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Afida Turner: «Montrer mon cul est un acte féministe»

Où qu’elle aille, Afida Turner suscite la gêne ou l’admiration. Vulgaire pour les uns, iconique pour les autres, sa façon de jouer de son corps va à l’encontre des codes du nouveau féminisme. Discussion sans tabou avec un phénomène de société. Propos recueillis par Yannis Ezziadi.


Plus qu’une simple chanteuse, Afida Turner est un monstre de scène doublé d’un monstre médiatique. Révélée par une émission de téléréalité sur M6 en 2002, elle s’installe ensuite aux États-Unis pour tenter l’aventure américaine. Là-bas, elle est un temps la compagne du célèbre rappeur Coolio, puis celle de Mike Tyson, avant d’épouser Ronnie Turner (fils d’Ike et de Tina Turner), mort le 8 décembre 2022 d’un cancer foudroyant. Célèbre pour des séquences télévisées survoltées chez Jean-Marc Morandini ou encore Thierry Ardisson, chacune de ses apparitions repousse les limites du bon goût et du raisonnable. Son dernier single, Étienne, révèle son talent électrique. Mais même lorsqu’elle chante, tout en elle respire un parfum de scandale. Latex, body, collier de chien, jaillissante crinière blonde, griffes vernies, elle se caresse, hurle le sexe, se jette à quatre pattes au sol, se traîne, se cambre félinement, provoque la gêne et l’éblouissement ! Bimbo vulgaire pour les uns, diva trash et iconique pour les autres, elle est à la fois adulée et méprisée. Sa présence sur un plateau garantit des records d’audience. Icône gay hystérique, chanteuse rock tout droit sortie d’un club sado-maso, professionnelle de la provocation, Afida Turner est inattendue et inclassable. Du happening en string au soutien à Donald Trump en passant par l’apologie de l’uniforme à l’école, elle est avant tout une femme libre, et un pavé furieusement jeté dans la mare du bon goût très vulgaire de la bien-pensance petite-bourgeoise. Afida Turner sur scène, ce n’est ni bon ni mauvais, c’est au-delà. Mon intérêt pour cette créature surréaliste suscite l’incompréhension d’un certain nombre de mes amis. « Mais je ne comprends pas, qu’est-ce que tu lui trouves pour retourner la voir trois fois dans cette pièce de théâtre ? » Lâchez-moi ! Je lui trouve je ne sais quoi que je ne trouve nulle part ailleurs. Il ne me vient pas à l’idée de me demander si elle est bonne actrice ou non, bonne chanteuse ou non. Je suis scotché, déstabilisé, hystérisé, électrisé ! Je suis dans une espèce de sidération face à cet ouragan de sexe et de cris, face à cette rockstar bordéliquement réinventée par un savant fou dadaïste dans quelque mystérieux cabinet. Afida Turner me libère de la question du bon goût, puisqu’avec elle il est dépassé, écrasé, ridiculisé par les hurlements rauques de la divine féline, chassé à grands coups de botte en latex au cul. Place au show ! Pour toutes ces raisons, Afida Turner avait toute sa place dans une revue aussi libre et subversive que notre cher Causeur, et aucun doute que ça fera causer !

J’étais la petite nana de banlieue comme on en voit plein. Une petite banlieusarde comme une autre

Pour cet entretien, elle nous donne rendez-vous au Limon, rue de Marignan. Cela fait trente minutes que nous l’attendons. Nous nous remettons d’une longue nuit de négociation sur la possibilité de la prendre en photo. Ne photographie pas Afida qui veut !  Elle arrive, la tête emmitouflée dans un châle, accompagnée de son assistant, un jeune homme qu’elle surnomme « La Marocaine ». Entrée tonitruante dans le bar : « Hello everybody ! » Elle traverse l’endroit telle une tigresse et fonce vers une table occupée. « Bonjour, monsieur, normalement, c’est ma table celle-ci ! Bon… on va vous laisser terminer votre café, et puis on la récupérera ensuite… — Si vous voulez, vous pouvez vous asseoir avec moi ! Mais sans vos amis, madame, je n’aime pas les hommes ! » lui répond-il en la déshabillant des yeux et avec appétit. Nous prenons finalement une autre table. Afida passe sa commande. « Vous avez toujours du mauvais vin ou vous avez fait un effort ? Je vais plutôt prendre un cocktail, faites-moi un “Pornstar”. Et pas avec du prosecco, hein, avec du champagne ! Et ne me mettez pas un fond de bouteille, je vous préviens ! Non mais je vous le dis, je vous vois. » La tempête semble se calmer, nous commençons l’interview.


Causeur. Aujourd’hui en France, beaucoup de gens ont tendance à se complaire dans le statut de victime. Vous, malgré votre histoire personnelle, c’est tout le contraire.

Afida Turner. On en voit beaucoup des comme ça ! C’est vrai. C’est sans doute leur seul talent. Je ne vois que cette solution. Ça et la mode, l’air du temps. Moi non plus je n’ai pas eu un passé facile. C’est le moins qu’on puisse dire. Mon père a assassiné ma mère sous mes yeux quand j’étais gamine, j’ai ensuite grandi dans des foyers, puis dans des familles d’accueil. Et alors ? Je vais passer ma vie à chialer et à me plaindre ? Les coups difficiles, sur le moment ce n’est pas facile à vivre. Alors si on doit en plus en reparler toute notre vie, ne penser qu’à ça… non ! Le passé, c’est passé. Only positive shit ! Il faut aussi dire la vérité : être victime c’est un business, un fonds de commerce. Moi, comme fonds de commerce, je préfère la joie, les paillettes, le glamour et la folie ! Et puis quand tu as des problèmes, tu ne vas pas en plus emmerder tout le monde avec !

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Vous êtes devenue un personnage médiatique incontournable adoré par certains, détesté par d’autres. Mais il y a quelques années encore, c’est uniquement pour se moquer de vous qu’on vous invitait sur les plateaux.

Oui, c’était horrible. On m’invitait juste pour me ridiculiser. J’étais grande gueule et très prétentieuse. Ils se payaient ma tête sur les plateaux. Je jouais plus ou moins le jeu, car je savais que ça me rapportait médiatiquement. J’assurais ma promo comme je pouvais. Et mon personnage a plu ! Maintenant on m’appelle et on se plie à mes exigences car on sait que lorsque je suis sur un plateau, l’audience est toujours proche des 2 millions de téléspectateurs sans compter les rediffusions, les replays et YouTube. Hanouna m’invite pour chanter en live et on fait des records d’audience. J’ai ramé, ça a été une lutte, il m’a fallu prendre des risques dont celui de choquer, de heurter, mais aujourd’hui j’ai réussi à me créer une place particulière. Cela dit, je me bats toujours, je propose des projets. Sinon, on ne me propose rien ! À part pour le théâtre. J’ai récemment joué une pièce qui s’appelait Requiem pour une conne – vous aviez d’ailleurs écrit dans Causeur un magnifique papier qui m’a ramené dans la salle des intellos comme Philippe Caubère, et même des gens du ministère de la Culture. Mais on n’a eu aucune promo à part C8, comme d’habitude. Et on a quand même rempli le Théâtre Trévise pendant 38 dates ! Je comprends très bien qu’on puisse ne pas m’aimer, ou qu’on me trouve too much. Chacun ses goûts ! Mais m’ignorer comme le font la plupart des médias, je ne trouve pas cela juste. Dans « C à vous », au lieu de rester entre bobos, ils pourraient m’inviter, ça les changerait ! S’ils aiment tant la diversité, ce serait un devoir. Et je leur ferais décoller les audiences. Ils montrent des extraits de moi pour se moquer, mais ils n’osent pas m’inviter pour que je leur réponde. Je les mets au défi de le faire.

© Guillaume Brunet-Lentz

Lorsque vous êtes à la télévision, c’est un vrai show. Vous donnez tout, et à chaque fois cela devient une séquence culte. Considérez-vous le plateau de télévision comme une scène ?

J’adore les plateaux, les projecteurs, le public. C’est une ambiance particulière. C’est comme une salle de spectacle. Je m’y sens tellement bien ! Et lorsque le lendemain d’une émission on reçoit les audiences et que je sais que j’ai encore tout fait péter… oui, ça me plaît ! Sur un plateau télé, je suis dans un état d’excitation. J’entre en scène en quelque sorte. Les intellos peuvent mépriser mes numéros télévisés, mais moi je sais que je fais passer de bons moments aux gens qui me regardent. Attendez… vous avez vu comme c’est triste, comme c’est sinistre les émissions la plupart du temps ? Moi j’arrive en body cuir, string, le corps brillant, je fous le bordel, je chante, je fais rire les gens, je les fais danser… Franchement, ce n’est pas rien, merde ! Je fais péter les braguettes du PAF ! Et je me donne du mal. Avant chaque émission, c’est quatre heures de préparation coiffure, maquillage et habillage. Je ne prends pas le public pour des cons, moi. Mais malgré les audiences énormes et le fait que je ne puisse pas marcher dans la rue sans me faire arrêter, eh bien on ne me considère toujours pas dans le milieu médiatique. Je ne suis pas assez chic pour eux. À part sur C8 et CStar. Sans eux, je ne sais pas comment j’existerais médiatiquement.

D.R.

Quel regard portez-vous sur la jeune femme que vous étiez, celle qui s’était fait connaître par la téléréalité ?

Je trouve que j’étais moins belle, et surtout beaucoup moins diva. J’étais la petite nana de banlieue comme on en voit plein. Une petite banlieusarde comme une autre. Mais dès que j’ai gagné de l’argent, je suis parti aux States. C’est là-bas que j’ai évolué en y fréquentant des rockstars et en prenant exemple sur eux. C’est comme ça que je suis devenu ce que les gens qui me suivent aujourd’hui aiment. Ils aiment ce côté spectaculaire, ce côté « diva », comme ils disent.

L’acteur et metteur en scène Michel Fau dit de vous : « Afida Turner est une créature. Elle me surprend toujours et me fascine profondément. Elle n’est jamais vulgaire puisqu’elle est unique. Elle ne ressemble à personne. »

Oh, my God… Michel Fau ! C’est lui qui a dit ça ? Il faudra le faire savoir à tous ces ringards qui me trouvent vulgaire ! Je pense qu’ils disent ça parce que je les excite et que ça les gêne ! Les nanas doivent être jalouses, elles ont peur que je fasse bander leurs mecs. Et les mecs doivent regretter de dormir avec leurs femmes plutôt qu’avec moi !

Il est de notoriété publique que vous êtes très capricieuse, que vous avez beaucoup d’exigences. Est-ce une façon de prendre votre revanche en faisant payer le prix aux gens qui veulent vous avoir sur un plateau ou une scène ?

Ce ne sont pas des caprices, c’est ce que je mérite. Attendez, aujourd’hui dans les loges des émissions, ce qu’on vous donne à boire et à manger c’est vraiment minable. Des madeleines en sachets et du coca. Merde ! Alors moi, j’exige toujours trois bouteilles de champagne frappées, deux bouteilles de vin, des sashimis saumon et des Apéricube. Je partage tout ça avec mon équipe. Mais il faut d’ailleurs que je change la liste car je commence un peu à en avoir marre d’avoir toujours la même chose. J’aimerais des crevettes aux épices ! Au théâtre aussi, j’avais toujours le champagne dans la loge. Et franchement, je trouve ça normal. Si les autres acceptent d’être traités comme des clochards, c’est leur problème. Je sais très bien que si je ne faisais pas de chiffre à la télé, ils ne se plieraient pas en quatre pour moi. Quand les gens répondent à vos exigences, c’est gratifiant. Ça veut dire qu’ils vous veulent vraiment, qu’ils sont prêts à faire beaucoup. Et, il faut l’avouer, c’est assez rassurant.

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Il est clair que les nouvelles féministes, telles Sandrine Rousseau ou Alice Coffin, ne sont pas du tout sur la ligne de votre féminisme à vous. Pour elles, vous seriez plutôt l’image de l’asservissement de la femme au désir de l’homme !

Oh ! Qu’elles viennent à la partouze, ça les détendra ! Ce sont des menteuses. Elles adoreraient exciter tout le monde au fond, j’en suis sûr ! Elles n’en ont juste pas les moyens ou pas l’honnêteté. C’est de l’hypocrisie tout ça. Choquer ces petites bobos pseudo-féministes, ça m’amuse assez franchement. Après, moi je pense que pour être féminine, il faut être sexuelle. La féminité est en accord avec ça. Pour une femme qui n’aime pas le sexe, difficile d’être féminine. Toutes ses femmes dont vous me parlez, je suis sûr qu’elles n’aiment pas ça ! Ou alors qu’elle le refoule. Être belle et excitante, c’est aussi avoir du pouvoir, en particulier sur les hommes. Elles ne veulent peut-être pas l’admettre, mais il suffit de voir ce qu’une femme peut faire faire à un homme pour s’en rendre compte.

Montrer son cul, c’est un acte féministe ?

Quand tu as un cul comme le mien, ce serait quand même con de ne pas le montrer ! Mais à part ça, oui c’est féministe quelque part. C’est ma liberté, mon plaisir, je vous dis. Ce ne sont pas les hommes qui dictent ma conduite. Ni les femmes féministes, d’ailleurs ! Bon, si je n’étais pas gaulée comme ça, peut-être que je serais dans le même rayon que les féministes dont vous me parlez. Comme je vous le disais, pour moi, c’est ça être une femme ! Des femmes, des vraies, on en voit de moins en moins. Et c’est pareil chez les hommes ! Alors moi, je suis une image très excessive de la femme, une version amplifiée. Mais je suis certaine que les gens aiment ça. Ils me regardent comme s’ils étaient au cirque. Ils viennent voir quelque chose qui les intrigue, qui les étonne, qui les gêne parfois, mais surtout qui les sort de leur petit quotidien.

Je vous ai entendu dire qu’en sortant de scène, vous aimiez regarder un film porno. C’est vrai ?

Bah quoi ?! Tu rentres d’une télé ou d’un concert, t’es toute seule dans ta chambre, tu te regardes un porno et tu te refais le film dans ta tête. C’est normal quoi, non ? Tout le monde se masturbe et personne ne veut le dire, merde ! Surtout les femmes. Je suis très sexuel, c’est tout. C’est pas interdit, si ? Non ? Alors next question please !

Beaucoup d’hommes disent aujourd’hui ne plus oser draguer les femmes par peur du mouvement #balancetonporc. Qu’en pensez-vous ?

Je les comprends ! Maintenant, tu dis bonjour à une nana avec le sourire, elle veut porter plainte. Alors bon… ça ne donne pas forcément envie de la sauter ! Les mecs sont terrorisés. Déjà que, comme je le disais, des hommes, des vrais, il y en a de moins en moins… là, avec tout ça, la race va finir par complètement disparaître ! Faut le dire franchement, c’est la terreur. Je le vois au States, les mecs sont tétanisés. Ils n’osent plus rien faire. À la vitesse où ça va, la drague va bientôt être interdite. Mais dans toutes ses filles, il y a aussi beaucoup de menteuses. Et ça, personne n’ose le dire !

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Avez-vous peur des hommes ? Vous sentez-vous être une proie ?

Ce sont les hommes qui ont peur de moi ! (rires) Je n’ai pas peur des hommes de manière générale. Il m’est arrivé d’avoir peur de certains hommes. Quand ça arrive, ça veut dire que j’ai affaire à un vrai mec. Et dans ce cas-là, souvent, ça m’excite ! C’est excitant d’avoir peur, non ? Moi, j’aime les hommes très forts, très puissants. Les hommes qui en ont !

Avez-vous parfois peur de tomber dans le ridicule, d’en faire trop ?

C’est sûr que le ridicule, j’en prends le risque. Mais je crois ne l’être jamais. Aller chanter chez Hanouna avec des talons de 20 centimètres, en body, avec deux danseurs que je ne connaissais même pas… c’est un risque et je le prends ! Quand on me donne quinze minutes d’antenne, je veux que ce soit un vrai show. Même sur un petit plateau télé sans spectateur, je chante comme si j’étais au Stade de France. Vous me parlez de ridicule… mais franchement, toutes ces petites chanteuses bobos en jean, pas maquillées, qui chuchotent dans leurs petits micros, vous croyez que je ne trouve pas ça ridicule, moi ? Quand je les vois, je me dis que niveau ridicule, j’ai encore de la marge !


La question de Pierre Gagnaire : Votre sexualité bestiale et électrique doit sans doute parfois susciter beaucoup de gêne. Vous incarnez tout le contraire de la bien-pensance ambiante. Votre façon d’exposer votre corps va à l’encontre des nouveaux mouvements féministes. Quelle est la finalité de votre démarche artistique ?
Entre Michel Fau et Pierre Gagnaire, j’ai bien fait de venir ! Évidemment que je suscite de la gêne. Le sexe, ça met les gens mal à l’aise. C’est comme ça. Et moi, j’ai une énorme énergie sexuelle qui explose lorsque je suis sur scène. Les gens disent que ça les gêne, que c’est vulgaire, mais ils regardent quand même. Ils ne peuvent pas s’en empêcher, les petits voyeurs. Il faudrait y réfléchir à ça. Peut-être qu’ils ne comprennent rien à leur sexualité. Peut-être qu’ils ne veulent pas faire face à ce qui les excite. Quand je suis avec mes bottes, mon body, à quatre pattes avec un énorme décolleté, évidemment que ça excite pas mal de monde ! Les nouveaux mouvements féministes, je ne les connais même pas. Mais moi, je suis féministe car je fais ce que je veux, je suis une femme libre. Et ma liberté, c’est aussi de pouvoir aller à la télé à moitié à poil, de me caresser en chantant et de me mettre des colliers de chien ! J’ai toujours été exhibo, j’aime ça. C’est mon droit, et ce ne sont pas les nouvelles féministes qui vont me le retirer ! En cela, évidemment, ma démarche artistique est également un peu politique. J’ai un petit message pour Pierre Gagnaire : j’adorerais venir manger chez vous ! Kiss !

Photo: Guillaume Brunet-Lentz

Edmond de Goncourt: «Il nous arrive aussi d’élire des truffes»

Alors qu’on vient de nobéliser Annie Ernaux pour l’ensemble d’une œuvre édifiante qui célèbre la circonférence du nombril de son auteur, c’est maintenant Christine Angot qu’on met à l’honneur, en l’élisant à l’Académie Goncourt. Portant sa composition à quatre femmes pour six hommes, l’institution se dirige enfin vers une relative parité. La justice est en marche!


Même dans la littérature, il y a lieu de s’en réjouir, le patriarcat cède du terrain… Au XXIe siècle, on rend enfin hommage à la plume féminine, alerte, sensible et résolument portée par le genre de l’autofiction (art de mettre sa vie en fiction) qu’inventa Serge Doubrovsky, en 1977, avec son roman Fils.

L’œuvre de Christine Angot, est-il besoin de le rappeler, ressasse de livre en livre le même évènement sordide : l’inceste dont elle fut victime de la part de son père. Sans nul doute, notre auteur, avec ce témoignage réitéré, fait la démonstration, tout en le dénonçant, qu’on peut survivre à tel abus. Si on respecte la louable entreprise au long cours de Christine Angot, on n’est pas sans regretter, pourtant, que la production littéraire de notre auteur soit d’une exceptionnelle médiocrité. Prenons par exemple Un Amour impossible. Comment ne pas s’esbaudir devant pareil titre ? Le livre est, aux deux tiers, constitué de passages dans lesquels la parole est en roue libre : J’en ai marre moi, on fait rien, on s’ennuie. C’est pas intéressant ! Quel ennui. On est là, comme ça. Qu’est-ce que c’est ennuyeux ! Qu’est-ce qu’elle est pas intéressante cette vie ! Je m’ennuie moi ici. Quel ennui !! Mais quel ennui ! On parle jamais de rien. De rien d’intéressant. J’en ai marre de cette vie moi (…) Dieu, mais j’en ai marre, mais j’en ai marre, j’en ai marre, mais j’en ai marre ! Notre « autrice » joue ici subtilement sur la ponctuation, on aurait préféré qu’elle poussât l’audace stylistique jusqu’à renoncer aux mots eux-mêmes. 

À lire aussi : Christine Angot au jury des Goncourt: enfin à sa place!

On reconnaît, toutefois, s’être réjoui des colères, parfois saines, de la dame qui chroniqua dans divers médias. On pense notamment à la véhémence avec laquelle elle expliqua, à une Sandrine Rousseau effondrée, combien était ridicule l’idée de créer des instances visant à recueillir la parole des femmes au sein des partis. On loue aussi son opposition à la GPA qui lui valut la haine des progressistes. Gageons que notre « auteure » saura ambiancer les déjeuners au Drouant.

On se demande toutefois si notre plumitive, volcanique et décomplexée, bien à sa place dans l’Académie créée par Edmond de Goncourt, écrivain de second ordre, connaît les frangins Goncourt. Edmond, notre précieux, parfois ridicule et à la sensibilité « artiste » est passé à la postérité, surtout pour le journal qu’il tint. D’abord avec son frère cadet, Jules; seul, après la mort de celui-ci. 

A relire: “Le Juif incarne tout ce que les Goncourt abhorrent”

Surnommés « mes deux bichons » par Flaubert, ces littérateurs tout en nerfs et tourmentés par un succès romanesque qui tardait à venir, ont rendu compte, au jour le jour, de la vie artistique et sociale de leur époque. Dans ces pages, nos diaristes se révèlent amers et fielleux vis-à-vis de leurs pairs. On peut ainsi lire : Maupassant est un très remarquable novelliere, un charmant conteur de nouvelles, mais un styliste, un grand écrivain, non, non ! Ou bien, Du moment qu’il y a un concert universel d’éloges dans la presse sur un livre, on peut presque affirmer que ce livre n’est pas bon, exemple : LŒuvre de Zola. 

Plus tard, désabusé, Edmond écrira : Zola et Daudet n’ont fait que grandir par leurs œuvres, tandis que je n’ai pu qu’inventer une académie que Vallès a trouvée ridicule et dont Vallès vient de s’échapper ; mon journal n’a de valeur que par sa malveillance et je n’ai donné aux gens de mon temps que des images grotesques… De fait, les présidents successifs du Prix, mis à part Colette (de 1949 à 1954) sont des vedettes américaines de la littérature. Ses lauréats, à quelques exceptions près (dont Proust en 1919, Malraux en 1933, Beauvoir en 1954, Michel Tournier en 1970 et quelques autres, quand même…), sont souvent les auteurs d’une œuvre restée obscure. Du reste, Jules avait affirmé, toujours dans le fameux journal : Académies, commandes, prix, récompenses, rien n’est plus idiot que l’éducation et l’encouragement des lettres et des arts : on ne cultive pas plus les hommes à talents que des truffes. Par contre, les truffes élisent souvent des truffes. 

À lire aussi : Peut-on dire du bien de Virginie Despentes ?

Gageons que cette année, les convives du Drouant ont amèrement regretté de ne pas pouvoir honorer, en raison d’un règlement inique, le Cher connard de Virginie Despentes (l’« autrice », qui fut quelque temps des leurs, est, de ce fait, inéligible). Quant au misogyne Edmond, d’où il se trouve, il ne doit pas s’enthousiasmer de voir son académie devenir gynécée. Mais les femmes qui siègent au Goncourt, connaissent-elles les bons mots qu’on doit aux diaristes ?
La femme : deux paires d’ailes autour d’un phallus
Il n’y a que la langue des femmes pour être méchante comme une maladie vénérienne. 
La femme n’est que le gracieux perroquet des imaginations, des pensées, des paroles de l’homme, et le joli petit singe de ses goûts et de ses manies.
Si tel n’était pas le cas, on compte bien sûr sur l’explosive Christine pour les affranchir.

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Timothée Chalamet est leur nouveau gen(d)re idéal

Une coterie de militants de la «théorie du genre», de sociologues et de journalistes impose son agenda dans les médias. Cela ne posait pas franchement un problème, tant que leurs délires ne s’en prenaient pas aux plus jeunes.


La crise institutionnelle ? Les retraites ? Les fins de mois ? Les impôts ? Le coût de la vie ? La guerre d’Ukraine ? Le ramassage des poubelles dans la capitale ? Pour une minorité particulièrement active d’individus, ces sujets qui préoccupent considérablement leurs concitoyens arrivent au second plan. Leur projet est de redéfinir les rapports qu’entretiennent les hommes et les femmes au travers de la destruction du sexe biologique tel que communément et naturellement entendu depuis que le monde est monde. Ils auraient tort de se priver tant l’attention médiatique qui leur est offerte a fait de ce qui a longtemps été cantonné aux marges de la société un véritable phénomène de société.

Caprices délirants contre la biologie

De fait, pas un jour ne semble pouvoir s’écouler sans qu’une mère de famille exhibe son fils en robe ou qu’un sportif de sexe biologique masculin ne gagne des compétitions dans les catégories féminines. Certains médias, notamment américains, mais pas uniquement, se sont d’ailleurs trouvé une niche prospère en mettant en scène les états d’âmes des transsexuels et autres « xénogenres » qui entendent former une nouvelle humanité, libérée des carcans des normes socialement construites et même de cette biologie décidément trop têtue pour céder à leurs caprices. Le langage est d’ailleurs remodelé sciemment, devant se plier face à l’irréalité qui tient lieu de nouvelle norme.

A relire: Marguerite Stern et Dora Moutot: «Le féminisme actuel a été parasité par l’idéologie transgenre et queer»

Les groupes les plus mis en danger par cette idéologie qui veut opérer une révolution culturelle sont les femmes et les enfants. Ou, devrait-on dire, les « femelles » et les « mâles et femelles impubères » puisque comme l’a assez bien expliqué Dora Moutot, les transsexuels sont capables de très sérieusement expliquer, et même de faire croire à des politiciens aussi lâches que terrorisés, qu’un « pénis de femme » serait un sexe féminin. Le délire est même poussé très loin par la communauté trans qui considère que le rejet d’un homme biologique, c’est-à-dire un mâle, vêtu en femme, par un autre homme hétérosexuel pourrait être perçu comme une forme de « discrimination ». Même polie, une réponse négative suscite le courroux vengeur de ces petits êtres narcissiques persuadés que la terre tourne autour de leur slip kangourou féminin. Aggressively Trans sur Twitter : « Plus la patience de vous expliquer que vos « préférences » ça reste de la discrimination. Et que tous les gentils mots autour ne cachent pas votre transphobie. »

Face à cette concurrence, les femmes, authentiques et véritables telles que Mère Nature les a conçues, se trouvent démunies. Dans la pratique sportive, des hommes travestis peuvent participer aux compétitions en se contentant de déclarer appartenir au sexe qui n’est pas celui de leur naissance, tout simplement parce qu’ils l’ont décidé. Bien évidemment, ils remportent les compétitions et écrasent la concurrence. Des pervers souffrant de paraphilies, dysmorphophobies et parfois psychoses, réclament d’être emprisonnés avec les femmes, tout en se disant « lesbiennes », à l’image de ce vieillard aux faux airs de Francis Heaulme récemment mis en avant par la Radio Télévision Suisse.

Ils peuvent même truquer le jeu de la « parité » politique !

Si la France commence à appréhender le phénomène, il est déjà bien installé aux Etats-Unis où un certain Dylan Mulvaney, qui s’est fait connaitre sur Tik Tok avec sa série de vidéos 100 day of being a girl, peut s’habiller en petite écolière japonaise – ce qui est le signe manifeste d’une profonde perversion – et être invité par Joe Biden à la Maison Blanche en tant que femme « comme les autres ». Chez nous, un transsexuel prostitué s’est récemment invité à la Mairie de Paris pour y tourner un film pornographique. Ce membre du STRASS qui milite pour la reconnaissance des travailleurs sexuels et des transsexuels a été invité par Anne Hidalgo, feuille morte dont l’ambition est d’être dans le vent…

Un phénomène marginal, désormais dans les médias matin, midi et soir

Encore s’agit-il ici toutefois toujours d’adultes consentants… De fait, le danger majeur de ce mouvement concerne les enfants. Alors qu’un mineur ne peut pas plus voter que boire une bière, du moins théoriquement, des irresponsables supposent qu’un enfant de 12 ans qui n’a pas fait sa puberté peut choisir son sexe. Mère d’une fillette de 12 ans, Sixtine a alerté les médias parce que son enfant qu’elle considère être un garçon comme les autres en tant que « garçon trans » a dû dormir avec celles de son sexe lors d’une colonie de vacances. Cette mère a-t-elle conscience de la maltraitance qu’elle inflige à son enfant ? Un enfant ne peut pas choisir son sexe, il doit malheureusement composer avec celui que la génétique lui a donné.


Quant à la question du genre, que ces gens entendent distinguer du sexe biologique – ce qui est exact mais sans objet en l’espèce -, elle ne doit pas plus conduire à des opérations lourdes sur des mineurs qu’à des accommodements dans la sphère publique, mais relever du ressort de la pédopsychiatrie. Il est assez consternant de s’apercevoir que les partisans de la théorie du genre, obnubilés par leurs petites personnes, ont fini par rejoindre l’Iran des Ayatollahs où le seul moyen pour les homosexuels de survivre est de se faire opérer et d’appartenir à l’autre sexe – les croyances shiites faisant une place spécifique aux âmes perdues et au troisième sexe. Personne ne dit d’ailleurs que le transsexualisme authentique n’existe pas, mais il ne saurait en être question quotidiennement dans les médias, s’agissant d’un phénomène en réalité très marginal.

A lire ensuite, Jeremy Stubbs: Jeux d’enfants

Le transactivisme déteint sur tous les aspects de la société. Dans un entretien pour France Culture très commenté sur la toile, Aline-Laurent Mayard affirmait du haut de son autorité d’ « autrice spécialiste du genre » que les jeunes acteurs tels que Timothée Chalamet étaient en train de « réinventer la masculinité ». Visiblement, la virilité assumée d’un Brad Pitt ne lui sied guère, comme si les hommes ne pouvaient plus être qu’indéfinis et les femmes androgynes. Savent-ils qu’il y a toujours eu des éphèbes et des hommes poilus ? Que l’éternel féminin fait de la place aux garçonnes, aux Amazones et aux femmes fatales ? Que des femmes préféreront toujours Sean Connery à James Dean et d’autres Serge Gainsbourg à Alain Delon ? Que des hommes auront plus d’attirance pour Audrey Hepburn que pour Monica Bellucci ? Tout existe, tout est possible, mais pour une petite coterie de sociopathes inadaptés, il faudrait rééduquer à toute force les enfants qu’on estime trop immatures pour choisir leurs propres jouets mais déjà suffisamment adultes pour commander un nouveau sexe. Les femmes et les enfants d’abord !

La fabrique de l’enfant transgenre

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Le non du peuple

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Remaniement, dissolution, référendum? Rien, comme convenu!

Un président trop serein dans une France en crise…


À 13 heures hier, Emmanuel Macron prenait pour la première fois la parole après l’utilisation décriée du 49-3 ayant permis de faire passer son projet de réforme des retraites à l’Assemblée nationale. Il répondait aux questions d’Anne-Sophie Lacarrau (TF1) et de Julian Bugier (France 2).

On savait que le président de la République n’annoncerait pas le retrait de la réforme. On n’ignorait pas que, passé sans trop de dégâts le Conseil constitutionnel, il promulguerait la loi sans délai. On était certain qu’à nouveau, il chercherait à démontrer qu’elle était nécessaire. On n’avait pas le moindre doute sur le fait qu’il développerait l’idée classique, pour tous les présidents confrontés à des oppositions et à des épreuves, de son devoir et de l’obligation qu’il avait de servir l’intérêt du pays avec ce texte sur les retraites. Il était prévisible qu’il renouvellerait sa confiance à Elisabeth Borne, vaillante et dévouée Première ministre, et qu’il crierait victoire après le rejet de justesse de la motion de censure.

Le président s’attache à distinguer la foule du peuple

Il est vrai que nous n’avions pas d’illusion à nous faire, puisque d’emblée Emmanuel Macron avait écarté un remaniement, la dissolution et le référendum.

Ne pas écouter serait bien, ne pas céder serait courageux, invoquer son devoir pour masquer son entêtement serait démocratique ?

Puis, devant ses troupes parlementaires – la présidente de l’Assemblée nationale, pour ne pas être soupçonnée de partialité, n’aurait pas dû s’y trouver – Emmanuel Macron avait distingué la foule du peuple qui s’exprimait au travers de ses élus et regonflé le moral des députés et sénateurs déçus et moroses après l’utilisation du 49-3 et la déconfiture évitée de peu.

Au fond, à partir de ces données tant factuelles que politiques incontestables, que pouvait attendre, espérer le citoyen ordinaire?

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À l’issue de cet entretien qui, sans offenser les deux journalistes, ressemblait plus à un monologue qu’à un dialogue, le président déroulant une argumentation bien rôdée, je retiens la dénonciation des violences, des factions et des factieux qui, pour être banale, n’en a pas moins de force en ces circonstances de désordres, de dégradations et d’incendies qui vont durer. Le président, sur ce plan, doit être absolument approuvé, même si dans cette « meute » qu’il pourfend, il y a probablement beaucoup du peuple qu’il prétend honorer. J’ajoute que son hommage aux élus aurait été d’autant plus convaincant s’il n’avait pas lui-même opéré une discrimination supplémentaire choquante parmi les députés en excluant de l’arc républicain les députés de LFI et du RN.

Macron rassure l’électorat des séniors : ce n’est pas la Révolution!

Pour tous les autres sujets, Emmanuel Macron les a traités comme si cet entretien, d’une certaine manière, ne lui avait pas été imposé et avec une tranquillité et un ton d’évidence qui pouvaient laisser croire aux téléspectateurs de ce milieu de journée que la France se portrait bien, qu’elle n’était pas en crise et que le président venait aimablement nous rendre visite parce que depuis trop longtemps il ne nous avait pas parlé.

Amplifier la réindustrialisation, se rapprocher du plein emploi, durcir le régalien (mais report de la loi sur l’immigration, qui sera découpée en tranches !) et favoriser le mieux vivre. Aucun de ces objectifs n’est dérisoire. Ce qui inquiète est d’une part qu’ils sont abordés comme si par exemple la réindustrialisation avait été engagée alors que tout reste à faire, à considérer l’état de nos services publics et de nos institutions. D’autre part, à l’évidence, ils représentent une réponse tiède et presque provocatrice au climat déchiré et fracturé d’aujourd’hui. Des remèdes qui ne rassurent pas, de la camomille alors qu’on voudrait du sang neuf.

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Je ne doute pas – et je m’en réjouis – que le président ira au bout de son second quinquennat mais comme l’a dit une voix anonyme de son camp, réformer les retraites c’est bien mais un président se réformant, ce serait mieux.

Rien ne me paraît plus pervers, dans le climat troublé et si peu républicain de cette période, entre une rue opposante et parfois exacerbée et violente et une Assemblée nationale écartelée entre militants régressifs et députés responsables, que cette affectation de dureté présidentielle. Ne pas écouter serait bien, ne pas céder serait courageux, invoquer son devoir pour masquer son entêtement serait démocratique ?

Citoyen ordinaire mais attentif, je suis sûr de l’inverse. Le pouvoir exemplaire guide en même temps qu’il accompagne. Il propose mais sait aussi retirer. Il doute de lui quand beaucoup doutent de la validité de son action. Soutenu, il n’oublie pas ceux qu’il n’a pas convaincus. Pour lui, la promesse de rassembler n’aurait jamais dû être un vain mot.

« Campus Héméra »: l’école du RN voit le jour

Hier soir, le Rassemblement national lançait Campus Héméra, son nouveau grand cursus d’apprentissage réservé à ses adhérents. Le RN de Jordan Bardella affirme ainsi sa volonté de former une élite militante issue du peuple, prête à mener le combat politique. Mais le peuple se trouve-t-il vraiment dans le très chic quartier des Invalides?


-Quelle est votre politique en matière de service public ?
-C’est-à-dire ? Je n’ai pas vraiment compris la question ? Est-ce qu’on pourra couper cette partie ? 


Le 7 mai 2022, Mélanie Fortier, candidate RN dans la 2e circonscription de Côte-d’Or, peine à répondre sur le plateau de Dimanche en politique. Une question pourtant simple, mais la Conseillère régionale de Bourgogne-Franche-Comté semble complètement perdue, et son opposant, Thomas Portes [1], candidat Nupes, ne se gêne pas pour le souligner: « Eh oui, quand on ne parle plus des musulmans ou de l’islam, c’est le vide intersidéral. Voilà le visage de l’extrême droite ! » Le direct ne trompe pas, et la contre-performance de la candidate sur France 3 lui vaut un bad buzz, décrédibilisant le parti de droite nationale.

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Pour ne plus avoir à subir pareilles déconvenues et renforcer les compétences de ses candidats à l’avenir, le RN annonçait, hier, à la Maison de la Chimie, le lancement de sa nouvelle « école des cadres », le Campus Héméra. En référence à la déesse de la lumière et du jour. Un site internet tout beau, tout neuf, met à disposition des outils de formation exclusifs, accessibles avec sa carte de membre du parti. Présentés par le président Jordan Bardella, et le sondeur Jérôme Sainte-Marie, les objectifs sont clairs: fournir aux militants et sympathisants les connaissances nécessaires pour le combat politique, redresser le niveau, et rattraper les bourdes de la dernière campagne. 

Permettre à toutes les catégories du peuple de vivre la politique au premier rang

En plus du site inauguré hier soir, le programme prévoit également des événements en présentiel, comme des stages d’été ou des séminaires, dès le mois de mai. « Former des élites issues du peuple, sans que la formation et la sélection des individus dans le parti reproduisent la hiérarchie que l’on observe dans la société! », insiste Jérôme Sainte-Marie. Le RN entend jouer les cartes « populo » et méritocratique, mais l’événement d’hier soir, où Causeur s’est invité, au cœur du 7ᵉ arrondissement à quelques mètres de l’Assemblée nationale, avait plutôt des airs de cérémonie de remise des diplômes de grandes écoles. Assas n’est qu’à quelques rues. Marine Le Pen, qui en est diplômée, au premier rang, ne prendra malheureusement pas la parole lors de la présentation. 

Jordan Bardella arrivant à la soirée de lancement du Campus Héméra à la Maison de la Chimie, à Paris, le 21 mars 2023. © Alix Fortin

Doter les membres du parti d’un socle commun utile à l’action politique, devenir incollable

La plateforme d’e-learning inclut des cours d’histoire politique et électorale, d’économie et de sciences sociales (« économie et société »), et de géopolitique (« enjeux internationaux »). Laïcité, immigration, assimilation sont au programme, ou encore l’histoire du parti. De la théorie, pour anticiper la pratique: tout ce qu’un bon petit militant doit savoir, enseigné par des spécialistes partisans du RN, mais pas seulement, avec entre autres Vincent Coussedière ou François Bousquet.

À lire aussi : Jean-Marie Le Pen: « Le Rassemblement national a perdu son caractère radical au moment précis où l’opinion était prête à l’accepter »

Le site web que nous avons consulté propose également un onglet public, où contribuent des personnalités. Pour l’instant, on peut y voir les interventions de Michel Maffesoli, professeur à la Sorbonne et membre de l’Institut Universitaire de France, le diplomate Xavier Driencourt, ancien chef de l’Inspection générale des Affaires étrangères, et ex-ambassadeur de France à Alger à deux reprises. Mais aussi la philosophe Bérénice Levet, ou encore la youtubeuse Tatiana Ventose, ex-militante France Insoumise.

Ce n’est certes pas la première fois que la droite tente de se lancer dans la fabrique de nouvelles élites, pour tenter de contrer les institutions prestigieuses de type Science-Po. En 2018, à Lyon, Marion Maréchal ouvrait l’ISSEP, Institut de sciences sociales, économiques et politiques. Ella a désormais une nouvelle concurrence. Sur l’économie, il sera intéressant de comparer les programmes!


[1] Devenu député, Thomas Portes s’est depuis illustré en se faisant exclure 15 jours de l’Assemblée nationale, pour s’être photographié le pied posé sur un ballon à l’effigie d’Olivier Dussopt, ministre du Travail.

Bloc populaire - Une subversion électorale inachevée

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Ces journalistes victimes de la blanchité

Une très curieuse tribune est parue dans Libération, ce 20 mars, au nom d’un collectif de journalistes. Céline Pina l’a lue.


« Nous voulons soutenir nos consœurs et confrères discriminé.e.s, exploité.e.s et marginalisé.e.s en école, en recherche d’emploi, en situation de précarité et en rédaction ». Que voilà de nobles intentions !

Certes le texte, comme l’extrait ici présenté, est écrit avec les pieds mais bon, ce n’est pas comme si les journalistes étaient censés être des professionnels de l’écriture ! L’initiative n’a cependant rien à voir avec la critique vigoureuse et nécessaire du constat de la précarisation du métier de journaliste, mais hélas tout à voir avec la création d’une petite entreprise communautariste de lobbying pro-domo : il s’agit d’en appeler à la création d’une « association de journalistes antiracistes et racisé.e.s », comprendre d’une association de victimes de la « blanchité ».

À gauche, la lutte raciale a remplacé la lutte sociale

Rien de tout cela ne parle de l’effondrement d’un modèle économique qui a abouti à la paupérisation du métier et à la dégradation des conditions de travail des salariés et pigistes de ce secteur. Non, cette réalité-là n’existe pas dans le prisme de ces nouveaux redresseurs de torts de la sphère médiatique. Pour eux la question de l’objectivité, le respect du factuel, le croisement et la vérification des sources, la rigueur dans la diffusion de l’information, les conditions de travail, le fait que l’origine sociale des journalistes ne soit pas marquée non plus par une forte diversité ne comptent pas. Une seule chose les obsède : la couleur de peau des journalistes et la dénonciation de la blanchité. Leur seule obsession : « s’attaquer au racisme dans le journalisme ». Et, bien sûr, dénoncer des « rédactions de gauche comme de droite (qui) restent en grande majorité blanche. » Comment faire passer un groupe de communautaristes ayant pour seul lien la couleur de la peau, pour de grands défenseurs d’un principe qu’ils piétinent en en niant l’universalisme : l’antiracisme.

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Selon eux, la société française ne souffre que d’un seul problème : il y a trop de Blancs. Et comme le Blanc est ontologiquement raciste, il y a donc trop de racistes et de racisme, dans la société comme dans la presse ! Or, seuls eux peuvent les combattre car ils ne sont pas Blancs. CQFD.

Une entreprise victimaire

Nous voici une nouvelle fois confrontés à une énième occurrence de ce travail de victimisation, opéré par des professionnels d’un « antiracisme » qui fait de la couleur de peau, l’identité d’un être. Difficile de les distinguer des bons vieux racistes à l’ancienne. La seule différence, c’est que là où les uns voulaient mettre le Blanc en haut de la chaîne alimentaire raciale, eux veulent y mettre « la diversité ». Leur seul but est de récupérer pour leur propre compte la capacité à opprimer qu’ils dénoncent chez les autres. L’idée que les relations entre les hommes, au sein d’une société politique, ne se résume pas à des logiques de domination leur est impossible à concevoir. Ils ne lisent le monde que via une rhétorique de l’ennemi, un concept de guerre civile larvée, la constitution d’un « Nous » contre un « Eux », au sein du même peuple. Mais, comme cela ne se vend pas bien auprès des alliés de la gauche qui se veut morale, il faut habiller cette geste vengeresse de légitimité morale. C’est ainsi qu’au nom de l’antiracisme, nos Fouquier-Tinville de la diversité résument les hommes à leur couleur de peau et que cela passe pour de « l’empowerment », une reprise en main de son destin par la désignation d’une race-repoussoir, les Blancs.

Le reste du texte est constitué d’exemples ridicules. Chacun pourrait écrire un texte de cet acabit en racontant comment il a croisé quelques cons dans sa vie professionnelle. C’est ainsi que dans ce long lamento, on ne voit guère ce qu’il y aurait de systémique dans les faits dénoncés. Je défie n’importe lequel d’entre nous de ne pas avoir une anecdote semblable à raconter, une remarque débile faite sur l’âge, le physique, la masculinité, la virilité, l’apparence… C’est pareil avec ce long et pénible geignement sur le racisme chez nos jeunes journalistes. Curieusement, dans la réalité, on est surtout confronté à un wokisme agressif chez les jeunes qui, lorsqu’ils portent un discours de rejet d’une couleur de peau… le font en général contre les Blancs.

Peu d’arguments

Deux autres points couvrent nos Fouquier-Tinville d’opérette de ridicule. Lorsqu’ils donnent quelques exemples de « dérapage » raciste : un député qui parle de « camp de gitans » à propos du bazar à l’Assemblée nationale, ou lorsqu’un journaliste réputé dit à la télévision que « les musulmans n’en ont rien à faire de la République »… Ils oublient de dire que ces paroles ont été dénoncées par les représentants de la République, ou les responsables de chaînes. Et ceux qui les prononcent s’en excusent sans barguigner, en général. Ces expressions ne sont pas restées sans réponse et leur dimension essentialiste a bien été relevée. Pareil pour le journal qui avait titré « Alerte jaune », avec une femme asiatique, pour illustrer sa titraille : il s’en est excusé. Le peu d’exemples mis en avant, leur caractère anecdotique, le fait qu’ils ont tous fait l’objet d’excuses ou de rectificatifs montrent justement l’attention portée à ces questions et témoignent du peu de consistance des accusations proférées.

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Dernier point, finalement plus rassurant : le peu de journalistes importants et reconnus ayant signé cette tribune. Rokhaya Diallo y est mise en avant, faute de noms connus et reconnus. Pas de Christine Kelly, Harry Roselmack, Patrice Boisfer, Sonia Mabrouk, Karim Rissouli, Rachel Kahn, Tania de Montaigne, Nora Boubetra, Salhia Brakhlia… Il y a des grands noms et des références dans le journalisme qui sont « issus de la diversité » et appartiennent à l’élite du métier. Bien des jeunes journalistes, quelle que soit leur couleur de peau rêvent d’une aussi belle carrière que la leur. Il ne s’agit pas ici de nier le fait que des discriminations existent mais elles puisent sans doute plus leur racine dans le social que dans le racial. Combien de fils d’ouvriers accèdent aux métiers de la presse et de la télévision, autrement qu’en tant que techniciens ? Le milieu journalistique est d’une grande homogénéité sociale et culturelle. Les journalistes actuels sont en général passés par de grandes écoles, et sont issus des classes supérieures ou des classes moyennes supérieures. Or, la question sociale est une donnée essentielle pour tenir dans ce milieu. Les jeunes journalistes, qui n’ont pas fait les « bonnes écoles », celles qui permettent de se constituer un réseau et qui ne peuvent compter sur un soutien parental pendant la période de vaches maigres de leurs débuts, ont bien du mal à rester dans le métier. Monter en épingle la question raciale et raciste, comme si elle était une des caractéristiques du milieu journalistique, est une fausse bonne idée et ne résoudra en rien les problèmes d’un secteur en pleine crise. En revanche, cette attitude permet aux entrepreneurs de la race de se construire une légitimité sur le dos de ceux qu’ils enferment dans un statut de victime. Ils en font même une carrière ! La manipulation ne sera pas perdue pour tout le monde.

Le petit Grand Soir

La presse en fait des caisses sur la répression policière des manifestations sporadiques contre la réforme des retraites. Mais participer à des manifestations non autorisées, c’est prendre le risque d’être blessé lors d’une charge ou de manger du lacrymo, il ne faut pas se plaindre ensuite… À 13 heures, le président Macron devrait rappeler à la télévision que les émeutiers ne doivent pas l’emporter sur les « représentants du peuple ».


La France est-elle en train de s’embraser ? C’est la question que tout le monde se pose. Des incendies et des murs de poubelle, parfois des poubelles incendiées: ce sont les photos-souvenirs que les touristes qui n’ont pas encore fui Paris pourront rapporter chez eux !

Paris, 14 mars 2023 © HOUPLINE RENARD/SIPA

À l’Assemblée nationale, pendant ce temps, nous assistions au spectacle surréaliste de la Première ministre «victorieuse», applaudie par les bancs de la majorité. Dans le pays, c’est un peu le chaos à bas bruit. Ce n’est pas le Grand Soir, mais une série de petits soirs: rassemblements sporadiques non déclarés et violences, notamment à Paris, mais aussi à Rennes ou Nantes. À Fos-sur-Mer (13), devant le dépôt pétrolier, des grévistes furieux contre les réquisitions ont carrément envoyé trois CRS au tapis!

Une centaine de policiers et gendarmes blessés

Depuis l’annonce du 49-3, jeudi dernier, la place Beauvau a recensé 1200 actions non déclarées et une centaine de membres des forces de l’ordre blessés. Des centaines d’arrestations ont donné lieu à très peu de procédures. Le Syndicat de la Magistrature et la gauche en déduisent qu’il s’agissait d’arrestations abusives… Mais, en réalité, c’est plutôt la Justice qui ne suit pas et l’impuissance de l’État qui s’étale une nouvelle fois devant nos yeux.

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D’après les fuites orchestrées par l’Élysée, le président de la République reste droit dans ses bottes: « La foule n’a pas de légitimité » face « au peuple qui s’exprime à travers ses élus ». En effet, n’en déplaise à mon cher Alexis Poulain, oui, la foule qu’on voit casser ou brûler dans certaines de nos rues le soir, ce n’est pas le peuple, et encore moins ces groupuscules de gauchistes qui ne sont là que pour en découdre.

Emmanuel Macron a-t-il alors raison de ne pas céder?

Le problème, c’est que sa légitimité à lui est au plus bas, en capilotade, raison pour laquelle sa réformette a mis le feu aux poudres. S’il s’adresse à 13 heures aux Français pour leur dire j’ai raison et vous ne comprenez rien, il a peu de chances d’« apaiser les colères », l’objectif affiché. Cependant, j’insiste, contrairement à ce qui est dit çà et là, non il n’est pas responsable des violences.

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Quant aux prétendues « violences policières », même s’il y a quelques dérapages individuels, il faut le répéter : participer à des manifestations non autorisées, c’est prendre le risque d’être blessé lors d’une charge, ou de manger du lacrymo ! Il ne faut pas se plaindre derrière ! En revanche, Jean-Luc Mélenchon, lui, qui encourage les mobilisations « spontanées », parce qu’il dit que c’est là que ça se passe (c’est surtout là qu’il n’est pas marginalisé par les syndicats !), porte une lourde responsabilité. Il se croit en mai 68, quand la convergence entre le mouvement étudiant et les grèves ouvrières avait mis le pays à l’arrêt. On risque en réalité plutôt d’assister à un remake des gilets jaunes, quand les violences hebdomadaires avaient fini par priver le mouvement de la sympathie initiale de l’opinion.

Le gouvernement, parait-il, joue sur le pourrissement. Pour pouvoir jouer le parti de l’ordre. Sauf que ce ne sont pas des ministres qui brûlent des poubelles, mais des soi-disant rebelles qui sont les idiots utiles du pouvoir qu’ils prétendent combattre.


Cette chronique a d’abord été diffusée sur Sud Radio. Retrouvez Elisabeth Lévy à 8h10 du lundi au jeudi, dans la matinale.

L’illibéralisme pour les nuls

Avec 8% de part de marché à la télévision, 5% à la radio et 8% dans la presse écrite, Vincent Bolloré est loin de dominer le secteur des médias français. Mais aux yeux de la ministre de la Culture, c’est déjà trop.


Si vous avez aimé le manque de fair-play de Donald Trump envers le New York Times, qu’il accusait régulièrement de « fake news » du temps de sa présidence, allez donc faire un tour sur le site web de France Inter et écoutez comment Rima Abdul-Malak s’en est pris le 9 février à Vincent Bolloré : vous allez adorer ! Au micro de Léa Salamé et Nicolas Demorand, la ministre de la Culture a, tenez-vous bien, déploré les « menaces » que ferait peser selon elle le propriétaire de Vivendi sur la « liberté d’expression et de création ». Rien de moins… Et de se prévaloir d’un « certain nombre d’exemples » survenus « dans les derniers mois et les dernières années » au sein des médias détenus par le milliardaire breton : Canal+, Europe 1, CNews, C8, Prisma Presse, Paris Match, Le Journal du dimanche.

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Inutile de préciser qu’aucun des « exemples » cités ne constitue la moindre atteinte aux droits fondamentaux (à l’exception, soyons honnêtes, de la détestable émission du 10 novembre dernier sur C8, durant laquelle l’animateur Cyril Hanouna a empêché le député LFI Louis Boyard de parler). Certes, la vie n’est pas rose tous les jours chez Vivendi. Depuis que le « petit prince du cash-flow » y règne en maître, plusieurs journalistes et animateurs ont été virés, parfois brutalement. Mais n’est-ce pas le lot commun, aussi déplaisant soit-il, de toutes les rédactions et de toutes les sociétés de production audiovisuelles ? Et quand bien même Vincent Bolloré serait-il, comme le prétend Erik Orsenna dans son dernier livre, un « ogre », Mme Abdul-Malak aurait l’obligation constitutionnelle de se tenir loin de cette affaire et de laisser l’Arcom, la direction de la concurrence, les prud’hommes ou bien le fisc s’en occuper.

Fort heureusement, une ministre française ne dispose pas davantage qu’un président américain du pouvoir d’interdire à ses concitoyens quelque média privé que ce soit. Et Dieu merci, Mme Abdul-Malak a beau agiter la menace d’une fin d’autorisation d’émettre pour C8 et CNews, elle n’a en réalité aucune tutelle sur l’attribution des ondes, procédure totalement indépendante du gouvernement.

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En sortant grossièrement du cadre de ses attributions, l’ancienne conseillère culturelle d’Emmanuel Macron n’a en somme fait que trahir l’inconscient illibéral de son Jupiter de président. Rendant toutefois au passage un fier service à M. Bolloré. Car non seulement celui-ci voit confortée sa réputation d’homme libre (déjà assurée depuis cinq ans par l’oxygène pluraliste qu’il a apporté au paysage médiatique français), mais surtout le voilà qui possède à présent une carte maîtresse dans sa main : si un jour la Macronie s’avisait de lui retirer telle aide ou tel agrément, ce serait pour lui un jeu d’enfant de ressortir les allégations incongrues de la ministre et de se poser en martyr du régime. Comment dit-on « judo » en breton ?

Le Maroc montre les muscles face à l’islamisme

Le mercredi 15 mars, trois extrémistes affiliés à Daech ont été arrêtés par les services de renseignements marocains à Casablanca.


Alors que l’État Islamique a perdu tout son territoire depuis quatre ans, il apparaît que son fantôme vient aujourd’hui hanter le Maroc. En effet, par un communiqué de la DGSN marocaine, l’équivalent de notre DGSI, les Marocains ont été informés de la résurgence de l’organisation terroriste Daech, laquelle renaîtrait de ses cendres. Les trois extrémistes religieux arrêtés préventivement la semaine dernière, prévoyaient de « porter gravement atteinte à l’ordre public », selon les informations gouvernementales.

Un plan macabre

Leur plan était simple: tuer un policier, s’emparer de son arme pour braquer une agence bancaire, puis disparaître avec l’argent. Finalement, ils n’auront pu réaliser que la première étape de ce funeste projet. Le 2 mars, le corps calciné d’un policier casablancais était bien retrouvé dans un canal d’égout. Les terroristes avaient agi efficacement: alors que le gardien de la paix terminait son service de circulation nocturne, ils se sont emparés de sa voiture personnelle et de son arme de service avant de se débarrasser de son corps mutilé, aidés par un troisième complice. L’affaire fait grand bruit dans le royaume chérifien, alors que près de deux semaines ont été nécessaires pour retrouver les coupables.

La résurgence de l’État islamique 

L’État islamique n’était-il pas mort ? Depuis quelques années, les attentats organisés semblent avoir fui notre quotidien, laissant place à des attentats individuels (terrorisme artisanal). Doit-on s’inquiéter d’un retour du terrorisme international islamique ? Cette question mérite d’être posée. Emmanuel Macron annonçait, le 11 mars, que la France avait déjoué 70 tentatives d’attentats durant la dernière décennie.

À lire aussi : Que deviennent les terroristes de Daech?

Jamais le Maroc n’avait connu d’attentat terroriste orchestré par Daech: d’habitude, c’est au Front Polisario (indépendantistes soutenus par l’Algérie) auquel Rabat fait face, ou à Al-Qaïda. Si l’État islamique privilégiait largement les États Occidentaux, laissant de côtés leurs « frères musulmans », les autorités marocaines précisent pourtant avoir démantelé 200 cellules terroristes en Afrique du Nord depuis 2003. Les trois « loups solitaires » de Casablanca semblent avoir abandonné cette règle pour commettre leur crime, tout en revendiquant leur allégeance à un nouveau « calife », qui répond au nom d’Abou Al-Hussein al-Husseini al-Qourachi, et qui a pris la tête de ce qu’il reste de Daech en novembre 2022. Ils prévoyaient de rejoindre le Sahel à l’issue de leur opération…

Plusieurs évènements font craindre un retour effectif de la terrible organisation. La fragilité du gouvernement irakien, couplée à l’importante quantité de familles de djihadistes dans le pays, pourraient conduire à une volonté de vengeance de leur part. L’Express publiait récemment un article-fiction dans lequel le Mali tombait aux mains des djihadistes, ce qui conduisait au retour de l’État islamique, en Afrique cette fois-ci. Le Maghreb pourrait bien être leur première cible. Le Sahel reste une poudrière, un Balkan africain qui menace d’exploser à tous moments sous l’effet des tensions ethniques et religieuses. De ce fait, il est essentiel de compter sur des alliés crédibles et engagés, cette arrestation s’inscrivant précisément dans ce cadre.

Des tensions politiques qui pourraient constituer un danger

Lundi 13 mars, le cabinet royal marocain fustigeait le comportement jugé « irresponsable » du Parti de la Justice et du Développement (PJD), formation d’opposition, d’inspiration islamiste, qui a reproché au Palais un supposé parti-pris pro israélien. Dans un communiqué, le PJD avait regretté les « prises de position récentes du ministre des Affaires étrangères, dans lesquelles il semble défendre l’entité sioniste (Israël) dans certaines réunions africaines et européennes, à un moment où l’occupation israélienne poursuit son agression criminelle contre nos frères palestiniens ».

À lire aussi : «Dans l’ancien empire colonial, les coups d’État ne sont plus perpétrés depuis longtemps par des anciens des services français!»

Ce recadrage s’inscrit dans un positionnement global marocain visant à équilibrer les relations internationales du Royaume en lui permettant, comme l’avaient prouvé les Accords d’Abraham de décembre 2020, de dialoguer avec Israël tout en conservant son autorité au sein du monde arabe. Lors des élections de fin 2021, les islamistes avaient été largement sanctionnés dans les urnes, avec la montée en puissance du Rassemblement national des indépendants de l’homme d’affaires Aziz Akhannouch. Après avoir réduit l’influence de l’islamisme politique, le Maroc semble bien décidé à creuser le sillon en combattant l’islamisme de combat dans les rues.

Une politique rassurante pour l’Europe, qui a besoin d’alliés face à cet ennemi qui n’a toujours pas désarmé et a encore de la ressource.

Petit abécédaire de la fronde

Notre contributrice propose un florilège de lieux communs politico-médiatico-sociologiques…


La France est en ébullition.

Idées reçues tournant en boucle dans nos têtes et titillant nos lèvres, les mots envoûtent. Occasion de goûter la saveur de nos expressions favorites…


Addiction : dépendance à un produit ou une pratique. Addiction au 49/3.

Article 49 /3 : Outil constitutionnel ou arme annonciatrice d’une déclaration de guerre. Sens fig.: menace. Une mère à son enfant : « Si tu n’es pas sage, tu auras le 49/3  ! ».

Ambiance : chaleureuse, sympa. D’une réunion politique, entre amis, à couteaux tirés, on écrit : « Ambiance… ambiance ».

Baiser de la mort : rouge à lèvres créé en 1960 durant la guerre froide, cette arme d’espionnage est devenue une pratique politique courante. On ne compte plus les baisers de la mort dans les Chambres.

Bon enfant : qualification de toute manifestation en début de cortège avant qu’elle ne devienne tendue voire dégénère à l’arrivée de casseurs nécessitant l’intervention de la police.

Bérézina : désastre en même temps que victoire. Hantise de tout homme politique.

Boomerang : revient toujours en plein visage du lanceur. Ainsi des traités de Maastricht et de Lisbonne.

Botte : Droit dans ses bottes.Leprésident demeure droit dans ses bottes malgré la fronde.

Botter en touche : parler chic : esquiver, se défiler. Manière de parler courante en politique.

Bravache : bravache, le président n’entend pas remanier le gouvernement.

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Cadavre : « à la renverse » pour désigner les Républicains.

Cavalier législatif : donne mystère et panache au cheminement d’une loi.

Caligula : avatar de Jupiter. « Même Caligula a été vaincu »: Mathilde Panot à l’Assemblée.

Chambre : depuis hier, elle n’est plus une simple salle d’enregistrement.

Changement de pied (sans s) : désigne un changement de politique. À distinguer de « retournement de veste » (sans s également), très fréquent en politique.

Chaos : personnification du Vide primordial antérieur à la Création et au temps. « C’est moi ou le Chaos ! »  Phrase décisive d’un homme politique dans un pays en crise.

Chemin : la réforme poursuit son chemin législatif.

Chienlit : (mot vieilli et populaire) : mascarade, manifestation tumultueuse, désordre. On connaît la phrase du général de Gaulle, au moment des tumultes de 68, qui est entrée dans les dictionnaires : « La réforme, oui : la chienlit, non » ! 

Chose : « Il est temps de passer à autre chose. » Petite phrase revenant souvent dans la bouche des députés.

Chute : du gouvernement. Fantasme populaire. 68% des Français souhaiteraient la chute du gouvernement.

Climat :  délétère, irrespirable. Un climat de rébellion règne dans le pays.

Cohabitation : à l’Assemblée, toujours paralysante.

Cordon : sanitaire : pratique politique d’isolement importée de Belgique.

Coup de poing : desopérations coup de poing.

Défaite : Il est des défaites plus belles que les victoires : proverbe.

Déconnexion : caractérise les élites. Synonyme : arrogance, mépris.

Dissolution (de l’Assemblée) : le grand frisson. Jamais une solution.

Fronde : aristocratique, parlementaire, populaire, étudiante. Frondeur peut désigner un Gaulois réfractaire, jamais un gilet jaune.

Elite : toujours au pluriel : « les élites » ou « nos élites ». Les technocrates : avatar des Grands, des classes sociales, des riches.

Extrêmes : toujours eux qui allument le feu et mettent de l’huile dessus.

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Fusible : servir de… Sort promis à un ministre en période de crise majeure. Quand la baraque ne saute pas, le ministre peut voir la confiance du gouvernement renouvelée.

Fracturé : état de la France.

Insurrection : soulèvement contre un pouvoir établi, une autorité. « C’est une insurrection ? Nous n’en sommes pas là, Sire, mais ça y ressemble drôlement » aurait dit, le 20 mars, la Première ministre au Prince.

Job : faire le job. Fam : exercer la fonction suprême. Était-il fait pour le job ? dit-on d’un homme politique.

Jupiter : Roi des dieux chez les Grecs. Aimait se métamorphoser en mortel.

Mère : la réforme des retraites est une mère : « la mère de toutes les réformes » et « de toutes les batailles ».  

Motion de censure : faite pour être rejetée, l’exception — en 1962 — confirmant la règle. Celle du 20 mars fragilise le quinquennat.

Péripéties : inévitables, depuis de Gaulle, dans l’Histoire, un État, une République.

Peuple : comme le bon grain de l’ivraie, difficile à séparer. « S’il faut choisir, je ne balance pas : je veux être peuple » (La Bruyère) Phrase utile dans un dîner pour couper court à une conversation lourdaude.

Plafond de verre : au-dessus de la tête, impossible de le franchir.

Pyrrhus : l’expression « victoire à la Pyrrhus » tire son nom du roi d’Épire connu pour sa victoire coûteuse sur les Romains. « Une autre victoire comme celle-là et nous sommes ruinés » avait-il déclaré.

Pyromane : en tout président, un pyromane sommeille.

Résilience : le ministre de la Santé avait félicité le peuple français pour sa résilience durant la crise du Covid.

Roi : Le roi Charles III d’Angleterre sera reçu bientôt à Versailles par le président de la République.

Royauté : en France, on n’en est jamais sorti.

La guerre au français

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Afida Turner: «Montrer mon cul est un acte féministe»

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Afida Turner © Guillaume Brunet-Lentz.

Où qu’elle aille, Afida Turner suscite la gêne ou l’admiration. Vulgaire pour les uns, iconique pour les autres, sa façon de jouer de son corps va à l’encontre des codes du nouveau féminisme. Discussion sans tabou avec un phénomène de société. Propos recueillis par Yannis Ezziadi.


Plus qu’une simple chanteuse, Afida Turner est un monstre de scène doublé d’un monstre médiatique. Révélée par une émission de téléréalité sur M6 en 2002, elle s’installe ensuite aux États-Unis pour tenter l’aventure américaine. Là-bas, elle est un temps la compagne du célèbre rappeur Coolio, puis celle de Mike Tyson, avant d’épouser Ronnie Turner (fils d’Ike et de Tina Turner), mort le 8 décembre 2022 d’un cancer foudroyant. Célèbre pour des séquences télévisées survoltées chez Jean-Marc Morandini ou encore Thierry Ardisson, chacune de ses apparitions repousse les limites du bon goût et du raisonnable. Son dernier single, Étienne, révèle son talent électrique. Mais même lorsqu’elle chante, tout en elle respire un parfum de scandale. Latex, body, collier de chien, jaillissante crinière blonde, griffes vernies, elle se caresse, hurle le sexe, se jette à quatre pattes au sol, se traîne, se cambre félinement, provoque la gêne et l’éblouissement ! Bimbo vulgaire pour les uns, diva trash et iconique pour les autres, elle est à la fois adulée et méprisée. Sa présence sur un plateau garantit des records d’audience. Icône gay hystérique, chanteuse rock tout droit sortie d’un club sado-maso, professionnelle de la provocation, Afida Turner est inattendue et inclassable. Du happening en string au soutien à Donald Trump en passant par l’apologie de l’uniforme à l’école, elle est avant tout une femme libre, et un pavé furieusement jeté dans la mare du bon goût très vulgaire de la bien-pensance petite-bourgeoise. Afida Turner sur scène, ce n’est ni bon ni mauvais, c’est au-delà. Mon intérêt pour cette créature surréaliste suscite l’incompréhension d’un certain nombre de mes amis. « Mais je ne comprends pas, qu’est-ce que tu lui trouves pour retourner la voir trois fois dans cette pièce de théâtre ? » Lâchez-moi ! Je lui trouve je ne sais quoi que je ne trouve nulle part ailleurs. Il ne me vient pas à l’idée de me demander si elle est bonne actrice ou non, bonne chanteuse ou non. Je suis scotché, déstabilisé, hystérisé, électrisé ! Je suis dans une espèce de sidération face à cet ouragan de sexe et de cris, face à cette rockstar bordéliquement réinventée par un savant fou dadaïste dans quelque mystérieux cabinet. Afida Turner me libère de la question du bon goût, puisqu’avec elle il est dépassé, écrasé, ridiculisé par les hurlements rauques de la divine féline, chassé à grands coups de botte en latex au cul. Place au show ! Pour toutes ces raisons, Afida Turner avait toute sa place dans une revue aussi libre et subversive que notre cher Causeur, et aucun doute que ça fera causer !

J’étais la petite nana de banlieue comme on en voit plein. Une petite banlieusarde comme une autre

Pour cet entretien, elle nous donne rendez-vous au Limon, rue de Marignan. Cela fait trente minutes que nous l’attendons. Nous nous remettons d’une longue nuit de négociation sur la possibilité de la prendre en photo. Ne photographie pas Afida qui veut !  Elle arrive, la tête emmitouflée dans un châle, accompagnée de son assistant, un jeune homme qu’elle surnomme « La Marocaine ». Entrée tonitruante dans le bar : « Hello everybody ! » Elle traverse l’endroit telle une tigresse et fonce vers une table occupée. « Bonjour, monsieur, normalement, c’est ma table celle-ci ! Bon… on va vous laisser terminer votre café, et puis on la récupérera ensuite… — Si vous voulez, vous pouvez vous asseoir avec moi ! Mais sans vos amis, madame, je n’aime pas les hommes ! » lui répond-il en la déshabillant des yeux et avec appétit. Nous prenons finalement une autre table. Afida passe sa commande. « Vous avez toujours du mauvais vin ou vous avez fait un effort ? Je vais plutôt prendre un cocktail, faites-moi un “Pornstar”. Et pas avec du prosecco, hein, avec du champagne ! Et ne me mettez pas un fond de bouteille, je vous préviens ! Non mais je vous le dis, je vous vois. » La tempête semble se calmer, nous commençons l’interview.


Causeur. Aujourd’hui en France, beaucoup de gens ont tendance à se complaire dans le statut de victime. Vous, malgré votre histoire personnelle, c’est tout le contraire.

Afida Turner. On en voit beaucoup des comme ça ! C’est vrai. C’est sans doute leur seul talent. Je ne vois que cette solution. Ça et la mode, l’air du temps. Moi non plus je n’ai pas eu un passé facile. C’est le moins qu’on puisse dire. Mon père a assassiné ma mère sous mes yeux quand j’étais gamine, j’ai ensuite grandi dans des foyers, puis dans des familles d’accueil. Et alors ? Je vais passer ma vie à chialer et à me plaindre ? Les coups difficiles, sur le moment ce n’est pas facile à vivre. Alors si on doit en plus en reparler toute notre vie, ne penser qu’à ça… non ! Le passé, c’est passé. Only positive shit ! Il faut aussi dire la vérité : être victime c’est un business, un fonds de commerce. Moi, comme fonds de commerce, je préfère la joie, les paillettes, le glamour et la folie ! Et puis quand tu as des problèmes, tu ne vas pas en plus emmerder tout le monde avec !

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Vous êtes devenue un personnage médiatique incontournable adoré par certains, détesté par d’autres. Mais il y a quelques années encore, c’est uniquement pour se moquer de vous qu’on vous invitait sur les plateaux.

Oui, c’était horrible. On m’invitait juste pour me ridiculiser. J’étais grande gueule et très prétentieuse. Ils se payaient ma tête sur les plateaux. Je jouais plus ou moins le jeu, car je savais que ça me rapportait médiatiquement. J’assurais ma promo comme je pouvais. Et mon personnage a plu ! Maintenant on m’appelle et on se plie à mes exigences car on sait que lorsque je suis sur un plateau, l’audience est toujours proche des 2 millions de téléspectateurs sans compter les rediffusions, les replays et YouTube. Hanouna m’invite pour chanter en live et on fait des records d’audience. J’ai ramé, ça a été une lutte, il m’a fallu prendre des risques dont celui de choquer, de heurter, mais aujourd’hui j’ai réussi à me créer une place particulière. Cela dit, je me bats toujours, je propose des projets. Sinon, on ne me propose rien ! À part pour le théâtre. J’ai récemment joué une pièce qui s’appelait Requiem pour une conne – vous aviez d’ailleurs écrit dans Causeur un magnifique papier qui m’a ramené dans la salle des intellos comme Philippe Caubère, et même des gens du ministère de la Culture. Mais on n’a eu aucune promo à part C8, comme d’habitude. Et on a quand même rempli le Théâtre Trévise pendant 38 dates ! Je comprends très bien qu’on puisse ne pas m’aimer, ou qu’on me trouve too much. Chacun ses goûts ! Mais m’ignorer comme le font la plupart des médias, je ne trouve pas cela juste. Dans « C à vous », au lieu de rester entre bobos, ils pourraient m’inviter, ça les changerait ! S’ils aiment tant la diversité, ce serait un devoir. Et je leur ferais décoller les audiences. Ils montrent des extraits de moi pour se moquer, mais ils n’osent pas m’inviter pour que je leur réponde. Je les mets au défi de le faire.

© Guillaume Brunet-Lentz

Lorsque vous êtes à la télévision, c’est un vrai show. Vous donnez tout, et à chaque fois cela devient une séquence culte. Considérez-vous le plateau de télévision comme une scène ?

J’adore les plateaux, les projecteurs, le public. C’est une ambiance particulière. C’est comme une salle de spectacle. Je m’y sens tellement bien ! Et lorsque le lendemain d’une émission on reçoit les audiences et que je sais que j’ai encore tout fait péter… oui, ça me plaît ! Sur un plateau télé, je suis dans un état d’excitation. J’entre en scène en quelque sorte. Les intellos peuvent mépriser mes numéros télévisés, mais moi je sais que je fais passer de bons moments aux gens qui me regardent. Attendez… vous avez vu comme c’est triste, comme c’est sinistre les émissions la plupart du temps ? Moi j’arrive en body cuir, string, le corps brillant, je fous le bordel, je chante, je fais rire les gens, je les fais danser… Franchement, ce n’est pas rien, merde ! Je fais péter les braguettes du PAF ! Et je me donne du mal. Avant chaque émission, c’est quatre heures de préparation coiffure, maquillage et habillage. Je ne prends pas le public pour des cons, moi. Mais malgré les audiences énormes et le fait que je ne puisse pas marcher dans la rue sans me faire arrêter, eh bien on ne me considère toujours pas dans le milieu médiatique. Je ne suis pas assez chic pour eux. À part sur C8 et CStar. Sans eux, je ne sais pas comment j’existerais médiatiquement.

D.R.

Quel regard portez-vous sur la jeune femme que vous étiez, celle qui s’était fait connaître par la téléréalité ?

Je trouve que j’étais moins belle, et surtout beaucoup moins diva. J’étais la petite nana de banlieue comme on en voit plein. Une petite banlieusarde comme une autre. Mais dès que j’ai gagné de l’argent, je suis parti aux States. C’est là-bas que j’ai évolué en y fréquentant des rockstars et en prenant exemple sur eux. C’est comme ça que je suis devenu ce que les gens qui me suivent aujourd’hui aiment. Ils aiment ce côté spectaculaire, ce côté « diva », comme ils disent.

L’acteur et metteur en scène Michel Fau dit de vous : « Afida Turner est une créature. Elle me surprend toujours et me fascine profondément. Elle n’est jamais vulgaire puisqu’elle est unique. Elle ne ressemble à personne. »

Oh, my God… Michel Fau ! C’est lui qui a dit ça ? Il faudra le faire savoir à tous ces ringards qui me trouvent vulgaire ! Je pense qu’ils disent ça parce que je les excite et que ça les gêne ! Les nanas doivent être jalouses, elles ont peur que je fasse bander leurs mecs. Et les mecs doivent regretter de dormir avec leurs femmes plutôt qu’avec moi !

Il est de notoriété publique que vous êtes très capricieuse, que vous avez beaucoup d’exigences. Est-ce une façon de prendre votre revanche en faisant payer le prix aux gens qui veulent vous avoir sur un plateau ou une scène ?

Ce ne sont pas des caprices, c’est ce que je mérite. Attendez, aujourd’hui dans les loges des émissions, ce qu’on vous donne à boire et à manger c’est vraiment minable. Des madeleines en sachets et du coca. Merde ! Alors moi, j’exige toujours trois bouteilles de champagne frappées, deux bouteilles de vin, des sashimis saumon et des Apéricube. Je partage tout ça avec mon équipe. Mais il faut d’ailleurs que je change la liste car je commence un peu à en avoir marre d’avoir toujours la même chose. J’aimerais des crevettes aux épices ! Au théâtre aussi, j’avais toujours le champagne dans la loge. Et franchement, je trouve ça normal. Si les autres acceptent d’être traités comme des clochards, c’est leur problème. Je sais très bien que si je ne faisais pas de chiffre à la télé, ils ne se plieraient pas en quatre pour moi. Quand les gens répondent à vos exigences, c’est gratifiant. Ça veut dire qu’ils vous veulent vraiment, qu’ils sont prêts à faire beaucoup. Et, il faut l’avouer, c’est assez rassurant.

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Il est clair que les nouvelles féministes, telles Sandrine Rousseau ou Alice Coffin, ne sont pas du tout sur la ligne de votre féminisme à vous. Pour elles, vous seriez plutôt l’image de l’asservissement de la femme au désir de l’homme !

Oh ! Qu’elles viennent à la partouze, ça les détendra ! Ce sont des menteuses. Elles adoreraient exciter tout le monde au fond, j’en suis sûr ! Elles n’en ont juste pas les moyens ou pas l’honnêteté. C’est de l’hypocrisie tout ça. Choquer ces petites bobos pseudo-féministes, ça m’amuse assez franchement. Après, moi je pense que pour être féminine, il faut être sexuelle. La féminité est en accord avec ça. Pour une femme qui n’aime pas le sexe, difficile d’être féminine. Toutes ses femmes dont vous me parlez, je suis sûr qu’elles n’aiment pas ça ! Ou alors qu’elle le refoule. Être belle et excitante, c’est aussi avoir du pouvoir, en particulier sur les hommes. Elles ne veulent peut-être pas l’admettre, mais il suffit de voir ce qu’une femme peut faire faire à un homme pour s’en rendre compte.

Montrer son cul, c’est un acte féministe ?

Quand tu as un cul comme le mien, ce serait quand même con de ne pas le montrer ! Mais à part ça, oui c’est féministe quelque part. C’est ma liberté, mon plaisir, je vous dis. Ce ne sont pas les hommes qui dictent ma conduite. Ni les femmes féministes, d’ailleurs ! Bon, si je n’étais pas gaulée comme ça, peut-être que je serais dans le même rayon que les féministes dont vous me parlez. Comme je vous le disais, pour moi, c’est ça être une femme ! Des femmes, des vraies, on en voit de moins en moins. Et c’est pareil chez les hommes ! Alors moi, je suis une image très excessive de la femme, une version amplifiée. Mais je suis certaine que les gens aiment ça. Ils me regardent comme s’ils étaient au cirque. Ils viennent voir quelque chose qui les intrigue, qui les étonne, qui les gêne parfois, mais surtout qui les sort de leur petit quotidien.

Je vous ai entendu dire qu’en sortant de scène, vous aimiez regarder un film porno. C’est vrai ?

Bah quoi ?! Tu rentres d’une télé ou d’un concert, t’es toute seule dans ta chambre, tu te regardes un porno et tu te refais le film dans ta tête. C’est normal quoi, non ? Tout le monde se masturbe et personne ne veut le dire, merde ! Surtout les femmes. Je suis très sexuel, c’est tout. C’est pas interdit, si ? Non ? Alors next question please !

Beaucoup d’hommes disent aujourd’hui ne plus oser draguer les femmes par peur du mouvement #balancetonporc. Qu’en pensez-vous ?

Je les comprends ! Maintenant, tu dis bonjour à une nana avec le sourire, elle veut porter plainte. Alors bon… ça ne donne pas forcément envie de la sauter ! Les mecs sont terrorisés. Déjà que, comme je le disais, des hommes, des vrais, il y en a de moins en moins… là, avec tout ça, la race va finir par complètement disparaître ! Faut le dire franchement, c’est la terreur. Je le vois au States, les mecs sont tétanisés. Ils n’osent plus rien faire. À la vitesse où ça va, la drague va bientôt être interdite. Mais dans toutes ses filles, il y a aussi beaucoup de menteuses. Et ça, personne n’ose le dire !

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Avez-vous peur des hommes ? Vous sentez-vous être une proie ?

Ce sont les hommes qui ont peur de moi ! (rires) Je n’ai pas peur des hommes de manière générale. Il m’est arrivé d’avoir peur de certains hommes. Quand ça arrive, ça veut dire que j’ai affaire à un vrai mec. Et dans ce cas-là, souvent, ça m’excite ! C’est excitant d’avoir peur, non ? Moi, j’aime les hommes très forts, très puissants. Les hommes qui en ont !

Avez-vous parfois peur de tomber dans le ridicule, d’en faire trop ?

C’est sûr que le ridicule, j’en prends le risque. Mais je crois ne l’être jamais. Aller chanter chez Hanouna avec des talons de 20 centimètres, en body, avec deux danseurs que je ne connaissais même pas… c’est un risque et je le prends ! Quand on me donne quinze minutes d’antenne, je veux que ce soit un vrai show. Même sur un petit plateau télé sans spectateur, je chante comme si j’étais au Stade de France. Vous me parlez de ridicule… mais franchement, toutes ces petites chanteuses bobos en jean, pas maquillées, qui chuchotent dans leurs petits micros, vous croyez que je ne trouve pas ça ridicule, moi ? Quand je les vois, je me dis que niveau ridicule, j’ai encore de la marge !


La question de Pierre Gagnaire : Votre sexualité bestiale et électrique doit sans doute parfois susciter beaucoup de gêne. Vous incarnez tout le contraire de la bien-pensance ambiante. Votre façon d’exposer votre corps va à l’encontre des nouveaux mouvements féministes. Quelle est la finalité de votre démarche artistique ?
Entre Michel Fau et Pierre Gagnaire, j’ai bien fait de venir ! Évidemment que je suscite de la gêne. Le sexe, ça met les gens mal à l’aise. C’est comme ça. Et moi, j’ai une énorme énergie sexuelle qui explose lorsque je suis sur scène. Les gens disent que ça les gêne, que c’est vulgaire, mais ils regardent quand même. Ils ne peuvent pas s’en empêcher, les petits voyeurs. Il faudrait y réfléchir à ça. Peut-être qu’ils ne comprennent rien à leur sexualité. Peut-être qu’ils ne veulent pas faire face à ce qui les excite. Quand je suis avec mes bottes, mon body, à quatre pattes avec un énorme décolleté, évidemment que ça excite pas mal de monde ! Les nouveaux mouvements féministes, je ne les connais même pas. Mais moi, je suis féministe car je fais ce que je veux, je suis une femme libre. Et ma liberté, c’est aussi de pouvoir aller à la télé à moitié à poil, de me caresser en chantant et de me mettre des colliers de chien ! J’ai toujours été exhibo, j’aime ça. C’est mon droit, et ce ne sont pas les nouvelles féministes qui vont me le retirer ! En cela, évidemment, ma démarche artistique est également un peu politique. J’ai un petit message pour Pierre Gagnaire : j’adorerais venir manger chez vous ! Kiss !

Photo: Guillaume Brunet-Lentz

Edmond de Goncourt: «Il nous arrive aussi d’élire des truffes»

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Christine Angot et Ségolène Royal lors du Festival du Livre de Nice, juin 2019 © Lionel Urman/SIPA

Alors qu’on vient de nobéliser Annie Ernaux pour l’ensemble d’une œuvre édifiante qui célèbre la circonférence du nombril de son auteur, c’est maintenant Christine Angot qu’on met à l’honneur, en l’élisant à l’Académie Goncourt. Portant sa composition à quatre femmes pour six hommes, l’institution se dirige enfin vers une relative parité. La justice est en marche!


Même dans la littérature, il y a lieu de s’en réjouir, le patriarcat cède du terrain… Au XXIe siècle, on rend enfin hommage à la plume féminine, alerte, sensible et résolument portée par le genre de l’autofiction (art de mettre sa vie en fiction) qu’inventa Serge Doubrovsky, en 1977, avec son roman Fils.

L’œuvre de Christine Angot, est-il besoin de le rappeler, ressasse de livre en livre le même évènement sordide : l’inceste dont elle fut victime de la part de son père. Sans nul doute, notre auteur, avec ce témoignage réitéré, fait la démonstration, tout en le dénonçant, qu’on peut survivre à tel abus. Si on respecte la louable entreprise au long cours de Christine Angot, on n’est pas sans regretter, pourtant, que la production littéraire de notre auteur soit d’une exceptionnelle médiocrité. Prenons par exemple Un Amour impossible. Comment ne pas s’esbaudir devant pareil titre ? Le livre est, aux deux tiers, constitué de passages dans lesquels la parole est en roue libre : J’en ai marre moi, on fait rien, on s’ennuie. C’est pas intéressant ! Quel ennui. On est là, comme ça. Qu’est-ce que c’est ennuyeux ! Qu’est-ce qu’elle est pas intéressante cette vie ! Je m’ennuie moi ici. Quel ennui !! Mais quel ennui ! On parle jamais de rien. De rien d’intéressant. J’en ai marre de cette vie moi (…) Dieu, mais j’en ai marre, mais j’en ai marre, j’en ai marre, mais j’en ai marre ! Notre « autrice » joue ici subtilement sur la ponctuation, on aurait préféré qu’elle poussât l’audace stylistique jusqu’à renoncer aux mots eux-mêmes. 

À lire aussi : Christine Angot au jury des Goncourt: enfin à sa place!

On reconnaît, toutefois, s’être réjoui des colères, parfois saines, de la dame qui chroniqua dans divers médias. On pense notamment à la véhémence avec laquelle elle expliqua, à une Sandrine Rousseau effondrée, combien était ridicule l’idée de créer des instances visant à recueillir la parole des femmes au sein des partis. On loue aussi son opposition à la GPA qui lui valut la haine des progressistes. Gageons que notre « auteure » saura ambiancer les déjeuners au Drouant.

On se demande toutefois si notre plumitive, volcanique et décomplexée, bien à sa place dans l’Académie créée par Edmond de Goncourt, écrivain de second ordre, connaît les frangins Goncourt. Edmond, notre précieux, parfois ridicule et à la sensibilité « artiste » est passé à la postérité, surtout pour le journal qu’il tint. D’abord avec son frère cadet, Jules; seul, après la mort de celui-ci. 

A relire: “Le Juif incarne tout ce que les Goncourt abhorrent”

Surnommés « mes deux bichons » par Flaubert, ces littérateurs tout en nerfs et tourmentés par un succès romanesque qui tardait à venir, ont rendu compte, au jour le jour, de la vie artistique et sociale de leur époque. Dans ces pages, nos diaristes se révèlent amers et fielleux vis-à-vis de leurs pairs. On peut ainsi lire : Maupassant est un très remarquable novelliere, un charmant conteur de nouvelles, mais un styliste, un grand écrivain, non, non ! Ou bien, Du moment qu’il y a un concert universel d’éloges dans la presse sur un livre, on peut presque affirmer que ce livre n’est pas bon, exemple : LŒuvre de Zola. 

Plus tard, désabusé, Edmond écrira : Zola et Daudet n’ont fait que grandir par leurs œuvres, tandis que je n’ai pu qu’inventer une académie que Vallès a trouvée ridicule et dont Vallès vient de s’échapper ; mon journal n’a de valeur que par sa malveillance et je n’ai donné aux gens de mon temps que des images grotesques… De fait, les présidents successifs du Prix, mis à part Colette (de 1949 à 1954) sont des vedettes américaines de la littérature. Ses lauréats, à quelques exceptions près (dont Proust en 1919, Malraux en 1933, Beauvoir en 1954, Michel Tournier en 1970 et quelques autres, quand même…), sont souvent les auteurs d’une œuvre restée obscure. Du reste, Jules avait affirmé, toujours dans le fameux journal : Académies, commandes, prix, récompenses, rien n’est plus idiot que l’éducation et l’encouragement des lettres et des arts : on ne cultive pas plus les hommes à talents que des truffes. Par contre, les truffes élisent souvent des truffes. 

À lire aussi : Peut-on dire du bien de Virginie Despentes ?

Gageons que cette année, les convives du Drouant ont amèrement regretté de ne pas pouvoir honorer, en raison d’un règlement inique, le Cher connard de Virginie Despentes (l’« autrice », qui fut quelque temps des leurs, est, de ce fait, inéligible). Quant au misogyne Edmond, d’où il se trouve, il ne doit pas s’enthousiasmer de voir son académie devenir gynécée. Mais les femmes qui siègent au Goncourt, connaissent-elles les bons mots qu’on doit aux diaristes ?
La femme : deux paires d’ailes autour d’un phallus
Il n’y a que la langue des femmes pour être méchante comme une maladie vénérienne. 
La femme n’est que le gracieux perroquet des imaginations, des pensées, des paroles de l’homme, et le joli petit singe de ses goûts et de ses manies.
Si tel n’était pas le cas, on compte bien sûr sur l’explosive Christine pour les affranchir.

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Timothée Chalamet est leur nouveau gen(d)re idéal

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L'acteur franco-américain Timothee Chalamet, Vénise, septembre 2022 © Laurent Vu/SIPA

Une coterie de militants de la «théorie du genre», de sociologues et de journalistes impose son agenda dans les médias. Cela ne posait pas franchement un problème, tant que leurs délires ne s’en prenaient pas aux plus jeunes.


La crise institutionnelle ? Les retraites ? Les fins de mois ? Les impôts ? Le coût de la vie ? La guerre d’Ukraine ? Le ramassage des poubelles dans la capitale ? Pour une minorité particulièrement active d’individus, ces sujets qui préoccupent considérablement leurs concitoyens arrivent au second plan. Leur projet est de redéfinir les rapports qu’entretiennent les hommes et les femmes au travers de la destruction du sexe biologique tel que communément et naturellement entendu depuis que le monde est monde. Ils auraient tort de se priver tant l’attention médiatique qui leur est offerte a fait de ce qui a longtemps été cantonné aux marges de la société un véritable phénomène de société.

Caprices délirants contre la biologie

De fait, pas un jour ne semble pouvoir s’écouler sans qu’une mère de famille exhibe son fils en robe ou qu’un sportif de sexe biologique masculin ne gagne des compétitions dans les catégories féminines. Certains médias, notamment américains, mais pas uniquement, se sont d’ailleurs trouvé une niche prospère en mettant en scène les états d’âmes des transsexuels et autres « xénogenres » qui entendent former une nouvelle humanité, libérée des carcans des normes socialement construites et même de cette biologie décidément trop têtue pour céder à leurs caprices. Le langage est d’ailleurs remodelé sciemment, devant se plier face à l’irréalité qui tient lieu de nouvelle norme.

A relire: Marguerite Stern et Dora Moutot: «Le féminisme actuel a été parasité par l’idéologie transgenre et queer»

Les groupes les plus mis en danger par cette idéologie qui veut opérer une révolution culturelle sont les femmes et les enfants. Ou, devrait-on dire, les « femelles » et les « mâles et femelles impubères » puisque comme l’a assez bien expliqué Dora Moutot, les transsexuels sont capables de très sérieusement expliquer, et même de faire croire à des politiciens aussi lâches que terrorisés, qu’un « pénis de femme » serait un sexe féminin. Le délire est même poussé très loin par la communauté trans qui considère que le rejet d’un homme biologique, c’est-à-dire un mâle, vêtu en femme, par un autre homme hétérosexuel pourrait être perçu comme une forme de « discrimination ». Même polie, une réponse négative suscite le courroux vengeur de ces petits êtres narcissiques persuadés que la terre tourne autour de leur slip kangourou féminin. Aggressively Trans sur Twitter : « Plus la patience de vous expliquer que vos « préférences » ça reste de la discrimination. Et que tous les gentils mots autour ne cachent pas votre transphobie. »

Face à cette concurrence, les femmes, authentiques et véritables telles que Mère Nature les a conçues, se trouvent démunies. Dans la pratique sportive, des hommes travestis peuvent participer aux compétitions en se contentant de déclarer appartenir au sexe qui n’est pas celui de leur naissance, tout simplement parce qu’ils l’ont décidé. Bien évidemment, ils remportent les compétitions et écrasent la concurrence. Des pervers souffrant de paraphilies, dysmorphophobies et parfois psychoses, réclament d’être emprisonnés avec les femmes, tout en se disant « lesbiennes », à l’image de ce vieillard aux faux airs de Francis Heaulme récemment mis en avant par la Radio Télévision Suisse.

Ils peuvent même truquer le jeu de la « parité » politique !

Si la France commence à appréhender le phénomène, il est déjà bien installé aux Etats-Unis où un certain Dylan Mulvaney, qui s’est fait connaitre sur Tik Tok avec sa série de vidéos 100 day of being a girl, peut s’habiller en petite écolière japonaise – ce qui est le signe manifeste d’une profonde perversion – et être invité par Joe Biden à la Maison Blanche en tant que femme « comme les autres ». Chez nous, un transsexuel prostitué s’est récemment invité à la Mairie de Paris pour y tourner un film pornographique. Ce membre du STRASS qui milite pour la reconnaissance des travailleurs sexuels et des transsexuels a été invité par Anne Hidalgo, feuille morte dont l’ambition est d’être dans le vent…

Un phénomène marginal, désormais dans les médias matin, midi et soir

Encore s’agit-il ici toutefois toujours d’adultes consentants… De fait, le danger majeur de ce mouvement concerne les enfants. Alors qu’un mineur ne peut pas plus voter que boire une bière, du moins théoriquement, des irresponsables supposent qu’un enfant de 12 ans qui n’a pas fait sa puberté peut choisir son sexe. Mère d’une fillette de 12 ans, Sixtine a alerté les médias parce que son enfant qu’elle considère être un garçon comme les autres en tant que « garçon trans » a dû dormir avec celles de son sexe lors d’une colonie de vacances. Cette mère a-t-elle conscience de la maltraitance qu’elle inflige à son enfant ? Un enfant ne peut pas choisir son sexe, il doit malheureusement composer avec celui que la génétique lui a donné.


Quant à la question du genre, que ces gens entendent distinguer du sexe biologique – ce qui est exact mais sans objet en l’espèce -, elle ne doit pas plus conduire à des opérations lourdes sur des mineurs qu’à des accommodements dans la sphère publique, mais relever du ressort de la pédopsychiatrie. Il est assez consternant de s’apercevoir que les partisans de la théorie du genre, obnubilés par leurs petites personnes, ont fini par rejoindre l’Iran des Ayatollahs où le seul moyen pour les homosexuels de survivre est de se faire opérer et d’appartenir à l’autre sexe – les croyances shiites faisant une place spécifique aux âmes perdues et au troisième sexe. Personne ne dit d’ailleurs que le transsexualisme authentique n’existe pas, mais il ne saurait en être question quotidiennement dans les médias, s’agissant d’un phénomène en réalité très marginal.

A lire ensuite, Jeremy Stubbs: Jeux d’enfants

Le transactivisme déteint sur tous les aspects de la société. Dans un entretien pour France Culture très commenté sur la toile, Aline-Laurent Mayard affirmait du haut de son autorité d’ « autrice spécialiste du genre » que les jeunes acteurs tels que Timothée Chalamet étaient en train de « réinventer la masculinité ». Visiblement, la virilité assumée d’un Brad Pitt ne lui sied guère, comme si les hommes ne pouvaient plus être qu’indéfinis et les femmes androgynes. Savent-ils qu’il y a toujours eu des éphèbes et des hommes poilus ? Que l’éternel féminin fait de la place aux garçonnes, aux Amazones et aux femmes fatales ? Que des femmes préféreront toujours Sean Connery à James Dean et d’autres Serge Gainsbourg à Alain Delon ? Que des hommes auront plus d’attirance pour Audrey Hepburn que pour Monica Bellucci ? Tout existe, tout est possible, mais pour une petite coterie de sociopathes inadaptés, il faudrait rééduquer à toute force les enfants qu’on estime trop immatures pour choisir leurs propres jouets mais déjà suffisamment adultes pour commander un nouveau sexe. Les femmes et les enfants d’abord !

La fabrique de l’enfant transgenre

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Le non du peuple

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Remaniement, dissolution, référendum? Rien, comme convenu!

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Le président Macron sur TF1 et France 2, 22 mars 2023 © Jacques Witt/SIPA

Un président trop serein dans une France en crise…


À 13 heures hier, Emmanuel Macron prenait pour la première fois la parole après l’utilisation décriée du 49-3 ayant permis de faire passer son projet de réforme des retraites à l’Assemblée nationale. Il répondait aux questions d’Anne-Sophie Lacarrau (TF1) et de Julian Bugier (France 2).

On savait que le président de la République n’annoncerait pas le retrait de la réforme. On n’ignorait pas que, passé sans trop de dégâts le Conseil constitutionnel, il promulguerait la loi sans délai. On était certain qu’à nouveau, il chercherait à démontrer qu’elle était nécessaire. On n’avait pas le moindre doute sur le fait qu’il développerait l’idée classique, pour tous les présidents confrontés à des oppositions et à des épreuves, de son devoir et de l’obligation qu’il avait de servir l’intérêt du pays avec ce texte sur les retraites. Il était prévisible qu’il renouvellerait sa confiance à Elisabeth Borne, vaillante et dévouée Première ministre, et qu’il crierait victoire après le rejet de justesse de la motion de censure.

Le président s’attache à distinguer la foule du peuple

Il est vrai que nous n’avions pas d’illusion à nous faire, puisque d’emblée Emmanuel Macron avait écarté un remaniement, la dissolution et le référendum.

Ne pas écouter serait bien, ne pas céder serait courageux, invoquer son devoir pour masquer son entêtement serait démocratique ?

Puis, devant ses troupes parlementaires – la présidente de l’Assemblée nationale, pour ne pas être soupçonnée de partialité, n’aurait pas dû s’y trouver – Emmanuel Macron avait distingué la foule du peuple qui s’exprimait au travers de ses élus et regonflé le moral des députés et sénateurs déçus et moroses après l’utilisation du 49-3 et la déconfiture évitée de peu.

Au fond, à partir de ces données tant factuelles que politiques incontestables, que pouvait attendre, espérer le citoyen ordinaire?

A lire aussi, Elisabeth Lévy: Le petit Grand Soir

À l’issue de cet entretien qui, sans offenser les deux journalistes, ressemblait plus à un monologue qu’à un dialogue, le président déroulant une argumentation bien rôdée, je retiens la dénonciation des violences, des factions et des factieux qui, pour être banale, n’en a pas moins de force en ces circonstances de désordres, de dégradations et d’incendies qui vont durer. Le président, sur ce plan, doit être absolument approuvé, même si dans cette « meute » qu’il pourfend, il y a probablement beaucoup du peuple qu’il prétend honorer. J’ajoute que son hommage aux élus aurait été d’autant plus convaincant s’il n’avait pas lui-même opéré une discrimination supplémentaire choquante parmi les députés en excluant de l’arc républicain les députés de LFI et du RN.

Macron rassure l’électorat des séniors : ce n’est pas la Révolution!

Pour tous les autres sujets, Emmanuel Macron les a traités comme si cet entretien, d’une certaine manière, ne lui avait pas été imposé et avec une tranquillité et un ton d’évidence qui pouvaient laisser croire aux téléspectateurs de ce milieu de journée que la France se portrait bien, qu’elle n’était pas en crise et que le président venait aimablement nous rendre visite parce que depuis trop longtemps il ne nous avait pas parlé.

Amplifier la réindustrialisation, se rapprocher du plein emploi, durcir le régalien (mais report de la loi sur l’immigration, qui sera découpée en tranches !) et favoriser le mieux vivre. Aucun de ces objectifs n’est dérisoire. Ce qui inquiète est d’une part qu’ils sont abordés comme si par exemple la réindustrialisation avait été engagée alors que tout reste à faire, à considérer l’état de nos services publics et de nos institutions. D’autre part, à l’évidence, ils représentent une réponse tiède et presque provocatrice au climat déchiré et fracturé d’aujourd’hui. Des remèdes qui ne rassurent pas, de la camomille alors qu’on voudrait du sang neuf.

A lire aussi, du même auteur: Motions de censure: franchement, de quoi ont-ils L’R ?

Je ne doute pas – et je m’en réjouis – que le président ira au bout de son second quinquennat mais comme l’a dit une voix anonyme de son camp, réformer les retraites c’est bien mais un président se réformant, ce serait mieux.

Rien ne me paraît plus pervers, dans le climat troublé et si peu républicain de cette période, entre une rue opposante et parfois exacerbée et violente et une Assemblée nationale écartelée entre militants régressifs et députés responsables, que cette affectation de dureté présidentielle. Ne pas écouter serait bien, ne pas céder serait courageux, invoquer son devoir pour masquer son entêtement serait démocratique ?

Citoyen ordinaire mais attentif, je suis sûr de l’inverse. Le pouvoir exemplaire guide en même temps qu’il accompagne. Il propose mais sait aussi retirer. Il doute de lui quand beaucoup doutent de la validité de son action. Soutenu, il n’oublie pas ceux qu’il n’a pas convaincus. Pour lui, la promesse de rassembler n’aurait jamais dû être un vain mot.

« Campus Héméra »: l’école du RN voit le jour

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Jérôme Sainte-Marie, sondeur et politologue, président de l’institut Pollingvox © Hannah Assouline.

Hier soir, le Rassemblement national lançait Campus Héméra, son nouveau grand cursus d’apprentissage réservé à ses adhérents. Le RN de Jordan Bardella affirme ainsi sa volonté de former une élite militante issue du peuple, prête à mener le combat politique. Mais le peuple se trouve-t-il vraiment dans le très chic quartier des Invalides?


-Quelle est votre politique en matière de service public ?
-C’est-à-dire ? Je n’ai pas vraiment compris la question ? Est-ce qu’on pourra couper cette partie ? 


Le 7 mai 2022, Mélanie Fortier, candidate RN dans la 2e circonscription de Côte-d’Or, peine à répondre sur le plateau de Dimanche en politique. Une question pourtant simple, mais la Conseillère régionale de Bourgogne-Franche-Comté semble complètement perdue, et son opposant, Thomas Portes [1], candidat Nupes, ne se gêne pas pour le souligner: « Eh oui, quand on ne parle plus des musulmans ou de l’islam, c’est le vide intersidéral. Voilà le visage de l’extrême droite ! » Le direct ne trompe pas, et la contre-performance de la candidate sur France 3 lui vaut un bad buzz, décrédibilisant le parti de droite nationale.

À lire aussi : « Le RN n’est ni extrême, ni de droite » : Entretien avec Jérôme Sainte-Marie

Pour ne plus avoir à subir pareilles déconvenues et renforcer les compétences de ses candidats à l’avenir, le RN annonçait, hier, à la Maison de la Chimie, le lancement de sa nouvelle « école des cadres », le Campus Héméra. En référence à la déesse de la lumière et du jour. Un site internet tout beau, tout neuf, met à disposition des outils de formation exclusifs, accessibles avec sa carte de membre du parti. Présentés par le président Jordan Bardella, et le sondeur Jérôme Sainte-Marie, les objectifs sont clairs: fournir aux militants et sympathisants les connaissances nécessaires pour le combat politique, redresser le niveau, et rattraper les bourdes de la dernière campagne. 

Permettre à toutes les catégories du peuple de vivre la politique au premier rang

En plus du site inauguré hier soir, le programme prévoit également des événements en présentiel, comme des stages d’été ou des séminaires, dès le mois de mai. « Former des élites issues du peuple, sans que la formation et la sélection des individus dans le parti reproduisent la hiérarchie que l’on observe dans la société! », insiste Jérôme Sainte-Marie. Le RN entend jouer les cartes « populo » et méritocratique, mais l’événement d’hier soir, où Causeur s’est invité, au cœur du 7ᵉ arrondissement à quelques mètres de l’Assemblée nationale, avait plutôt des airs de cérémonie de remise des diplômes de grandes écoles. Assas n’est qu’à quelques rues. Marine Le Pen, qui en est diplômée, au premier rang, ne prendra malheureusement pas la parole lors de la présentation. 

Jordan Bardella arrivant à la soirée de lancement du Campus Héméra à la Maison de la Chimie, à Paris, le 21 mars 2023. © Alix Fortin

Doter les membres du parti d’un socle commun utile à l’action politique, devenir incollable

La plateforme d’e-learning inclut des cours d’histoire politique et électorale, d’économie et de sciences sociales (« économie et société »), et de géopolitique (« enjeux internationaux »). Laïcité, immigration, assimilation sont au programme, ou encore l’histoire du parti. De la théorie, pour anticiper la pratique: tout ce qu’un bon petit militant doit savoir, enseigné par des spécialistes partisans du RN, mais pas seulement, avec entre autres Vincent Coussedière ou François Bousquet.

À lire aussi : Jean-Marie Le Pen: « Le Rassemblement national a perdu son caractère radical au moment précis où l’opinion était prête à l’accepter »

Le site web que nous avons consulté propose également un onglet public, où contribuent des personnalités. Pour l’instant, on peut y voir les interventions de Michel Maffesoli, professeur à la Sorbonne et membre de l’Institut Universitaire de France, le diplomate Xavier Driencourt, ancien chef de l’Inspection générale des Affaires étrangères, et ex-ambassadeur de France à Alger à deux reprises. Mais aussi la philosophe Bérénice Levet, ou encore la youtubeuse Tatiana Ventose, ex-militante France Insoumise.

Ce n’est certes pas la première fois que la droite tente de se lancer dans la fabrique de nouvelles élites, pour tenter de contrer les institutions prestigieuses de type Science-Po. En 2018, à Lyon, Marion Maréchal ouvrait l’ISSEP, Institut de sciences sociales, économiques et politiques. Ella a désormais une nouvelle concurrence. Sur l’économie, il sera intéressant de comparer les programmes!


[1] Devenu député, Thomas Portes s’est depuis illustré en se faisant exclure 15 jours de l’Assemblée nationale, pour s’être photographié le pied posé sur un ballon à l’effigie d’Olivier Dussopt, ministre du Travail.

Bloc populaire - Une subversion électorale inachevée

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Ces journalistes victimes de la blanchité

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Le journaliste "racisé" Sébastien Follin, signataire d'une tribune polémique dans "Libération" © MPP/SIPA

Une très curieuse tribune est parue dans Libération, ce 20 mars, au nom d’un collectif de journalistes. Céline Pina l’a lue.


« Nous voulons soutenir nos consœurs et confrères discriminé.e.s, exploité.e.s et marginalisé.e.s en école, en recherche d’emploi, en situation de précarité et en rédaction ». Que voilà de nobles intentions !

Certes le texte, comme l’extrait ici présenté, est écrit avec les pieds mais bon, ce n’est pas comme si les journalistes étaient censés être des professionnels de l’écriture ! L’initiative n’a cependant rien à voir avec la critique vigoureuse et nécessaire du constat de la précarisation du métier de journaliste, mais hélas tout à voir avec la création d’une petite entreprise communautariste de lobbying pro-domo : il s’agit d’en appeler à la création d’une « association de journalistes antiracistes et racisé.e.s », comprendre d’une association de victimes de la « blanchité ».

À gauche, la lutte raciale a remplacé la lutte sociale

Rien de tout cela ne parle de l’effondrement d’un modèle économique qui a abouti à la paupérisation du métier et à la dégradation des conditions de travail des salariés et pigistes de ce secteur. Non, cette réalité-là n’existe pas dans le prisme de ces nouveaux redresseurs de torts de la sphère médiatique. Pour eux la question de l’objectivité, le respect du factuel, le croisement et la vérification des sources, la rigueur dans la diffusion de l’information, les conditions de travail, le fait que l’origine sociale des journalistes ne soit pas marquée non plus par une forte diversité ne comptent pas. Une seule chose les obsède : la couleur de peau des journalistes et la dénonciation de la blanchité. Leur seule obsession : « s’attaquer au racisme dans le journalisme ». Et, bien sûr, dénoncer des « rédactions de gauche comme de droite (qui) restent en grande majorité blanche. » Comment faire passer un groupe de communautaristes ayant pour seul lien la couleur de la peau, pour de grands défenseurs d’un principe qu’ils piétinent en en niant l’universalisme : l’antiracisme.

A lire aussi: Rokhaya Diallo: “Cher.e.s lectrices et lecteurs de Causeur…”

Selon eux, la société française ne souffre que d’un seul problème : il y a trop de Blancs. Et comme le Blanc est ontologiquement raciste, il y a donc trop de racistes et de racisme, dans la société comme dans la presse ! Or, seuls eux peuvent les combattre car ils ne sont pas Blancs. CQFD.

Une entreprise victimaire

Nous voici une nouvelle fois confrontés à une énième occurrence de ce travail de victimisation, opéré par des professionnels d’un « antiracisme » qui fait de la couleur de peau, l’identité d’un être. Difficile de les distinguer des bons vieux racistes à l’ancienne. La seule différence, c’est que là où les uns voulaient mettre le Blanc en haut de la chaîne alimentaire raciale, eux veulent y mettre « la diversité ». Leur seul but est de récupérer pour leur propre compte la capacité à opprimer qu’ils dénoncent chez les autres. L’idée que les relations entre les hommes, au sein d’une société politique, ne se résume pas à des logiques de domination leur est impossible à concevoir. Ils ne lisent le monde que via une rhétorique de l’ennemi, un concept de guerre civile larvée, la constitution d’un « Nous » contre un « Eux », au sein du même peuple. Mais, comme cela ne se vend pas bien auprès des alliés de la gauche qui se veut morale, il faut habiller cette geste vengeresse de légitimité morale. C’est ainsi qu’au nom de l’antiracisme, nos Fouquier-Tinville de la diversité résument les hommes à leur couleur de peau et que cela passe pour de « l’empowerment », une reprise en main de son destin par la désignation d’une race-repoussoir, les Blancs.

Le reste du texte est constitué d’exemples ridicules. Chacun pourrait écrire un texte de cet acabit en racontant comment il a croisé quelques cons dans sa vie professionnelle. C’est ainsi que dans ce long lamento, on ne voit guère ce qu’il y aurait de systémique dans les faits dénoncés. Je défie n’importe lequel d’entre nous de ne pas avoir une anecdote semblable à raconter, une remarque débile faite sur l’âge, le physique, la masculinité, la virilité, l’apparence… C’est pareil avec ce long et pénible geignement sur le racisme chez nos jeunes journalistes. Curieusement, dans la réalité, on est surtout confronté à un wokisme agressif chez les jeunes qui, lorsqu’ils portent un discours de rejet d’une couleur de peau… le font en général contre les Blancs.

Peu d’arguments

Deux autres points couvrent nos Fouquier-Tinville d’opérette de ridicule. Lorsqu’ils donnent quelques exemples de « dérapage » raciste : un député qui parle de « camp de gitans » à propos du bazar à l’Assemblée nationale, ou lorsqu’un journaliste réputé dit à la télévision que « les musulmans n’en ont rien à faire de la République »… Ils oublient de dire que ces paroles ont été dénoncées par les représentants de la République, ou les responsables de chaînes. Et ceux qui les prononcent s’en excusent sans barguigner, en général. Ces expressions ne sont pas restées sans réponse et leur dimension essentialiste a bien été relevée. Pareil pour le journal qui avait titré « Alerte jaune », avec une femme asiatique, pour illustrer sa titraille : il s’en est excusé. Le peu d’exemples mis en avant, leur caractère anecdotique, le fait qu’ils ont tous fait l’objet d’excuses ou de rectificatifs montrent justement l’attention portée à ces questions et témoignent du peu de consistance des accusations proférées.

A lire aussi, Didier Desrimais: La métamorphose d’Ovidie

Dernier point, finalement plus rassurant : le peu de journalistes importants et reconnus ayant signé cette tribune. Rokhaya Diallo y est mise en avant, faute de noms connus et reconnus. Pas de Christine Kelly, Harry Roselmack, Patrice Boisfer, Sonia Mabrouk, Karim Rissouli, Rachel Kahn, Tania de Montaigne, Nora Boubetra, Salhia Brakhlia… Il y a des grands noms et des références dans le journalisme qui sont « issus de la diversité » et appartiennent à l’élite du métier. Bien des jeunes journalistes, quelle que soit leur couleur de peau rêvent d’une aussi belle carrière que la leur. Il ne s’agit pas ici de nier le fait que des discriminations existent mais elles puisent sans doute plus leur racine dans le social que dans le racial. Combien de fils d’ouvriers accèdent aux métiers de la presse et de la télévision, autrement qu’en tant que techniciens ? Le milieu journalistique est d’une grande homogénéité sociale et culturelle. Les journalistes actuels sont en général passés par de grandes écoles, et sont issus des classes supérieures ou des classes moyennes supérieures. Or, la question sociale est une donnée essentielle pour tenir dans ce milieu. Les jeunes journalistes, qui n’ont pas fait les « bonnes écoles », celles qui permettent de se constituer un réseau et qui ne peuvent compter sur un soutien parental pendant la période de vaches maigres de leurs débuts, ont bien du mal à rester dans le métier. Monter en épingle la question raciale et raciste, comme si elle était une des caractéristiques du milieu journalistique, est une fausse bonne idée et ne résoudra en rien les problèmes d’un secteur en pleine crise. En revanche, cette attitude permet aux entrepreneurs de la race de se construire une légitimité sur le dos de ceux qu’ils enferment dans un statut de victime. Ils en font même une carrière ! La manipulation ne sera pas perdue pour tout le monde.

Le petit Grand Soir

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Fos-sur-Mer, hier © Daniel Cole/AP/SIPA

La presse en fait des caisses sur la répression policière des manifestations sporadiques contre la réforme des retraites. Mais participer à des manifestations non autorisées, c’est prendre le risque d’être blessé lors d’une charge ou de manger du lacrymo, il ne faut pas se plaindre ensuite… À 13 heures, le président Macron devrait rappeler à la télévision que les émeutiers ne doivent pas l’emporter sur les « représentants du peuple ».


La France est-elle en train de s’embraser ? C’est la question que tout le monde se pose. Des incendies et des murs de poubelle, parfois des poubelles incendiées: ce sont les photos-souvenirs que les touristes qui n’ont pas encore fui Paris pourront rapporter chez eux !

Paris, 14 mars 2023 © HOUPLINE RENARD/SIPA

À l’Assemblée nationale, pendant ce temps, nous assistions au spectacle surréaliste de la Première ministre «victorieuse», applaudie par les bancs de la majorité. Dans le pays, c’est un peu le chaos à bas bruit. Ce n’est pas le Grand Soir, mais une série de petits soirs: rassemblements sporadiques non déclarés et violences, notamment à Paris, mais aussi à Rennes ou Nantes. À Fos-sur-Mer (13), devant le dépôt pétrolier, des grévistes furieux contre les réquisitions ont carrément envoyé trois CRS au tapis!

Une centaine de policiers et gendarmes blessés

Depuis l’annonce du 49-3, jeudi dernier, la place Beauvau a recensé 1200 actions non déclarées et une centaine de membres des forces de l’ordre blessés. Des centaines d’arrestations ont donné lieu à très peu de procédures. Le Syndicat de la Magistrature et la gauche en déduisent qu’il s’agissait d’arrestations abusives… Mais, en réalité, c’est plutôt la Justice qui ne suit pas et l’impuissance de l’État qui s’étale une nouvelle fois devant nos yeux.

A lire aussi, Gabriel Robin: Retraites: En Marche forcée

D’après les fuites orchestrées par l’Élysée, le président de la République reste droit dans ses bottes: « La foule n’a pas de légitimité » face « au peuple qui s’exprime à travers ses élus ». En effet, n’en déplaise à mon cher Alexis Poulain, oui, la foule qu’on voit casser ou brûler dans certaines de nos rues le soir, ce n’est pas le peuple, et encore moins ces groupuscules de gauchistes qui ne sont là que pour en découdre.

Emmanuel Macron a-t-il alors raison de ne pas céder?

Le problème, c’est que sa légitimité à lui est au plus bas, en capilotade, raison pour laquelle sa réformette a mis le feu aux poudres. S’il s’adresse à 13 heures aux Français pour leur dire j’ai raison et vous ne comprenez rien, il a peu de chances d’« apaiser les colères », l’objectif affiché. Cependant, j’insiste, contrairement à ce qui est dit çà et là, non il n’est pas responsable des violences.

A lire aussi, Jean-Baptiste Roques: L’illibéralisme pour les nuls

Quant aux prétendues « violences policières », même s’il y a quelques dérapages individuels, il faut le répéter : participer à des manifestations non autorisées, c’est prendre le risque d’être blessé lors d’une charge, ou de manger du lacrymo ! Il ne faut pas se plaindre derrière ! En revanche, Jean-Luc Mélenchon, lui, qui encourage les mobilisations « spontanées », parce qu’il dit que c’est là que ça se passe (c’est surtout là qu’il n’est pas marginalisé par les syndicats !), porte une lourde responsabilité. Il se croit en mai 68, quand la convergence entre le mouvement étudiant et les grèves ouvrières avait mis le pays à l’arrêt. On risque en réalité plutôt d’assister à un remake des gilets jaunes, quand les violences hebdomadaires avaient fini par priver le mouvement de la sympathie initiale de l’opinion.

Le gouvernement, parait-il, joue sur le pourrissement. Pour pouvoir jouer le parti de l’ordre. Sauf que ce ne sont pas des ministres qui brûlent des poubelles, mais des soi-disant rebelles qui sont les idiots utiles du pouvoir qu’ils prétendent combattre.


Cette chronique a d’abord été diffusée sur Sud Radio. Retrouvez Elisabeth Lévy à 8h10 du lundi au jeudi, dans la matinale.

L’illibéralisme pour les nuls

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D.R.

Avec 8% de part de marché à la télévision, 5% à la radio et 8% dans la presse écrite, Vincent Bolloré est loin de dominer le secteur des médias français. Mais aux yeux de la ministre de la Culture, c’est déjà trop.


Si vous avez aimé le manque de fair-play de Donald Trump envers le New York Times, qu’il accusait régulièrement de « fake news » du temps de sa présidence, allez donc faire un tour sur le site web de France Inter et écoutez comment Rima Abdul-Malak s’en est pris le 9 février à Vincent Bolloré : vous allez adorer ! Au micro de Léa Salamé et Nicolas Demorand, la ministre de la Culture a, tenez-vous bien, déploré les « menaces » que ferait peser selon elle le propriétaire de Vivendi sur la « liberté d’expression et de création ». Rien de moins… Et de se prévaloir d’un « certain nombre d’exemples » survenus « dans les derniers mois et les dernières années » au sein des médias détenus par le milliardaire breton : Canal+, Europe 1, CNews, C8, Prisma Presse, Paris Match, Le Journal du dimanche.

A lire aussi : Ces tweets antisémites qui embarrassent France 24

Inutile de préciser qu’aucun des « exemples » cités ne constitue la moindre atteinte aux droits fondamentaux (à l’exception, soyons honnêtes, de la détestable émission du 10 novembre dernier sur C8, durant laquelle l’animateur Cyril Hanouna a empêché le député LFI Louis Boyard de parler). Certes, la vie n’est pas rose tous les jours chez Vivendi. Depuis que le « petit prince du cash-flow » y règne en maître, plusieurs journalistes et animateurs ont été virés, parfois brutalement. Mais n’est-ce pas le lot commun, aussi déplaisant soit-il, de toutes les rédactions et de toutes les sociétés de production audiovisuelles ? Et quand bien même Vincent Bolloré serait-il, comme le prétend Erik Orsenna dans son dernier livre, un « ogre », Mme Abdul-Malak aurait l’obligation constitutionnelle de se tenir loin de cette affaire et de laisser l’Arcom, la direction de la concurrence, les prud’hommes ou bien le fisc s’en occuper.

Fort heureusement, une ministre française ne dispose pas davantage qu’un président américain du pouvoir d’interdire à ses concitoyens quelque média privé que ce soit. Et Dieu merci, Mme Abdul-Malak a beau agiter la menace d’une fin d’autorisation d’émettre pour C8 et CNews, elle n’a en réalité aucune tutelle sur l’attribution des ondes, procédure totalement indépendante du gouvernement.

A lire aussi: Du bon usage de l’ogre

En sortant grossièrement du cadre de ses attributions, l’ancienne conseillère culturelle d’Emmanuel Macron n’a en somme fait que trahir l’inconscient illibéral de son Jupiter de président. Rendant toutefois au passage un fier service à M. Bolloré. Car non seulement celui-ci voit confortée sa réputation d’homme libre (déjà assurée depuis cinq ans par l’oxygène pluraliste qu’il a apporté au paysage médiatique français), mais surtout le voilà qui possède à présent une carte maîtresse dans sa main : si un jour la Macronie s’avisait de lui retirer telle aide ou tel agrément, ce serait pour lui un jeu d’enfant de ressortir les allégations incongrues de la ministre et de se poser en martyr du régime. Comment dit-on « judo » en breton ?

Le Maroc montre les muscles face à l’islamisme

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Le Palais royal (« dar el-makhzen ») de Rabat, Maroc. D.R.

Le mercredi 15 mars, trois extrémistes affiliés à Daech ont été arrêtés par les services de renseignements marocains à Casablanca.


Alors que l’État Islamique a perdu tout son territoire depuis quatre ans, il apparaît que son fantôme vient aujourd’hui hanter le Maroc. En effet, par un communiqué de la DGSN marocaine, l’équivalent de notre DGSI, les Marocains ont été informés de la résurgence de l’organisation terroriste Daech, laquelle renaîtrait de ses cendres. Les trois extrémistes religieux arrêtés préventivement la semaine dernière, prévoyaient de « porter gravement atteinte à l’ordre public », selon les informations gouvernementales.

Un plan macabre

Leur plan était simple: tuer un policier, s’emparer de son arme pour braquer une agence bancaire, puis disparaître avec l’argent. Finalement, ils n’auront pu réaliser que la première étape de ce funeste projet. Le 2 mars, le corps calciné d’un policier casablancais était bien retrouvé dans un canal d’égout. Les terroristes avaient agi efficacement: alors que le gardien de la paix terminait son service de circulation nocturne, ils se sont emparés de sa voiture personnelle et de son arme de service avant de se débarrasser de son corps mutilé, aidés par un troisième complice. L’affaire fait grand bruit dans le royaume chérifien, alors que près de deux semaines ont été nécessaires pour retrouver les coupables.

La résurgence de l’État islamique 

L’État islamique n’était-il pas mort ? Depuis quelques années, les attentats organisés semblent avoir fui notre quotidien, laissant place à des attentats individuels (terrorisme artisanal). Doit-on s’inquiéter d’un retour du terrorisme international islamique ? Cette question mérite d’être posée. Emmanuel Macron annonçait, le 11 mars, que la France avait déjoué 70 tentatives d’attentats durant la dernière décennie.

À lire aussi : Que deviennent les terroristes de Daech?

Jamais le Maroc n’avait connu d’attentat terroriste orchestré par Daech: d’habitude, c’est au Front Polisario (indépendantistes soutenus par l’Algérie) auquel Rabat fait face, ou à Al-Qaïda. Si l’État islamique privilégiait largement les États Occidentaux, laissant de côtés leurs « frères musulmans », les autorités marocaines précisent pourtant avoir démantelé 200 cellules terroristes en Afrique du Nord depuis 2003. Les trois « loups solitaires » de Casablanca semblent avoir abandonné cette règle pour commettre leur crime, tout en revendiquant leur allégeance à un nouveau « calife », qui répond au nom d’Abou Al-Hussein al-Husseini al-Qourachi, et qui a pris la tête de ce qu’il reste de Daech en novembre 2022. Ils prévoyaient de rejoindre le Sahel à l’issue de leur opération…

Plusieurs évènements font craindre un retour effectif de la terrible organisation. La fragilité du gouvernement irakien, couplée à l’importante quantité de familles de djihadistes dans le pays, pourraient conduire à une volonté de vengeance de leur part. L’Express publiait récemment un article-fiction dans lequel le Mali tombait aux mains des djihadistes, ce qui conduisait au retour de l’État islamique, en Afrique cette fois-ci. Le Maghreb pourrait bien être leur première cible. Le Sahel reste une poudrière, un Balkan africain qui menace d’exploser à tous moments sous l’effet des tensions ethniques et religieuses. De ce fait, il est essentiel de compter sur des alliés crédibles et engagés, cette arrestation s’inscrivant précisément dans ce cadre.

Des tensions politiques qui pourraient constituer un danger

Lundi 13 mars, le cabinet royal marocain fustigeait le comportement jugé « irresponsable » du Parti de la Justice et du Développement (PJD), formation d’opposition, d’inspiration islamiste, qui a reproché au Palais un supposé parti-pris pro israélien. Dans un communiqué, le PJD avait regretté les « prises de position récentes du ministre des Affaires étrangères, dans lesquelles il semble défendre l’entité sioniste (Israël) dans certaines réunions africaines et européennes, à un moment où l’occupation israélienne poursuit son agression criminelle contre nos frères palestiniens ».

À lire aussi : «Dans l’ancien empire colonial, les coups d’État ne sont plus perpétrés depuis longtemps par des anciens des services français!»

Ce recadrage s’inscrit dans un positionnement global marocain visant à équilibrer les relations internationales du Royaume en lui permettant, comme l’avaient prouvé les Accords d’Abraham de décembre 2020, de dialoguer avec Israël tout en conservant son autorité au sein du monde arabe. Lors des élections de fin 2021, les islamistes avaient été largement sanctionnés dans les urnes, avec la montée en puissance du Rassemblement national des indépendants de l’homme d’affaires Aziz Akhannouch. Après avoir réduit l’influence de l’islamisme politique, le Maroc semble bien décidé à creuser le sillon en combattant l’islamisme de combat dans les rues.

Une politique rassurante pour l’Europe, qui a besoin d’alliés face à cet ennemi qui n’a toujours pas désarmé et a encore de la ressource.

Petit abécédaire de la fronde

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Mathilde Panot (LFI) manifeste contre la réforme des retraites le 11 mars 2023 à Paris © Chang Martin/SIPA

Notre contributrice propose un florilège de lieux communs politico-médiatico-sociologiques…


La France est en ébullition.

Idées reçues tournant en boucle dans nos têtes et titillant nos lèvres, les mots envoûtent. Occasion de goûter la saveur de nos expressions favorites…


Addiction : dépendance à un produit ou une pratique. Addiction au 49/3.

Article 49 /3 : Outil constitutionnel ou arme annonciatrice d’une déclaration de guerre. Sens fig.: menace. Une mère à son enfant : « Si tu n’es pas sage, tu auras le 49/3  ! ».

Ambiance : chaleureuse, sympa. D’une réunion politique, entre amis, à couteaux tirés, on écrit : « Ambiance… ambiance ».

Baiser de la mort : rouge à lèvres créé en 1960 durant la guerre froide, cette arme d’espionnage est devenue une pratique politique courante. On ne compte plus les baisers de la mort dans les Chambres.

Bon enfant : qualification de toute manifestation en début de cortège avant qu’elle ne devienne tendue voire dégénère à l’arrivée de casseurs nécessitant l’intervention de la police.

Bérézina : désastre en même temps que victoire. Hantise de tout homme politique.

Boomerang : revient toujours en plein visage du lanceur. Ainsi des traités de Maastricht et de Lisbonne.

Botte : Droit dans ses bottes.Leprésident demeure droit dans ses bottes malgré la fronde.

Botter en touche : parler chic : esquiver, se défiler. Manière de parler courante en politique.

Bravache : bravache, le président n’entend pas remanier le gouvernement.

A lire aussi, Gabriel Robin: Retraites: En Marche forcée

Cadavre : « à la renverse » pour désigner les Républicains.

Cavalier législatif : donne mystère et panache au cheminement d’une loi.

Caligula : avatar de Jupiter. « Même Caligula a été vaincu »: Mathilde Panot à l’Assemblée.

Chambre : depuis hier, elle n’est plus une simple salle d’enregistrement.

Changement de pied (sans s) : désigne un changement de politique. À distinguer de « retournement de veste » (sans s également), très fréquent en politique.

Chaos : personnification du Vide primordial antérieur à la Création et au temps. « C’est moi ou le Chaos ! »  Phrase décisive d’un homme politique dans un pays en crise.

Chemin : la réforme poursuit son chemin législatif.

Chienlit : (mot vieilli et populaire) : mascarade, manifestation tumultueuse, désordre. On connaît la phrase du général de Gaulle, au moment des tumultes de 68, qui est entrée dans les dictionnaires : « La réforme, oui : la chienlit, non » ! 

Chose : « Il est temps de passer à autre chose. » Petite phrase revenant souvent dans la bouche des députés.

Chute : du gouvernement. Fantasme populaire. 68% des Français souhaiteraient la chute du gouvernement.

Climat :  délétère, irrespirable. Un climat de rébellion règne dans le pays.

Cohabitation : à l’Assemblée, toujours paralysante.

Cordon : sanitaire : pratique politique d’isolement importée de Belgique.

Coup de poing : desopérations coup de poing.

Défaite : Il est des défaites plus belles que les victoires : proverbe.

Déconnexion : caractérise les élites. Synonyme : arrogance, mépris.

Dissolution (de l’Assemblée) : le grand frisson. Jamais une solution.

Fronde : aristocratique, parlementaire, populaire, étudiante. Frondeur peut désigner un Gaulois réfractaire, jamais un gilet jaune.

Elite : toujours au pluriel : « les élites » ou « nos élites ». Les technocrates : avatar des Grands, des classes sociales, des riches.

Extrêmes : toujours eux qui allument le feu et mettent de l’huile dessus.

A lire aussi, Elisabeth Lévy: Le petit Grand Soir

Fusible : servir de… Sort promis à un ministre en période de crise majeure. Quand la baraque ne saute pas, le ministre peut voir la confiance du gouvernement renouvelée.

Fracturé : état de la France.

Insurrection : soulèvement contre un pouvoir établi, une autorité. « C’est une insurrection ? Nous n’en sommes pas là, Sire, mais ça y ressemble drôlement » aurait dit, le 20 mars, la Première ministre au Prince.

Job : faire le job. Fam : exercer la fonction suprême. Était-il fait pour le job ? dit-on d’un homme politique.

Jupiter : Roi des dieux chez les Grecs. Aimait se métamorphoser en mortel.

Mère : la réforme des retraites est une mère : « la mère de toutes les réformes » et « de toutes les batailles ».  

Motion de censure : faite pour être rejetée, l’exception — en 1962 — confirmant la règle. Celle du 20 mars fragilise le quinquennat.

Péripéties : inévitables, depuis de Gaulle, dans l’Histoire, un État, une République.

Peuple : comme le bon grain de l’ivraie, difficile à séparer. « S’il faut choisir, je ne balance pas : je veux être peuple » (La Bruyère) Phrase utile dans un dîner pour couper court à une conversation lourdaude.

Plafond de verre : au-dessus de la tête, impossible de le franchir.

Pyrrhus : l’expression « victoire à la Pyrrhus » tire son nom du roi d’Épire connu pour sa victoire coûteuse sur les Romains. « Une autre victoire comme celle-là et nous sommes ruinés » avait-il déclaré.

Pyromane : en tout président, un pyromane sommeille.

Résilience : le ministre de la Santé avait félicité le peuple français pour sa résilience durant la crise du Covid.

Roi : Le roi Charles III d’Angleterre sera reçu bientôt à Versailles par le président de la République.

Royauté : en France, on n’en est jamais sorti.

La guerre au français

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