Pierre Dukan est un célèbre nutritionniste. Ayant d’ores et déjà affamé des millions de personnes en les condamnant au jambon blanc sans couenne et à la laitue sans vinaigrette pendant des semaines, il n’a actuellement, dit-il, « ni besoin d’argent, ni de publicité ». C’est donc parce qu’il n’a besoin d’aucune publicité que le docteur Dukan [1. Prononcer « Du-Kang » si vous êtes Nord-Coréen, ou « Dukon » si vous êtes vosgien et/ou furieux.] a, très naturellement et en toute modestie, rédigé une « Lettre ouverte au futur président de la République ». C’est aussi parce qu’il n’a pas besoin d’argent que le philanthrope vendra son opuscule 4 euros, soit à peine plus cher que la somme indignatoire du célèbre Stéphane Hessel.

Dans son livre, le bon docteur fait des propositions à l’ensemble des zimpétrants chefs d’Etat, dans l’optique de lutter contre l’obésité. Il émet notamment quelques avis de très haute tenue en matière d’instruction publique.

Manifestement soucieux de contribuer au redressement de l’école de la République, et de remettre icelle à la hauteur de sa réputation d’excellence, Dukan suggère notamment, pour l’épreuve du Bac, de « mettre en place une notion poids d’équilibre rapportant des points d’option pour ceux qui arrivent à garder un indice de masse corporelle entre 18 et 25 ». Les adolescents pourraient d’ailleurs y parvenir sans effort s’ils choisissaient, en lieu et place de l’horrible MacDo, de boulotter le succulent MacDu du nutritionniste, garanti 100% pures galettes de son.

En voilà donc, une riche idée. Dommage que l’humaniste Dukan n’ait pas poussé jusqu’au bout son raisonnement, et proposé que l’on introduise au lycée des modules « popularité », « amour, gloire et beauté », « santé capillaire », voire même un « test d’aryanisme », bien évidemment optionnel.

En tout état de cause, il est heureux que le baccalauréat n’ait pas sanctionné, à l’époque où Pierre Dukan était encore lycéen, des tares telles que le charlatanisme, la fumisterie ou le parfait cynisme. Le jeune Pierre n’aurait sans doute jamais décroché son bachot.

Quoiqu’il en soit, sur ce coup là, la société du spectacle vient une nouvelle fois de battre son propre record. Nous avons à l’évidence de franchi une fois de plus le mur (de la galette) du çon.

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