Avec Confession d’un gentil garçon, notre ami Roland Jaccard poursuit son autobiographie fragmentée, mélancolique et brillante. L’oeuvre d’un nihiliste hanté par l’âge, le suicide et la transmission.


Dans Confession d’un gentil garçon, Roland Jaccard poursuit l’exploration du seul sujet qui l’intéresse vraiment : lui-même. Ne vous y trompez pas : ce n’est pas de l’égocentrisme ou de l’égoïsme, c’est de l’égotisme, nuance, comme chez le Stendhal de la Vie de Henry Brulard. En fait, il s’agit d’une démarche très humble. Se connaître est encore le meilleur moyen d’éviter l’esprit de système, les certitudes arrogantes, le sentiment de supériorité. L’usage du miroir est toujours une leçon de modestie. Ce qui s’y reflète, dans Confession d’un gentil garçon, c’est un homme hanté par l’âge, mais qui garde quelque chose de cambré, un homme qui ne renonce pas et nargue la Camarde.

L’idée du suicide

Depuis toujours, Roland Jaccard a prêché le nihilisme philosophique, et le suicide comme porte de sortie. On pourrait craindre pour sa vie. On aurait tort, là encore. Jaccard se souvient de son maître et ami Cioran qui lui aussi, quand on lui faisait remarquer qu’il parlait beaucoup de suicide sans passer à l’acte, répondait que ce n’était pas le suicide qui consolait, c’était l’idée du suicide. Savoir qu’on peut en finir quand on l’aura décidé, voilà ce qui rend supportable l’existence, et la fait même, à l’occasion, paraître aimable. Pas trop, tout de même, il ne faudrait pas exagérer, l’optimisme demeure une faute de goût : « Il arrive que la vie soit belle. J’ai envie d’ajouter :

Article réservé aux abonnés

60 % de l’article reste à lire…

Pour poursuivre la lecture de cet article Abonnez-vous dès maintenant.

ABONNEMENT 100% NUMERIQUE
  • Tout Causeur.fr en illimité
  • Le magazine disponible la veille de la sortie kiosque
  • Tous les anciens numéros
3 €80par mois
Mars 2020 - Causeur #77

Article extrait du Magazine Causeur

Lire la suite