Si le journalisme est un des plus vieux métiers du monde, sa critique est sans doute aussi ancienne que son exercice. On connaît les principaux griefs adressés à la profession de plumitif, dont votre serviteur n’est d’ailleurs pas avare : l’uniformité de pensée, la paresse intellectuelle, le mimétisme, le sensationnalisme, etc.

Fustiger les « unes » racoleuses des journaux, tout en prenant bien soin de les reproduire, histoire de profiter de leur effet attrape-mouches en se bouchant le nez, est devenu un des lieux communs de l’été, au même titre que les photos seins nus de Claire Chazal dans Voici.

Au Mexique, on tombe plutôt dans le travers inverse : la presse sexy est sommée de revenir à ses playmates sans ingérence dans le domaine politique, sous peine de menaces de mort. Avant-hier, Playboy Mexique a ainsi publié les lettres anonymes reçues par son directeur éditorial Gabriel Bauducco après la publication des « bonnes feuilles » d’un livre d’investigation sur le président Felipe Calderon. Olga Wornat, l’auteur de Felipe l’obscur, y révèle entre autres les connexions dérangeantes entre le chef de l’Etat et un couple de pasteurs évangéliques qui font office de conseillers occultes. Jusqu’à présent, les sept pages d’extraits publiés dans Playboy ne l’ont pas aidée à trouver un éditeur, mais à subir elle aussi des menaces intuitu personae.

Si la peopolisation de la presse d’opinion rapporte gros en termes de ventes, moyennant le risque mesuré d’écorner son image, la politisation des revues coquines peut valoir de sérieux déboires à qui s’y essaie.

Morale de cette histoire immorale : pour éviter menaces et intimidations, la presse masculine devrait revenir aux vrais sujets de fond, finalement les seuls qui vaillent.

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