François Fillon, Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen et Benoît Hamon lors du premier débat télévisé de la campagne présidentielle. Photo: Patrick Kovarik

Il existe deux façons légitimes de traiter les programmes présidentiels des candidats qui pourraient se qualifier au second tour – Fillon, Macron, Le Pen et Mélenchon, voire Hamon si les sondeurs se trompaient massivement. La première consiste à évaluer la cohérence des propositions au regard d’un monde transformé par la crise américaine, la crise de l’euro et de l’Europe, le péril terroriste, la vague migratoire et les votes anglais et américain de 2016 : les candidats ont-ils intégré dans leurs logiciels programmatiques tous ces changements qui ne figuraient pas à l’agenda de la mondialisation heureuse ?

La seconde se propose de confronter les propositions essentielles à l’état d’une France amoindrie et désarmée par les erreurs qui ont marqué les étapes du « suicide français ». C’est celle que nous avons choisie. Après tout, ce sont encore la France et les Français, c’est encore notre Histoire que nous connaissons le moins mal. Mais cela suppose que soient d’abord traitées les deux impostures qui ont dominé notre Histoire récente : l’imposture mitterrandienne et l’imposture chiraquienne, dont Éric Zemmour a analysé les ressorts.

L’imposture mitterrandienne et l’imposture chiraquienne

L’imposture mitterrandienne, c’est le socialisme à la française, cette mixture de marxisme et de redistribution sociale inscrite dans les 110 propositions de 1981, elles-mêmes largement inspirées par le programme communiste : nationalisation des plus grandes entreprises industrielles, nationalisation intégrale des banques, augmentation massive des prestations sociales et du Smic. Toutefois, ce n’est pas l’échec du programme, reconnu en 1983 une fois pour toutes, qui révèle une mystification, mais le fait qu’il a marqué une bifurcation majeure vers la libéralisation des marchés financiers, la mise en œuvre du marché unique puis le lancement de la monnaie unique, toutes opérations orchestrées depuis Bruxelles par le mauvais génie de l’expérience, Jacques Delors, avec la bénédiction de François Mitterrand. On pourrait parler de trahison. Ce serait manquer l’essentiel : le socialisme à la française était un faux-semblant dont l’échec était programmé. Un véritable coup de bonneteau : les électeurs benêts qui avaient tiré la carte « socialisme à la française » se sont vu présenter la carte « Europe néolibérale » par les deux arnaqueurs Mitterrand et Delors. Et cette Europe a poursuivi sa course en imposant sans cesse de nouvelles contraintes, aux États au nom des équilibres comptables, et au monde du travail par un libre-échangisme sans limites à

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Avril 2017 - #45

Article extrait du Magazine Causeur

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