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Le sens de l’histoire

La neuvième journée d’action contre les retraites confirme que le peuple français demeure merveilleusement rebelle. Jérôme Leroy salue ici son courage.


Et soudain, dans le cortège lillois, au moment où il est arrêté par un premier mur de lacrymogènes et des feux de poubelles, cette pancarte en carton, brandie par une étudiante: « Le sens de l’histoire ».
C’est tout.
Et c’est assez. Assez pour résumer ce qui se joue en ce 23 mars pour cette neuvième manifestation.

D.R.

Pour paraphraser le regretté Frédéric Fajardie, dans un de ses meilleurs romans, Jeunes femmes rouges toujours plus belles, la jeune hégélienne est toujours plus belle, qui nous rappelle que ce qui cherche à se réaliser dans l’histoire, c’est la Raison. Et que la Raison est évidemment dans les cortèges partout en France, qui veulent une société où ce n’est pas l’homme qui est au service de l’économie mais l’économie qui est au service de l’homme, comme a pu aussi le rappeler le Pape François dans un colloque à Assise en septembre.

Il n’y a aucune raison rationnelle à travailler plus, il y aurait même une sorte de folie à le faire, écologique, sociale, humaine. Tous les arguments exténués qui ont été sortis par les pitoyables porte-cotons de la très incertaine majorité présidentielle et relayés par les nouveaux valets 2.0 que sont les journalistes spécialisés en économie des chaines infos se heurtent à cette évidence : le peuple descend toujours et encore dans la rue, c’est lui qui fait l’histoire, sous nos yeux rougis par les gaz.

Ce coup-ci, les vieux manifestants pacifiques comme votre serviteur ont senti que ce serait un peu plus tendu que précédemment et ont apporté les ampoules de sérum physiologique et les FFP2  pour pouvoir continuer à marcher sur certaines portions du parcours.

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Que vont-ils ressasser, ce soir à la télé, ces inlassables écholaliques, ces psittacistes hallucinés : que l’espérance de vie augmente et justifier ainsi de travailler plus ? Que des « équilibres budgétaires » sont nécessaires même s’ils se font dans l’unique intérêt du capital et jamais du travail, des premiers de cordée et jamais des salariés à qui on ordonne, à l’occasion, de payer pour sauver les banques qui spéculent comme au casino ? Que la réforme est de gauche comme l’a osé le très orwellien Dussopt pour qui sans doute, la liberté, c’est l’esclavage ?

Toutes ces redites ne sont plus d’aucun effet sur cette foule qui est, l’étudiante a raison, dans le sens de l’histoire. Seul le  zombie de l’Elysée, qui est mort et qui ne le sait pas, qui la prochaine fois qu’il s’adressera aux Français, choisira sans doute France Bleu Mayenne à 3 heures du matin pour aller jusqu’au bout du déphasage, y croit encore.

Tous les paris sur la résignation et sur la peur faits par ceux qui, pour reprendre la chanson des Canuts d’Aristide Bruant, sont « le linceul du vieux monde » ont manifestement échoué. Comment ne pas se sentir, à ce moment, par ce printemps frisquet, fier de ce peuple qui persiste à dire non alors qu’on aura tour à tour fait preuve avec lui de « pédagogie » – quel mot méprisant en politique – et d’intimidation, qu’on lui aura imposé un projet sans vote effectif de ses représentants en utilisant tous les recoins d’une Constitution dénaturée et qui, à rebours de toutes les prévisions, a au contraire accentué sa mobilisation.

Bien sûr, quand on montre la lune à l’imbécile, il regarde le doigt, ou plutôt, on voudrait qu’il regarde le doigt : scènes de violences, d’incendies, de guérilla urbaine. À la longue, une fraction de la jeunesse a fait le choix de la violence réelle, malgré la sagesse de l’intersyndicale, la maturité politique et médiatique des deux anciens frères ennemis Martinez et Berger, contre la violence symbolique et insultante du pouvoir qui a culminé avec le 49-3 et la dernière intervention de l’élu par défaut.

Je prends les paris que dans les jours qui viennent, les journalistes de plateau répèteront, comme les flics qu’ils sont, la même question  aux syndicalistes et aux élus de gauche : « Est-ce que vous condamnez les violences ? » Évidemment qu’ils les condamneront, car elles sont condamnables mais il leur faudra aussi, inlassablement, retourner la question aux auxiliaires de police télégéniques: « Et vous, est-ce que vous condamnez la violence du pouvoir, ce que Pasolini appelait l’anarchisme du pouvoir quand celui-ci se croit sans limite ? Est-ce que vous condamnez Macron et son monde ? » Mais peu importe qu’ils répondent ou non, mardi 28 mars, ça recommencera.  Et je sais déjà que la jeune hégélienne sera là, dans « le sens de l’histoire ».

Jeunes femmes rouges toujours plus belles

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Trop c’est trop!

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Un billet d’humeur de Sophie de Menthon.


D’accord, la réforme des retraites a été mal foutue avec des erreurs de chiffrages, des porte-parole incompétents, des incongruités, des injustices comme partout… Mais oui : il faut travailler plus, parce qu’il faut bien augmenter la masse de travail que nous fournissons (pour payer, entre autres, ces retraites dont tout le monde rêve…), et augmenter la richesse du pays pour alimenter le coût gargantuesque de l’administration ! 

On commence à s’indigner à 18 ans pour certains, on a même un nouveau héros lycéen des plateaux TV de 12 ans, notre « Greta » à nous  – dont les parents ne doivent pas beaucoup aimer bosser.

Oui: tous les pays d’Europe travaillent plus longtemps que nous, oui, on va vivre de plus en plus longtemps… Anne Hidalgo, notre « héroïne » parisienne à tous, inspectrice du travail (la pénibilité, n’était-elle pas pour ceux qu’elle contrôlait ?), est partie à la retraite à 51 ans. Cela lui a permis une deuxième carrière d’élevage de surmulots (elle a aujourd’hui 63 ans).

Superprofits pour super retraites

Nous avons enfin agi sur les régimes spéciaux des futurs entrants de la RATP, de l’EDF, d’Engie, de la Banque de France, des clercs de notaires. Nous avons réformé les régimes spéciaux, mais pas pour tout de suite bien sûr, c’est pour les suivants ! Le comble, c’est que beaucoup de ceux qui manifestent, nous bloquent et nous polluent, ne sont donc pas concernés par l’avancée de l’âge de leur retraite. Pire, ceux qui manifestent aussi contre le capitalisme et les superprofits (ça va avec), et qui bénéficient de régimes spéciaux, sont les seuls à avoir une retraite financée… par la capitalisation. Et que contiennent ces fonds de capitalisation maudits ? eh bien des investissements dans les fameuses entreprises qui font des surprofits et donc qui versent des dividendes ! C’est ce qui s’appelle mordre la main qui vous nourrit.

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Alors il fallait la faire cette réforme, même si ce n’est pas le moment (c’est quand le moment ?) Il fallait l’expliquer bien mieux, mais pour cela il eut fallu aussi que les Français et leurs élus peureux ou économiquement incompétents ne soient pas réfractaires à l’économie de marché. Il fallait aussi qu’Emmanuel Macron ne soit pas si mauvais communicant ! qu’il ait l’air populaire. Comme Giscard ? (mais n’était-il pas lui aussi un peu hautain, Giscard ?). Ou comme de Gaulle ? (mais n’était-il pas lui aussi un peu méprisant, de Gaulle ?) Il aurait fallu que le président reçoive toujours les mêmes syndicalistes, toujours en désaccord, qui veulent tous le retrait de l’âge limite ? Ils auraient descendu le même perron de l’Élysée, en répétant la même rengaine: « On n’a pas été écoutés »… En tous les cas, on les entend !

Les télévisions toutes contre la réforme

C’est devenu insupportable de voir le déchaînement des médias qui avaient commencé à flinguer le discours du président trois jours avant qu’il ne parle. C’est devenu insupportable de ne voir que des opposants, ou presque, invités sur les plateaux, qui déversent haines et contre-vérités économiques. Tout y passe, les salauds de riches qui s’augmentent, la Bourse qui va bien, le CAC 40 florissant, le Nutella qui augmente, l’inflation des radis et des prix de l’énergie ! Les Insoumis tiennent leur rôle, Mélenchon prépare une énième présidentielle. On envisage le pire, ce qui réjouit tout le monde, surtout les caméras « sur place » et les micro-trottoirs. On a même sérieusement entendu parler de totalitarisme anticonstitutionnel pour le 49-3, alors que justement le 49-3 est dans la Constitution. Précisément, on a un recours déposé devant le Conseil constitutionnel: à peu près personne n’est capable de vous expliquer ce que le Conseil constitutionnel vient faire dans cette loi de financement de la Sécurité Sociale, mais Laurent Fabius, lui, doit bien le savoir… Va-t-il vouloir embêter Macron au maximum, ou juste retoquer quelques dispositions ? Ça dépend s’il veut plus tard être élevé plus haut dans l’Ordre de la légion d’honneur, peut-être…

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On arrive à en oublier les retraites. D’ailleurs, quand vous interrogez les gens normaux, dans la rue ou au bistro, sans micro, ils sont « résignés ». Autrement dit, ils s’en fichent un peu et en fait comprennent plutôt bien qu’il faille bosser plus. Alors, il faut que les médias et les opposants fassent attention, parce qu’ils vont finir par rendre Macron sympathique : trop c’est trop !

La honte

Mais on n’avait encore rien vu, la coupe est pleine, le roi Dagobert est contraint de mettre sa culotte à l’envers. Le roi Charles III reporte sa visite officielle. La honte ! Que l’absence de savoir-vivre des Français fasse craindre pour la sécurité de notre hôte et que Buckingham Palace la sente menacée, c’est insupportable.

(Br)Exit donc pour sa première visite officielle en France. Non seulement nous guillotinons nos rois, mais voilà que désormais nous écartons les autres à coup de poubelles renversées ! De surcroît, nos gauchistes révolutionnaires auraient mobilisé tous les médias autour du faste inévitable, qu’on nous aurait présenté comme payé avec la retraite des Français… Et ne nous y trompons pas, nous sommes déçus, quoiqu’on en dise, de ne pas voir le diadème de la reine consort dimanche, de ne pas voir la robe haute couture LVMH de notre Première dame, de ne pas pouvoir comparer la révérence de Brigitte avec celle de Carla Bruni, de ne pas voir la table magnifique etc.

Un dernier grand regret: le roi Charles III étant un Vert dans l’âme, pour peu, nos écolos l’auraient acclamé ! Et c’eût été un conte de fées, dans un cauchemar de poubelles menacées par les fameux « auxiliaires de gestion de déchets » (en anglais: « rat ») ! 

La France sens dessus dessous !: Les caprices de Marianne

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Le chœur des pleureuses démocrates

L’usage du 49-3 ne scandalise pas notre chroniqueur, qui n’a jamais pensé un instant que nous vivions en démocratie. De là à accuser le gouvernement d’Elisabeth Borne et Emmanuel Macron de verser dans le fascisme, il y a une marge, dit-il. Et les manifestants devraient avoir un objectif plus consistant que la simple abolition d’une loi (déjà votée) ou le recours à un référendum (qui ne se fera pas): et si on se souciait de rétablir la République?


Frédéric Magellan, dans Causeur, a parfaitement résumé les derniers développements législatifs : « Le 49-3, écrit-il, est devenu ces dernières décennies le symbole de la « monarchie présidentielle »… » Son historique de notre Vème République est tout à fait précieux et remet les idées en place : c’est dans l’urgence de la guerre d’Algérie et d’une IVème République « à bout de souffle », minée par les excès du parlementarisme que De Gaulle s’est concocté une Constitution qui lui allait comme un gant : des habits démocratiques pour un Etat organisé autour de sa personne et de sa volonté. Plutôt que de rétablir la monarchie, Mongénéral s’est établi en monarque.

Évidemment, dès que les successeurs diminuent de taille, l’habit fait pour le Grand Charles se révèle trop ample, il flotte autour des politiciens de seconde zone que les Français ont portés au pouvoir depuis le début des années 1970. D’où les accusations, de plus en plus véhémentes, visant à qualifier de dictateurs en herbe les présidents successifs: Giscard par excès de mépris, Mitterrand par excès de cynisme, Chirac par excès de fainéantise, Sarkozy par excès de précipitation, Hollande par excès de poids et Macron par excès de narcissisme, comme dit l’excellent Jérôme Leroy.

La démocratie, ce n’est pas forcément la chienlit

Je suggère à ceux qui traitent de dictateur en herbe l’actuel chef de l’État d’aller voir à quoi ressemblent de vraies dictatures, dans le passé comme dans le présent.

Le président Macron sur TF1 et France 2, 22 mars 2023 © Jacques Witt/SIPA

Je leur suggère aussi d’étudier sérieusement ce que furent les grandes démocraties. Athènes au Vème siècle, quand n’importe quel dirigeant pouvait être banni de la cité par vote direct — et qu’Aristide, le grand rival de Thémistocle, menacé d’un tel vote en 483 av. JC, avait trouvé en lui assez de vertu pour écrire son propre nom sur l’ostrakon que lui tendait un citoyen analphabète, et qui ne le connaissait pas.

Ou Rome pendant deux ou trois cents ans. Et encore la République romaine avait-elle régulièrement recours au service d’un « dictateur » en période de crise: la démocratie s’y est éteinte avec l’élimination des Gracques, entre 133 et 121 av. JC.

À lire aussi, Pierre Cretin: Macron explique sa réforme au 13h: les oppositions en état de choc

Et c’est tout: la démocratie ne peut exister que dans des espaces géographiques très restreints, favorables à l’expression directe et au vote à main levée. Elle est le système politique de l’agora ou du forum. Quand un État prend une certaine expansion, quand on est obligé de passer par des élus qui ne représentent le plus souvent qu’eux-mêmes et votent des lois iniques sur l’âge de la retraite quand eux-mêmes ne craignent rien à ce niveau, on n’est plus en démocratie. Inutile de verser des larmes. Le mot démocratie est une écharpe dont se sont parés des hommes politiques de tous bords qui se souciaient avant tout de leur destin personnel.

Allons jusqu’au bout de l’ignominie et de l’hypocrisie. Les États-Unis ont fait un million de morts en Irak, 50 000 de plus en Afghanistan, sous prétexte de frotter des dictatures avec un peu de démocratie. On voit le résultat. Les États occidentaux prétendent donner des leçons à la Chine, qui ne s’en émeut guère et fricote tranquillement avec le Kremlin. Les Fils du Ciel, comme ils disent, savent depuis lurette que la démocratie ne s’applique pas à un territoire de presque 10 millions de km2, peuplé de 1,4 milliards d’hommes. Tout comme Poutine n’a jamais pensé la Russie (17 millions de km2 et 146 millions d’habitants) comme une démocratie. Si le fait que Xi Jinping et l’inamovible Vladimir — pour ne pas parler d’Erdogan — ont été régulièrement élus nous fait rire, c’est justement parce que la démocratie n’est qu’une enveloppe vide.

Là-bas comme ici. La France s’offre des taux d’abstention magistraux: quelle est la légitimité d’un président élu par 58% de 70% de votants ? Et nous prétendons donner des leçons aux autres ?  

La République ne se résume pas à l’étiquette qui figure sur la Constitution. La France fut une république fugacement, de 1792 à 1795, et très brièvement en 1848-1850. Fin de l’histoire des Républiques. Depuis, on a surchargé « république » avec « démocratie » — un peu comme les hommes infidèles offrent des fleurs à leur épouse au sortir des bras de leur maîtresse.

Ce ne fut pas la seule surcharge. « Participative », « régionalisée », « européaniste » (on a vu avec le retournement par le Congrès du vote populaire sur la Constitution européenne en 2005 ce que signifiait « démocratie » pour ces gens-là) sont autant de sobriquets accolés à « république » afin de vider le mot de son sens par surcharge cognitive, et de continuer à faire des affaires.

C’est un phénomène courant, on fait la même chose avec « laïcité », désormais « ouverte », comme les cuisses du même nom, afin que tous les particularismes religieux s’y engouffrent, pile et face.

Restaurer une sainte crainte

Il faut revenir à la république vraie — qui n’est pas la démocratie. La Convention, entre 1792 et 1795, avait 795 députés (sauf ceux à qui on coupa la tête au fur et à mesure qu’ils s’éloignaient des mœurs républicaines), et c’est bien suffisant. Et ces députés devaient des comptes à ceux qui les avaient élus. Sur leur vie. Aujourd’hui, ils geignent quand on caillasse leurs permanences. Ils se votent régulièrement des lois spéciales qui leur permettent d’échapper au courroux du peuple. Le président de la République se lance dans des distinctions byzantines entre le peuple et la foule: on voit qu’il ne craint pas pour sa tête.

À lire ensuite, Elisabeth Lévy: Le petit Grand Soir

C’est que nous sommes en démocratie, pas en république. C’est la République qui a coupé la tête de Louis XVI, et exécuté les prêtres réfractaires. Seule une république vraie peut restaurer chez les élus et chez les fanatiques de tout poil une sainte crainte — et s’il faut passer par une révolution pour y arriver, pourquoi pas ? Une révolution n’est point un dîner de gala, elle ne s’accomplit pas dans le raffinement, l’aisance et l’élégance, avec douceur, calme, respect, modestie et déférence (oui, c’est une citation…). Et s’il faut en passer par l’émeute pour disqualifier les représentants du peuple, n’en déplaise au président de la République qui a fustigé le procédé

Mais je ne suis pas sanguinaire. Je suggère d’enrôler les élus défaillants pour repiquer le riz en Camargue jusqu’à 64 ans.

Nous sommes allés au bout de l’illusion démocratique, celle qui permet à un gouvernement de se plier aux ordres d’alliés incertains ou de laboratoires douteux, et d’imposer à un peuple égaré des mesures autoritaires bien dignes du centrisme totalitaire qui pèse aujourd’hui sur le pays.


Addendum
J’ai lu ce mois-ci, à petites gorgées délicieuses, le recueil des articles que Patrick Besson a écrits ces dernières années, et qu’il publie sous le titre, emprunté à cette vieille crapule stalinienne d’Aragon, Est-ce ainsi que les hommes vivent. Je le conseille, comme contre-poison, à tous ceux qui croient penser bien. Imaginez que Besson note, l’air de rien, pp. 357-359, que l’Ukraine et les Ukrainiens n’ont jamais existé, que la Crimée a toujours été un territoire russe, et qu’aucun historien ou écrivain sérieux, de Tolstoï à Mallet & Isaac en passant par Tchekhov, n’a jamais évoqué ce pays autrement que comme province russe. Mais Besson, d’origine croate par sa mère et russe par son père, est un pro-serbe inexpugnable qui pense mal, mais qui écrit bien.
Patrick Besson, Est-ce ainsi que les hommes vivent ?, Albin Michel, janvier 2023, 475 p.

Est-ce ainsi que les hommes vivent ?

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La fabrique du crétin: Vers l'apocalypse scolaire

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Euthanasie, avortement… Quand le droit perd ses limites

L’État et la loi doivent-ils s’immiscer dans tous nos problèmes humains? Une tribune libre de Jean-Philippe Delsol.


La volonté du président de la République d’inscrire dans la Constitution la “liberté” de recourir à l’IVG dans le cadre de sa future réforme des institutions, est d’abord démagogique. Elle court à peu de frais après les voix de la gauche qu’elle risque au demeurant de heurter pour évoquer la liberté de la femme de mettre fin à sa grossesse, votée par le Sénat, plutôt que le droit des femmes à l’avortement proposé par l’Assemblée. Pour modifier la Constitution sans passer par un référendum trop dangereux dans notre temps d’incertitudes politiques, M. Macron a besoin des voix sénatoriales et proposera sans doute un texte ambigu pour que la Constitution garantisse la liberté effective de l’avortement.

Au-delà de la démagogie, une telle révision constitutionnelle contribuerait à augmenter la confusion quant à la consistance et au périmètre de l’Etat de droit qui régit nos libertés. Celles-ci sont garanties de manière générale par l’article 4 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 selon lequel « la liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi ». Les droits et les libertés s’imbriquaient alors comme des remparts contre l’abus des pouvoirs. Ces droits-liberté, ou « droit de » ont été peu à peu remplacés ou complétés, notamment depuis le préambule de la Constitution de 1946, par des droits-créances, ou « droits à » la santé, un emploi, un logement… octroyant à certains des droits sur les autres sans que ceux-ci y aient consenti.

A lire aussi, Jean-Paul Brighelli: Euthanasie mode d’emploi

Antérieurement, le seul droit-créance que la société reconnaissait peu ou prou, dans l’esprit de la philosophie grecque, du droit latin et de la pensée judéo chrétienne, était le droit à la vie. Certains sont d’avis que chacun est propriétaire de son corps, mais cela n’en justifie pas l’irrespect. Ceux qui pensent que l’homme est une créature de Dieu estiment que la vie étant le don le plus précieux que nous ayons reçu, ils ont le devoir moral de l’entretenir, la réparer, l’améliorer, mais aussi de ne pas en détruire ni modifier fondamentalement les composants constitutifs qui, d’une certaine manière, ne leur appartiennent pas. Ils craignent, à juste titre, les folies prométhéennes de ceux qui prétendent se substituer à Dieu. Pour d’autres, la raison, avec Kant, suffit à considérer que l’homme ne peut pas utiliser son corps ou celui d’autrui comme une chose voire seulement comme un moyen. Il doit le respecter en tant qu’il est lié à la fin qui lui est propre et de ce fait, il ne peut pas le transformer indument ni le supprimer de sa seule volonté. La dignité consiste ainsi à respecter l’intégrité de l’être, celle de l’autre comme celle de soi-même. Ce qui explique aussi les réticences à l’égard de l’euthanasie, du changement de genres ou de la GPA. Mais nul ne peut ignorer ni les cas particuliers ni les souffrances humaines. Il faut donc trouver la juste mesure.

Le sens de la mesure

Le droit précisément a pour objet d’empêcher l’atteinte aux droits des autres. Nous sommes tous à la recherche de nos libertés, mais celles-ci n’ont pu émerger et ne peuvent être préservées que dans le souci des limites opposé par la Grèce antique au chaos du monde et à l’esprit de démesure, l’hubris humaine. Il ne s’agit pas de sombrer dans des consensus insipides, mais de rechercher la justice et la vérité dans la tension tragique qui oblige à accepter le possible et à laisser le reste aux dieux. Dans cet esprit avaient œuvré les lois Veil sur l’avortement et Léonetti sur la fin de vie.  En soi, un nombre de semaines en deçà duquel l’avortement est possible et au-delà duquel il ne l’est pas est un non-sens car après sa fécondation, l’enfant ne cesse pas de croître, non seulement jusqu’à l’accouchement de sa mère mais encore après lui. Mais ce fut un compromis consistant à poser une limite. Pour sa part, la loi Claeys-Leonetti du 2 février 2016 a permis de mieux prendre en compte les dernières volontés des personnes en fin de vie pour éviter l’acharnement thérapeutique et favoriser l’accès aux soins palliatifs face à la douleur tout en respectant la limite qui veut que l’homme, et le médecin moins encore, ne peut pas donner la mort.

A lire aussi, Gabriel Robin : Timothée Chalamet est leur nouveau gen(d)re idéal

Désormais, la revendication est de supprimer toutes limites. La difficulté est peut-être dans l’idée même de vouloir régler ces problèmes par la loi. Par définition, celle-ci est générale quand chaque situation est particulière et chaque personne singulière ; elle ne peut entrer dans notre intimité qu’avec la main tremblante. Le droit de vie et mort serait sans doute mieux tranché par le droit qui, au travers des tribunaux, relaie la loi. Il est pour sa part tout à la fois plus universel, dans les principes qui le structurent, et attentif aux cas individuels que la jurisprudence balise.

Le risque plus général est que les lois sociétales qui se multiplient pour faire prévaloir la culture, ou ce qui en tient lieu, et la technique sur la nature, soient destructrices de notre humanité. Elles participent d’un esprit de démesure par lequel l’homme se veut demiurge, capable de recréer sa propre nature, de la transformer radicalement. C’est une nouvelle forme de la tentation faustienne. Mais chacun sait qu’il est dangereux de souper avec le diable, même avec une longue cuillère. Parce que la nature ne peut pas être exclue sans craindre que l’homme en pâtisse ainsi qu’Héraclite l’énonçait déjà (fragment 94) à sa manière elliptique : « Le soleil n’outrepassera pas ses bornes, sinon les Erinyes, gardiennes de la justice, sauront le retrouver ».

Civilisation et libre-arbitre

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Humiliation

C’est bien ce mot d’humiliation qui s’impose aujourd’hui à la suite de l’annonce du report de la visite officielle du king Charles III chez nous. Le roi de Paris ne sera donc pas le monarque anglais ces quelques jours, l’événement étant remis à plus tard…


Qu’importe au fond puisque justement, en ce moment, nous en avons un autre, de roi de Paris. J’ai nommé  sa majesté le surmulot. Il faut dire qu’il est à la fête jour et nuit, alors que, par la grâce des grèves, ce sont les ordures qui tiennent le haut du pavé. Nos rebuts et déchets suffisent à son bonheur. Nul besoin pour lui des fastes de Versailles, c’est autant d’économisé. La descente des Champs Élysées, il a coutume de la faire en passant par les égouts. C’est là encore autant de gagné en déploiement de forces de l’ordre pour assurer sa sécurité, les black blocks, si bien connus et pourtant assez mystérieusement si insaisissables, n’ayant pas encore investi ces endroits-là, bien que la fange et la merde nous semblent constituer leur milieu de prédilection.

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Humiliation, oui, car démonstration est faite devant le monde entier que la France, notre France, n’est même plus en mesure d’assurer une manifestation de cet ordre, primesautière, désuète diront certains. En tout cas davantage people que politique, davantage destinée aux magazines à couvertures glacées qu’aux comptes rendus du Quai d’Orsay. Il s’agissait au fond d’un moment de convivialité trans-Manche comme on les aime tant, avec flonflons et tapis rouge, dames premières à chapeaux improbables, discours royal avec accent oxfordien et president de la République se vivant le temps d’un banquet, le temps d’un soir en monarque absolu et rayonnant. Autrement dit, en souverain ayant la main sur tout.

A lire ensuite, Thomas Morales: Paris perdu, édition gagnante!

Or, là aussi, il y a lieu de fourbir le mot d’humiliation. Pour lui, humiliation autant personnelle que politique. Car, avec ce report sine die, nous voici autorisés à considérer que c’est jusque sur son agenda – oui, son agenda ! – qu’il est en passe de perdre la main. Quoi de plus humiliant, en effet ? Cela dit, puisque Versailles est remis aux calendes grecques, le repli à la Lanterne, toute proche – à l’image du Capitole et de la Roche Tarpéienne – s’offre à lui en manière de compensation. Au moins le temps de ce séjour qui aurait dû être royal. Et qui ne sera que « raté », comme se gaussent les surmulots entre eux.

Dernière parution : Le Prince Assassiné, coll. Poche Histoire, éditions Lanore

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« Mois de l’Histoire des Noirs »: après les États-Unis, la France?

Black Lives Matter devient un prétexte pour imposer un inquiétant endoctrinement aux petits Américains.


Aux États-Unis, février est le Mois de l’histoire des Noirs, durant lequel les établissements scolaires et les institutions culturelles célèbrent les réalisations des Afro-Américains. Mais du 6 au 10, durant la Semaine d’action de Black Lives Matter At School, les écoles – de la maternelle au lycée – sont encouragées à mettre en œuvre dans leurs enseignements les 13 principes directeurs de BLM. L’événement est approuvé par les deux plus grands syndicats d’enseignants. Parents Defending Education, association visant à protéger les écoles contre l’influence d’idéologies militantes, a publié sur son site web les matériels pédagogiques utilisés par des écoles ou rectorats dans 11 états. Reflétant les 13 principes, ces matériels visent à combattre le « colorisme », un néologisme qui, remplaçant le racisme, désigne un système où la peau blanche est toujours privilégiée. Dans une perspective séparatiste, il s’agit aussi de créer une communauté ou « famille » planétaire de Noirs.

À lire aussi : «Black lives matter.» Vraiment? Aux yeux de qui?

Les activités, cours et lectures préconisés prétendent contribuer à démanteler le patriarcat, la famille nucléaire occidentale, la pensée hétéronormative et le privilège cisgenre, permettant aux enfants de se découvrir comme non binaires ou trans. Dans un comté dans le Maryland, les enfants sont invités à participer à un exercice censé déterminer « leur degré de privilège et d’oppression ». Ailleurs, les enfants écoutent des contes dégenrés lus par des « drag queens » (des hommes déguisés en femmes), portent des vêtements pour honorer un Noir assassiné par la police, apprennent que l’objectivité et « l’adoration du mot écrit » sont les apanages de la suprématie blanche et découvrent ce que c’est que d’être un militant. Un programme d’endoctrinement aussi explicite aurait enchanté Mao lui-même.

La Révolution racialiste, et autres virus idéologiques

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Les mésaventures de la fée Martine

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Certes, moins d’un an avant qu’il ne disparaisse, et alors qu’elle était encore assez jeune, le président Mitterrand avait affirmé que le nationalisme c’était la guerre. Mais, après avoir échoué à faire fermer la «Citadelle» il y a quelques jours, Martine Aubry n’a toujours pas compris qu’être nationaliste n’est pas encore illégal. Coup de gueule.


Il y a des gens pour qui la France n’est pas le ramassis de pistes cyclables et de valeurs mielleuses dont cherchent à l’affubler au pied levé quelques élus d’extrême-gauche de dernière minute. 

Un mois après avoir tenté, sans succès parce que fallacieusement, de faire interdire une association identitaire, voici que Martine Aubry réédite ses relents policiers en cherchant à faire interdire un concert de Millésime K, l’un des rares rappeurs ouvertement de droite que compte la France, mais auquel les héritiers du stalinisme reprochent une idéologie dangereuse. Comme si le rap avait attendu cet individu pour être brutal. C’est quand la gauche et ses protégés n’en sont pas à l’initiative qu’elle s’intéresse à l’augmentation de la violence. Elle déploie alors une belle énergie pour faire interdire un rappeur cocardier, alors qu’on ne l’a pas entendue protester contre celui qui disait vouloir « pendre les Blancs » et tuer leurs bébés… 

Nuit magique

En tout cas, cet événement musical lillois nous changera des brailleries du conseil municipal de Lille, qu’on pourrait bientôt confondre avec une église tant on y entend de prêches. Mais, la fée Martine a encore frappé. Aurait-elle développé un penchant pour les coups de bâton qu’elle se prend en justice ? 

Je l’appelle fée Martine dans un souci de style, mais qu’elle n’aille pas s’imaginer détenir de vrais pouvoirs magiques. Son seul pouvoir, comme celui de ses congénères idéologiques, est un pouvoir de nuisance. Même s’il est vrai que les écologistes, qui végètent près d’elle, se montrent souvent plutôt protecteurs des nuisibles.

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La fée Martine et ses amis sont bien les seuls à ne pas avoir compris que la magie n’existe pas. La France n’a pas encore été gouvernée assez longtemps par la gauche pour devenir un État policier. La magie ne produit encore ses effets qu’auprès de ceux qui veulent y croire dans le bureau du maire de Lille, mais elle reste contenue par quelque chose qui s’appelle la justice. La justice n’est certes pas un rempart infaillible, mais c’est un rempart tout de même. Le rempart de la justice est ce qui nous protège encore d’une société où notre seule liberté serait d’être de gauche. 

Harcèlement judiciaire ?

À force de prononcer les mots magiques de « racisme », de « sexisme » et d’ « islamophobie », pour disqualifier les opinions de certains ou proscrire leur attachement à leurs coutumes, les gens de gauche démontrent qu’ils ne sont pas capables de tolérer autre chose que leur propre opinion. Ils vous tolèrent… si vous êtes d’accord avec eux ! Si ce n’est pas le cas, vous ne pouvez plus vous produire en spectacle. Aucune décision de justice ne vous a jamais condamné, mais des gens sans aucune autorité pour le faire vous ont sanctionné à distance. L’appareil coercitif et policier que constitue le droit administratif est un terrain dans lequel le socialisme se sent chez lui. Il constitue également une alternative à l’affrontement judiciaire véritable. Il faut croire que les gens de gauche n’ont ni le courage ni la capacité intellectuelle de soutenir un débat contradictoire, et qu’il leur est plus commode d’utiliser des voies préventives et unilatérales, et de signer un papier dans un bureau calfeutré. L’association des pouvoirs de police administrative et de ces néoseigneurs sans charisme est précurseur d’un système de crédit social à la française… 

Pour l’heure, fort heureusement, nous n’en sommes pas là ! Nous avons encore le droit d’aimer la France et de le dire. Il serait bon que Martine Aubry le comprenne. C’est certes satisfaisant de lui donner la fessée en justice, mais la justice a autre chose à faire que de la pédagogie pour des communistes mal dégrossis en mal d’électeurs.


Pierre Perret: «Dans Paris, Paris dégoûtant, seuls les rats sont contents»

Selon la presse olfactive, sur son vélib’, le chanteur populaire octogénaire fait une sortie de route…


Pierre Perret, 88 ans, avait jusque-là proposé des textes tantôt enfantins, tantôt paillards, parfois les deux. Mais tout compte fait, de nos jours, celui qui faisait scandale au début de sa carrière proposait des chansons assez souvent bien pensantes. L’Éducation nationale avait même fait de la chanson immigrationniste Lily, un véritable hymne obligatoire, étudié chaque année par nos chères têtes blondes. Quelle idée a-t-il donc eue de s’en prendre à la saleté de la capitale dans Paris saccagé ?


« Dans Paris, Paris dégoutant/ Seuls les rats sont contents/ Ils savent qu’ici les végans pas idiots/ Les nourrissent qu’avec du bio/ Pour traverser les tranchées les travaux/ C’est pire que le col de Roncevaux/ Les déjections qui fleurissent les trottoirs/ Décorent ce grand dépotoir ». Avec sa dernière chanson, Pierre Perret rejoint la cohorte des mécontents, ceux qui trouvent Paris dégueulasse. En 2021, le #SaccageParis avait connu un franc succès sur les réseaux sociaux, en diffusant les photographies peu ragoutantes d’une capitale délabrée. Anne Hidalgo avait alors accusé l’extrême droite de se cacher derrière tout ça, même si le hashtag avait été lancé au tout départ par un « citoyen progressiste modéré ».

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Les optimistes répondront que, sur le long terme, Paris a fait l’objet d’une aseptisation et que c’est bien parce que la ville est arrivée au bout du bout de ce phénomène que les dernières traces de saleté nous paraissent insupportables. En son temps, Baudelaire trouvait que Paris sentait le chou aigre, Lyon le charbon, Bruxelles le savon noir et l’Orient, le musc et la charogne. Ces dernières décennies, l’opinion des Parisiens sur la question de la propreté a été plusieurs fois mesurée, et elle a connu d’importantes fluctuations. En 1974, ils étaient 82% à trouver sale la capitale, contre 78% en 2021. En 1991, le chiffre était descendu à 53%, à l’époque où Jacques Chirac, armé de ses motocrottes, faisait son possible pour que les amoureux de Paris « s’y promène[nt] et puisse[nt] y rêver encore ».

La France Amélie Poulain…

Il n’en fallait pas plus pour que les plumes de Libération viennent à la rescousse de l’édile parisienne. Car Anne Hidalgo a beau avoir fait un score dérisoire à la dernière présidentielle, y compris dans sa propre ville, elle n’en reste pas moins une vache sacrée pour le bulletin paroissial de la gauche bourgeoise-bohème.

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D’après l’article publié par nos confrères, Pierre Perret aurait coché toutes les cases du tonton réac en s’en prenant aux tagueurs, aux trottinettes, aux végans et aux surmulots ! « Sur fond d’accordéon bien tradi » (on n’est pas passé loin du « Bien sûr, tout ce qui est terroir, béret, bourrées, binious, bref, franchouillard ou cocardier, nous est étranger, voire odieux » de BHL, NDLA), Pierre Perret véhiculerait le fantasme d’un Paris « figé dans le formol », celui d’Amélie Poulain. Sorti en 2001, le film de Jean-Pierre Jeunet était, il est vrai, d’une niaiserie insupportable, mais il s’était aussi vu reprocher à sa sortie de diffuser l’image d’une « France rétrograde, ethniquement nettoyée, nauséabonde ».

Tous des vieux cons !

Pierre Perret n’est pourtant pas la seule célébrité à se plaindre de l’évolution de la capitale ces dernières années. En 2022, Isabelle Adjani annonçait qu’elle pliait bagage et s’installait au Portugal. « Ce qu’est devenue cette ville est un mystère… Elle n’est sincèrement plus vivable ». En 1999, dans sa (très jolie) chanson Rive gauche, Alain Souchon reprochait aux « marchands malappris » de venir vendre « leurs habits en librairie ». Plus récemment, il complétait cette critique « de gauche » avec un point-de-vue plus « droitier », trouvant que la ville était devenue sale et violente, et admettant qu’il était devenu « un vieux con ».

Surtout, en conclusion, l’auteureuh de Libération nous suggère de nous retrousser les manches. Si Paris est si sale, nous n’avons qu’à nous en prendre à nous-mêmes, na, plutôt « que d’attendre des édiles qu’ils fassent le ménage ». C’est vrai, quoi: et si les habitants de Paris s’organisaient eux-mêmes en brigades pour nettoyer la ville ? Désintégration des services publics et do it yourself : nous voilà presque replongés dans l’Angleterre punk des années Thatcher!

Capitale

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Macron explique sa réforme au 13h: les oppositions en état de choc

Théorie du bordel ambiant.


Le bordel ambiant, la « mobilisation », les grèves et autres manifestations qui occupent actuellement les Français pourraient laisser penser à un naïf étranger débarquant dans notre cher et vieux pays, comme disait De Gaulle, que la nation se bat contre une violente menace, pour un enjeu essentiel. Pour que le « cri de la foule » (comme dit Mélenchon) se substitue violemment à la « voix du peuple » que représentent les assemblées, il pourrait penser qu’il s’agit d’enjeux vitaux comme l’éducation, la santé, la sécurité ou l’identité de la patrie… Expliquons donc à notre visiteur venu de la Perse lointaine qu’il s’agit d’un problème beaucoup plus grave : une prolongation de deux ans de la vie au travail, mesure adoptée par l’Assemblée nationale qui a refusé de censurer le gouvernement sur cette loi !

Le président de la République, bien logiquement, a donné hier midi son point de vue et expliqué ses choix. Hurlement général des mécontents : c’est un scandale, il n’est pas d’accord avec nous !! C’est pourtant le contraire qui aurait été surprenant.

Jean-Luc Mélenchon chef d’orchestre

Bien évidemment, cette surprise, comme tout le reste, n’est qu’une des grotesques péripéties de ce grand concert où chacun doit jouer sa partition. Le bien commun, à l’évidence, n’est plus le souci de personne parmi les musiciens de cette cacophonie. Preuve en est la stupéfiante litanie des réactions aux propos du président de la République. Le registre employé – et c’est ce qui caractérise tristement notre époque – nage totalement dans la subjectivité la plus pitoyable. Personne ne réagit rationnellement en combattant simplement sur le plan des arguments. Au contraire, chacun se sent attaqué dans sa propre petite personne. On ne juge plus les arguments, on impute des sentiments. On fait de la morale.

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Jean-Luc Mélenchon a vu dans l’intervention télévisée du président sa « traditionnelle marque de mépris ». Cet argument du mépris semble beaucoup plaire à tout le monde, y compris à Marine Le Pen qui court derrière le leader de gauche depuis longtemps dans la compétition démagogique. Cette histoire de mépris avait déjà été beaucoup entendue à l’époque des gilets jaunes. Elle est caractéristique de notre nouveau monde, où personne ne peut plus jamais contredire personne sans être aussitôt jugé comme méprisant ou arrogant. C’est tout comme si la nouvelle Inquisition initiée par les « woke » avait gagné tout le champ du débat social et politique : si tu n’es pas d’accord avec moi, c’est donc que tu me méprises (tout comme, par exemple, si tu n’approuves pas le mariage homo tu es homophobe) ! L’air est connu.

Macron, un dangereux incendiaire

Le président des sénateurs PS avait trois mots à la bouche, hier : « suffisance… arrogance… condescendance ». Marine Le Pen a dénoncé d’ « inutiles, blessantes et dangereuses provocations ».  La Secrétaire générale des Verts s’est dite « glacée par la démonstration d’autosatisfaction du président Macron », et a dénoncé « des propos méprisants et même offensants ». Certains s’essaient au lyrisme patriotique, comme Olivier Faure, le petit patron du petit Parti socialiste, lequel a dénoncé un président qui « insulte notre histoire en refusant une légitimité à l’expression populaire ». Ce reproche, ridicule et grandiloquent, montre bien le niveau actuel du débat politique. Quant à l’impayable leader syndical Philippe Martinez, on a toujours grand plaisir à le retrouver dans le rôle du Cégétiste éternel qui ne mâche pas ses mots: il a pesté hier contre « du foutage de gueule ». N’oublions pas, enfin, au-delà de tous ces inquisiteurs défendant le respect du bon peuple, les hypocrites, qui accusent Macron de jeter une allumette tel un incendiaire, alors qu’eux-mêmes, ce faisant, soufflent de tous leurs poumons sur la paille qu’ils se plaisent à accumuler comme les poubelles dans les rues de Paris. Olivier Faure : « Macron vide le jerrican sur un brasier qu’il avait déjà allumé ». Mais aussi le LR Aurélien Pradié : « Ne rien changer, attendre, bidouiller, c’est jouer avec le feu ».

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Charles III à Versailles ? Shocking !

Enfin, parmi ces innombrables orateurs du parti des mécontents, il faut citer l’inénarrable Sandrine Rousseau qui se voit déjà marchant sur Versailles en tête du peuple de Paris comme en 1789 : « Incroyable, on va avoir Emmanuel Macron, le monarque républicain, qui va recevoir Charles III, qui va descendre les Champs-Élysées, qui va aller dîner à Versailles, pendant que le peuple dans la rue est en train de manifester ». Terminons par un coup de chapeau mérité à l’extrême gauche, qui tire ses marrons du feu et vit en ce moment le grand frisson du bazar en contemplant les drapeaux rouges qui refleurissent comme au temps des cerises. Le manque de culture historique et le faible niveau général de nombre de nos lycéens et étudiants, qui sont, les pauvres, endoctrinés très tôt par la doxa, lui fournit un grand nombre de troupes fraîches et facilement manipulables… Les syndicats « réformistes », et tous les braves gens qui défilent en croyant sincèrement œuvrer pour un monde meilleur, sont à coup sûr les idiots utiles de ceux pour qui la grève générale, voire la guerre civile, sont la bonne porte d’accès vers leur idéal communiste. Heureusement, l’histoire récente nous enseigne que, malgré leur grande gueule, et leur façon de se prendre toujours pour des sans-culottes, les Français ne veulent surtout pas de cette révolution.

Ils finissent toujours par préférer Bonaparte à Robespierre, et De Gaulle à Thorez…

Charles III pour le tri sélectif

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Le Roi et la Reine consort vont faire le trottoir à Paris et le laisser plus net qu’un parquet de Versailles ! Ils sont le dernier espoir des Parisiens en colocation avec les rats de l’élevage Hidalgo. La monarchie britannique peut aussi inspirer un pacte social. Si dans nos entreprises, un salarié est un encombrant dès 50 ans, à Londres Charles a décroché son premier job à 73 ans…


Darkmanin, l’arme fatale. De Londres à Liverpool on prie pour son Roi. Parce que de la Place de la Bastille leur parvient l’odeur du sang de 1789 ? Non. Parce que les rats parisiens ont pris d’assaut des citadelles de poubelles et menacent de détrôner le pangolin sur la liste des dangers potentiels pour la planète ? Pas du tout. Alors, ils ont peur de quoi les britishs ? Du Dark. Ils découvrent, incrédules, que l’artisan du fiasco du Stade de France est encore aux manettes de la sécurité. Et en passant, le confort de la french-démocratie et de son ni coupable ni responsable. À Londres, le pilote aux commandes d’un tel bordel se serait éjecté illico du pouvoir. S’il avait du mal à fermer sa valise, la presse et les bobbies l’auraient envoyé paitre l’herbe de Twickenham. Darman Out. À Paris, Darman IN, a pu en toute impunité raconter des bobards pendant deux mois. Le Gégé de Beauvau a même usé des pires clichés anglophobes. Hooligans, alcooliques… La classe XXL d’un Small Little Man.

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Lèche-bottes blues. Certains commentateurs qui ont pris Macron, sa réforme et ses relais en grippe espagnole, commencent à retourner leurs vestes quand est évoquée une possible annulation de la visite royale. Les salauds de pauvres et leurs agissements de sans-culotte les privent déjà d’en faire des caisses à Versailles. La réception se fera banalement à l’Elysée. C’est que les journalistes français s’étaient surpassés pour l’enterrement de la Reine. Charles et Camilla, les têtes couronnées les plus détestées de la planète TV, étaient devenues en quelques heures les icones du microcosme. Les slurps des uns couvraient le bruit des slurps des autres. Leur salive déboulait dans le caniveau pour toucher la mer du Nord avant la Tamise. L’élément de langage commun à toutes les chaines c’était Charles fait un sans-faute, Charles entre dans le costume. Manquait plus qu’il suive le corbillard en slip kangourou! Bref, Charles n’avait plus l’air d’un con avec les oreilles de Dumbo. Camilla n’était plus la méchante briseuse de couple qu’on sort à Windsor pour effrayer les pigeons. C’était Bridget Jones Camilla! Sans les problèmes de poids. Putain qu’elle est maigre!

Le président Macron et son épouse, Londres, 18 septembre 2022 © Dursun Aydemir / ANADOLU AGENCY / Anadolu Agency via AFP

Comme j’aime.fr. Si Macron doit affronter une crise de régime, ce n’est pas le cas de Brigitte et Camilla qui suivent le même. Et ça marche. À Londres le président n’avait pas lâché la main de la First Lady. Il avait peur qu’on lui fauche. Un qui ne risque pas de lui faucher c’est Charles. Il a la même.

Le sens de l’histoire

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Le Mans, 21 mars 2023 © GILE Michel/SIPA

La neuvième journée d’action contre les retraites confirme que le peuple français demeure merveilleusement rebelle. Jérôme Leroy salue ici son courage.


Et soudain, dans le cortège lillois, au moment où il est arrêté par un premier mur de lacrymogènes et des feux de poubelles, cette pancarte en carton, brandie par une étudiante: « Le sens de l’histoire ».
C’est tout.
Et c’est assez. Assez pour résumer ce qui se joue en ce 23 mars pour cette neuvième manifestation.

D.R.

Pour paraphraser le regretté Frédéric Fajardie, dans un de ses meilleurs romans, Jeunes femmes rouges toujours plus belles, la jeune hégélienne est toujours plus belle, qui nous rappelle que ce qui cherche à se réaliser dans l’histoire, c’est la Raison. Et que la Raison est évidemment dans les cortèges partout en France, qui veulent une société où ce n’est pas l’homme qui est au service de l’économie mais l’économie qui est au service de l’homme, comme a pu aussi le rappeler le Pape François dans un colloque à Assise en septembre.

Il n’y a aucune raison rationnelle à travailler plus, il y aurait même une sorte de folie à le faire, écologique, sociale, humaine. Tous les arguments exténués qui ont été sortis par les pitoyables porte-cotons de la très incertaine majorité présidentielle et relayés par les nouveaux valets 2.0 que sont les journalistes spécialisés en économie des chaines infos se heurtent à cette évidence : le peuple descend toujours et encore dans la rue, c’est lui qui fait l’histoire, sous nos yeux rougis par les gaz.

Ce coup-ci, les vieux manifestants pacifiques comme votre serviteur ont senti que ce serait un peu plus tendu que précédemment et ont apporté les ampoules de sérum physiologique et les FFP2  pour pouvoir continuer à marcher sur certaines portions du parcours.

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Que vont-ils ressasser, ce soir à la télé, ces inlassables écholaliques, ces psittacistes hallucinés : que l’espérance de vie augmente et justifier ainsi de travailler plus ? Que des « équilibres budgétaires » sont nécessaires même s’ils se font dans l’unique intérêt du capital et jamais du travail, des premiers de cordée et jamais des salariés à qui on ordonne, à l’occasion, de payer pour sauver les banques qui spéculent comme au casino ? Que la réforme est de gauche comme l’a osé le très orwellien Dussopt pour qui sans doute, la liberté, c’est l’esclavage ?

Toutes ces redites ne sont plus d’aucun effet sur cette foule qui est, l’étudiante a raison, dans le sens de l’histoire. Seul le  zombie de l’Elysée, qui est mort et qui ne le sait pas, qui la prochaine fois qu’il s’adressera aux Français, choisira sans doute France Bleu Mayenne à 3 heures du matin pour aller jusqu’au bout du déphasage, y croit encore.

Tous les paris sur la résignation et sur la peur faits par ceux qui, pour reprendre la chanson des Canuts d’Aristide Bruant, sont « le linceul du vieux monde » ont manifestement échoué. Comment ne pas se sentir, à ce moment, par ce printemps frisquet, fier de ce peuple qui persiste à dire non alors qu’on aura tour à tour fait preuve avec lui de « pédagogie » – quel mot méprisant en politique – et d’intimidation, qu’on lui aura imposé un projet sans vote effectif de ses représentants en utilisant tous les recoins d’une Constitution dénaturée et qui, à rebours de toutes les prévisions, a au contraire accentué sa mobilisation.

Bien sûr, quand on montre la lune à l’imbécile, il regarde le doigt, ou plutôt, on voudrait qu’il regarde le doigt : scènes de violences, d’incendies, de guérilla urbaine. À la longue, une fraction de la jeunesse a fait le choix de la violence réelle, malgré la sagesse de l’intersyndicale, la maturité politique et médiatique des deux anciens frères ennemis Martinez et Berger, contre la violence symbolique et insultante du pouvoir qui a culminé avec le 49-3 et la dernière intervention de l’élu par défaut.

Je prends les paris que dans les jours qui viennent, les journalistes de plateau répèteront, comme les flics qu’ils sont, la même question  aux syndicalistes et aux élus de gauche : « Est-ce que vous condamnez les violences ? » Évidemment qu’ils les condamneront, car elles sont condamnables mais il leur faudra aussi, inlassablement, retourner la question aux auxiliaires de police télégéniques: « Et vous, est-ce que vous condamnez la violence du pouvoir, ce que Pasolini appelait l’anarchisme du pouvoir quand celui-ci se croit sans limite ? Est-ce que vous condamnez Macron et son monde ? » Mais peu importe qu’ils répondent ou non, mardi 28 mars, ça recommencera.  Et je sais déjà que la jeune hégélienne sera là, dans « le sens de l’histoire ».

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Trop c’est trop!

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© Tim Rooke/Shutterstock/SIPA

Un billet d’humeur de Sophie de Menthon.


D’accord, la réforme des retraites a été mal foutue avec des erreurs de chiffrages, des porte-parole incompétents, des incongruités, des injustices comme partout… Mais oui : il faut travailler plus, parce qu’il faut bien augmenter la masse de travail que nous fournissons (pour payer, entre autres, ces retraites dont tout le monde rêve…), et augmenter la richesse du pays pour alimenter le coût gargantuesque de l’administration ! 

On commence à s’indigner à 18 ans pour certains, on a même un nouveau héros lycéen des plateaux TV de 12 ans, notre « Greta » à nous  – dont les parents ne doivent pas beaucoup aimer bosser.

Oui: tous les pays d’Europe travaillent plus longtemps que nous, oui, on va vivre de plus en plus longtemps… Anne Hidalgo, notre « héroïne » parisienne à tous, inspectrice du travail (la pénibilité, n’était-elle pas pour ceux qu’elle contrôlait ?), est partie à la retraite à 51 ans. Cela lui a permis une deuxième carrière d’élevage de surmulots (elle a aujourd’hui 63 ans).

Superprofits pour super retraites

Nous avons enfin agi sur les régimes spéciaux des futurs entrants de la RATP, de l’EDF, d’Engie, de la Banque de France, des clercs de notaires. Nous avons réformé les régimes spéciaux, mais pas pour tout de suite bien sûr, c’est pour les suivants ! Le comble, c’est que beaucoup de ceux qui manifestent, nous bloquent et nous polluent, ne sont donc pas concernés par l’avancée de l’âge de leur retraite. Pire, ceux qui manifestent aussi contre le capitalisme et les superprofits (ça va avec), et qui bénéficient de régimes spéciaux, sont les seuls à avoir une retraite financée… par la capitalisation. Et que contiennent ces fonds de capitalisation maudits ? eh bien des investissements dans les fameuses entreprises qui font des surprofits et donc qui versent des dividendes ! C’est ce qui s’appelle mordre la main qui vous nourrit.

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Alors il fallait la faire cette réforme, même si ce n’est pas le moment (c’est quand le moment ?) Il fallait l’expliquer bien mieux, mais pour cela il eut fallu aussi que les Français et leurs élus peureux ou économiquement incompétents ne soient pas réfractaires à l’économie de marché. Il fallait aussi qu’Emmanuel Macron ne soit pas si mauvais communicant ! qu’il ait l’air populaire. Comme Giscard ? (mais n’était-il pas lui aussi un peu hautain, Giscard ?). Ou comme de Gaulle ? (mais n’était-il pas lui aussi un peu méprisant, de Gaulle ?) Il aurait fallu que le président reçoive toujours les mêmes syndicalistes, toujours en désaccord, qui veulent tous le retrait de l’âge limite ? Ils auraient descendu le même perron de l’Élysée, en répétant la même rengaine: « On n’a pas été écoutés »… En tous les cas, on les entend !

Les télévisions toutes contre la réforme

C’est devenu insupportable de voir le déchaînement des médias qui avaient commencé à flinguer le discours du président trois jours avant qu’il ne parle. C’est devenu insupportable de ne voir que des opposants, ou presque, invités sur les plateaux, qui déversent haines et contre-vérités économiques. Tout y passe, les salauds de riches qui s’augmentent, la Bourse qui va bien, le CAC 40 florissant, le Nutella qui augmente, l’inflation des radis et des prix de l’énergie ! Les Insoumis tiennent leur rôle, Mélenchon prépare une énième présidentielle. On envisage le pire, ce qui réjouit tout le monde, surtout les caméras « sur place » et les micro-trottoirs. On a même sérieusement entendu parler de totalitarisme anticonstitutionnel pour le 49-3, alors que justement le 49-3 est dans la Constitution. Précisément, on a un recours déposé devant le Conseil constitutionnel: à peu près personne n’est capable de vous expliquer ce que le Conseil constitutionnel vient faire dans cette loi de financement de la Sécurité Sociale, mais Laurent Fabius, lui, doit bien le savoir… Va-t-il vouloir embêter Macron au maximum, ou juste retoquer quelques dispositions ? Ça dépend s’il veut plus tard être élevé plus haut dans l’Ordre de la légion d’honneur, peut-être…

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On arrive à en oublier les retraites. D’ailleurs, quand vous interrogez les gens normaux, dans la rue ou au bistro, sans micro, ils sont « résignés ». Autrement dit, ils s’en fichent un peu et en fait comprennent plutôt bien qu’il faille bosser plus. Alors, il faut que les médias et les opposants fassent attention, parce qu’ils vont finir par rendre Macron sympathique : trop c’est trop !

La honte

Mais on n’avait encore rien vu, la coupe est pleine, le roi Dagobert est contraint de mettre sa culotte à l’envers. Le roi Charles III reporte sa visite officielle. La honte ! Que l’absence de savoir-vivre des Français fasse craindre pour la sécurité de notre hôte et que Buckingham Palace la sente menacée, c’est insupportable.

(Br)Exit donc pour sa première visite officielle en France. Non seulement nous guillotinons nos rois, mais voilà que désormais nous écartons les autres à coup de poubelles renversées ! De surcroît, nos gauchistes révolutionnaires auraient mobilisé tous les médias autour du faste inévitable, qu’on nous aurait présenté comme payé avec la retraite des Français… Et ne nous y trompons pas, nous sommes déçus, quoiqu’on en dise, de ne pas voir le diadème de la reine consort dimanche, de ne pas voir la robe haute couture LVMH de notre Première dame, de ne pas pouvoir comparer la révérence de Brigitte avec celle de Carla Bruni, de ne pas voir la table magnifique etc.

Un dernier grand regret: le roi Charles III étant un Vert dans l’âme, pour peu, nos écolos l’auraient acclamé ! Et c’eût été un conte de fées, dans un cauchemar de poubelles menacées par les fameux « auxiliaires de gestion de déchets » (en anglais: « rat ») ! 

La France sens dessus dessous !: Les caprices de Marianne

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Le chœur des pleureuses démocrates

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Docks de Marseille, 22 mars 2023 © Daniel Cole/AP/SIPA

L’usage du 49-3 ne scandalise pas notre chroniqueur, qui n’a jamais pensé un instant que nous vivions en démocratie. De là à accuser le gouvernement d’Elisabeth Borne et Emmanuel Macron de verser dans le fascisme, il y a une marge, dit-il. Et les manifestants devraient avoir un objectif plus consistant que la simple abolition d’une loi (déjà votée) ou le recours à un référendum (qui ne se fera pas): et si on se souciait de rétablir la République?


Frédéric Magellan, dans Causeur, a parfaitement résumé les derniers développements législatifs : « Le 49-3, écrit-il, est devenu ces dernières décennies le symbole de la « monarchie présidentielle »… » Son historique de notre Vème République est tout à fait précieux et remet les idées en place : c’est dans l’urgence de la guerre d’Algérie et d’une IVème République « à bout de souffle », minée par les excès du parlementarisme que De Gaulle s’est concocté une Constitution qui lui allait comme un gant : des habits démocratiques pour un Etat organisé autour de sa personne et de sa volonté. Plutôt que de rétablir la monarchie, Mongénéral s’est établi en monarque.

Évidemment, dès que les successeurs diminuent de taille, l’habit fait pour le Grand Charles se révèle trop ample, il flotte autour des politiciens de seconde zone que les Français ont portés au pouvoir depuis le début des années 1970. D’où les accusations, de plus en plus véhémentes, visant à qualifier de dictateurs en herbe les présidents successifs: Giscard par excès de mépris, Mitterrand par excès de cynisme, Chirac par excès de fainéantise, Sarkozy par excès de précipitation, Hollande par excès de poids et Macron par excès de narcissisme, comme dit l’excellent Jérôme Leroy.

La démocratie, ce n’est pas forcément la chienlit

Je suggère à ceux qui traitent de dictateur en herbe l’actuel chef de l’État d’aller voir à quoi ressemblent de vraies dictatures, dans le passé comme dans le présent.

Le président Macron sur TF1 et France 2, 22 mars 2023 © Jacques Witt/SIPA

Je leur suggère aussi d’étudier sérieusement ce que furent les grandes démocraties. Athènes au Vème siècle, quand n’importe quel dirigeant pouvait être banni de la cité par vote direct — et qu’Aristide, le grand rival de Thémistocle, menacé d’un tel vote en 483 av. JC, avait trouvé en lui assez de vertu pour écrire son propre nom sur l’ostrakon que lui tendait un citoyen analphabète, et qui ne le connaissait pas.

Ou Rome pendant deux ou trois cents ans. Et encore la République romaine avait-elle régulièrement recours au service d’un « dictateur » en période de crise: la démocratie s’y est éteinte avec l’élimination des Gracques, entre 133 et 121 av. JC.

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Et c’est tout: la démocratie ne peut exister que dans des espaces géographiques très restreints, favorables à l’expression directe et au vote à main levée. Elle est le système politique de l’agora ou du forum. Quand un État prend une certaine expansion, quand on est obligé de passer par des élus qui ne représentent le plus souvent qu’eux-mêmes et votent des lois iniques sur l’âge de la retraite quand eux-mêmes ne craignent rien à ce niveau, on n’est plus en démocratie. Inutile de verser des larmes. Le mot démocratie est une écharpe dont se sont parés des hommes politiques de tous bords qui se souciaient avant tout de leur destin personnel.

Allons jusqu’au bout de l’ignominie et de l’hypocrisie. Les États-Unis ont fait un million de morts en Irak, 50 000 de plus en Afghanistan, sous prétexte de frotter des dictatures avec un peu de démocratie. On voit le résultat. Les États occidentaux prétendent donner des leçons à la Chine, qui ne s’en émeut guère et fricote tranquillement avec le Kremlin. Les Fils du Ciel, comme ils disent, savent depuis lurette que la démocratie ne s’applique pas à un territoire de presque 10 millions de km2, peuplé de 1,4 milliards d’hommes. Tout comme Poutine n’a jamais pensé la Russie (17 millions de km2 et 146 millions d’habitants) comme une démocratie. Si le fait que Xi Jinping et l’inamovible Vladimir — pour ne pas parler d’Erdogan — ont été régulièrement élus nous fait rire, c’est justement parce que la démocratie n’est qu’une enveloppe vide.

Là-bas comme ici. La France s’offre des taux d’abstention magistraux: quelle est la légitimité d’un président élu par 58% de 70% de votants ? Et nous prétendons donner des leçons aux autres ?  

La République ne se résume pas à l’étiquette qui figure sur la Constitution. La France fut une république fugacement, de 1792 à 1795, et très brièvement en 1848-1850. Fin de l’histoire des Républiques. Depuis, on a surchargé « république » avec « démocratie » — un peu comme les hommes infidèles offrent des fleurs à leur épouse au sortir des bras de leur maîtresse.

Ce ne fut pas la seule surcharge. « Participative », « régionalisée », « européaniste » (on a vu avec le retournement par le Congrès du vote populaire sur la Constitution européenne en 2005 ce que signifiait « démocratie » pour ces gens-là) sont autant de sobriquets accolés à « république » afin de vider le mot de son sens par surcharge cognitive, et de continuer à faire des affaires.

C’est un phénomène courant, on fait la même chose avec « laïcité », désormais « ouverte », comme les cuisses du même nom, afin que tous les particularismes religieux s’y engouffrent, pile et face.

Restaurer une sainte crainte

Il faut revenir à la république vraie — qui n’est pas la démocratie. La Convention, entre 1792 et 1795, avait 795 députés (sauf ceux à qui on coupa la tête au fur et à mesure qu’ils s’éloignaient des mœurs républicaines), et c’est bien suffisant. Et ces députés devaient des comptes à ceux qui les avaient élus. Sur leur vie. Aujourd’hui, ils geignent quand on caillasse leurs permanences. Ils se votent régulièrement des lois spéciales qui leur permettent d’échapper au courroux du peuple. Le président de la République se lance dans des distinctions byzantines entre le peuple et la foule: on voit qu’il ne craint pas pour sa tête.

À lire ensuite, Elisabeth Lévy: Le petit Grand Soir

C’est que nous sommes en démocratie, pas en république. C’est la République qui a coupé la tête de Louis XVI, et exécuté les prêtres réfractaires. Seule une république vraie peut restaurer chez les élus et chez les fanatiques de tout poil une sainte crainte — et s’il faut passer par une révolution pour y arriver, pourquoi pas ? Une révolution n’est point un dîner de gala, elle ne s’accomplit pas dans le raffinement, l’aisance et l’élégance, avec douceur, calme, respect, modestie et déférence (oui, c’est une citation…). Et s’il faut en passer par l’émeute pour disqualifier les représentants du peuple, n’en déplaise au président de la République qui a fustigé le procédé

Mais je ne suis pas sanguinaire. Je suggère d’enrôler les élus défaillants pour repiquer le riz en Camargue jusqu’à 64 ans.

Nous sommes allés au bout de l’illusion démocratique, celle qui permet à un gouvernement de se plier aux ordres d’alliés incertains ou de laboratoires douteux, et d’imposer à un peuple égaré des mesures autoritaires bien dignes du centrisme totalitaire qui pèse aujourd’hui sur le pays.


Addendum
J’ai lu ce mois-ci, à petites gorgées délicieuses, le recueil des articles que Patrick Besson a écrits ces dernières années, et qu’il publie sous le titre, emprunté à cette vieille crapule stalinienne d’Aragon, Est-ce ainsi que les hommes vivent. Je le conseille, comme contre-poison, à tous ceux qui croient penser bien. Imaginez que Besson note, l’air de rien, pp. 357-359, que l’Ukraine et les Ukrainiens n’ont jamais existé, que la Crimée a toujours été un territoire russe, et qu’aucun historien ou écrivain sérieux, de Tolstoï à Mallet & Isaac en passant par Tchekhov, n’a jamais évoqué ce pays autrement que comme province russe. Mais Besson, d’origine croate par sa mère et russe par son père, est un pro-serbe inexpugnable qui pense mal, mais qui écrit bien.
Patrick Besson, Est-ce ainsi que les hommes vivent ?, Albin Michel, janvier 2023, 475 p.

Est-ce ainsi que les hommes vivent ?

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La fabrique du crétin: Vers l'apocalypse scolaire

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Euthanasie, avortement… Quand le droit perd ses limites

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© Unsplash

L’État et la loi doivent-ils s’immiscer dans tous nos problèmes humains? Une tribune libre de Jean-Philippe Delsol.


La volonté du président de la République d’inscrire dans la Constitution la “liberté” de recourir à l’IVG dans le cadre de sa future réforme des institutions, est d’abord démagogique. Elle court à peu de frais après les voix de la gauche qu’elle risque au demeurant de heurter pour évoquer la liberté de la femme de mettre fin à sa grossesse, votée par le Sénat, plutôt que le droit des femmes à l’avortement proposé par l’Assemblée. Pour modifier la Constitution sans passer par un référendum trop dangereux dans notre temps d’incertitudes politiques, M. Macron a besoin des voix sénatoriales et proposera sans doute un texte ambigu pour que la Constitution garantisse la liberté effective de l’avortement.

Au-delà de la démagogie, une telle révision constitutionnelle contribuerait à augmenter la confusion quant à la consistance et au périmètre de l’Etat de droit qui régit nos libertés. Celles-ci sont garanties de manière générale par l’article 4 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 selon lequel « la liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi ». Les droits et les libertés s’imbriquaient alors comme des remparts contre l’abus des pouvoirs. Ces droits-liberté, ou « droit de » ont été peu à peu remplacés ou complétés, notamment depuis le préambule de la Constitution de 1946, par des droits-créances, ou « droits à » la santé, un emploi, un logement… octroyant à certains des droits sur les autres sans que ceux-ci y aient consenti.

A lire aussi, Jean-Paul Brighelli: Euthanasie mode d’emploi

Antérieurement, le seul droit-créance que la société reconnaissait peu ou prou, dans l’esprit de la philosophie grecque, du droit latin et de la pensée judéo chrétienne, était le droit à la vie. Certains sont d’avis que chacun est propriétaire de son corps, mais cela n’en justifie pas l’irrespect. Ceux qui pensent que l’homme est une créature de Dieu estiment que la vie étant le don le plus précieux que nous ayons reçu, ils ont le devoir moral de l’entretenir, la réparer, l’améliorer, mais aussi de ne pas en détruire ni modifier fondamentalement les composants constitutifs qui, d’une certaine manière, ne leur appartiennent pas. Ils craignent, à juste titre, les folies prométhéennes de ceux qui prétendent se substituer à Dieu. Pour d’autres, la raison, avec Kant, suffit à considérer que l’homme ne peut pas utiliser son corps ou celui d’autrui comme une chose voire seulement comme un moyen. Il doit le respecter en tant qu’il est lié à la fin qui lui est propre et de ce fait, il ne peut pas le transformer indument ni le supprimer de sa seule volonté. La dignité consiste ainsi à respecter l’intégrité de l’être, celle de l’autre comme celle de soi-même. Ce qui explique aussi les réticences à l’égard de l’euthanasie, du changement de genres ou de la GPA. Mais nul ne peut ignorer ni les cas particuliers ni les souffrances humaines. Il faut donc trouver la juste mesure.

Le sens de la mesure

Le droit précisément a pour objet d’empêcher l’atteinte aux droits des autres. Nous sommes tous à la recherche de nos libertés, mais celles-ci n’ont pu émerger et ne peuvent être préservées que dans le souci des limites opposé par la Grèce antique au chaos du monde et à l’esprit de démesure, l’hubris humaine. Il ne s’agit pas de sombrer dans des consensus insipides, mais de rechercher la justice et la vérité dans la tension tragique qui oblige à accepter le possible et à laisser le reste aux dieux. Dans cet esprit avaient œuvré les lois Veil sur l’avortement et Léonetti sur la fin de vie.  En soi, un nombre de semaines en deçà duquel l’avortement est possible et au-delà duquel il ne l’est pas est un non-sens car après sa fécondation, l’enfant ne cesse pas de croître, non seulement jusqu’à l’accouchement de sa mère mais encore après lui. Mais ce fut un compromis consistant à poser une limite. Pour sa part, la loi Claeys-Leonetti du 2 février 2016 a permis de mieux prendre en compte les dernières volontés des personnes en fin de vie pour éviter l’acharnement thérapeutique et favoriser l’accès aux soins palliatifs face à la douleur tout en respectant la limite qui veut que l’homme, et le médecin moins encore, ne peut pas donner la mort.

A lire aussi, Gabriel Robin : Timothée Chalamet est leur nouveau gen(d)re idéal

Désormais, la revendication est de supprimer toutes limites. La difficulté est peut-être dans l’idée même de vouloir régler ces problèmes par la loi. Par définition, celle-ci est générale quand chaque situation est particulière et chaque personne singulière ; elle ne peut entrer dans notre intimité qu’avec la main tremblante. Le droit de vie et mort serait sans doute mieux tranché par le droit qui, au travers des tribunaux, relaie la loi. Il est pour sa part tout à la fois plus universel, dans les principes qui le structurent, et attentif aux cas individuels que la jurisprudence balise.

Le risque plus général est que les lois sociétales qui se multiplient pour faire prévaloir la culture, ou ce qui en tient lieu, et la technique sur la nature, soient destructrices de notre humanité. Elles participent d’un esprit de démesure par lequel l’homme se veut demiurge, capable de recréer sa propre nature, de la transformer radicalement. C’est une nouvelle forme de la tentation faustienne. Mais chacun sait qu’il est dangereux de souper avec le diable, même avec une longue cuillère. Parce que la nature ne peut pas être exclue sans craindre que l’homme en pâtisse ainsi qu’Héraclite l’énonçait déjà (fragment 94) à sa manière elliptique : « Le soleil n’outrepassera pas ses bornes, sinon les Erinyes, gardiennes de la justice, sauront le retrouver ».

Civilisation et libre-arbitre

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Humiliation

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Mur à Londres Photo: Unsplash

C’est bien ce mot d’humiliation qui s’impose aujourd’hui à la suite de l’annonce du report de la visite officielle du king Charles III chez nous. Le roi de Paris ne sera donc pas le monarque anglais ces quelques jours, l’événement étant remis à plus tard…


Qu’importe au fond puisque justement, en ce moment, nous en avons un autre, de roi de Paris. J’ai nommé  sa majesté le surmulot. Il faut dire qu’il est à la fête jour et nuit, alors que, par la grâce des grèves, ce sont les ordures qui tiennent le haut du pavé. Nos rebuts et déchets suffisent à son bonheur. Nul besoin pour lui des fastes de Versailles, c’est autant d’économisé. La descente des Champs Élysées, il a coutume de la faire en passant par les égouts. C’est là encore autant de gagné en déploiement de forces de l’ordre pour assurer sa sécurité, les black blocks, si bien connus et pourtant assez mystérieusement si insaisissables, n’ayant pas encore investi ces endroits-là, bien que la fange et la merde nous semblent constituer leur milieu de prédilection.

A lire aussi, du même auteur: Vive la reine!

Humiliation, oui, car démonstration est faite devant le monde entier que la France, notre France, n’est même plus en mesure d’assurer une manifestation de cet ordre, primesautière, désuète diront certains. En tout cas davantage people que politique, davantage destinée aux magazines à couvertures glacées qu’aux comptes rendus du Quai d’Orsay. Il s’agissait au fond d’un moment de convivialité trans-Manche comme on les aime tant, avec flonflons et tapis rouge, dames premières à chapeaux improbables, discours royal avec accent oxfordien et president de la République se vivant le temps d’un banquet, le temps d’un soir en monarque absolu et rayonnant. Autrement dit, en souverain ayant la main sur tout.

A lire ensuite, Thomas Morales: Paris perdu, édition gagnante!

Or, là aussi, il y a lieu de fourbir le mot d’humiliation. Pour lui, humiliation autant personnelle que politique. Car, avec ce report sine die, nous voici autorisés à considérer que c’est jusque sur son agenda – oui, son agenda ! – qu’il est en passe de perdre la main. Quoi de plus humiliant, en effet ? Cela dit, puisque Versailles est remis aux calendes grecques, le repli à la Lanterne, toute proche – à l’image du Capitole et de la Roche Tarpéienne – s’offre à lui en manière de compensation. Au moins le temps de ce séjour qui aurait dû être royal. Et qui ne sera que « raté », comme se gaussent les surmulots entre eux.

Dernière parution : Le Prince Assassiné, coll. Poche Histoire, éditions Lanore

Le prince assassiné - Duc d'Enghien

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« Mois de l’Histoire des Noirs »: après les États-Unis, la France?

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© D.R.

Black Lives Matter devient un prétexte pour imposer un inquiétant endoctrinement aux petits Américains.


Aux États-Unis, février est le Mois de l’histoire des Noirs, durant lequel les établissements scolaires et les institutions culturelles célèbrent les réalisations des Afro-Américains. Mais du 6 au 10, durant la Semaine d’action de Black Lives Matter At School, les écoles – de la maternelle au lycée – sont encouragées à mettre en œuvre dans leurs enseignements les 13 principes directeurs de BLM. L’événement est approuvé par les deux plus grands syndicats d’enseignants. Parents Defending Education, association visant à protéger les écoles contre l’influence d’idéologies militantes, a publié sur son site web les matériels pédagogiques utilisés par des écoles ou rectorats dans 11 états. Reflétant les 13 principes, ces matériels visent à combattre le « colorisme », un néologisme qui, remplaçant le racisme, désigne un système où la peau blanche est toujours privilégiée. Dans une perspective séparatiste, il s’agit aussi de créer une communauté ou « famille » planétaire de Noirs.

À lire aussi : «Black lives matter.» Vraiment? Aux yeux de qui?

Les activités, cours et lectures préconisés prétendent contribuer à démanteler le patriarcat, la famille nucléaire occidentale, la pensée hétéronormative et le privilège cisgenre, permettant aux enfants de se découvrir comme non binaires ou trans. Dans un comté dans le Maryland, les enfants sont invités à participer à un exercice censé déterminer « leur degré de privilège et d’oppression ». Ailleurs, les enfants écoutent des contes dégenrés lus par des « drag queens » (des hommes déguisés en femmes), portent des vêtements pour honorer un Noir assassiné par la police, apprennent que l’objectivité et « l’adoration du mot écrit » sont les apanages de la suprématie blanche et découvrent ce que c’est que d’être un militant. Un programme d’endoctrinement aussi explicite aurait enchanté Mao lui-même.

La Révolution racialiste, et autres virus idéologiques

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Les mésaventures de la fée Martine

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Martine Aubry entend censurer les paroles "viriles" du rappeur Millésime K. Photo: D.R.

Certes, moins d’un an avant qu’il ne disparaisse, et alors qu’elle était encore assez jeune, le président Mitterrand avait affirmé que le nationalisme c’était la guerre. Mais, après avoir échoué à faire fermer la «Citadelle» il y a quelques jours, Martine Aubry n’a toujours pas compris qu’être nationaliste n’est pas encore illégal. Coup de gueule.


Il y a des gens pour qui la France n’est pas le ramassis de pistes cyclables et de valeurs mielleuses dont cherchent à l’affubler au pied levé quelques élus d’extrême-gauche de dernière minute. 

Un mois après avoir tenté, sans succès parce que fallacieusement, de faire interdire une association identitaire, voici que Martine Aubry réédite ses relents policiers en cherchant à faire interdire un concert de Millésime K, l’un des rares rappeurs ouvertement de droite que compte la France, mais auquel les héritiers du stalinisme reprochent une idéologie dangereuse. Comme si le rap avait attendu cet individu pour être brutal. C’est quand la gauche et ses protégés n’en sont pas à l’initiative qu’elle s’intéresse à l’augmentation de la violence. Elle déploie alors une belle énergie pour faire interdire un rappeur cocardier, alors qu’on ne l’a pas entendue protester contre celui qui disait vouloir « pendre les Blancs » et tuer leurs bébés… 

Nuit magique

En tout cas, cet événement musical lillois nous changera des brailleries du conseil municipal de Lille, qu’on pourrait bientôt confondre avec une église tant on y entend de prêches. Mais, la fée Martine a encore frappé. Aurait-elle développé un penchant pour les coups de bâton qu’elle se prend en justice ? 

Je l’appelle fée Martine dans un souci de style, mais qu’elle n’aille pas s’imaginer détenir de vrais pouvoirs magiques. Son seul pouvoir, comme celui de ses congénères idéologiques, est un pouvoir de nuisance. Même s’il est vrai que les écologistes, qui végètent près d’elle, se montrent souvent plutôt protecteurs des nuisibles.

A lire aussi: Éric Zemmour: «Toute une génération est prise entre wokisme et islamisme»

La fée Martine et ses amis sont bien les seuls à ne pas avoir compris que la magie n’existe pas. La France n’a pas encore été gouvernée assez longtemps par la gauche pour devenir un État policier. La magie ne produit encore ses effets qu’auprès de ceux qui veulent y croire dans le bureau du maire de Lille, mais elle reste contenue par quelque chose qui s’appelle la justice. La justice n’est certes pas un rempart infaillible, mais c’est un rempart tout de même. Le rempart de la justice est ce qui nous protège encore d’une société où notre seule liberté serait d’être de gauche. 

Harcèlement judiciaire ?

À force de prononcer les mots magiques de « racisme », de « sexisme » et d’ « islamophobie », pour disqualifier les opinions de certains ou proscrire leur attachement à leurs coutumes, les gens de gauche démontrent qu’ils ne sont pas capables de tolérer autre chose que leur propre opinion. Ils vous tolèrent… si vous êtes d’accord avec eux ! Si ce n’est pas le cas, vous ne pouvez plus vous produire en spectacle. Aucune décision de justice ne vous a jamais condamné, mais des gens sans aucune autorité pour le faire vous ont sanctionné à distance. L’appareil coercitif et policier que constitue le droit administratif est un terrain dans lequel le socialisme se sent chez lui. Il constitue également une alternative à l’affrontement judiciaire véritable. Il faut croire que les gens de gauche n’ont ni le courage ni la capacité intellectuelle de soutenir un débat contradictoire, et qu’il leur est plus commode d’utiliser des voies préventives et unilatérales, et de signer un papier dans un bureau calfeutré. L’association des pouvoirs de police administrative et de ces néoseigneurs sans charisme est précurseur d’un système de crédit social à la française… 

Pour l’heure, fort heureusement, nous n’en sommes pas là ! Nous avons encore le droit d’aimer la France et de le dire. Il serait bon que Martine Aubry le comprenne. C’est certes satisfaisant de lui donner la fessée en justice, mais la justice a autre chose à faire que de la pédagogie pour des communistes mal dégrossis en mal d’électeurs.


Pierre Perret: «Dans Paris, Paris dégoûtant, seuls les rats sont contents»

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Le chanteur Pierre Perret dans son nouveau clip musical "Paris saccagé". D.R.

Selon la presse olfactive, sur son vélib’, le chanteur populaire octogénaire fait une sortie de route…


Pierre Perret, 88 ans, avait jusque-là proposé des textes tantôt enfantins, tantôt paillards, parfois les deux. Mais tout compte fait, de nos jours, celui qui faisait scandale au début de sa carrière proposait des chansons assez souvent bien pensantes. L’Éducation nationale avait même fait de la chanson immigrationniste Lily, un véritable hymne obligatoire, étudié chaque année par nos chères têtes blondes. Quelle idée a-t-il donc eue de s’en prendre à la saleté de la capitale dans Paris saccagé ?


« Dans Paris, Paris dégoutant/ Seuls les rats sont contents/ Ils savent qu’ici les végans pas idiots/ Les nourrissent qu’avec du bio/ Pour traverser les tranchées les travaux/ C’est pire que le col de Roncevaux/ Les déjections qui fleurissent les trottoirs/ Décorent ce grand dépotoir ». Avec sa dernière chanson, Pierre Perret rejoint la cohorte des mécontents, ceux qui trouvent Paris dégueulasse. En 2021, le #SaccageParis avait connu un franc succès sur les réseaux sociaux, en diffusant les photographies peu ragoutantes d’une capitale délabrée. Anne Hidalgo avait alors accusé l’extrême droite de se cacher derrière tout ça, même si le hashtag avait été lancé au tout départ par un « citoyen progressiste modéré ».

A lire aussi, Elisabeth Lévy: Le petit Grand Soir

Les optimistes répondront que, sur le long terme, Paris a fait l’objet d’une aseptisation et que c’est bien parce que la ville est arrivée au bout du bout de ce phénomène que les dernières traces de saleté nous paraissent insupportables. En son temps, Baudelaire trouvait que Paris sentait le chou aigre, Lyon le charbon, Bruxelles le savon noir et l’Orient, le musc et la charogne. Ces dernières décennies, l’opinion des Parisiens sur la question de la propreté a été plusieurs fois mesurée, et elle a connu d’importantes fluctuations. En 1974, ils étaient 82% à trouver sale la capitale, contre 78% en 2021. En 1991, le chiffre était descendu à 53%, à l’époque où Jacques Chirac, armé de ses motocrottes, faisait son possible pour que les amoureux de Paris « s’y promène[nt] et puisse[nt] y rêver encore ».

La France Amélie Poulain…

Il n’en fallait pas plus pour que les plumes de Libération viennent à la rescousse de l’édile parisienne. Car Anne Hidalgo a beau avoir fait un score dérisoire à la dernière présidentielle, y compris dans sa propre ville, elle n’en reste pas moins une vache sacrée pour le bulletin paroissial de la gauche bourgeoise-bohème.

A lire aussi, Patrick Mandon: Petites annonces libébètes et méchantes

D’après l’article publié par nos confrères, Pierre Perret aurait coché toutes les cases du tonton réac en s’en prenant aux tagueurs, aux trottinettes, aux végans et aux surmulots ! « Sur fond d’accordéon bien tradi » (on n’est pas passé loin du « Bien sûr, tout ce qui est terroir, béret, bourrées, binious, bref, franchouillard ou cocardier, nous est étranger, voire odieux » de BHL, NDLA), Pierre Perret véhiculerait le fantasme d’un Paris « figé dans le formol », celui d’Amélie Poulain. Sorti en 2001, le film de Jean-Pierre Jeunet était, il est vrai, d’une niaiserie insupportable, mais il s’était aussi vu reprocher à sa sortie de diffuser l’image d’une « France rétrograde, ethniquement nettoyée, nauséabonde ».

Tous des vieux cons !

Pierre Perret n’est pourtant pas la seule célébrité à se plaindre de l’évolution de la capitale ces dernières années. En 2022, Isabelle Adjani annonçait qu’elle pliait bagage et s’installait au Portugal. « Ce qu’est devenue cette ville est un mystère… Elle n’est sincèrement plus vivable ». En 1999, dans sa (très jolie) chanson Rive gauche, Alain Souchon reprochait aux « marchands malappris » de venir vendre « leurs habits en librairie ». Plus récemment, il complétait cette critique « de gauche » avec un point-de-vue plus « droitier », trouvant que la ville était devenue sale et violente, et admettant qu’il était devenu « un vieux con ».

Surtout, en conclusion, l’auteureuh de Libération nous suggère de nous retrousser les manches. Si Paris est si sale, nous n’avons qu’à nous en prendre à nous-mêmes, na, plutôt « que d’attendre des édiles qu’ils fassent le ménage ». C’est vrai, quoi: et si les habitants de Paris s’organisaient eux-mêmes en brigades pour nettoyer la ville ? Désintégration des services publics et do it yourself : nous voilà presque replongés dans l’Angleterre punk des années Thatcher!

Capitale

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Notre-Drame de Paris

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Macron explique sa réforme au 13h: les oppositions en état de choc

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Jean-Luc Mélenchon manifeste contre la réforme des retraites le 15 mars 2023, à Paris © Chang Martin/SIPA

Théorie du bordel ambiant.


Le bordel ambiant, la « mobilisation », les grèves et autres manifestations qui occupent actuellement les Français pourraient laisser penser à un naïf étranger débarquant dans notre cher et vieux pays, comme disait De Gaulle, que la nation se bat contre une violente menace, pour un enjeu essentiel. Pour que le « cri de la foule » (comme dit Mélenchon) se substitue violemment à la « voix du peuple » que représentent les assemblées, il pourrait penser qu’il s’agit d’enjeux vitaux comme l’éducation, la santé, la sécurité ou l’identité de la patrie… Expliquons donc à notre visiteur venu de la Perse lointaine qu’il s’agit d’un problème beaucoup plus grave : une prolongation de deux ans de la vie au travail, mesure adoptée par l’Assemblée nationale qui a refusé de censurer le gouvernement sur cette loi !

Le président de la République, bien logiquement, a donné hier midi son point de vue et expliqué ses choix. Hurlement général des mécontents : c’est un scandale, il n’est pas d’accord avec nous !! C’est pourtant le contraire qui aurait été surprenant.

Jean-Luc Mélenchon chef d’orchestre

Bien évidemment, cette surprise, comme tout le reste, n’est qu’une des grotesques péripéties de ce grand concert où chacun doit jouer sa partition. Le bien commun, à l’évidence, n’est plus le souci de personne parmi les musiciens de cette cacophonie. Preuve en est la stupéfiante litanie des réactions aux propos du président de la République. Le registre employé – et c’est ce qui caractérise tristement notre époque – nage totalement dans la subjectivité la plus pitoyable. Personne ne réagit rationnellement en combattant simplement sur le plan des arguments. Au contraire, chacun se sent attaqué dans sa propre petite personne. On ne juge plus les arguments, on impute des sentiments. On fait de la morale.

A lire aussi: Le petit Grand Soir

Jean-Luc Mélenchon a vu dans l’intervention télévisée du président sa « traditionnelle marque de mépris ». Cet argument du mépris semble beaucoup plaire à tout le monde, y compris à Marine Le Pen qui court derrière le leader de gauche depuis longtemps dans la compétition démagogique. Cette histoire de mépris avait déjà été beaucoup entendue à l’époque des gilets jaunes. Elle est caractéristique de notre nouveau monde, où personne ne peut plus jamais contredire personne sans être aussitôt jugé comme méprisant ou arrogant. C’est tout comme si la nouvelle Inquisition initiée par les « woke » avait gagné tout le champ du débat social et politique : si tu n’es pas d’accord avec moi, c’est donc que tu me méprises (tout comme, par exemple, si tu n’approuves pas le mariage homo tu es homophobe) ! L’air est connu.

Macron, un dangereux incendiaire

Le président des sénateurs PS avait trois mots à la bouche, hier : « suffisance… arrogance… condescendance ». Marine Le Pen a dénoncé d’ « inutiles, blessantes et dangereuses provocations ».  La Secrétaire générale des Verts s’est dite « glacée par la démonstration d’autosatisfaction du président Macron », et a dénoncé « des propos méprisants et même offensants ». Certains s’essaient au lyrisme patriotique, comme Olivier Faure, le petit patron du petit Parti socialiste, lequel a dénoncé un président qui « insulte notre histoire en refusant une légitimité à l’expression populaire ». Ce reproche, ridicule et grandiloquent, montre bien le niveau actuel du débat politique. Quant à l’impayable leader syndical Philippe Martinez, on a toujours grand plaisir à le retrouver dans le rôle du Cégétiste éternel qui ne mâche pas ses mots: il a pesté hier contre « du foutage de gueule ». N’oublions pas, enfin, au-delà de tous ces inquisiteurs défendant le respect du bon peuple, les hypocrites, qui accusent Macron de jeter une allumette tel un incendiaire, alors qu’eux-mêmes, ce faisant, soufflent de tous leurs poumons sur la paille qu’ils se plaisent à accumuler comme les poubelles dans les rues de Paris. Olivier Faure : « Macron vide le jerrican sur un brasier qu’il avait déjà allumé ». Mais aussi le LR Aurélien Pradié : « Ne rien changer, attendre, bidouiller, c’est jouer avec le feu ».

A lire aussi : Remaniement, dissolution, référendum? Rien, comme convenu!

Charles III à Versailles ? Shocking !

Enfin, parmi ces innombrables orateurs du parti des mécontents, il faut citer l’inénarrable Sandrine Rousseau qui se voit déjà marchant sur Versailles en tête du peuple de Paris comme en 1789 : « Incroyable, on va avoir Emmanuel Macron, le monarque républicain, qui va recevoir Charles III, qui va descendre les Champs-Élysées, qui va aller dîner à Versailles, pendant que le peuple dans la rue est en train de manifester ». Terminons par un coup de chapeau mérité à l’extrême gauche, qui tire ses marrons du feu et vit en ce moment le grand frisson du bazar en contemplant les drapeaux rouges qui refleurissent comme au temps des cerises. Le manque de culture historique et le faible niveau général de nombre de nos lycéens et étudiants, qui sont, les pauvres, endoctrinés très tôt par la doxa, lui fournit un grand nombre de troupes fraîches et facilement manipulables… Les syndicats « réformistes », et tous les braves gens qui défilent en croyant sincèrement œuvrer pour un monde meilleur, sont à coup sûr les idiots utiles de ceux pour qui la grève générale, voire la guerre civile, sont la bonne porte d’accès vers leur idéal communiste. Heureusement, l’histoire récente nous enseigne que, malgré leur grande gueule, et leur façon de se prendre toujours pour des sans-culottes, les Français ne veulent surtout pas de cette révolution.

Ils finissent toujours par préférer Bonaparte à Robespierre, et De Gaulle à Thorez…

Charles III pour le tri sélectif

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Londres, 13 mars 2023 © Jordan Pettitt/WPA Pool/Shutters/SIPA

Le Roi et la Reine consort vont faire le trottoir à Paris et le laisser plus net qu’un parquet de Versailles ! Ils sont le dernier espoir des Parisiens en colocation avec les rats de l’élevage Hidalgo. La monarchie britannique peut aussi inspirer un pacte social. Si dans nos entreprises, un salarié est un encombrant dès 50 ans, à Londres Charles a décroché son premier job à 73 ans…


Darkmanin, l’arme fatale. De Londres à Liverpool on prie pour son Roi. Parce que de la Place de la Bastille leur parvient l’odeur du sang de 1789 ? Non. Parce que les rats parisiens ont pris d’assaut des citadelles de poubelles et menacent de détrôner le pangolin sur la liste des dangers potentiels pour la planète ? Pas du tout. Alors, ils ont peur de quoi les britishs ? Du Dark. Ils découvrent, incrédules, que l’artisan du fiasco du Stade de France est encore aux manettes de la sécurité. Et en passant, le confort de la french-démocratie et de son ni coupable ni responsable. À Londres, le pilote aux commandes d’un tel bordel se serait éjecté illico du pouvoir. S’il avait du mal à fermer sa valise, la presse et les bobbies l’auraient envoyé paitre l’herbe de Twickenham. Darman Out. À Paris, Darman IN, a pu en toute impunité raconter des bobards pendant deux mois. Le Gégé de Beauvau a même usé des pires clichés anglophobes. Hooligans, alcooliques… La classe XXL d’un Small Little Man.

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Lèche-bottes blues. Certains commentateurs qui ont pris Macron, sa réforme et ses relais en grippe espagnole, commencent à retourner leurs vestes quand est évoquée une possible annulation de la visite royale. Les salauds de pauvres et leurs agissements de sans-culotte les privent déjà d’en faire des caisses à Versailles. La réception se fera banalement à l’Elysée. C’est que les journalistes français s’étaient surpassés pour l’enterrement de la Reine. Charles et Camilla, les têtes couronnées les plus détestées de la planète TV, étaient devenues en quelques heures les icones du microcosme. Les slurps des uns couvraient le bruit des slurps des autres. Leur salive déboulait dans le caniveau pour toucher la mer du Nord avant la Tamise. L’élément de langage commun à toutes les chaines c’était Charles fait un sans-faute, Charles entre dans le costume. Manquait plus qu’il suive le corbillard en slip kangourou! Bref, Charles n’avait plus l’air d’un con avec les oreilles de Dumbo. Camilla n’était plus la méchante briseuse de couple qu’on sort à Windsor pour effrayer les pigeons. C’était Bridget Jones Camilla! Sans les problèmes de poids. Putain qu’elle est maigre!

Le président Macron et son épouse, Londres, 18 septembre 2022 © Dursun Aydemir / ANADOLU AGENCY / Anadolu Agency via AFP

Comme j’aime.fr. Si Macron doit affronter une crise de régime, ce n’est pas le cas de Brigitte et Camilla qui suivent le même. Et ça marche. À Londres le président n’avait pas lâché la main de la First Lady. Il avait peur qu’on lui fauche. Un qui ne risque pas de lui faucher c’est Charles. Il a la même.