Petit cru cette année. Oh, on trouve encore des perles, mais dans leur majorité les expos vues en une journée très chargée, lors des Rencontres de la photographie à Arles, étaient d’un intérêt mitigé.

Donc, si vous passez dans la ville de Françoise Nyssen, notre estimé ministre de la Culture (« estimé » se met au masculin, hé, patate ! c’est une fonction, donc un neutre, pas un attribut féminin ou masculin), sachez quoi voir. Vous éviterez comme moi de transpirer au soleil – et diable, qu’il faisait chaud jeudi dernier !

Jésus et ses potes

Le plus redoutable, dans cette ville aux ruelles sagement étroites, afin de conserver ce qu’il se peut de fraîcheur, c’est la traversée de la place de la République, sur laquelle donnent la mairie (traversez-la, la voûte est superbe), l’église Saint-Trophime (un saint obscur, peut-être envoyé pour évangéliser la Gaule sous le règne de l’empereur Dèce, au IIIe siècle) et l’église Sainte-Anne, par laquelle j’ai commencé mon exploration photographique.

Jonas Bendiksen (un Norvégien, que vouliez-vous qu’il fût d’autre ?) a tiré le portrait, à travers le monde, de sept cinglés qui se prennent, çà et là, pour des réincarnations du Christ.

©Jonas Bendiksen/D.R.
©Jonas Bendiksen/D.R.

Grand moment. Certains sont de puissants arnaqueurs, et rassemblent des milliers de fidèles. D’autres sont suivis par une poignée de disciples. Tous sont des allumés — ou des escrocs, l’appareil-photo ne fait pas la différence :

©Jons Bendiksen/D.
©Jonas Bendiksen/D.R.

Puis j’ai traversé la redoutable place — mais il n’était pas encore dix heures, c’était tout à fait supportable— pour aller au Palais de l’Archevêché. Oubliez William Wegman, qui ne s’est pas remis d’avoir deux braques de Weimar et qui colle leur tête sur tous ses sujets — dans un accès prévisible de mauvais goût, c’est donc lui que les organisateurs ont choisi pour l’affiche de l’année. Passez directement dans le cloître, où Gregor Sailer a photographié des « villages Potemkine » — des lieux fictifs mais qui existent quand même, des espaces bâtis sans habitants, qui ont appartenu à l’armée, souvent, ou témoignent d’un cataclysme suspendu. Des merveilles dans le genre décor pour film de terreur fauché :

©Gregor Sailer/D.R.
©Gregor Sailer/D.R.

Puis en ressortant, partez à droite, direction rue de la Calade (derrière la mairie). À droite, à la Fondation Manuel Rivera-Ortiz, une exposition dispensable consacrée à tous les réfugiés du temps, dans un décor de gilets de sauvetage accrochés en guirlandes. À sauver cinq très belles photos de Samit Tlatli, intitulé « Préfecture » — cinq clichés pensés sans doute en faisant la queue au bureau des naturalisations.

Descendez de vingt mètres, au coin de la rue dans la salle Henri-Comte, une expo splendide de René Burri (rappelez-vous, Burri est l’homme qui a photographié le Che accroché à son barreau de chaise). Burri toute sa vie a été obsédé par la pyramide de Saqqara…

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