La militante énervante Alice Coffin est malheureusement si loin de Sapphô, poétesse grecque de l’Antiquité dont l’œuvre est parvenue jusqu’à nous…


Alice Coffin et son livre Le génie lesbien sont sans véritable intérêt – à part, peut-être, comme cas concrets illustrant un traité de psychopathologie. En revanche, ce qui doit être pensé, c’est l’engouement de certains pour sa personne et ses écrits, révélateur des aspirations totalitaires, de l’arrogance et du refus de tout universalisme de cette gauche régressive qui se dit « progressiste ».

Ainsi naissent les goulags

Remarquons d’abord qu’en France, en 2020, un parti (EELV) ayant gagné les mairies de bien des grandes villes fait siéger au conseil municipal de la capitale une personne relevant soit de la prise en charge psychiatrique, soit du fanatisme crasse. Il est vrai qu’à côté du maire de Bordeaux opposé aux sapins de Noël parce que ce sont des « arbres morts » mais célébrant volontiers la mise à mort des moutons de l’Aïd, et du maire de Lyon refusant la cérémonie des échevins au nom de la laïcité mais fier de poser la première pierre d’une mosquée, Alice Coffin fait presque figure de personnalité raisonnable et équilibrée au sein de son parti.

A lire aussi, Robert Ménard: Bienvenue dans l’enfer vert

Remarquons aussi l’absence totale de colonne vertébrale éthique de cette intelligentsia qui salue les propos d’une personne se vantant de rejeter les mâles, au point de déclarer qu’il faudrait les éliminer (on espère, mais sans certitude, que ce n’est qu’une figure de style), mais qui hurlerait si les mêmes propos étaient tenus au sujet des femmes, ou d’autres catégories. Le camp du Bien, ce n’est pas nouveau, s’autorise tout au nom de ce Bien qu’il est persuadé d’incarner, et ainsi naissent les goulags.

Retrouvez la critique du livre de Madame Coffin par Sophie Bachat dans notre numéro 83, aujourd'hui en kiosque.
Retrouvez la critique du livre de Madame Coffin par Sophie Bachat dans notre numéro 83, aujourd’hui en kiosque.

Remarquons enfin qu’il n’y a ni cohérence ni honnêteté dans la posture militante d’Alice Coffin : refusant ce qui vient des mâles, fière de bouder leurs œuvres cinématographiques ou musicales, elle ne voit pourtant aucun problème à bénéficier des suffrages masculins lors d’une élection, des impôts payés par des hommes dans sa rémunération, et des réalisations scientifiques, techniques ou médicales mises au point par des mâles. Mais elle est chez EELV, et la cohérence intellectuelle n’est pas le point fort de ceux qui au nom de l’écologie veulent fermer les centrales nucléaires pour rouvrir des centrales à charbon….

Mais il n’y a pas que ça

Quelle est donc cette mode selon laquelle on peut se vanter de refuser par pure idéologie d’admirer la 5ème symphonie de Beethoven ou Show Must Go On de Freddy Mercury ? Se vanter d’amputer sa propre humanité de ce qui nous permet de pleurer d’émotion en les écoutant ? Leurs œuvres auraient-elles été conçues pour servir de propagande à l’horreur, pour qu’on les rejette ainsi ? Même pas : mais leur sexe déplaît. Qu’est-ce qui a pu produire un contexte dans lequel des faiseurs d

Article réservé aux abonnés

60 % de l’article reste à lire…

Pour poursuivre la lecture de cet article Abonnez-vous dès maintenant.

ABONNEMENT 100% NUMERIQUE
  • Tout Causeur.fr en illimité
  • Le magazine disponible la veille de la sortie kiosque
  • Tous les anciens numéros
3 €80par mois
Lire la suite