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Pierre Mortez réagit au discours “subversif” de Corinne Masiero: «c’est cela oui…»

L'ingénieux pied-de-nez de Thierry Lhermitte aux César

Pierre Mortez réagit au discours “subversif” de Corinne Masiero: «c’est cela oui…»
De gauche à droite, Marie-Anne Chazel, Thierry Lhermitte, Josiane Balasko et Michel Blanc. Cérémonie des César, 12 mars 2021 © Bertrand GUAY / POOL / AFP

Des professionnels du spectacle, de nombreuses personnalités médiatiques et nombre d’internautes ont exprimé leur déception quant à la dernière cérémonie des César, où Corinne Masiero en a trop montré. Y compris le sympathique Thierry Lhermitte, pourtant pas réputé bégueule…


« Sinistre », « sans humour », « médiocre » « pathétique » ou « vulgaire » : les adjectifs péjoratifs ont été largement majoritaires pour qualifier cette édition 2021 des César!

Les commentateurs furent nombreux à pointer du doigt le manque de goût, l’absence de légèreté, mais surtout l’aspect ultra politisé de la soirée. Ni les prestations des intervenants, ni le discours d’ouverture de Marina Foïs, co-écrit avec Blanche Gardin et Laurent Lafitte, n’ont convaincu grand monde.

Une cérémonie faisant presque l’unanimité contre elle

Pour l’ancien directeur du CNC et fondateur de la chaîne Arte Jérôme Clément, interrogé sur Sud Radio, « la vulgarité et le manque de tenue […] étaient confondantes. Comment être aussi médiocre quand il faut s’élever vers ce qui devrait faire la grandeur du 7e art ? ».

Éric Ciotti, député LR des Alpes-Maritimes, estime qu’il s’agissait « d’une catastrophe pour la culture, une faillite sur fond de guerre idéologique ». Pour le journaliste compositeur Benjamin Sire, la cérémonie s’apparentait au naufrage du Titanic: « un festival d’ego boursouflés se vautrant dans les travées d’une caricature de meeting où la France Insoumise se serait acoquinée avec les Indigènes de la République » écrit-il avec un humour non dénué de réalisme.

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Gérard Jugnot, présent pour la remise d’un César honorifique, a dit que la soirée « manquait sévèrement de légèreté », puis a également filé la métaphore du Titanic : « C’est une fête qui est compliquée, il aurait fallu que l’orchestre joue pendant ce Titanic… mais bon, il jouait un peu faux là » a-t-il déclaré au micro de RTL.

Entre l’ode à Adama Traoré, les plaisanteries crispées et les longs moments gênants, il est difficile de donner tort à ces critiques, surtout s’agissant du clou du spectacle, à savoir la prestation de Corinne Masiero.

Corine Masiero: défendre la culture avec des fautes d’orthographe

L’actrice campant Capitaine Marleau sur le petit écran est venue défendre la culture et les droits des intermittents du spectacle. Elle est apparue sous un costume sanguinolent de peau d’âne, visage maculé de sang, cheveux en bataille et affublée de tampons usagés en guise de boucles d’oreilles. Comme on le sait, poing levé, elle s’est intégralement dévêtue pour arborer deux messages en deux langues différentes, comportant deux erreurs. Au dos, une faute de conjugaison avec « rend nous l’art Jean », au lieu de « rends »[tooltips content=”Je me permets de rappeler ici que l’effacement du « s » à l’impératif ne concerne que les verbes du premier groupe, ainsi que le verbe « aller » (troisième groupe.)”](1)[/tooltips]. De face, on pouvait lire un message en anglais : «  No culture, no futur. »[tooltips content=”Futur s’écrit « future » dans la langue d’Albion.”](2)[/tooltips]

Cette apparition se voulait iconoclaste, transgressive, subversive, pourtant rien n’est plus convenu, rien n’est davantage ancré dans l’air du temps, toutes les thématiques du « camp du Bien » furent réunies, condensées, compressées: féminisme, précarité menstruelle, anti-spécisme… Oui, cela « n’est pas subversif, c’est kitsch. Ce n’est pas dérangeant, mais dégoûtant! » comme Causeur l’écrivait hier.

La subversion n’est pas là où vous regardez!

Hélas, non seulement cette prestation fut d’une médiocrité inégalée, mais elle a surtout éclipsé une autre, véritablement iconoclaste : je parle de l’apparition de Thierry Lhermitte. Accompagné de la troupe du Splendid pour recevoir un César d’honneur, ce dernier est venu habillé d’un costume marron à rayures, modèle identique à celui que portait Pierre Mortez dans le film Le Père-Noël est une ordure quatre décennies plus tôt. Qui est venu chercher le César, Thierry Lhermitte ou Pierre Mortez? Et pourquoi ce clin d’œil? Comment ne pas penser au personnage caricatural débordant de bons discours, pétri de bons sentiments, bénévole pour « SOS Détresse Amitié » mais hypocrite, ponctuant ses phrases par un laconique « c’est cela oui », antipathique à souhait et pervers sur les bords?

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Et si c’était un pied-de-nez à l’institution des Césars? Une façon subtile de narguer une assemblée déjà très mal à l’aise, un sabotage délibéré, une manière de phagocyter le jeu de l’intérieur? Comme la vieille tante acariâtre qui vient mal habillée au mariage pour bien signifier sa désapprobation.

Et la stigmatisation des anorexiques parmi les sumos?

De son côté, la maîtresse de cérémonie Marina Foïs était habillée d’une robe Vuitton ornée de 4000 perles et de 2000 cristaux argentés, ayant demandé 200 heures de travail. Thierry Lhermitte en costume rayé ne pouvait que faire tache à côté. Elle était là la véritable transgression subversive. J’extrapole bien entendu… je peux aussi me tromper, ce choix était peut-être anodin…

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Mais, pour conforter ce sentiment, écoutons ce que l’acteur a déclaré hier sur France 5, alors qu’il revenait sur cette pitoyable cérémonie de remise de prix: «Beaucoup de sujets ont certes été abordés, beaucoup de malheurs du monde ont été décriés». Fronçant les sourcils, Lhermitte a ensuite enfoncé le clou : «Mais ils n’ont pas abordé les Rohingyas, le Yémen, la Syrie, les élections américaines avec l’invasion du Capitole, Navalny, l’endométriose – pas un mot! -, le bien-être animal, la chasse à courre – rien du tout! -, l’Arménie, la stigmatisation des anorexiques dans le milieu du sumo japonais, la grossophobie dans le milieu des jockeys, le remboursement des soins dentaires, l’excision et les GAFAM – pas un mot là-dessus!»


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Prof contractuelle. Installée en France depuis l'an 2000, j'ai effectué un troisième cycle d'études littéraires à l'Université de Nice, je suis aussi auteur, traductrice littéraire et journaliste.

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