Avant la finale de la Ligue des Champions opposant Paris à Munich, le Préfet de police des Bouches-du-Rhône interdit le port du maillot du PSG dans le centre-ville de Marseille par mesure de sécurité. Puis il annule ce même arrêté en invoquant « l’émotion » suscitée par sa décision. Bienvenue chez Ubu roi de France. 


Chaque jour apporte moult exemples des méfaits du néo-girondinisme qui triomphe sous le nom de proximité. Nos bons maires (surtout les Verts mais pas que) nous aiment tellement qu’ils fourmillent d’idées, non seulement pour nous rendre la vie meilleure mais pour nous rendre meilleurs. À Bordeaux, on songe à couper les vivres à l’opéra, histoire de guérir les penchants élitistes. Et bien sûr, c’est à celui qui nous protégera le mieux et nous assommera d’interdits et de répression – pour notre bien, évidemment.

Que cent jacobinismes s’épanouissent

Du coup, on s’intéresse moins au deuxième membre du nouveau couple exécutif à qui le président et le gouvernement ont discrètement refilé le mistigri des libertés publiques : au préfet de décider, in fine, jusqu’à quel point on peut les rogner. Bras armés de l’Etat dans les départements, les préfets inventent donc une sorte de jacobinisme local, qui vise à adapter la rigueur (et les foudres) de l’administration aux mœurs des divers autochtones qui peuplent la France. En Seine-Saint-Denis, on a appliqué le confinement avec « discernement » (c’est-à-dire mollement), dans les régions côtières, on a sorti les drones pour repérer l’impudent qui osait poser un pied sur le sentier des douaniers (et ne parlons pas des plages). Imaginant que les reclus allaient s’arsouiller en permanence et cogner en conséquence, le préfet de l’Oise a publié en mars un arrêté proscrivant la vente de l’alcool dans tout le département – le plus alcoolique de France. Les addictologues qu’il a consultés après avoir pris cette brillante initiative l’ayant informé des dangers du sevrage forcé et soudain, il a lâché en moins de 24 heures.

Nombre de ces idées baroques ont sans doute échappé à la vigilance des médias. Cependant, le pompon de la sottise bureaucratique revient au préfet des Bouches-du-Rhône. On ne sait pas ce qui est le plus consternant, de sa décision d’interdire les maillots du PSG à Marseille ou de sa reculade devant la vox populi – ou plutôt la voix des réseaux sociaux.

Prendre les

Article réservé aux abonnés

60 % de l’article reste à lire…

Pour poursuivre la lecture de cet article Abonnez-vous dès maintenant.

ABONNEMENT 100% NUMERIQUE
  • Tout Causeur.fr en illimité
  • Le magazine disponible la veille de la sortie kiosque
  • Tous les anciens numéros
3 €80par mois
Lire la suite