peut-être relève de son appétence pour l’arbitraire. Elle ignore en effet l’Égalité et ne comprend pas pourquoi la France met sur le même plan le grand seigneur et le simple mendiant, pourquoi elle leur confère les mêmes droits et les mêmes devoirs. À ses yeux, l’ordre naturel des choses consiste à reconnaître au fort le droit de dominer le faible jusqu’à un certain point et ce dans les limites (très larges) décrites par la religion. Loin d’y voir une injustice, elle y trouve au contraire le juste reflet des rapports de force. Il suffit de visiter un hôpital public dans n’importe quelle contrée du Maghreb pour être pris à la gorge par le spectacle d’une civilisation riche en oppression et pauvre en empathie.

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Ces quelques traits (et il y en d’autres qui méritent

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