Retour sur la navrante 46e cérémonie des César du cinéma français


Causeur s’est fadé les 3h47 de cérémonie des César, ses mille mercis, ses robes indigestes et ses blagues qui tombaient à plat – même quand elles étaient bonnes. Sans casser notre écran et sans nous endormir. 

En tout, il a bien dû être question de cinéma pendant 30 à 40 minutes. Le reste du temps, on avait l’impression d’être soit à une soirée où tout le monde se connaissait, soit à une manifestation de Nuit Debout ou des Indigènes de la République. 

On se demande dès lors pourquoi convoquer le public. D’ailleurs, il n’est pas venu. La retransmission de la cérémonie n’a rassemblé qu’1,6 million de téléspectateurs sur Canal+  et moins de 10% de part d’audience, selon des chiffres de Médiamétrie. Il s’agit de l’un des plus mauvais scores.

Une cérémonie très politique

Comme toujours, il y a eu de la politique. Passons sur les marronniers extrême-gauchistes d’un milieu toujours prêt à larmoyer sur les damnés de la terre et à dénoncer le méchant État qui abandonne les artistes, en oubliant qu’il les subventionne. 

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Après le genre en 2020, c’était l’année de la race. Selon le journal Le Monde, cette cérémonie était très attendue sur les questions de diversité. Nous avons eu droit à un galimatias très applaudi de Jean-Pascal Zadi, le réalisateur de “Tout simplement noir”, lequel a évoqué l’humanité niée d’Adama Traoré et a regretté que des criminels contre l’humanité soient statufiés – il faisait référence aux célébrations autour de Napoléon…

Rappelons que la mort malheureuse d’Adama Traoré n’est pas la conséquence de la brutalité gendarmesque ni du racisme français, mais de son refus d’obtempérer. Le Monde indique que le couronnement de deux meilleurs espoirs noirs(1) marque un “changement d’ère”. Cette ère commence bien mal. On ne peut vraiment pas dire que cette soirée était un adieu aux cons.

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Corinne Masiero navrante

Corinne Masiero a suscité des réactions outrées. Il faut lui reconnaître un certain culot. S’exhiber nue devant le public de l’Olympia, même si la salle n’était qu’à moitié pleine Covid oblige, quand on n’a pas un corps de rêve, ce n’est pas facile. 

Mais son apparition était une offense aux sens et à l’intelligence, et un scandale en peau de lapin. Se mettre à poil sur scène, dans le style sanguinolent avec tampons hygiéniques aux oreilles, ce n’est pas subversif, c’est kitsch. Ce n’est pas dérangeant, mais dégoûtant! Tout ça pour enfiler des perles complotistes sur le gouvernement qui volerait l’argent… Plus navrant que choquant. 

Alors dans ce naufrage, n’y a-t-il rien à sauver?

Si. Le César de la grande classe est décerné à Fanny Ardant. L’an dernier, elle avait osé dire son affection pour Roman Polanski. Cette année, elle a pris la défense des hommes.

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« C’est une joie de fêter les acteurs. De célébrer les hommes. Leur dire qu’ils sont beaux, qu’ils sont braves. Qu’on rêve de les connaitre. Qu’on désire les revoir. (…) Et que… on les aime… on les admire. Et vivre sans eux, ça ne serait pas tout à fait vivre. » 

Merci Madame!

Cette chronique a été initialement diffusée sur Sud Radio

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