Gabriel Nadeau-Dubois lors d'une manifestation étudiante, mai 2012. SIPA. SIPAUSA31224447_000015

Un nouveau scandale fait rage au Québec depuis que l’un des représentants les plus en vue de la gauche, Gabriel Nadeau-Dubois, a assisté, le 14 avril dernier, à une soirée caritative dont l’un des objectifs était la création d’un service de protection de la jeunesse entièrement musulman. La vidéo de l’événement confirme cette vocation : on peut notamment entendre la présidente de l’Association Défi-lles et des ailes, Mme Soraya Zaïdi, plaider pour l’instauration d’une DPJ (Direction de protection de la jeunesse) dont la mission serait d’empêcher les enfants issus de familles musulmanes à problèmes d’être assimilés en étant accueillis chez des Québécois « de souche ». Car selon elle, rien ne serait pire pour un jeune musulman que d’être privé de sa religion et d’être « arraché à sa culture ».

L’aspirant chef du parti Québec solidaire s’est défendu d’avoir assisté à un diner pour promouvoir une « DPJ islamique » : « Moi, ce soir-là je n’ai pas entendu parler de DPJ musulmane. Je n’ai jamais entendu parler de ça et si j’en avais entendu parler, j’aurais trouvé que c’était une mauvaise idée. » Mais Gabriel Nadeau-Dubois, peut-être pas assez concentré, a, selon plusieurs sources, côtoyé ce soir-là, des représentants de l’islam fondamentaliste. Comme l’assure l’éditorialiste Lise Ravary du Journal de Montréal, l’invité d’honneur de cette soirée n’était autre que le cheikh Fawaz Saïd, un représentant de la Ligue islamique mondiale, laquelle est un organisme bien connu de promotion de la charia, basé en Arabie saoudite. Samira Laouni faisait aussi partie du groupe, elle qui a milité activement pour l’instauration de tribunaux islamiques au Canada il y a quelques années.

Un mouvement en plein essor

La participation de ce haut dignitaire de la gauche à ce festival de l’obscurantisme en a étonné et déçu plus d’un parmi ses nombreux admirateurs, et plus largement, parmi la population québécoise. Lui qui s’est fait connaître pour ses positions tranchées en faveur de la gratuité scolaire et une plus grande redistribution des richesses se retrouve à cautionner malgré lui une idéologie rétrograde. Il aura beau s’en défendre, le mal est fait. Gabriel Nadeau-Dubois a rejoint les rangs de la sainte alliance islamo-gauchiste.

Mais ce dérapage était fort prévisible, et même possiblement calculé, compte tenu du virage ultra-multiculturaliste pris par la gauche québécoise. Gabriel Nadeau-Dubois n’est pas particulièrement naïf, il avait dû prévoir que son passage à cette soirée serait mal perçu par une frange importante de la population. Mais mieux valait sans doute se retrouver parmi des personnalités qui prônent une forme de ségrégation religieuse que parmi les méchants laïques et autres identitaires qui ont si mauvaise presse. Sa famille politique saura le récompenser pour son geste, elle qui perçoit le Québec comme un pays profondément raciste, et le monde musulman, comme un nouveau prolétariat prêt à sauver et purifier l’humanité.

Le mythe de l’Orient révolutionnaire

Car outre les lubies inclusives, c’est bien de ce mythe dont il s’agit : celui d’un islam révolutionnaire opposé au capitalisme occidental. Une tradition politique qui a surtout connu son essor à la fin des années 1960 avec la montée des tensions israélo-palestiniennes et les divers mouvements de lutte pour la décolonisation des pays musulmans. Tradition politique dont l’un des foyers est la France, pays qui, à son époque, a vu des Michel Foucault et des Jean-Paul Sartre s’enthousiasmer quelque temps pour la Révolution islamique de l’Ayatollah Khomeiny.

Mais l’un des premiers grands personnages de gauche à avoir exprimé clairement l’idée selon laquelle l’islam représentait une idéologie révolutionnaire est le terroriste d’origine vénézuélienne Ilich Ramirez Sánchez, mieux connu sous le nom de Carlos. Né en 1949 et toujours incarcéré en France, Carlos est devenu célèbre en perpétrant de nombreux attentats terroristes en Europe. Après s’être initié aux idées révolutionnaires durant sa jeunesse, s’être entrainé avec des guérilleros cubains et avoir séjourné à Moscou, Carlos partira finalement combattre au nom de ceux qu’il nommait amicalement ses « frères bédouins ». Avec l’effondrement du bloc de l’Est, la révolution débuterait maintenant dans les casernes des islamistes.

Pour une bonne partie de la gauche multiculturaliste, le monde musulman est encore l’oasis des révolutionnaires, c’est une terre de ressourcement et d’authenticité. La gauche québécoise n’échappe pas à l’influence de ce fantasme : c’est pourquoi malgré l’ostentation de ses idéaux « progressistes », elle n’hésite jamais à encourager l’islamisation du Canada français.

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