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Face aux étudiants militants de gauche, nos facs complaisantes?

Échange avec des militants de l’UNI, syndicat étudiant de droite


La colère de Fiona Idda et Luca Barbagli n’est toujours pas retombée. Membres du bureau national de l’UNI (Union nationale inter-université), les deux étudiants, l’une en lettres, l’autre en master de philosophie, sont indignés par les propos tenus par un professeur d’histoire contemporaine de Paris 1 Panthéon-Sorbonne, par ailleurs tête de liste La France insoumise pour les régionales en Occitanie [1]

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Le 25 janvier, dans un de ses cours, l’universitaire déclarait : « Si certains d’entre vous ont voté Macron/Ciotti/Le Pen/Roussel, je les respecterais très peu, mais si certains ont voté Zemmour, je les considérerai comme des bêtes à abattre » ! Des propos d’une incroyable violence, qui ne devraient pas avoir leur place dans un amphithéâtre, mais qui illustrent l’enracinement de la gauche radicale dans nos universités.

Visite à l’UNI

Au siège national de l’UNI, dans le 8e arrondissement de Paris, les murs présentent tout le folklore militant estudiantin de droite. De vieilles affiches des années 1970, imprimées au rouleau et au pochoir, témoignent des premiers combats de l’organisation. Méritocratie, excellence et responsabilité sont depuis toujours les valeurs défendues par le syndicat créé en 1969 par Jean-François Chauvel (journaliste au Figaro), Jacques Rougeot et Pierre de Vernejoul. Ce soir-là, les différents présidents de sections (l’UNI en compte plus de 45, dispersées dans toutes les académies), arborant chemises BCBG ou sweats floqués « UNI », sont assis sur de vieux canapés et fauteuils. Autour de bouteilles de bière pas assez fraîches, de feuilles qui volent de partout et de piles branlantes de livres d’histoire, de biographies politiques ou de manuels de droit, la discussion des militants est animée pendant qu’ils découpent les tracts dans une ambiance accueillante.

Tous ensemble contre le wokisme

Même s’il est heureusement rare que des professeurs aillent aussi loin, la pensée de gauche plus ou moins radicale pèse comme une chape de plomb sur les étudiants français. Les professeurs « assument, partagent, voire imposent leur idéologie dans leurs cours » peste Luca. Lors de sa prérentrée, au moment de choisir un sujet de mémoire, l’un de ses professeurs a menacé les étudiants de leur assigner saint Thomas d’Aquin s’ils n’avaient pas d’inspiration. « Comme si c’était le philosophe qu’il ne fallait pas étudier. Le philosophe-punition ! » D’autres profs boycottent les interventions de présentation de l’UNI durant les élections étudiantes. 

À ne pas manquer, notre grand dossier : Causeur: Rééducation nationale «Stop au grand endoctrinement!»

Liberté académique ou psychose gauchiste, à vous de choisir, mais le venin woke contamine désormais les sujets de partiels et les mails, rédigés en écriture inclusive, comme à Aix-Marseille, en mai dernier, ou sur la Côte d’Azur en janvier 2023. Dans certaines facultés, des « points bonifiants » sont même accordés si partiels et galops d’essai sont rédigés en toute inclusivité… Et des étudiants craignent de se faire déprécier s’ils ne suivent pas le mouvement, déplorent nos militants.


Le Grand Soir «facho» ?

Les militants de l’UNEF ou de L’Alternative [2], pourtant minoritaires dans les facs, sont à l’initiative de blocages réguliers qui empêchent en permanence les étudiants de poursuivre sereinement leurs apprentissages. Dans le pire des cas, cela conduit à décaler les dates des partiels au détriment des étudiants salariés dont le calendrier de présence en entreprise est déterminé à l’avance. Les violences, les intimidations envers les adhérents de l’UNI qui s’aventurent à tracter au sein des facs ne sont que rarement sanctionnées. À Nantes, le 1er février, une dizaine d’individus masqués se sont introduits dans le hall de la faculté de droit, hurlant « dégagez, les fascistes ! ». À Reims, le 9 février, la porte du local de l’UNI a été taguée « Danger fascho » (sic). « C’est la diabolisation totale de l’individu de droite, affirme Fiona, dégoûtée. On te traite de fasciste, et cela te condamne à une mort sociale. » Traiter de « facho » toute personne de droite ou ne répondant pas à la liste de critères du monde woke est l’arme bien connue qui permet d’étouffer dans l’œuf toute tentative de débat contradictoire. Les lieux de prière découverts à Tolbiac en décembre et les locaux UNI ravagés maintes fois à Chambéry, sans que la moindre sanction soit prise, énervent aussi particulièrement les militants. Toutefois, depuis peu, on veut croire qu’on assiste au réveil de la majorité silencieuse des étudiants qui mènent leur vie sans s’intéresser plus que ça à la politique. « Il y a quand même un changement de tendance, il y a eu une longue période durant laquelle les étudiants avaient peur de faire valoir leurs revendications, parce que les méthodes gauchistes fonctionnaient. Aujourd’hui, ils en ont ras-le-bol », analyse Luca. Ainsi, en quatre ans, le nombre d’adhérents à l’UNI a triplé. Le bureau national, qui annonce plus de 25 000 adhérents sur toute la France, indique que 50% d’entre eux sont par ailleurs encartés dans un parti politique (la distribution entre LR, Reconquête ou RN n’est évidemment pas communiquée, mais cela fluctuerait beaucoup en fonction de l’actualité et… des dernières élections).


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Couardise ahurissante ou complicité, beaucoup de campus se laissent régulièrement bloquer par la gauche, parfois par seulement 20 personnes. Et les réactions des présidents d’université sont en dessous de tout. Luca rapporte qu’à Nanterre la rouge, « une partie du bâtiment administratif était bloquée toute l’année 2021-2022 par l’UNEF. L’administration fermait les yeux, elle ne faisait pas intervenir la sécurité. » Pendant les élections universitaires, il y avait même une banderole sur le bâtiment appelant à voter l’UNEF. « C’est comme si le président de la faculté appelait à voter pour eux, franchement. » Louis Boyard a été accueilli en star pendant sa tournée des facs à Rennes, Paris, Montpellier, Nantes, Tours, Clermont, Nanterre, Toulouse, Rouen… Et depuis les bancs de l’Assemblée nationale, le 7 février, le benjamin des députés a appelé les étudiants à « bloquer toutes les universités du pays » contre la réforme des retraites. Ordre appliqué à la lettre à Tolbiac. Le 16 février, les bloqueurs affichaient une pancarte : « La retraite, on s’en fout, on ne veut pas travailler »…

Alors que la réunion à l’UNI se termine, force est de constater que la bataille culturelle est donc loin d’être gagnée. Les ridicules élans évolutionnaires façon Mai 68, s’ils sont loin d’en avoir l’envergure, ont encore de beaux jours devant eux…


[1] Par souci de sa sécurité, nous préférons ne pas mentionner son nom.

[2] Organisations étudiantes qui se revendiquent de gauche, voire d’extrême gauche.

Harcèlement scolaire: était-ce à CNews de sauver Maël?

Dans une démocratie digne de ce nom, l’indifférence ou l’impuissance des pouvoirs publics ne devraient pas être suppléées par les médias.


Il n’est pas normal que le harcèlement odieux du jeune Maël, dans l’Académie de Dijon, et qui durait depuis plusieurs semaines, n’ait trouvé une solution équitable et efficace qu’à la suite de l’intervention du père de l’enfant dans les médias. Il a suffi en effet d’entendre ses propos émouvants et indignés quoique calmes, par exemple sur TF1 ou CNews, pour que dès le lendemain le bon sens et la justice soient restaurés : ce n’est pas à l’enfant harcelé de quitter son établissement mais au harceleur qui trop longtemps a bénéficié d’une impunité. Pourtant ce n’était pas rien : insultes, moqueries, coups jusqu’en pleine classe, au point que cette jeune victime a un jour déclaré, durant un cours, qu’il voulait « mourir pour que cela s’arrête ».

Pour secourir votre enfant, ne quittez pas…

Maël pourra retourner à l’école dès le 6 mars alors qu’il ne pouvait plus y aller depuis le mois de décembre. On ne peut plus tolérer que face à de tels scandales, on oppose seulement un numéro national de référence (3020) pour signaler les harcèlements scolaires. Cela ne sert à rien sinon à s’illusionner : parce qu’on a révélé, on s’imagine qu’une suite rapide et adaptée sera mise en branle. C’est oublier deux choses : les institutions officielles sont lâches, elles détestent plus ceux qui dénoncent le scandale que le scandale lui-même ; et la bureaucratie étouffera jusqu’à l’insupportable les bonnes volontés qui miraculeusement se seraient manifestées.

Face à de tels constats et à des dérives qui se rapportent à tous les secteurs ministériels et à leurs responsables et agents, de bas en haut, il n’est plus possible de se contenter de déplorer, de réagir médiatiquement et de laisser au mieux les immobilismes s’épargner la moindre prise de conscience.

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En admettant la réalité de ce harcèlement, de sa durée, des diverses modalités rapportées par les parents de Maël et de l’incurie qui s’en est suivie, ne faut-il pas envisager une solution plus radicale pour faire bouger des lignes implacablement figées ? Pour Maël, nous avons l’épouse du président de la République, qui avait mis en avant la lutte contre le harcèlement scolaire. Nous avons un ministre de l’Education nationale qui n’aurait pas dû être concrètement étranger à ce fléau et à la situation terrifiante et longtemps prétendue insoluble du jeune Maël. Nous avons les instances administratives intermédiaires qui ont été passives, demeurant dans leur ouate si éloignée des difficultés du terrain. Nous avons un directeur d’établissement, nous avons un corps professoral, nous avons des enseignants dont certains ont sans doute été directement témoins du sadisme du jeune harceleur à l’encontre de sa victime. Nous avons des parents d’élèves qui probablement étaient au fait de cet insupportable harcèlement mais bien sûr cela ne les concernait pas !

Tous responsables ?

Pourquoi ne pas judiciariser toute la chaîne de responsabilités que j’ai décrite ?

Pourquoi ne pas concevoir des procédures individuelles ou de groupe qui pourraient incriminer le délit de non-assistance à enfants en danger ou, ailleurs, à citoyens, qui auraient le mérite de briser net le hiatus si confortable entre ceux qui ont le pouvoir de décider et les acteurs confrontés aux réalités traumatisantes immédiates ?

L’instauration d’une épée de Damoclès dans les reins du pouvoir, à tous ses niveaux, serait salubre, rappellerait l’exigence de l’action et surtout réduirait à néant le système français de l’irresponsabilité. On ne serait plus quitte seulement avec des promesses ! On serait fondé à questionner le ministre, tous les échelons techniquement inférieurs et subordonnés : qu’avez-vous fait de votre devoir, de votre possibilité d’agir ou de réagir ?

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Qu’on ne vienne surtout pas me rétorquer cet alibi de l’inaction : « Je ne peux pas m’occuper de tout, être au courant de tout ! ». C’est la pire des argumentations que celle qui ose affirmer qu’il y a des petites tâches et des grands devoirs, que le pouvoir d’en haut n’a pas à se commettre avec les misérables aléas du bas, que le harcèlement du jeune Maël était une transgression de trop peu d’importance pour oser prétendre à une sollicitude du plus haut niveau…

Bien au-delà de l’Éducation nationale, qu’on songe à la véritable révolution que constituerait ce recours frénétique mais tellement rassurant à la Justice ! Il n’y aurait plus de matelas dans les prisons, plus de voyous libérés avant l’heure et récidivistes et donc de familles dévastées, plus de SDF de plus en plus nombreux dans nos villes, plus de ministres s’occupant de ce qui ne les regarde pas et négligeant l’essentiel… C’est un hommage pervers rendu à la médiatisation que cette heureuse avancée permise par les médias. On ne peut plus laisser les pouvoirs, sous toutes leurs formes et quelle que soit leur place dans cette immense chaîne favorisant impuissance et indifférence, se laver les mains de leur culpabilité de chaque jour !

Vladimir, Volodymyr

Les présidents russe et ukrainien portent le même prénom.


C’est un symbole de la guerre plein de sens, mais dont on ne parle pas, tellement le malheur est grand pour les gens qui la subissent, tellement les conséquences sont lourdes pour le monde entier. Les deux protagonistes principaux du conflit russo-ukrainien portent le même prénom. Vladimir (Poutine) en transcription russe, Volodymyr (Zelenski) en ukrainien.

Dans l’histoire des slaves orientaux ce n’est pas un prénom quelconque. Il est celui de Vladimir 1er, connu également comme Vladimir le Grand ou encore Vladimir le Beau Soleil, le grand-prince de la Rus de Kiev, le prince de Novgorod la Grande. L’un des descendants les plus emblématiques de la dynastie Riourik, ces Vikings qui ont fondé la Rus de Kiev, ces terres reparties aujourd’hui entre Ukraine, Biélorussise et Russie. Vladimir le Grand est celui qui a converti la Rus de Kiev au christianisme il y a un peu plus de mille ans, en 988 et qui a posé les bases de la civilisation dont les deux peuples voisins s’arrachent aujourd’hui la possession et l’héritage.

Ce Vladimir de l’Histoire qui a régné sur Novgorod, l’une des plus anciennes villes de la Russie moderne et sur Kiev, la capitale indéfectible de l’Ukraine, pourrait-il réconcilier les pays de deux Vladimir en guerre ? Au vu des nouvelles qui proviennent du théâtre des opérations, qui annoncent des combats dignes de Verdun et de Stalingrad, avec des pertes humaines effroyables, cette hypothèse n’est pas d’actualité. Les deux Vladimir de la guerre sont aux antipodes l’un de l’autre, sur tous les points, séparés par une ligne de front.

L’un revendique, sans le cacher, depuis la publication sur le site du Kremlin de son article « De l’unité historique des Russes et des Ukrainiens » en juillet 2021, la racine commune des deux peuples, leur destin inséparable, car pour Vladimir le lien de sang passe par-dessus toutes les autres vérités et surtout celle du désir d’être ensemble ou non. L’autre, Volodymyr, crie son désir de l’Europe et de l’Occident. Parce que l’Ukraine, ce « bord » occidental du foyer des slaves orientaux, a connu d’autres influences et d’autres alliances, notamment celle de la République des Deux nations, un royaume polono-lithuanien, prospère entre XVIème et XVIIIème siècles.

C’est un différend qui parait irréconciliable, qui ressemble sur le fond aux déboires des couples divorcés se battant pour la garde de leurs enfants. Où chacun cherche à s’entourer des avocats les plus redoutables pour gagner la partie. Volodymyr se fond dans les bras du vieux président de la plus grande puissance mondiale, bien qu’en perte de vitesse. Vladimir, lui, mise sur un autre chef d’Etat, celui du plus grand pays asiatique, en pleine expansion.

L’étymologie du prénom Vladimir apporte une touche ultime à cette incroyable symbolique de l’opposition entre deux présidents et, derrière eux, entre deux mondes. « Vladi » vient du mot « vlastj », qui signifie «  pouvoir » et  « gouvernance », alors que « Mir » veut dire en russe « paix », mais aussi « monde ». Ce choc régional vu d’abord uniquement comme une agression brutale d’un pays voisin par un président cruel s’est transformé en une confrontation mondiale Ouest-Est à son apogée, portée par deux peuples venant de la même terre, ayant la même croyance et le même sang. La guerre fratricide entre le pays de Vladimir et celui de Volodymyr est une incarnation dramatique de notre monde d’aujourd’hui. Qui n’aime plus son histoire millénaire et sa logique, sa richesse et ses enseignements. Pendant que l’Occident se voit happé par le phénomène de la cancel culture et son impitoyable tribunal numérique, la Russie de Vladimir interdit l’ONG Mémorial et oublie les crimes de Staline. Parmi lesquels 3.6 millions de victimes du Holodomor en Ukraine, mais aussi autant, voire deux, voire 10 fois plus de morts (selon les différentes estimations des historiens) dans le Goulag russe. Et bien que le tort de Vladimir dans le conflit avec l’Ukraine soit évident et impardonnable, la quête de Volodymyr et de son parlement pour effacer dans son pays les traces russes, culturelles et  historiques ne pourra pas apporter « mir », la paix sur cette terre qui brûle aujourd’hui dans des combats féroces…

Quelle que soit l’ampleur de l’aide militaire et du support politique du monde démocratique, l’ombre de Vladimir le Grand planera toujours sur l’Ukraine et la Russie et ce, indépendamment de la transcription de son prénom.

Darmanin: drogué à la com’

Le ministre de l’Intérieur s’est récemment prononcé pour un retrait des 12 points du permis en cas de conduite sous stupéfiant. Amusant, car cela s’apparente à une dépénalisation de la drogue à bas bruit. Explications.


Fidèle à son mentor, Nicolas Sarkozy, Gérald Darmanin n’a pas manqué de rebondir sur le drame causé par Pierre Palmade. Outre l’inutile projet de création du délit d’« homicide routier », ce communicant retors en a profité pour envisager de supprimer les 12 points du permis de « toute personne qui conduit alors qu’elle a consommé de la drogue ». Simple et efficace ? Ni l’un ni l’autre a priori.

-6 points, un coup de semonce déjà dissuasif

Parier sur l’efficacité de la mesure, c’est s’imaginer que les millions d’utilisateurs de cannabis, cocaïne, MDMA ou ecstasy (liste non exhaustive) vont significativement baisser leur consommation. En revanche, c’est s’affranchir du palier de six points retirés – sanction actuelle et coup de semonce plutôt dissuasif pour ne pas s’y faire prendre deux fois. Au fil du temps, l’application résolue d’une telle mesure finirait par permettre de doubler le nombre de conducteurs sans permis (donc sans assurance) – un million aujourd’hui sillonnent les routes. Une ambition que l’on abandonnera à notre ministre de l’Intérieur.

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Quant à la simplicité de la chose, elle n’a rien d’évident. En effet, tout comme ceux de l’alcool, les effets des drogues se dissipent dans les heures qui suivent leur prise. En revanche, les traces laissées dans l’organisme n’ont pas la même durée de vie suivant le produit. On peut ainsi détecter l’alcool dans le sang seulement dix à douze heures après sa consommation, alors qu’il faut deux jours pour éliminer la cocaïne et une à trois semaines pour le cannabis. Ce dernier reste détectable dans les cheveux trois mois après l’écrasement du pétard (à côté du cendrier). On est pourtant, heureusement, et depuis longtemps, autant en état de conduire que celui qui s’était pris une cuite au même moment. Il conviendrait ainsi de définir le délai réaliste après lequel on aurait le droit de reprendre le volant – ça, ce serait une ambition fort légitime de nature à avoir une influence sur les consommateurs.

Il faut donc, comme pour l’alcool et ses 0,5 g/l, déterminer un seuil de détection en deçà duquel le conducteur ne sera plus considéré comme sous l’empire de la drogue. Amusant, car cela s’apparente à une dépénalisation à bas bruit. Ce n’est certainement pas ce que notre ministre avait en tête.

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Pour le «Times» de Londres, Marine Le Pen pourrait être la prochaine présidente

Le regard libre d’Elisabeth Lévy


La une de L’Incorrect fait beaucoup jaser. Sous le titre « Les jeunes coupent le cordon », trois jeunes gens, visiblement copains, se marrent: Guilhem Carayon, Stanislas Rigault et Pierre-Romain Thionnet, respectivement responsables jeunes de LR, de « Reconquête ! » et du RN. Si l’entretien n’est pas encore disponible en ligne, le message est clair: chez les jeunes, l’union des droites a déjà eu lieu ! Cette jeunesse décomplexée se parle, se côtoie, festoie ensemble sans se soucier des frontières partisanes et des haines recuites de ses chefs. « J’espère que nous combattrons ensemble », déclare notamment Thionnet.

Sans surprise, cette photo a suscité les cris d’orfraie des néo-chiraquiens de LR qui croient, ou feignent de croire, qu’il y a un mur infranchissable entre ce qu’ils appellent l’extrême droite et eux, droite autoproclamée républicaine c’est-à-dire fréquentable. Par exemple, François Durovray, président du Conseil départemental de l’Essonne, somme Eric Ciotti de démettre le jeune Carayon, coupable de crime de dialogue. Preuve que la gauche n’a pas le monopole du sectarisme.

Faut-il y voir la preuve que la diabolisation marche toujours?

Non. Ou plutôt, elle marche encore un peu pour Eric Zemmour, car là, les médias ont mis le paquet. Pour le RN, la diabolisation relève aujourd’hui du rituel, de l’incantation vaudou ou de la pensée magique. Quand Olivier Dussopt, le ministre du Travail, a affirmé, lors des discussions sur la réforme des retraites, qu’à l’Assemblée les élus RN avaient été plus républicains que les Insoumis, on a entendu des réactions outragées, comme s’il avait dit qu’Hitler était un chic type. Mathilde Panot a tweeté gravement : «La honte». Plus personne ne croit à cet antifascisme d’opérette (car il n’y a pas de fascistes en vue), ni au cordon sanitaire qui allait avec.

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Pour la majorité des Français, le RN est un parti comme les autres. S’ils ne votent pas pour Marine Le Pen, c’est parce qu’ils n’aiment pas son étatisme ou qu’ils doutent de sa compétence (quoique de moins en moins) : des raisons normales, banales. Mais, elle ne fait pas peur. D’ailleurs, au palmarès des politiques préférés du JDD, Marine Le Pen est numéro 2, entre Edouard Philippe et Bruno Le Maire. Pour le Times, grand quotidien à Londres, elle sera la prochaine présidente. Cela se murmure aussi à Paris, en une de L’Obs.

L’Obs

L’avancée silencieuse

Cette « avancée silencieuse » prouve une nouvelle fois que l’indignation morale est inopérante.

La première raison du succès de Marine Le Pen, c’est que ses adversaires lui ont fait cadeau du réel (l’expression est d’Alain Finkielkraut). Ils n’argumentent pas, ils agitent des gousses d’ail ou des croix. Depuis des années, ils s’enferment dans un déni sidérant : le niveau monte à l’école… l’immigration est une chance pour la France… et le grand remplacement un fantasme d’extrême droite. Ils ne veulent pas voir ce qu’ils voient, et ils nazifient ceux qui voient.

En 40 ans, ils ont ainsi réussi à faire passer le FN/RN de moins de 10% à plus de 40% des voix. Encore un petit effort, et ils amèneront Marine Le Pen à l’Élysée. Comme ça, pendant cinq ans, ils pourront jouer à la Résistance.


Cette chronique a d’abord été diffusée sur Sud Radio

Retrouvez notre directrice de la rédaction du lundi au jeudi après le journal de 8 heures

Droite: les jeunes LR, Reconquête et RN coupent le cordon sanitaire

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Le magazine L’Incorrect vient de réussir un joli coup, autant médiatique que politique.  


Et qui a fait parler avant même la sortie en kiosque du numéro de mars du mensuel. Dans celui-ci, L’Incorrect mène un grand entretien réunissant les figures de la jeunesse des partis situés « à droite » d’Emmanuel Macron. La « jeune droite », puisqu’il faut bien l’appeler ainsi, et même si le terme de « droite » est précisément l’un des sujets de ce débat, est interviewée par Arthur de Watrigant, Wandrille de Guerpel et Jérôme Besnard. Elle évoque ses divergences et convergences sur tous les grands sujets du moment.

L’Incorrect n°62

À tout seigneur tout honneur, Pierre-Romain Thionnet, 28 ans, président du Rassemblement national de la Jeunesse (RNJ), présenté comme un gaulliste social, a la tâche de représenter ici la principale force politique située à la droite de la majorité gouvernementale dans l’hémicycle (88 députés). Révélation de la jeunesse politique de la campagne présidentielle passée, Stanislas Rigault, 23 ans, est le président de Génération Zemmour et porte-parole de Reconquête ! dont il continue à porter le message malgré les déconvenues politiques du candidat Eric Zemmour. Enfin, Guilhem Carayon, 23 ans, porte-parole du parti Les Républicains (LR), après avoir été nommé à ce poste par son président Eric Ciotti, est défini comme libéral-conservateur, et vient d’une longue tradition familiale de droite (RPR puis UMP). Retraites, système de santé, éducation, immigration, Ukraine, tous les sujets sont abordés, permettant de se faire une idée bien précise des positionnements de chacun.

Sur la réforme des retraites, une alliance LR-Reconquête

Sur la réforme des retraites, Pierre-Romain Thionnet détaille la ligne qui est celle du RN dans la bataille. Il se montre catégoriquement opposé à la réforme gouvernementale, pointant les nombreuses injustices qu’elle porte, démontrant par le menu qu’elle n’est pas indispensable, détaillant les diverses autres pistes de financement existantes (démographie, productivité, réindustrialisation et lutte contre le chômage, notamment). Guilhem Carayon et Stanislas Rigault, eux, se disent tous deux favorables au principe du report de l’âge de départ à la retraite. Même s’ils y mettent toutes les nuances, et émettent quelques propositions alternatives, ils soutiennent évidemment, comme leurs partis respectifs, la réforme qu’Emmanuel Macron tente actuellement de faire adopter. Par soucis comptables principalement. La dette et les déficits chroniques (commercial comme de l’État) nous y obligeraient, par souci de préserver notre souveraineté, selon eux. Ce sera le point crucial sur lequel on observera une divergence nette entre le dirigeant du RNJ et les porte-parole de LR et Reconquête ! 

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Tous trois sont d’accord pour faire de la réindustrialisation de la France une priorité. Et même, pour mettre en œuvre une politique nataliste. Guilhem Carayon déplore : « Nous avons la natalité la plus basse depuis 1946 ! » Une politique « fasciste », en somme, pour Sandrine Rousseau et ses acolytes de la Nupes. Oui, c’est ainsi qu’ils l’ont décrite, lorsque des députés du RN ont récemment proposé cette orientation…

Santé, école et… immigration

Les trois jeunes sont également d’accord pour déplorer l’état dramatique de notre service hospitalier, même si Pierre-Romain Thionnet rappelle opportunément à Guilhem Carayon que les réformes néolibérales engagées par les gouvernements RPR-UMP des années 2000 portent une lourde responsabilité dans ce délabrement des services publics de santé.

La question de l’éducation arrive ensuite, et l’on s’aperçoit que chacun tombe spontanément d’accord pour affirmer que la politique d’immigration de ces dernières années est la principale cause du dysfonctionnement majeur que connaît l’Éducation nationale. Cachez cette réalité que Pap N’Diaye ne veut pas voir ! Ainsi, la politique d’immigration arrive spontanément et rapidement sur la table lors de ce débat : l’esbroufe perpétuelle de la « politique d’immigration » de Gérald Darmanin est mal perçue par MM. Thionnet, Rigault et Carayon, aucun n’y accorde le moindre crédit. En 2022, Emmanuel Macron vient de décrocher le record historique d’immigration légale entrant en France (325 000 immigrés légaux), et l’invasion migratoire semble fatalement devoir s’amplifier.

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Pierre-Romain Thionnet souligne que le RN n’avait aucune divergence programmatique avec Reconquête sur la question migratoire, durant la campagne présidentielle, hormis la question des prénoms. On perçoit bien, y compris chez Guilhem Carayon qui appartient à une droite plus modérée, une réelle conscience que l’avenir de la France se joue sur cette question de l’immigration légale. L’on ne peut qu’espérer dès lors que leurs partis respectifs se décideront enfin à l’arrêter, une fois arrivés au pouvoir.

Sur l’Ukraine, la droite gênée ?

La question ukrainienne arrive, enfin, et la gêne se fait palpable sur ce sujet. Signe peut-être de la séduction profonde sur la droite qu’ont exercé depuis 2000 le virilisme d’un Vladimir Poutine et la fierté russe retrouvée face à une globalisation américaine peu conforme à l’esprit de la droite française « tradi ». MM. Thionnet, Rigault et Carayon sont évidemment d’accord pour condamner l’invasion russe et soutenir l’Ukraine. « Sans armes offensives » pour Pierre-Romain Thionnet. « Sujet compliqué » pour Stanislas Rigaut. « Pas de solution facile » pour Guilhem Carayon. La droite française est bien emmerdée. Mais subsiste néanmoins l’espoir que la Russie pourra réintégrer la famille européenne « dans 15 ou 20 ans », pour Pierre-Romain Thionnet.

Sauver la France

Le bilan d’Emmanuel Macron est désastreux, c’est entendu. Pour la suite, Guilhem Carayon pense à Laurent Wauquiez, à qui il tresse les plus beaux lauriers. Pour Stanislas Rigault, l’avenir passe par une coalition des trois forces, à l’image de la spectaculaire victoire remportée en Italie par Giorgia Meloni, laquelle a su rassembler Matteo Salvini et Silvio Berlusconi dans un gouvernement d’union. Pierre-Romain Thionnet forme également l’espoir qu’ils se retrouveront tous sous la même bannière pour battre Emmanuel Macron et son successeur. On réalise que ces jeunes-là se connaissent, se comprennent, s’estiment, s’apprécient et qu’ils ont en commun d’avoir pleinement conscience des défis que la France doit affronter. Et l’on se dit que des divergences économiques sur la réforme du système des retraites ou des questions de personnalités pour incarner une candidature commune pèsent finalement bien peu à côté du devoir de sauver la France.

Le président LR des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, s’est insurgé depuis contre la une de nos confrères

Mais la réalité des LR nous rattrapant, au galop, on se dit qu’il reste encore un peu de travail à faire chez ces derniers. Avant même la parution de l’entretien, le président LR du conseil départemental de l’Essonne François Durovray demandait la démission de Guilhem Carayon de son poste de porte-parole, suivi par la vice-présidente LR de la région Grand Est Valérie Debord… Pendant ce temps, Jordan Bardella, interrogé par France Inter, répondait qu’il souhaitait effectivement le rassemblement de tous les patriotes, le plus large possible. Bardella est légitime pour le demander : des trois partis impliqués dans la dernière présidentielle et participant à cet entretien, rappelons que c’est LR qui a fini à 4%…

Rendez-nous Guy Lux!

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« La TV des 70’s », le documentaire écrit par Philippe Thuillier, est reprogrammé ce vendredi soir sur France 3 à 21h10. À ne pas rater.


Rétrospectivement et collectivement, nous avons été sévères, trop sévères avec la télé à paillettes des Carpentier et de Monsieur Lux, des Jeux de 20 heures et de Ring Parade. Nous étions des snobs et de mauvais coucheurs. Voilà tout, des idiots incapables d’estimer notre chance. Alors que nous vivions, sans le savoir, une parenthèse enchantée, la collusion heureuse entre une certaine exigence culturelle et les prémices d’un audimat fou, l’amalgame entre la variété à patte d’eph’ et les salles silencieuses de la BNF, entre la rue de Valois et les studios de Cognacq-Jay naissait une idylle contre nature pour le bien de la Nation.


Garcimore, Danielle Gilbert, Coluche, Desproges…

Cette télé des années 1970 qui se voulait libératrice et émancipatrice, débarrassée de la tutelle de l’État tout en ne s’offrant pas aux appétits voraces de la privatisation fut initiée par Giscard, le réformateur en haut de forme, communicant auvergnat imitant les Kennedy avec un naturel « inutilement guindé », selon sa propre expression. Nouvellement élu le 19 mai 1974, le président dissout l’ORTF dans la foulée et fait sortir de son chapeau tel Garcimore, trois chaînes : TF1, Antenne 2 et FR3. En France, tout commence par une révolution de palais et se termine par de petits arrangements entre amis. Comme tous les élans refondateurs, après quelques ajustements technocratiques et des nominations sensibles, le soufflé de la liberté, cette chère irrévérence, retomba.


Avouons qu’il mit un certain temps avant de retomber. Il y eut du mou dans la zapette, donc des espaces de totale subversion, qui seraient inimaginables aujourd’hui, purent ici et là éclore ; des talents du music-hall ou de la presse écrite, Coluche et Desproges, par exemple, s’invitèrent dans le salon des Français. Et puis, vigilants, les hommes politiques s’étant habitués à leur hochet télévisuel, ils ne furent plus tellement disposés à le partager. Ils préférèrent le garder pour leur strict usage personnel et électoral. Pourtant, malgré les menaces de reprise en main et la marchandisation de la société, cette télé des années 1970 nous paraît a posteriori rafraîchissante, d’une innocence et d’une fantaisie dont nous avons perdu la recette. On la trouvait bébête, commerciale à souhait, criarde et bavarde, saturée de couleurs et de tubes obsédants.

De la tenue, du direct

Le documentaire diffusé ce soir est là pour confirmer notre méprise, il nous éclaire sur un bouillon de pop-culture qui mérite vraiment le détour. Cette télé imaginée pour les classes moyennes était finalement « élitiste » en comparaison de nos codes actuels, inventive, caustique parfois, poétique assez souvent, marrante car le direct offrait des instants de funambulisme aux animateurs et elle avait en même temps de la tenue. Les invités s’y exprimaient sans la bouillie idéologique à la mode et aussi étonnant que cela puisse paraître, avec une forme de sincérité. Quand on voit la désolation de nos samedis soir, la faiblesse des débats, la moraline à gros tube déversée sur le moindre sujet d’actualité et une floppée d’artistes ne pouvant aligner deux mots distinctement sans paraître puérils ou pontifiants… On appelle Sheila, Nicoletta, Dave et Michel Delpech à la rescousse !

A lire aussi, Elisabeth Lévy: P. le maudit

Il suffit de voir le spectacle de la dernière cérémonie des César où, à l’exception de quelques professionnels du rire comme Jérôme Commandeur ou de l’élégant Benoît Magimel, le combat culturel semble perdu. Des acteurs bafouillant de gratitude, sans charme et sans malice, toujours au premier degré, dépourvu de la moindre qualité oratoire, ça laisse perplexe. Alors, on se consolera en revoyant Danielle Gilbert jonglant avec les aléas du direct aussi agile que Mabrouk dans « 30 millions d’amis », on se pincera devant un Bouvard intervieweur-agresseur d’une méchanceté jouissive ou d’un Jacques Martin ténor lyonnais soupe au lait et génial dynamiteur du ronron habituel.

Dans cette décennie bénie, Sagan passait une tête dans la lucarne, Brassens grattait sa guitare, Nino Ferrer nous emportait par sa mélancolie abrasive, Jean-Claude Brialy était un exquis maître d’hôtel, Robert Chapatte coiffait le sport, Sim se déguisait, Dorothée était émouvante et Jean-Jacques Debout écrivait une comédie musicale chaque semaine. Quelle joie également de revoir Martine Chardon et Virginia Crespeau, mes deux speakerines préférées. J’attends qu’un jour, un réalisateur s’empare du personnage de Guy Lux dans un biopic épique, à son image, flamboyant et bondissant. SVP bonsoir !

France 3, vendredi 3 mars à 21 h 10. Rediffusion mercredi 8 mars à 23h40.

Et maintenant, voici venir un long hiver...

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Monsieur Nostalgie

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Le Royaume Uni enfin sorti du «bourbier» du Brexit ?

Le nouveau Protocole sur l’Irlande du Nord annoncé cette semaine dans la ville royale de Windsor mettra-t-il fin aux tensions qui, depuis 2016, perturbent les relations entre l’UE et le Royaume Uni ? Permettra-t-il aux partis politiques nord-irlandais de sortir de l’impasse qui paralyse leurs institutions gouvernementales ? Nous autorise-t-il à dire que le Brexit est enfin terminé ?


Lundi 27 février, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le Premier ministre britannique, Rishi Sunak, ont annoncé avec grande pompe être arrivés, d’un commun accord, à un remaniement du « Protocole sur l’Irlande et l’Irlande du Nord ». Ce résultat intervient après des négociations, parfois houleuses, qui duraient depuis que le Royaume Uni avait quitté l’UE à la fin du mois de janvier 2020. D’ailleurs, le destin de l’Irlande du Nord et de la frontière terrestre entre le nord et le sud posait un problème dès le début des pourparlers sur le Brexit en 2017. Aujourd’hui, quatre questions se posent :

L’UE, quoique toujours soucieuse de préserver l’intégrité du marché unique, semble avoir fait des concessions…

Pourquoi cette nouvelle version du protocole est-elle nécessaire ? Quels en sont les principes ? Comment les deux partis sont-ils enfin arrivés à un nouvel accord ? Et enfin, le nouveau protocole sera-t-il apte à résoudre les différents problèmes provoqués par le Brexit ?

Mon royaume pour un protocole !

Rappelons brièvement les enjeux. Signés en 1998, les fameux Accords du vendredi saint – car il y en a deux : l’un entre la plupart des partis politiques nord-irlandais et l’autre entre le Royaume Uni et la république d’Irlande – ont mis plus ou moins fin à l’ère des troubles en garantissant, entre autres choses, l’invisibilisation relative de la frontière nord/sud. Cette invisibilisation était possible grâce au fait que les deux territoires faisaient partie du marché unique de l’UE et que des contrôles douaniers n’étaient pas nécessaires. Désormais, les deux camps en Irlande du Nord – celui des nationalistes et celui des unionistes – pouvaient garder leurs perceptions opposées des choses. Les nationalistes avaient l’impression de vivre dans une Irlande presque réunifiée, tandis que les unionistes avaient celle de vivre dans un Royaume toujours Uni. Le Brexit a mis en danger cet équilibre délicat en menaçant de rétablir une frontière douanière entre les deux Irlande.

On se souviendra que Theresa May a fait une vaine tentative pour réaliser la quadrature de ce cercle avec son fameux « back stop », un serpent de mer éphémère bien oublié aujourd’hui. Boris Johnson a créé l’illusion d’une résolution de l’imbroglio à travers son « Protocole sur l’Irlande et l’Irlande du Nord » qui fait partie de l’« Accord sur le retrait » signé en décembre 2019. Ce Protocole maintient l’Irlande du Nord dans le marché unique de l’UE et en même temps l’installe dans une union douanière avec la Grande Bretagne. Le problème, c’est qu’il dessine une frontière douanière entre l’Irlande du Nord et le reste du Royaume Uni. L’invisibilisation, chère aux nationalistes, de la frontière nord/sud est préservée, tandis qu’une nouvelle frontière est/ouest devient visible, au grand dam des unionistes qui se prétendent floués.

A lire aussi, du même auteur: L’indépendantiste, le violeur et l’avenir du Royaume Uni

Une renégociation du Protocole était donc nécessaire afin d’atteindre les objectifs suivants.

  • Dans la mesure du possible, invisibiliser la frontière est/ouest en rendant beaucoup plus fluide le passage des biens entre le Royaume Uni et l’Irlande du Nord.
  • Rétablir le partage des pouvoirs en Irlande du Nord entre les nationalistes et les unionistes, partage garanti par les Accords du Vendredi saint et l’Accord de Saint-Andrews de 2006.
  • Mettre enfin un terme aux négociations sur le Brexit et améliorer les relations entre le Royaume Uni, d’un côté, et de l’autre, l’UE, la France et les Etats-Unis.

Aux dernières élections à l’Assemblée d’Irlande du Nord, le parti nationaliste, Sinn Féin, a eu le plus d’élus, lui donnant le droit de former un gouvernement exécutif et de désigner le Premier ministre. Mais à condition que le plus grand parti unioniste, en l’occurrence le Parti unioniste démocrate (DUP), y participe. Or, ce parti refuse obstinément de donner son accord afin d’exprimer son hostilité au Protocole et à la frontière douanière est/ouest.

En même temps, la difficulté des négociations sur le Protocole a prolongé les tensions qui avaient caractérisé les négociations sur le Brexit, tensions particulièrement exacerbées entre le Royaume Uni et la France – et sur le plan personnel, entre Boris Johnson et Emmanuel Macron. Outre-Atlantique, le président Biden, faisant grand cas de ses racines irlandaises et désireux de choyer ses électeurs irlando-américains, voyait d’un très mauvais œil les difficultés créées en Irlande par la non-résolution du problème. Par conséquent, une note discordante s’était fait entendre dans les relations normalement cordiales entre les Etats-Unis et le Royaume Uni.

Ainsi, une renégociation réussie trancherait d’un seul coup plusieurs nœuds gordiens.

Un vieux protocole dans une nouvelle bouteille ?

Le résultat des négociations est surnommé « le cadre de Windsor » (« the Windsor Framework ») d’après le nom de la ville où Sunak et von der Leyen ont fait leur annonce. La nouvelle version du Protocole est-elle si différente de la première ? Les objections à celle-ci formulées par les unionistes tournaient surtout autour des contrôles douaniers bureautiques et coûteux imposés aux biens traversant la Mer d’Irlande d’est en ouest, et du rôle joué par la Cour de justice européenne dans la gestion des normes et réglementations appliquées sur le territoire nord-irlandais.

À cet égard, l’UE, quoique toujours soucieuse de préserver l’intégrité du marché unique, semble avoir fait des concessions. Concernant les contrôles douaniers, on propose des couloirs « verts » pour les biens destinés à rester en Irlande du Nord et « rouges » pour ceux destinés à finir dans la république et donc dans le marché unique. Les biens passant par les couloirs verts ne seraient pas normalement sujets à des contrôles physiques. Il reste deux bémols du point de vue unioniste : pour pouvoir exploiter le couloir vert, il faudrait avoir l’agrément officiel de « commerçant de confiance » (plus ou moins l’équivalent d’« Opérateur économique agréé » dans la législation française), et les vérifications ne disparaîtraient pas complètement.

Quant à la capacité de la Cour de justice européenne à intervenir dans les affaires de l’Irlande du Nord, elle serait réduite, mais toujours réelle. En revanche, si la TVA européenne continue à s’appliquer en Irlande du Nord, ce sera avec des assouplissements pour reconnaître l’appartenance de la province au Royaume Uni.

La concession apparemment la plus spectaculaire de l’UE s’appelle « le frein Stormont » (« the Stormont Brake »), d’après le nom de l’Assemblée nord-irlandaise). Si au moins 30 (un tiers) des députés de l’Assemblée, appartenant à au moins deux partis politiques, soutiennent une proposition contestant une nouvelle règle adoptée par le marché unique, le gouvernement britannique aura le droit d’opposer un véto à son application en Irlande du Nord. Ce véto ne pourrait être invoqué que dans des circonstances exceptionnelles et si la nouvelle règle européenne créait une situation ingérable dans la province. Si la suspension de la règle se révélait permanente, l’UE aurait le droit de prendre les mesures correctives qu’elle voudrait. Selon certains commentateurs, elle pourrait imposer des amendes considérables au gouvernement britannique en compensation des pertes commerciales. À l’heure actuelle, les tenants et aboutissants de ce « frein Stormont » restent assez vagues.

Un comptable a essayé d’expliquer l’opération du « frein Stormont » par un diagramme

Le bras de fer des faibles

 Certains pourraient être tentés de remarquer que ces concessions (si elles se révèlent être de véritables concessions) auraient pu être octroyées par l’UE il y a longtemps. Qu’est-ce qui a changé récemment ? Comme l’a dit Ursula von der Leyen, il y a un nouvel esprit de coopération face à la guerre en Ukraine et à un certain nombre de problèmes économiques communs. D’une importance au moins égale, il y a le fait que, lors des négociations sur le Brexit, l’UE avait l’avantage : la confusion qui régnait au sein de la classe politique britannique rendait désespérée la recherche par le Royaume Uni d’un accord de retrait. Depuis, cet accord a été trouvé en principe et la confusion s’est bien dissipée. En revanche, le désespoir est du côté irlandais – nord et sud – car il faut remettre en œuvre le partage des pouvoirs exécutifs prévus par les différents Accords. C’est seulement de cette manière que la province peut retrouver son autonomie relative et que ses citoyens peuvent être fixés sur leur statut entre l’UE et le Royaume Uni. Or, l’UE n’est pas signataire des Accords (pas plus que les États-Unis). La république d’Irlande, membre de l’UE, est pressée de voir les difficultés résolues. C’est donc au Royaume Uni, signataire des Accords et acteur incontournable, que revient l’avantage. Les concessions de l’UE reflètent donc, non seulement un dégel dans les relations diplomatiques, mais aussi l’initiative que les Britanniques ont pu saisir.

A lire aussi, du même auteur: Harry, un ami qui vous veut du mal

Est-on sorti de l’auberge ?

Il est quand même trop tôt pour déboucher le champagne. Le « cadre de Windsor » doit être approuvé par le Parlement britannique. Certains députés conservateurs restant fidèles à l’idée d’un Brexit dur pourraient se révolter contre leur gouvernement. Ce serait gênant pour Sunak mais ne constituerait pas un obstacle pour le nouveau Protocole car les Travaillistes sont prêts à le voter. La difficulté majeure est celle que présente le plus grand parti unioniste, le DUP, qui, s’il ne trouve pas le Protocole à son goût, continuera de bloquer la mise en place d’un gouvernement exécutif. Pour l’instant, les partisans de la ligne la plus dure au DUP ont exprimé leur désapprobation, mais le Parti lui-même n’a pas encore formulé sa réponse officielle. Il y a une pression pour qu’elle soit positive, car le gouvernement britannique pourrait déclencher de nouvelles élections qui ne favoriseraient pas le DUP.

Pourtant, même si le Protocole new-look est adopté, ce ne sera pas nécessairement le point final. Chaque fois que, pour une raison ou une autre, le frein Stormont sera invoqué, l’UE et le Royaume Uni seront obligés de renégocier leurs relations à la lumière de la règle faisant l’objet du frein. Au théâtre où le spectacle du Brexit se produit, on peut faire relâche de temps en temps, mais la saison elle-même est sans fin.

«Les Verts sont encombrants, infidèles et ingérables!»

Maire LR du 6e arrondissement de Paris depuis 30 ans, Jean-Pierre Lecoq est une figure de l’opposition municipale. Mais il croit davantage en une opposition constructive qu’en une opposition frontale à l’Hôtel de Ville.


Causeur. Quand on sait ce que coûte l’organisation des Jeux Olympiques et quand on voit l’état dans lequel se trouve Paris, fallait-il se battre pour accueillir cet événement, et notre capitale va-t-elle en sortir gagnante – indépendamment des résultats sportifs ?

Jean-Pierre Lecoq. Je ne reprocherai pas à Mme Hidalgo de s’être battue pour obtenir les JO car Paris s’est doté ces dernières années de nombreuses installations sportives qui n’ont pas vieilli. Je pense au stade Charléty construit par Jacques Chirac, au stade de France, au parc des Princes qui a été rénové etc. À chacune de nos candidatures, il y en a eu plusieurs en vingt ans, nous avions déjà environ 80% de nos équipements. Et 2024 marquera le centenaire des JO de Paris de 1924, c’est un beau symbole. Ce qui n’était pas prévisible, c’est l’état de tension dans lequel se trouve le monde actuel : guerre en Ukraine, sortie de crise Covid, guerres asymétriques, tensions économiques etc.

Il n’en demeure pas moins que les JO de 2024 sont un rendez-vous absolument essentiel, d’autant que ce ne sera pas Paris qui jouera sa crédibilité mais la France.

Il faut donc la jouer collectif ?

Il faut bien sûr la jouer collectif ! Les Français sont par définition divisés, depuis de Gaulle et ses 365 fromages à Emmanuel Macron qui alimente les crispations à coup de petites phrases. Mais il est nécessaire que nous soyons unis pour ce rendez-vous. Cet événement nous placera sous les projecteurs du monde entier. Tous les responsables, politiques et autres, doivent en prendre conscience.

A lire ensuite: Olivier Marleix (LR): “Aucune réforme des retraites n’a jamais été populaire”

Là où il est en revanche difficile d’avoir l’esprit d’équipe, c’est face à la vie quotidienne imposée aux Parisiens: chantiers permanents et absence de coordination, pistes cyclables tracées en dépit du bon sens… En tant que maire d’arrondissement, disposez-vous de leviers pour freiner les ardeurs de l’Hôtel de Ville ?

Vous mettez le doigt sur la politique la plus clivante à Paris – avec celle des logements sociaux –, la politique des « mobilités ». Je tiens à préciser que nous votons à l’unanimité, dans le 6e arrondissement, 90% des délibérations qui nous sont soumises. Sur la sécurité par exemple, il n’y a plus de clivage puisque la maire de Paris a enfin créé une police municipale. Le débat est désormais sur son armement ou non. On estime aujourd’hui que 10% des effectifs pourraient être armés, cela se fera peut-être dans le futur, mais c’est un point sur lequel il faut être prudent et patient : tout le monde n’est pas apte à porter une arme et des formations sont nécessaires pour ceux qui en ont la capacité.

La ville de Paris a attendu beaucoup trop longtemps pour réagir face à l’invasion anarchique des trottinettes

Concernant les mobilités, Anne Hidalgo est dans la même situation qu’était Bertrand Delanoë durant son premier mandat. Il n’avait pas obtenu de majorité socialiste-communiste et a dû composer avec les Verts ; ce qu’il n’a pas eu à faire lors de son second mandat. Les communistes ne sont pas embêtants et sont pour les socialistes des alliés fidèles. En revanche, les Verts sont des alliés encombrants, infidèles et ingérables ! On voit bien à quoi ressemble la gestion des troupes écologistes au parlement. Tout cela n’est pas brillant et ils ont en plus des totems. L’un d’eux est l’automobile – qu’ils veulent faire disparaître – et un autre est le vélo – qu’ils veulent imposer à tous. Les Verts aujourd’hui, c’est Pékin en 1966 ! Il ne manque que la casquette Mao…  Plus sérieusement, il est une réalité indéniable : tout le monde veut respirer un air meilleur. Les centres-villes ont été décongestionnés, et il est heureux qu’ils ne ressemblent plus à ce qu’ils étaient dans les années 1970/80. Mais ce que je reproche à nos amis écolos, c’est d’être dogmatiques et sectaires. Même les adeptes du vélo ou de la marche à pied – c’est mon cas – peuvent avoir besoin d’utiliser une voiture pour une raison ou pour une autre. Il est invraisemblable de vouloir l’interdire.

A lire aussi, Jonathan Siksou: Signez la pétition pour le retour de Voltaire, square Honoré-Champion, à Paris!

Et on voit bien que le vélo n’est pas sans danger…

Le vélo à Paris peut être dangereux. Dangereux à cause des autres cyclistes, des automobilistes, des piétons et c’est vrai qu’on assiste à un grand bazar. Il y a un travail à faire mais la majorité municipale, si inclusive, fraternelle, transversale et solidaire par ailleurs, concernant la rue et la chaussée, ne fait rien. Certains jours, on a vraiment l’impression que c’est la guerre civile ! Mais je suis optimiste car il me semble, depuis quelques semaines, que les vélos font plus attention aux piétons et aux voitures. Mais on en reparlera au retour du beau temps !

Au chapitre des mobilités qui fâchent, il y a aussi les trottinettes. L’Hôtel de Ville organise le 2 avril une votation « pour ou contre les trottinettes en libre-service ». La Mairie ne pourrait-elle pas y mettre fin d’autorité, comme elle l’a fait pour les Autolib’ ?

Bien évidemment ! Quand on est maire de Paris, et sur un sujet certes important mais qui s’ajoute à tant d’autres décisions qu’il faut prendre – social, urbanisme, sécurité etc. –, on doit assumer ses choix. D’autant qu’Anne Hidalgo nous dit quelle est sa position : en même temps qu’elle annonce cette votation, elle nous dit qu’elle est contre le maintien des trottinettes. Et David Belliard, son adjoint, en rajoute une couche en annonçant qu’elles sont très dangereuses et que lui aussi est contre. Il s’est passé avec les opérateurs de trottinettes la même chose qu’avec Airbnb : ils occupent le terrain et attendent de voir ce qu’il se passe. Airbnb a fini par être encadré à travers toute la France, mais la ville de Paris a attendu beaucoup trop longtemps pour réagir face à l’invasion anarchique des trottinettes – souvenez-vous de la pagaille des années 2018-2019. Elle a finalement apporté une réponse intelligente, mais tardive, en lançant un appel d’offre pour trois opérateurs et en créant, avec la collaboration des mairies d’arrondissements, des aires de stationnement. Et ça a plutôt été une réussite. Aujourd’hui, beaucoup de problèmes sont dus à des touristes qui abandonnent leur engin n’importe où. Au lieu d’une votation, Anne Hidalgo aurait dû mettre fin aux concessions pour, ensuite, renégocier avec les opérateurs un encadrement strict, telle que l’immatriculation des trottinettes, l’obligation pour l’utilisateur de présenter une assurance, l’obligation du port d’un casque et l’interdiction aux mineurs de moins de 16 ans. Nous vivons une situation qui est un mélange d’aveu de faiblesse et de lâcheté politique.  

Capitale

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Face aux étudiants militants de gauche, nos facs complaisantes?

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Photographie fournie par les militants de l'UNI D.R.

Échange avec des militants de l’UNI, syndicat étudiant de droite


La colère de Fiona Idda et Luca Barbagli n’est toujours pas retombée. Membres du bureau national de l’UNI (Union nationale inter-université), les deux étudiants, l’une en lettres, l’autre en master de philosophie, sont indignés par les propos tenus par un professeur d’histoire contemporaine de Paris 1 Panthéon-Sorbonne, par ailleurs tête de liste La France insoumise pour les régionales en Occitanie [1]

A lire ensuite, Elisabeth Lévy: Abonnez-vous! Rengagez-vous!

Le 25 janvier, dans un de ses cours, l’universitaire déclarait : « Si certains d’entre vous ont voté Macron/Ciotti/Le Pen/Roussel, je les respecterais très peu, mais si certains ont voté Zemmour, je les considérerai comme des bêtes à abattre » ! Des propos d’une incroyable violence, qui ne devraient pas avoir leur place dans un amphithéâtre, mais qui illustrent l’enracinement de la gauche radicale dans nos universités.

Visite à l’UNI

Au siège national de l’UNI, dans le 8e arrondissement de Paris, les murs présentent tout le folklore militant estudiantin de droite. De vieilles affiches des années 1970, imprimées au rouleau et au pochoir, témoignent des premiers combats de l’organisation. Méritocratie, excellence et responsabilité sont depuis toujours les valeurs défendues par le syndicat créé en 1969 par Jean-François Chauvel (journaliste au Figaro), Jacques Rougeot et Pierre de Vernejoul. Ce soir-là, les différents présidents de sections (l’UNI en compte plus de 45, dispersées dans toutes les académies), arborant chemises BCBG ou sweats floqués « UNI », sont assis sur de vieux canapés et fauteuils. Autour de bouteilles de bière pas assez fraîches, de feuilles qui volent de partout et de piles branlantes de livres d’histoire, de biographies politiques ou de manuels de droit, la discussion des militants est animée pendant qu’ils découpent les tracts dans une ambiance accueillante.

Tous ensemble contre le wokisme

Même s’il est heureusement rare que des professeurs aillent aussi loin, la pensée de gauche plus ou moins radicale pèse comme une chape de plomb sur les étudiants français. Les professeurs « assument, partagent, voire imposent leur idéologie dans leurs cours » peste Luca. Lors de sa prérentrée, au moment de choisir un sujet de mémoire, l’un de ses professeurs a menacé les étudiants de leur assigner saint Thomas d’Aquin s’ils n’avaient pas d’inspiration. « Comme si c’était le philosophe qu’il ne fallait pas étudier. Le philosophe-punition ! » D’autres profs boycottent les interventions de présentation de l’UNI durant les élections étudiantes. 

À ne pas manquer, notre grand dossier : Causeur: Rééducation nationale «Stop au grand endoctrinement!»

Liberté académique ou psychose gauchiste, à vous de choisir, mais le venin woke contamine désormais les sujets de partiels et les mails, rédigés en écriture inclusive, comme à Aix-Marseille, en mai dernier, ou sur la Côte d’Azur en janvier 2023. Dans certaines facultés, des « points bonifiants » sont même accordés si partiels et galops d’essai sont rédigés en toute inclusivité… Et des étudiants craignent de se faire déprécier s’ils ne suivent pas le mouvement, déplorent nos militants.


Le Grand Soir «facho» ?

Les militants de l’UNEF ou de L’Alternative [2], pourtant minoritaires dans les facs, sont à l’initiative de blocages réguliers qui empêchent en permanence les étudiants de poursuivre sereinement leurs apprentissages. Dans le pire des cas, cela conduit à décaler les dates des partiels au détriment des étudiants salariés dont le calendrier de présence en entreprise est déterminé à l’avance. Les violences, les intimidations envers les adhérents de l’UNI qui s’aventurent à tracter au sein des facs ne sont que rarement sanctionnées. À Nantes, le 1er février, une dizaine d’individus masqués se sont introduits dans le hall de la faculté de droit, hurlant « dégagez, les fascistes ! ». À Reims, le 9 février, la porte du local de l’UNI a été taguée « Danger fascho » (sic). « C’est la diabolisation totale de l’individu de droite, affirme Fiona, dégoûtée. On te traite de fasciste, et cela te condamne à une mort sociale. » Traiter de « facho » toute personne de droite ou ne répondant pas à la liste de critères du monde woke est l’arme bien connue qui permet d’étouffer dans l’œuf toute tentative de débat contradictoire. Les lieux de prière découverts à Tolbiac en décembre et les locaux UNI ravagés maintes fois à Chambéry, sans que la moindre sanction soit prise, énervent aussi particulièrement les militants. Toutefois, depuis peu, on veut croire qu’on assiste au réveil de la majorité silencieuse des étudiants qui mènent leur vie sans s’intéresser plus que ça à la politique. « Il y a quand même un changement de tendance, il y a eu une longue période durant laquelle les étudiants avaient peur de faire valoir leurs revendications, parce que les méthodes gauchistes fonctionnaient. Aujourd’hui, ils en ont ras-le-bol », analyse Luca. Ainsi, en quatre ans, le nombre d’adhérents à l’UNI a triplé. Le bureau national, qui annonce plus de 25 000 adhérents sur toute la France, indique que 50% d’entre eux sont par ailleurs encartés dans un parti politique (la distribution entre LR, Reconquête ou RN n’est évidemment pas communiquée, mais cela fluctuerait beaucoup en fonction de l’actualité et… des dernières élections).


A lire aussi: Droite: les jeunes LR, Reconquête et RN coupent le cordon sanitaire

Couardise ahurissante ou complicité, beaucoup de campus se laissent régulièrement bloquer par la gauche, parfois par seulement 20 personnes. Et les réactions des présidents d’université sont en dessous de tout. Luca rapporte qu’à Nanterre la rouge, « une partie du bâtiment administratif était bloquée toute l’année 2021-2022 par l’UNEF. L’administration fermait les yeux, elle ne faisait pas intervenir la sécurité. » Pendant les élections universitaires, il y avait même une banderole sur le bâtiment appelant à voter l’UNEF. « C’est comme si le président de la faculté appelait à voter pour eux, franchement. » Louis Boyard a été accueilli en star pendant sa tournée des facs à Rennes, Paris, Montpellier, Nantes, Tours, Clermont, Nanterre, Toulouse, Rouen… Et depuis les bancs de l’Assemblée nationale, le 7 février, le benjamin des députés a appelé les étudiants à « bloquer toutes les universités du pays » contre la réforme des retraites. Ordre appliqué à la lettre à Tolbiac. Le 16 février, les bloqueurs affichaient une pancarte : « La retraite, on s’en fout, on ne veut pas travailler »…

Alors que la réunion à l’UNI se termine, force est de constater que la bataille culturelle est donc loin d’être gagnée. Les ridicules élans évolutionnaires façon Mai 68, s’ils sont loin d’en avoir l’envergure, ont encore de beaux jours devant eux…


[1] Par souci de sa sécurité, nous préférons ne pas mentionner son nom.

[2] Organisations étudiantes qui se revendiquent de gauche, voire d’extrême gauche.

Harcèlement scolaire: était-ce à CNews de sauver Maël?

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Dans une démocratie digne de ce nom, l’indifférence ou l’impuissance des pouvoirs publics ne devraient pas être suppléées par les médias.


Il n’est pas normal que le harcèlement odieux du jeune Maël, dans l’Académie de Dijon, et qui durait depuis plusieurs semaines, n’ait trouvé une solution équitable et efficace qu’à la suite de l’intervention du père de l’enfant dans les médias. Il a suffi en effet d’entendre ses propos émouvants et indignés quoique calmes, par exemple sur TF1 ou CNews, pour que dès le lendemain le bon sens et la justice soient restaurés : ce n’est pas à l’enfant harcelé de quitter son établissement mais au harceleur qui trop longtemps a bénéficié d’une impunité. Pourtant ce n’était pas rien : insultes, moqueries, coups jusqu’en pleine classe, au point que cette jeune victime a un jour déclaré, durant un cours, qu’il voulait « mourir pour que cela s’arrête ».

Pour secourir votre enfant, ne quittez pas…

Maël pourra retourner à l’école dès le 6 mars alors qu’il ne pouvait plus y aller depuis le mois de décembre. On ne peut plus tolérer que face à de tels scandales, on oppose seulement un numéro national de référence (3020) pour signaler les harcèlements scolaires. Cela ne sert à rien sinon à s’illusionner : parce qu’on a révélé, on s’imagine qu’une suite rapide et adaptée sera mise en branle. C’est oublier deux choses : les institutions officielles sont lâches, elles détestent plus ceux qui dénoncent le scandale que le scandale lui-même ; et la bureaucratie étouffera jusqu’à l’insupportable les bonnes volontés qui miraculeusement se seraient manifestées.

Face à de tels constats et à des dérives qui se rapportent à tous les secteurs ministériels et à leurs responsables et agents, de bas en haut, il n’est plus possible de se contenter de déplorer, de réagir médiatiquement et de laisser au mieux les immobilismes s’épargner la moindre prise de conscience.

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En admettant la réalité de ce harcèlement, de sa durée, des diverses modalités rapportées par les parents de Maël et de l’incurie qui s’en est suivie, ne faut-il pas envisager une solution plus radicale pour faire bouger des lignes implacablement figées ? Pour Maël, nous avons l’épouse du président de la République, qui avait mis en avant la lutte contre le harcèlement scolaire. Nous avons un ministre de l’Education nationale qui n’aurait pas dû être concrètement étranger à ce fléau et à la situation terrifiante et longtemps prétendue insoluble du jeune Maël. Nous avons les instances administratives intermédiaires qui ont été passives, demeurant dans leur ouate si éloignée des difficultés du terrain. Nous avons un directeur d’établissement, nous avons un corps professoral, nous avons des enseignants dont certains ont sans doute été directement témoins du sadisme du jeune harceleur à l’encontre de sa victime. Nous avons des parents d’élèves qui probablement étaient au fait de cet insupportable harcèlement mais bien sûr cela ne les concernait pas !

Tous responsables ?

Pourquoi ne pas judiciariser toute la chaîne de responsabilités que j’ai décrite ?

Pourquoi ne pas concevoir des procédures individuelles ou de groupe qui pourraient incriminer le délit de non-assistance à enfants en danger ou, ailleurs, à citoyens, qui auraient le mérite de briser net le hiatus si confortable entre ceux qui ont le pouvoir de décider et les acteurs confrontés aux réalités traumatisantes immédiates ?

L’instauration d’une épée de Damoclès dans les reins du pouvoir, à tous ses niveaux, serait salubre, rappellerait l’exigence de l’action et surtout réduirait à néant le système français de l’irresponsabilité. On ne serait plus quitte seulement avec des promesses ! On serait fondé à questionner le ministre, tous les échelons techniquement inférieurs et subordonnés : qu’avez-vous fait de votre devoir, de votre possibilité d’agir ou de réagir ?

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Qu’on ne vienne surtout pas me rétorquer cet alibi de l’inaction : « Je ne peux pas m’occuper de tout, être au courant de tout ! ». C’est la pire des argumentations que celle qui ose affirmer qu’il y a des petites tâches et des grands devoirs, que le pouvoir d’en haut n’a pas à se commettre avec les misérables aléas du bas, que le harcèlement du jeune Maël était une transgression de trop peu d’importance pour oser prétendre à une sollicitude du plus haut niveau…

Bien au-delà de l’Éducation nationale, qu’on songe à la véritable révolution que constituerait ce recours frénétique mais tellement rassurant à la Justice ! Il n’y aurait plus de matelas dans les prisons, plus de voyous libérés avant l’heure et récidivistes et donc de familles dévastées, plus de SDF de plus en plus nombreux dans nos villes, plus de ministres s’occupant de ce qui ne les regarde pas et négligeant l’essentiel… C’est un hommage pervers rendu à la médiatisation que cette heureuse avancée permise par les médias. On ne peut plus laisser les pouvoirs, sous toutes leurs formes et quelle que soit leur place dans cette immense chaîne favorisant impuissance et indifférence, se laver les mains de leur culpabilité de chaque jour !

Vladimir, Volodymyr

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© Evgeniy Maloletka/AP/SIPA © Anton Novoderezhkin/TASS/Sipa US/SIPA

Les présidents russe et ukrainien portent le même prénom.


C’est un symbole de la guerre plein de sens, mais dont on ne parle pas, tellement le malheur est grand pour les gens qui la subissent, tellement les conséquences sont lourdes pour le monde entier. Les deux protagonistes principaux du conflit russo-ukrainien portent le même prénom. Vladimir (Poutine) en transcription russe, Volodymyr (Zelenski) en ukrainien.

Dans l’histoire des slaves orientaux ce n’est pas un prénom quelconque. Il est celui de Vladimir 1er, connu également comme Vladimir le Grand ou encore Vladimir le Beau Soleil, le grand-prince de la Rus de Kiev, le prince de Novgorod la Grande. L’un des descendants les plus emblématiques de la dynastie Riourik, ces Vikings qui ont fondé la Rus de Kiev, ces terres reparties aujourd’hui entre Ukraine, Biélorussise et Russie. Vladimir le Grand est celui qui a converti la Rus de Kiev au christianisme il y a un peu plus de mille ans, en 988 et qui a posé les bases de la civilisation dont les deux peuples voisins s’arrachent aujourd’hui la possession et l’héritage.

Ce Vladimir de l’Histoire qui a régné sur Novgorod, l’une des plus anciennes villes de la Russie moderne et sur Kiev, la capitale indéfectible de l’Ukraine, pourrait-il réconcilier les pays de deux Vladimir en guerre ? Au vu des nouvelles qui proviennent du théâtre des opérations, qui annoncent des combats dignes de Verdun et de Stalingrad, avec des pertes humaines effroyables, cette hypothèse n’est pas d’actualité. Les deux Vladimir de la guerre sont aux antipodes l’un de l’autre, sur tous les points, séparés par une ligne de front.

L’un revendique, sans le cacher, depuis la publication sur le site du Kremlin de son article « De l’unité historique des Russes et des Ukrainiens » en juillet 2021, la racine commune des deux peuples, leur destin inséparable, car pour Vladimir le lien de sang passe par-dessus toutes les autres vérités et surtout celle du désir d’être ensemble ou non. L’autre, Volodymyr, crie son désir de l’Europe et de l’Occident. Parce que l’Ukraine, ce « bord » occidental du foyer des slaves orientaux, a connu d’autres influences et d’autres alliances, notamment celle de la République des Deux nations, un royaume polono-lithuanien, prospère entre XVIème et XVIIIème siècles.

C’est un différend qui parait irréconciliable, qui ressemble sur le fond aux déboires des couples divorcés se battant pour la garde de leurs enfants. Où chacun cherche à s’entourer des avocats les plus redoutables pour gagner la partie. Volodymyr se fond dans les bras du vieux président de la plus grande puissance mondiale, bien qu’en perte de vitesse. Vladimir, lui, mise sur un autre chef d’Etat, celui du plus grand pays asiatique, en pleine expansion.

L’étymologie du prénom Vladimir apporte une touche ultime à cette incroyable symbolique de l’opposition entre deux présidents et, derrière eux, entre deux mondes. « Vladi » vient du mot « vlastj », qui signifie «  pouvoir » et  « gouvernance », alors que « Mir » veut dire en russe « paix », mais aussi « monde ». Ce choc régional vu d’abord uniquement comme une agression brutale d’un pays voisin par un président cruel s’est transformé en une confrontation mondiale Ouest-Est à son apogée, portée par deux peuples venant de la même terre, ayant la même croyance et le même sang. La guerre fratricide entre le pays de Vladimir et celui de Volodymyr est une incarnation dramatique de notre monde d’aujourd’hui. Qui n’aime plus son histoire millénaire et sa logique, sa richesse et ses enseignements. Pendant que l’Occident se voit happé par le phénomène de la cancel culture et son impitoyable tribunal numérique, la Russie de Vladimir interdit l’ONG Mémorial et oublie les crimes de Staline. Parmi lesquels 3.6 millions de victimes du Holodomor en Ukraine, mais aussi autant, voire deux, voire 10 fois plus de morts (selon les différentes estimations des historiens) dans le Goulag russe. Et bien que le tort de Vladimir dans le conflit avec l’Ukraine soit évident et impardonnable, la quête de Volodymyr et de son parlement pour effacer dans son pays les traces russes, culturelles et  historiques ne pourra pas apporter « mir », la paix sur cette terre qui brûle aujourd’hui dans des combats féroces…

Quelle que soit l’ampleur de l’aide militaire et du support politique du monde démocratique, l’ombre de Vladimir le Grand planera toujours sur l’Ukraine et la Russie et ce, indépendamment de la transcription de son prénom.

Darmanin: drogué à la com’

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D.R.

Le ministre de l’Intérieur s’est récemment prononcé pour un retrait des 12 points du permis en cas de conduite sous stupéfiant. Amusant, car cela s’apparente à une dépénalisation de la drogue à bas bruit. Explications.


Fidèle à son mentor, Nicolas Sarkozy, Gérald Darmanin n’a pas manqué de rebondir sur le drame causé par Pierre Palmade. Outre l’inutile projet de création du délit d’« homicide routier », ce communicant retors en a profité pour envisager de supprimer les 12 points du permis de « toute personne qui conduit alors qu’elle a consommé de la drogue ». Simple et efficace ? Ni l’un ni l’autre a priori.

-6 points, un coup de semonce déjà dissuasif

Parier sur l’efficacité de la mesure, c’est s’imaginer que les millions d’utilisateurs de cannabis, cocaïne, MDMA ou ecstasy (liste non exhaustive) vont significativement baisser leur consommation. En revanche, c’est s’affranchir du palier de six points retirés – sanction actuelle et coup de semonce plutôt dissuasif pour ne pas s’y faire prendre deux fois. Au fil du temps, l’application résolue d’une telle mesure finirait par permettre de doubler le nombre de conducteurs sans permis (donc sans assurance) – un million aujourd’hui sillonnent les routes. Une ambition que l’on abandonnera à notre ministre de l’Intérieur.

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Quant à la simplicité de la chose, elle n’a rien d’évident. En effet, tout comme ceux de l’alcool, les effets des drogues se dissipent dans les heures qui suivent leur prise. En revanche, les traces laissées dans l’organisme n’ont pas la même durée de vie suivant le produit. On peut ainsi détecter l’alcool dans le sang seulement dix à douze heures après sa consommation, alors qu’il faut deux jours pour éliminer la cocaïne et une à trois semaines pour le cannabis. Ce dernier reste détectable dans les cheveux trois mois après l’écrasement du pétard (à côté du cendrier). On est pourtant, heureusement, et depuis longtemps, autant en état de conduire que celui qui s’était pris une cuite au même moment. Il conviendrait ainsi de définir le délai réaliste après lequel on aurait le droit de reprendre le volant – ça, ce serait une ambition fort légitime de nature à avoir une influence sur les consommateurs.

Il faut donc, comme pour l’alcool et ses 0,5 g/l, déterminer un seuil de détection en deçà duquel le conducteur ne sera plus considéré comme sous l’empire de la drogue. Amusant, car cela s’apparente à une dépénalisation à bas bruit. Ce n’est certainement pas ce que notre ministre avait en tête.

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Elisabeth Lévy © Pierre Olivier

Chers lecteurs, chers abonnés et, si vous m’y autorisez, chers amis, car on écrit toujours en s’adressant à des amis inconnus…


Ce n’est pas pour vous faire pleurer, mais les temps sont durs. Pour vous. Et pour nous aussi.

D’abord, nous devons encaisser une augmentation considérable de nos coûts de production. À l’exception de nos salaires, nos coûts de production augmentent à commencer par le papier, poste qui s’est alourdi de 40%. Cela veut dire beaucoup moins de moyens, notamment pour rémunérer les auteurs. Or, Causeur, c’est d’abord une troupe d’esprits libres qui veulent réfléchir, comprendre, critiquer, dénoncer, tout ça en se marrant. Et tout ça avec vous. Causeur est une conversation.

Or, si les coûts augmentent, les recettes diminuent. Quand l’avenir est incertain, beaucoup d’entre vous rognent sur les dépenses qu’ils jugent non-essentielles, comme on disait au temps de la Covid. À nous de vous convaincre que votre abonnement à Causeur est une dépense essentielle.

Notre force, c’est que nous n’appartenons à aucun camp. Dans le paysage idéologique, nous avons des amis, des cousins même, mais nous conservons un inconscient libertaire, un goût pour la coquinerie et, par-dessus tout, un amour de la liberté y compris dans ses excès, qui nous éloigne parfois d’eux.

Seulement, cette force est aussi une faiblesse. Nous sommes seuls. Certes, nous avons des actionnaires patients, que je remercie ici en particulier. Nous avons des amis. Mais pas de puissants parrains qui, en trois coups de téléphone nous ramèneraient les 100 pages de pub annuelles qui nous tireraient d’affaire. Et la réputation de fachos que nous font aimablement des confrères qui ne nous ont jamais lu n’aide pas. Beaucoup de gens confient qu’ils aiment Causeur comme s’ils sortaient du bordel.

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Pour traverser cette mauvaise passe – et trouver notre équilibre économique –, nous avons besoin de publicité, d’abonnements, de ventes et de dons. Faites-nous connaître à vos amis, offrez des abonnements !

Comme vous, nous voyons disparaître le monde que nous aimons et l’humanité à laquelle nous appartenons. Comme vous nous ne nous y résignons pas. Bien sûr, nous ne sommes pas parfaits. Nous vous énervons parfois. Mais à vous de savoir : voudriez-vous vivre dans un monde sans Causeur ?

Elisabeth Lévy

Nous avons besoin de vous ! 


Pour le «Times» de Londres, Marine Le Pen pourrait être la prochaine présidente

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Marine Le Pen à Paris, juin 2022 © JEANNE ACCORSINI/SIPA

Le regard libre d’Elisabeth Lévy


La une de L’Incorrect fait beaucoup jaser. Sous le titre « Les jeunes coupent le cordon », trois jeunes gens, visiblement copains, se marrent: Guilhem Carayon, Stanislas Rigault et Pierre-Romain Thionnet, respectivement responsables jeunes de LR, de « Reconquête ! » et du RN. Si l’entretien n’est pas encore disponible en ligne, le message est clair: chez les jeunes, l’union des droites a déjà eu lieu ! Cette jeunesse décomplexée se parle, se côtoie, festoie ensemble sans se soucier des frontières partisanes et des haines recuites de ses chefs. « J’espère que nous combattrons ensemble », déclare notamment Thionnet.

Sans surprise, cette photo a suscité les cris d’orfraie des néo-chiraquiens de LR qui croient, ou feignent de croire, qu’il y a un mur infranchissable entre ce qu’ils appellent l’extrême droite et eux, droite autoproclamée républicaine c’est-à-dire fréquentable. Par exemple, François Durovray, président du Conseil départemental de l’Essonne, somme Eric Ciotti de démettre le jeune Carayon, coupable de crime de dialogue. Preuve que la gauche n’a pas le monopole du sectarisme.

Faut-il y voir la preuve que la diabolisation marche toujours?

Non. Ou plutôt, elle marche encore un peu pour Eric Zemmour, car là, les médias ont mis le paquet. Pour le RN, la diabolisation relève aujourd’hui du rituel, de l’incantation vaudou ou de la pensée magique. Quand Olivier Dussopt, le ministre du Travail, a affirmé, lors des discussions sur la réforme des retraites, qu’à l’Assemblée les élus RN avaient été plus républicains que les Insoumis, on a entendu des réactions outragées, comme s’il avait dit qu’Hitler était un chic type. Mathilde Panot a tweeté gravement : «La honte». Plus personne ne croit à cet antifascisme d’opérette (car il n’y a pas de fascistes en vue), ni au cordon sanitaire qui allait avec.

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Pour la majorité des Français, le RN est un parti comme les autres. S’ils ne votent pas pour Marine Le Pen, c’est parce qu’ils n’aiment pas son étatisme ou qu’ils doutent de sa compétence (quoique de moins en moins) : des raisons normales, banales. Mais, elle ne fait pas peur. D’ailleurs, au palmarès des politiques préférés du JDD, Marine Le Pen est numéro 2, entre Edouard Philippe et Bruno Le Maire. Pour le Times, grand quotidien à Londres, elle sera la prochaine présidente. Cela se murmure aussi à Paris, en une de L’Obs.

L’Obs

L’avancée silencieuse

Cette « avancée silencieuse » prouve une nouvelle fois que l’indignation morale est inopérante.

La première raison du succès de Marine Le Pen, c’est que ses adversaires lui ont fait cadeau du réel (l’expression est d’Alain Finkielkraut). Ils n’argumentent pas, ils agitent des gousses d’ail ou des croix. Depuis des années, ils s’enferment dans un déni sidérant : le niveau monte à l’école… l’immigration est une chance pour la France… et le grand remplacement un fantasme d’extrême droite. Ils ne veulent pas voir ce qu’ils voient, et ils nazifient ceux qui voient.

En 40 ans, ils ont ainsi réussi à faire passer le FN/RN de moins de 10% à plus de 40% des voix. Encore un petit effort, et ils amèneront Marine Le Pen à l’Élysée. Comme ça, pendant cinq ans, ils pourront jouer à la Résistance.


Cette chronique a d’abord été diffusée sur Sud Radio

Retrouvez notre directrice de la rédaction du lundi au jeudi après le journal de 8 heures

Droite: les jeunes LR, Reconquête et RN coupent le cordon sanitaire

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Guilhem Carayon (LR), Stanislas Rigault (Reconquête) et Pierre-Romain Thionnet (RN) en une du magazine "L'Incorrect". D.R.

Le magazine L’Incorrect vient de réussir un joli coup, autant médiatique que politique.  


Et qui a fait parler avant même la sortie en kiosque du numéro de mars du mensuel. Dans celui-ci, L’Incorrect mène un grand entretien réunissant les figures de la jeunesse des partis situés « à droite » d’Emmanuel Macron. La « jeune droite », puisqu’il faut bien l’appeler ainsi, et même si le terme de « droite » est précisément l’un des sujets de ce débat, est interviewée par Arthur de Watrigant, Wandrille de Guerpel et Jérôme Besnard. Elle évoque ses divergences et convergences sur tous les grands sujets du moment.

L’Incorrect n°62

À tout seigneur tout honneur, Pierre-Romain Thionnet, 28 ans, président du Rassemblement national de la Jeunesse (RNJ), présenté comme un gaulliste social, a la tâche de représenter ici la principale force politique située à la droite de la majorité gouvernementale dans l’hémicycle (88 députés). Révélation de la jeunesse politique de la campagne présidentielle passée, Stanislas Rigault, 23 ans, est le président de Génération Zemmour et porte-parole de Reconquête ! dont il continue à porter le message malgré les déconvenues politiques du candidat Eric Zemmour. Enfin, Guilhem Carayon, 23 ans, porte-parole du parti Les Républicains (LR), après avoir été nommé à ce poste par son président Eric Ciotti, est défini comme libéral-conservateur, et vient d’une longue tradition familiale de droite (RPR puis UMP). Retraites, système de santé, éducation, immigration, Ukraine, tous les sujets sont abordés, permettant de se faire une idée bien précise des positionnements de chacun.

Sur la réforme des retraites, une alliance LR-Reconquête

Sur la réforme des retraites, Pierre-Romain Thionnet détaille la ligne qui est celle du RN dans la bataille. Il se montre catégoriquement opposé à la réforme gouvernementale, pointant les nombreuses injustices qu’elle porte, démontrant par le menu qu’elle n’est pas indispensable, détaillant les diverses autres pistes de financement existantes (démographie, productivité, réindustrialisation et lutte contre le chômage, notamment). Guilhem Carayon et Stanislas Rigault, eux, se disent tous deux favorables au principe du report de l’âge de départ à la retraite. Même s’ils y mettent toutes les nuances, et émettent quelques propositions alternatives, ils soutiennent évidemment, comme leurs partis respectifs, la réforme qu’Emmanuel Macron tente actuellement de faire adopter. Par soucis comptables principalement. La dette et les déficits chroniques (commercial comme de l’État) nous y obligeraient, par souci de préserver notre souveraineté, selon eux. Ce sera le point crucial sur lequel on observera une divergence nette entre le dirigeant du RNJ et les porte-parole de LR et Reconquête ! 

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Tous trois sont d’accord pour faire de la réindustrialisation de la France une priorité. Et même, pour mettre en œuvre une politique nataliste. Guilhem Carayon déplore : « Nous avons la natalité la plus basse depuis 1946 ! » Une politique « fasciste », en somme, pour Sandrine Rousseau et ses acolytes de la Nupes. Oui, c’est ainsi qu’ils l’ont décrite, lorsque des députés du RN ont récemment proposé cette orientation…

Santé, école et… immigration

Les trois jeunes sont également d’accord pour déplorer l’état dramatique de notre service hospitalier, même si Pierre-Romain Thionnet rappelle opportunément à Guilhem Carayon que les réformes néolibérales engagées par les gouvernements RPR-UMP des années 2000 portent une lourde responsabilité dans ce délabrement des services publics de santé.

La question de l’éducation arrive ensuite, et l’on s’aperçoit que chacun tombe spontanément d’accord pour affirmer que la politique d’immigration de ces dernières années est la principale cause du dysfonctionnement majeur que connaît l’Éducation nationale. Cachez cette réalité que Pap N’Diaye ne veut pas voir ! Ainsi, la politique d’immigration arrive spontanément et rapidement sur la table lors de ce débat : l’esbroufe perpétuelle de la « politique d’immigration » de Gérald Darmanin est mal perçue par MM. Thionnet, Rigault et Carayon, aucun n’y accorde le moindre crédit. En 2022, Emmanuel Macron vient de décrocher le record historique d’immigration légale entrant en France (325 000 immigrés légaux), et l’invasion migratoire semble fatalement devoir s’amplifier.

A lire ensuite: Éric Zemmour sur l’école: «Toute une génération est prise entre wokisme et islamisme»

Pierre-Romain Thionnet souligne que le RN n’avait aucune divergence programmatique avec Reconquête sur la question migratoire, durant la campagne présidentielle, hormis la question des prénoms. On perçoit bien, y compris chez Guilhem Carayon qui appartient à une droite plus modérée, une réelle conscience que l’avenir de la France se joue sur cette question de l’immigration légale. L’on ne peut qu’espérer dès lors que leurs partis respectifs se décideront enfin à l’arrêter, une fois arrivés au pouvoir.

Sur l’Ukraine, la droite gênée ?

La question ukrainienne arrive, enfin, et la gêne se fait palpable sur ce sujet. Signe peut-être de la séduction profonde sur la droite qu’ont exercé depuis 2000 le virilisme d’un Vladimir Poutine et la fierté russe retrouvée face à une globalisation américaine peu conforme à l’esprit de la droite française « tradi ». MM. Thionnet, Rigault et Carayon sont évidemment d’accord pour condamner l’invasion russe et soutenir l’Ukraine. « Sans armes offensives » pour Pierre-Romain Thionnet. « Sujet compliqué » pour Stanislas Rigaut. « Pas de solution facile » pour Guilhem Carayon. La droite française est bien emmerdée. Mais subsiste néanmoins l’espoir que la Russie pourra réintégrer la famille européenne « dans 15 ou 20 ans », pour Pierre-Romain Thionnet.

Sauver la France

Le bilan d’Emmanuel Macron est désastreux, c’est entendu. Pour la suite, Guilhem Carayon pense à Laurent Wauquiez, à qui il tresse les plus beaux lauriers. Pour Stanislas Rigault, l’avenir passe par une coalition des trois forces, à l’image de la spectaculaire victoire remportée en Italie par Giorgia Meloni, laquelle a su rassembler Matteo Salvini et Silvio Berlusconi dans un gouvernement d’union. Pierre-Romain Thionnet forme également l’espoir qu’ils se retrouveront tous sous la même bannière pour battre Emmanuel Macron et son successeur. On réalise que ces jeunes-là se connaissent, se comprennent, s’estiment, s’apprécient et qu’ils ont en commun d’avoir pleinement conscience des défis que la France doit affronter. Et l’on se dit que des divergences économiques sur la réforme du système des retraites ou des questions de personnalités pour incarner une candidature commune pèsent finalement bien peu à côté du devoir de sauver la France.

Le président LR des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, s’est insurgé depuis contre la une de nos confrères

Mais la réalité des LR nous rattrapant, au galop, on se dit qu’il reste encore un peu de travail à faire chez ces derniers. Avant même la parution de l’entretien, le président LR du conseil départemental de l’Essonne François Durovray demandait la démission de Guilhem Carayon de son poste de porte-parole, suivi par la vice-présidente LR de la région Grand Est Valérie Debord… Pendant ce temps, Jordan Bardella, interrogé par France Inter, répondait qu’il souhaitait effectivement le rassemblement de tous les patriotes, le plus large possible. Bardella est légitime pour le demander : des trois partis impliqués dans la dernière présidentielle et participant à cet entretien, rappelons que c’est LR qui a fini à 4%…

Rendez-nous Guy Lux!

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Serge Lama, Alain Delon et Guy Lux, 1977 © GINIES/SIPA

« La TV des 70’s », le documentaire écrit par Philippe Thuillier, est reprogrammé ce vendredi soir sur France 3 à 21h10. À ne pas rater.


Rétrospectivement et collectivement, nous avons été sévères, trop sévères avec la télé à paillettes des Carpentier et de Monsieur Lux, des Jeux de 20 heures et de Ring Parade. Nous étions des snobs et de mauvais coucheurs. Voilà tout, des idiots incapables d’estimer notre chance. Alors que nous vivions, sans le savoir, une parenthèse enchantée, la collusion heureuse entre une certaine exigence culturelle et les prémices d’un audimat fou, l’amalgame entre la variété à patte d’eph’ et les salles silencieuses de la BNF, entre la rue de Valois et les studios de Cognacq-Jay naissait une idylle contre nature pour le bien de la Nation.


Garcimore, Danielle Gilbert, Coluche, Desproges…

Cette télé des années 1970 qui se voulait libératrice et émancipatrice, débarrassée de la tutelle de l’État tout en ne s’offrant pas aux appétits voraces de la privatisation fut initiée par Giscard, le réformateur en haut de forme, communicant auvergnat imitant les Kennedy avec un naturel « inutilement guindé », selon sa propre expression. Nouvellement élu le 19 mai 1974, le président dissout l’ORTF dans la foulée et fait sortir de son chapeau tel Garcimore, trois chaînes : TF1, Antenne 2 et FR3. En France, tout commence par une révolution de palais et se termine par de petits arrangements entre amis. Comme tous les élans refondateurs, après quelques ajustements technocratiques et des nominations sensibles, le soufflé de la liberté, cette chère irrévérence, retomba.


Avouons qu’il mit un certain temps avant de retomber. Il y eut du mou dans la zapette, donc des espaces de totale subversion, qui seraient inimaginables aujourd’hui, purent ici et là éclore ; des talents du music-hall ou de la presse écrite, Coluche et Desproges, par exemple, s’invitèrent dans le salon des Français. Et puis, vigilants, les hommes politiques s’étant habitués à leur hochet télévisuel, ils ne furent plus tellement disposés à le partager. Ils préférèrent le garder pour leur strict usage personnel et électoral. Pourtant, malgré les menaces de reprise en main et la marchandisation de la société, cette télé des années 1970 nous paraît a posteriori rafraîchissante, d’une innocence et d’une fantaisie dont nous avons perdu la recette. On la trouvait bébête, commerciale à souhait, criarde et bavarde, saturée de couleurs et de tubes obsédants.

De la tenue, du direct

Le documentaire diffusé ce soir est là pour confirmer notre méprise, il nous éclaire sur un bouillon de pop-culture qui mérite vraiment le détour. Cette télé imaginée pour les classes moyennes était finalement « élitiste » en comparaison de nos codes actuels, inventive, caustique parfois, poétique assez souvent, marrante car le direct offrait des instants de funambulisme aux animateurs et elle avait en même temps de la tenue. Les invités s’y exprimaient sans la bouillie idéologique à la mode et aussi étonnant que cela puisse paraître, avec une forme de sincérité. Quand on voit la désolation de nos samedis soir, la faiblesse des débats, la moraline à gros tube déversée sur le moindre sujet d’actualité et une floppée d’artistes ne pouvant aligner deux mots distinctement sans paraître puérils ou pontifiants… On appelle Sheila, Nicoletta, Dave et Michel Delpech à la rescousse !

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Il suffit de voir le spectacle de la dernière cérémonie des César où, à l’exception de quelques professionnels du rire comme Jérôme Commandeur ou de l’élégant Benoît Magimel, le combat culturel semble perdu. Des acteurs bafouillant de gratitude, sans charme et sans malice, toujours au premier degré, dépourvu de la moindre qualité oratoire, ça laisse perplexe. Alors, on se consolera en revoyant Danielle Gilbert jonglant avec les aléas du direct aussi agile que Mabrouk dans « 30 millions d’amis », on se pincera devant un Bouvard intervieweur-agresseur d’une méchanceté jouissive ou d’un Jacques Martin ténor lyonnais soupe au lait et génial dynamiteur du ronron habituel.

Dans cette décennie bénie, Sagan passait une tête dans la lucarne, Brassens grattait sa guitare, Nino Ferrer nous emportait par sa mélancolie abrasive, Jean-Claude Brialy était un exquis maître d’hôtel, Robert Chapatte coiffait le sport, Sim se déguisait, Dorothée était émouvante et Jean-Jacques Debout écrivait une comédie musicale chaque semaine. Quelle joie également de revoir Martine Chardon et Virginia Crespeau, mes deux speakerines préférées. J’attends qu’un jour, un réalisateur s’empare du personnage de Guy Lux dans un biopic épique, à son image, flamboyant et bondissant. SVP bonsoir !

France 3, vendredi 3 mars à 21 h 10. Rediffusion mercredi 8 mars à 23h40.

Et maintenant, voici venir un long hiver...

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Monsieur Nostalgie

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Le Royaume Uni enfin sorti du «bourbier» du Brexit ?

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La présidente de la Commission européennée Ursula von der Leyen reçue par le roi Charles III, Windsor, 27 février 2023 © Aaron Chown/WPA Pool/Shutterstoc/SIPA

Le nouveau Protocole sur l’Irlande du Nord annoncé cette semaine dans la ville royale de Windsor mettra-t-il fin aux tensions qui, depuis 2016, perturbent les relations entre l’UE et le Royaume Uni ? Permettra-t-il aux partis politiques nord-irlandais de sortir de l’impasse qui paralyse leurs institutions gouvernementales ? Nous autorise-t-il à dire que le Brexit est enfin terminé ?


Lundi 27 février, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le Premier ministre britannique, Rishi Sunak, ont annoncé avec grande pompe être arrivés, d’un commun accord, à un remaniement du « Protocole sur l’Irlande et l’Irlande du Nord ». Ce résultat intervient après des négociations, parfois houleuses, qui duraient depuis que le Royaume Uni avait quitté l’UE à la fin du mois de janvier 2020. D’ailleurs, le destin de l’Irlande du Nord et de la frontière terrestre entre le nord et le sud posait un problème dès le début des pourparlers sur le Brexit en 2017. Aujourd’hui, quatre questions se posent :

L’UE, quoique toujours soucieuse de préserver l’intégrité du marché unique, semble avoir fait des concessions…

Pourquoi cette nouvelle version du protocole est-elle nécessaire ? Quels en sont les principes ? Comment les deux partis sont-ils enfin arrivés à un nouvel accord ? Et enfin, le nouveau protocole sera-t-il apte à résoudre les différents problèmes provoqués par le Brexit ?

Mon royaume pour un protocole !

Rappelons brièvement les enjeux. Signés en 1998, les fameux Accords du vendredi saint – car il y en a deux : l’un entre la plupart des partis politiques nord-irlandais et l’autre entre le Royaume Uni et la république d’Irlande – ont mis plus ou moins fin à l’ère des troubles en garantissant, entre autres choses, l’invisibilisation relative de la frontière nord/sud. Cette invisibilisation était possible grâce au fait que les deux territoires faisaient partie du marché unique de l’UE et que des contrôles douaniers n’étaient pas nécessaires. Désormais, les deux camps en Irlande du Nord – celui des nationalistes et celui des unionistes – pouvaient garder leurs perceptions opposées des choses. Les nationalistes avaient l’impression de vivre dans une Irlande presque réunifiée, tandis que les unionistes avaient celle de vivre dans un Royaume toujours Uni. Le Brexit a mis en danger cet équilibre délicat en menaçant de rétablir une frontière douanière entre les deux Irlande.

On se souviendra que Theresa May a fait une vaine tentative pour réaliser la quadrature de ce cercle avec son fameux « back stop », un serpent de mer éphémère bien oublié aujourd’hui. Boris Johnson a créé l’illusion d’une résolution de l’imbroglio à travers son « Protocole sur l’Irlande et l’Irlande du Nord » qui fait partie de l’« Accord sur le retrait » signé en décembre 2019. Ce Protocole maintient l’Irlande du Nord dans le marché unique de l’UE et en même temps l’installe dans une union douanière avec la Grande Bretagne. Le problème, c’est qu’il dessine une frontière douanière entre l’Irlande du Nord et le reste du Royaume Uni. L’invisibilisation, chère aux nationalistes, de la frontière nord/sud est préservée, tandis qu’une nouvelle frontière est/ouest devient visible, au grand dam des unionistes qui se prétendent floués.

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Une renégociation du Protocole était donc nécessaire afin d’atteindre les objectifs suivants.

  • Dans la mesure du possible, invisibiliser la frontière est/ouest en rendant beaucoup plus fluide le passage des biens entre le Royaume Uni et l’Irlande du Nord.
  • Rétablir le partage des pouvoirs en Irlande du Nord entre les nationalistes et les unionistes, partage garanti par les Accords du Vendredi saint et l’Accord de Saint-Andrews de 2006.
  • Mettre enfin un terme aux négociations sur le Brexit et améliorer les relations entre le Royaume Uni, d’un côté, et de l’autre, l’UE, la France et les Etats-Unis.

Aux dernières élections à l’Assemblée d’Irlande du Nord, le parti nationaliste, Sinn Féin, a eu le plus d’élus, lui donnant le droit de former un gouvernement exécutif et de désigner le Premier ministre. Mais à condition que le plus grand parti unioniste, en l’occurrence le Parti unioniste démocrate (DUP), y participe. Or, ce parti refuse obstinément de donner son accord afin d’exprimer son hostilité au Protocole et à la frontière douanière est/ouest.

En même temps, la difficulté des négociations sur le Protocole a prolongé les tensions qui avaient caractérisé les négociations sur le Brexit, tensions particulièrement exacerbées entre le Royaume Uni et la France – et sur le plan personnel, entre Boris Johnson et Emmanuel Macron. Outre-Atlantique, le président Biden, faisant grand cas de ses racines irlandaises et désireux de choyer ses électeurs irlando-américains, voyait d’un très mauvais œil les difficultés créées en Irlande par la non-résolution du problème. Par conséquent, une note discordante s’était fait entendre dans les relations normalement cordiales entre les Etats-Unis et le Royaume Uni.

Ainsi, une renégociation réussie trancherait d’un seul coup plusieurs nœuds gordiens.

Un vieux protocole dans une nouvelle bouteille ?

Le résultat des négociations est surnommé « le cadre de Windsor » (« the Windsor Framework ») d’après le nom de la ville où Sunak et von der Leyen ont fait leur annonce. La nouvelle version du Protocole est-elle si différente de la première ? Les objections à celle-ci formulées par les unionistes tournaient surtout autour des contrôles douaniers bureautiques et coûteux imposés aux biens traversant la Mer d’Irlande d’est en ouest, et du rôle joué par la Cour de justice européenne dans la gestion des normes et réglementations appliquées sur le territoire nord-irlandais.

À cet égard, l’UE, quoique toujours soucieuse de préserver l’intégrité du marché unique, semble avoir fait des concessions. Concernant les contrôles douaniers, on propose des couloirs « verts » pour les biens destinés à rester en Irlande du Nord et « rouges » pour ceux destinés à finir dans la république et donc dans le marché unique. Les biens passant par les couloirs verts ne seraient pas normalement sujets à des contrôles physiques. Il reste deux bémols du point de vue unioniste : pour pouvoir exploiter le couloir vert, il faudrait avoir l’agrément officiel de « commerçant de confiance » (plus ou moins l’équivalent d’« Opérateur économique agréé » dans la législation française), et les vérifications ne disparaîtraient pas complètement.

Quant à la capacité de la Cour de justice européenne à intervenir dans les affaires de l’Irlande du Nord, elle serait réduite, mais toujours réelle. En revanche, si la TVA européenne continue à s’appliquer en Irlande du Nord, ce sera avec des assouplissements pour reconnaître l’appartenance de la province au Royaume Uni.

La concession apparemment la plus spectaculaire de l’UE s’appelle « le frein Stormont » (« the Stormont Brake »), d’après le nom de l’Assemblée nord-irlandaise). Si au moins 30 (un tiers) des députés de l’Assemblée, appartenant à au moins deux partis politiques, soutiennent une proposition contestant une nouvelle règle adoptée par le marché unique, le gouvernement britannique aura le droit d’opposer un véto à son application en Irlande du Nord. Ce véto ne pourrait être invoqué que dans des circonstances exceptionnelles et si la nouvelle règle européenne créait une situation ingérable dans la province. Si la suspension de la règle se révélait permanente, l’UE aurait le droit de prendre les mesures correctives qu’elle voudrait. Selon certains commentateurs, elle pourrait imposer des amendes considérables au gouvernement britannique en compensation des pertes commerciales. À l’heure actuelle, les tenants et aboutissants de ce « frein Stormont » restent assez vagues.

Un comptable a essayé d’expliquer l’opération du « frein Stormont » par un diagramme

Le bras de fer des faibles

 Certains pourraient être tentés de remarquer que ces concessions (si elles se révèlent être de véritables concessions) auraient pu être octroyées par l’UE il y a longtemps. Qu’est-ce qui a changé récemment ? Comme l’a dit Ursula von der Leyen, il y a un nouvel esprit de coopération face à la guerre en Ukraine et à un certain nombre de problèmes économiques communs. D’une importance au moins égale, il y a le fait que, lors des négociations sur le Brexit, l’UE avait l’avantage : la confusion qui régnait au sein de la classe politique britannique rendait désespérée la recherche par le Royaume Uni d’un accord de retrait. Depuis, cet accord a été trouvé en principe et la confusion s’est bien dissipée. En revanche, le désespoir est du côté irlandais – nord et sud – car il faut remettre en œuvre le partage des pouvoirs exécutifs prévus par les différents Accords. C’est seulement de cette manière que la province peut retrouver son autonomie relative et que ses citoyens peuvent être fixés sur leur statut entre l’UE et le Royaume Uni. Or, l’UE n’est pas signataire des Accords (pas plus que les États-Unis). La république d’Irlande, membre de l’UE, est pressée de voir les difficultés résolues. C’est donc au Royaume Uni, signataire des Accords et acteur incontournable, que revient l’avantage. Les concessions de l’UE reflètent donc, non seulement un dégel dans les relations diplomatiques, mais aussi l’initiative que les Britanniques ont pu saisir.

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Est-on sorti de l’auberge ?

Il est quand même trop tôt pour déboucher le champagne. Le « cadre de Windsor » doit être approuvé par le Parlement britannique. Certains députés conservateurs restant fidèles à l’idée d’un Brexit dur pourraient se révolter contre leur gouvernement. Ce serait gênant pour Sunak mais ne constituerait pas un obstacle pour le nouveau Protocole car les Travaillistes sont prêts à le voter. La difficulté majeure est celle que présente le plus grand parti unioniste, le DUP, qui, s’il ne trouve pas le Protocole à son goût, continuera de bloquer la mise en place d’un gouvernement exécutif. Pour l’instant, les partisans de la ligne la plus dure au DUP ont exprimé leur désapprobation, mais le Parti lui-même n’a pas encore formulé sa réponse officielle. Il y a une pression pour qu’elle soit positive, car le gouvernement britannique pourrait déclencher de nouvelles élections qui ne favoriseraient pas le DUP.

Pourtant, même si le Protocole new-look est adopté, ce ne sera pas nécessairement le point final. Chaque fois que, pour une raison ou une autre, le frein Stormont sera invoqué, l’UE et le Royaume Uni seront obligés de renégocier leurs relations à la lumière de la règle faisant l’objet du frein. Au théâtre où le spectacle du Brexit se produit, on peut faire relâche de temps en temps, mais la saison elle-même est sans fin.

«Les Verts sont encombrants, infidèles et ingérables!»

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Jean-Pierre Lecoq, maire du 6ᵉ arrondissement de Paris depuis 1994. Photo : D.R.

Maire LR du 6e arrondissement de Paris depuis 30 ans, Jean-Pierre Lecoq est une figure de l’opposition municipale. Mais il croit davantage en une opposition constructive qu’en une opposition frontale à l’Hôtel de Ville.


Causeur. Quand on sait ce que coûte l’organisation des Jeux Olympiques et quand on voit l’état dans lequel se trouve Paris, fallait-il se battre pour accueillir cet événement, et notre capitale va-t-elle en sortir gagnante – indépendamment des résultats sportifs ?

Jean-Pierre Lecoq. Je ne reprocherai pas à Mme Hidalgo de s’être battue pour obtenir les JO car Paris s’est doté ces dernières années de nombreuses installations sportives qui n’ont pas vieilli. Je pense au stade Charléty construit par Jacques Chirac, au stade de France, au parc des Princes qui a été rénové etc. À chacune de nos candidatures, il y en a eu plusieurs en vingt ans, nous avions déjà environ 80% de nos équipements. Et 2024 marquera le centenaire des JO de Paris de 1924, c’est un beau symbole. Ce qui n’était pas prévisible, c’est l’état de tension dans lequel se trouve le monde actuel : guerre en Ukraine, sortie de crise Covid, guerres asymétriques, tensions économiques etc.

Il n’en demeure pas moins que les JO de 2024 sont un rendez-vous absolument essentiel, d’autant que ce ne sera pas Paris qui jouera sa crédibilité mais la France.

Il faut donc la jouer collectif ?

Il faut bien sûr la jouer collectif ! Les Français sont par définition divisés, depuis de Gaulle et ses 365 fromages à Emmanuel Macron qui alimente les crispations à coup de petites phrases. Mais il est nécessaire que nous soyons unis pour ce rendez-vous. Cet événement nous placera sous les projecteurs du monde entier. Tous les responsables, politiques et autres, doivent en prendre conscience.

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Là où il est en revanche difficile d’avoir l’esprit d’équipe, c’est face à la vie quotidienne imposée aux Parisiens: chantiers permanents et absence de coordination, pistes cyclables tracées en dépit du bon sens… En tant que maire d’arrondissement, disposez-vous de leviers pour freiner les ardeurs de l’Hôtel de Ville ?

Vous mettez le doigt sur la politique la plus clivante à Paris – avec celle des logements sociaux –, la politique des « mobilités ». Je tiens à préciser que nous votons à l’unanimité, dans le 6e arrondissement, 90% des délibérations qui nous sont soumises. Sur la sécurité par exemple, il n’y a plus de clivage puisque la maire de Paris a enfin créé une police municipale. Le débat est désormais sur son armement ou non. On estime aujourd’hui que 10% des effectifs pourraient être armés, cela se fera peut-être dans le futur, mais c’est un point sur lequel il faut être prudent et patient : tout le monde n’est pas apte à porter une arme et des formations sont nécessaires pour ceux qui en ont la capacité.

La ville de Paris a attendu beaucoup trop longtemps pour réagir face à l’invasion anarchique des trottinettes

Concernant les mobilités, Anne Hidalgo est dans la même situation qu’était Bertrand Delanoë durant son premier mandat. Il n’avait pas obtenu de majorité socialiste-communiste et a dû composer avec les Verts ; ce qu’il n’a pas eu à faire lors de son second mandat. Les communistes ne sont pas embêtants et sont pour les socialistes des alliés fidèles. En revanche, les Verts sont des alliés encombrants, infidèles et ingérables ! On voit bien à quoi ressemble la gestion des troupes écologistes au parlement. Tout cela n’est pas brillant et ils ont en plus des totems. L’un d’eux est l’automobile – qu’ils veulent faire disparaître – et un autre est le vélo – qu’ils veulent imposer à tous. Les Verts aujourd’hui, c’est Pékin en 1966 ! Il ne manque que la casquette Mao…  Plus sérieusement, il est une réalité indéniable : tout le monde veut respirer un air meilleur. Les centres-villes ont été décongestionnés, et il est heureux qu’ils ne ressemblent plus à ce qu’ils étaient dans les années 1970/80. Mais ce que je reproche à nos amis écolos, c’est d’être dogmatiques et sectaires. Même les adeptes du vélo ou de la marche à pied – c’est mon cas – peuvent avoir besoin d’utiliser une voiture pour une raison ou pour une autre. Il est invraisemblable de vouloir l’interdire.

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Et on voit bien que le vélo n’est pas sans danger…

Le vélo à Paris peut être dangereux. Dangereux à cause des autres cyclistes, des automobilistes, des piétons et c’est vrai qu’on assiste à un grand bazar. Il y a un travail à faire mais la majorité municipale, si inclusive, fraternelle, transversale et solidaire par ailleurs, concernant la rue et la chaussée, ne fait rien. Certains jours, on a vraiment l’impression que c’est la guerre civile ! Mais je suis optimiste car il me semble, depuis quelques semaines, que les vélos font plus attention aux piétons et aux voitures. Mais on en reparlera au retour du beau temps !

Au chapitre des mobilités qui fâchent, il y a aussi les trottinettes. L’Hôtel de Ville organise le 2 avril une votation « pour ou contre les trottinettes en libre-service ». La Mairie ne pourrait-elle pas y mettre fin d’autorité, comme elle l’a fait pour les Autolib’ ?

Bien évidemment ! Quand on est maire de Paris, et sur un sujet certes important mais qui s’ajoute à tant d’autres décisions qu’il faut prendre – social, urbanisme, sécurité etc. –, on doit assumer ses choix. D’autant qu’Anne Hidalgo nous dit quelle est sa position : en même temps qu’elle annonce cette votation, elle nous dit qu’elle est contre le maintien des trottinettes. Et David Belliard, son adjoint, en rajoute une couche en annonçant qu’elles sont très dangereuses et que lui aussi est contre. Il s’est passé avec les opérateurs de trottinettes la même chose qu’avec Airbnb : ils occupent le terrain et attendent de voir ce qu’il se passe. Airbnb a fini par être encadré à travers toute la France, mais la ville de Paris a attendu beaucoup trop longtemps pour réagir face à l’invasion anarchique des trottinettes – souvenez-vous de la pagaille des années 2018-2019. Elle a finalement apporté une réponse intelligente, mais tardive, en lançant un appel d’offre pour trois opérateurs et en créant, avec la collaboration des mairies d’arrondissements, des aires de stationnement. Et ça a plutôt été une réussite. Aujourd’hui, beaucoup de problèmes sont dus à des touristes qui abandonnent leur engin n’importe où. Au lieu d’une votation, Anne Hidalgo aurait dû mettre fin aux concessions pour, ensuite, renégocier avec les opérateurs un encadrement strict, telle que l’immatriculation des trottinettes, l’obligation pour l’utilisateur de présenter une assurance, l’obligation du port d’un casque et l’interdiction aux mineurs de moins de 16 ans. Nous vivons une situation qui est un mélange d’aveu de faiblesse et de lâcheté politique.  

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