Le va-t-en-guerre n’oublie jamais de qualifier, comme dans un dictionnaire des idées reçues, le pacifisme de bêlant. Toujours bêlant, forcément bêlant. Remarquez que pour un pape ou un chrétien, bêler comme l’agneau qui va à l’abattoir, il n’y a là rien d’humiliant. Seulement, nul n’est fondé à laisser bêler l’autre, son prochain, ni à le laisser être abattu. André Sénik joue les gros bras devant le très-méchant Bachar Al-Assad et n’envisage d’autre solution à la guerre civile syrienne qu’une intervention internationale – c’est-à-dire occidentale. Selon lui, quelques petits missiles tirés de loin feront l’affaire, et si Bachar le monstre tombe, ce qui viendra après ne nous regarde pas – comme disaient les Inconnus. Nous aurons fait notre sain devoir d’occidentaux, jeter les puissants à bas de leur trône. Après, que les peuples se démerdent, on est en démocratie après tout.

Et ce ne sont pas les abrutis religieux qui vont se jeter dans nos pattes pour nous en empêcher. Le Pape, qui est si puissant que Staline lui-même n’arrivait pas à compter ses divisions, ferait mieux de mettre sa force de notre côté qui est, par définition, celui de la justice. Plutôt que de prêcher la paix et la prudence, tel le premier Martin Luther King venu. Disons-le tout net : ce pape-là fait la guerre à notre guerre à la guerre. C’est insupportable. Et plutôt que d’hésiter comme le noir Pie XII, il devrait bien plutôt s’inspirer de l’épiscopat  hollandais qui en 42 fit lire dans toutes les Eglises un texte en défense des Juifs. Moralité : le lendemain, tous lesdits Juifs étaient raflés. Un grand moment de politique comme on dirait qu’André Sénik les aime, où l’on fait fi de toute morale précisément au nom de la morale.

 

 

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