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"Groomer", le nouveau terme américain qui ne fait pas l'unanimité

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Des houstoniens rassemblés au centre-ville pour la parade LGBTQ+ le 25 juin 2022 à Downtown Houston, Etats-Unis © Reginald Mathalone / NurPhoto via AFP

On a l’habitude des étiquettes avec lesquelles la gauche woke essaie de délégitimer les critiques. Maintenant c’est au tour de la droite de riposter…


Transphobe ! Sexiste ! Raciste ! Voilà les épithètes stigmatisants employés par la gauche radicale pour réduire au silence tous ceux qui critiquent son idéologie. Cette année, la droite conservatrice américaine a riposté en créant son propre terme, « groomer ! », pour qualifier ceux qui portent les revendications les plus extrêmes de la cause transgenre. En anglais, « child grooming » (le « pédopiégeage ») désigne une pratique par laquelle un adulte cultive des relations avec un enfant afin de l’exploiter sexuellement à l’avenir. Si l’injure groomer est puissante, c’est parce que la pédophilie est encore plus détestée que le racisme. L’accusation « groomer » contre les militants transgenres décolle en mars, lors du vote d’une loi sur les droits parentaux en matière d’éducation dans l’État de Floride. Elle est propagée par des journalistes et des intellectuels de droite, ainsi que par des Républicains. Comme la loi précitée, l’emploi du terme groomer a pour objectif de contrer une campagne promue par de nombreuses ONG pro-trans qui cherchent à normaliser à l’école l’idée que tout enfant est incertain quant à son sexe et devrait envisager un changement de genre. Dans de nombreux établissements américains, les instituteurs décorent leur salle de classe avec des drapeaux arc-en-ciel et parlent aux petits de leur propre sexualité. On y organise des événements où des drag-queens lisent des contes aux enfants ou, pire, font pour eux des spectacles de danse plutôt adaptés à un bar de stripteaseuses. Le tout pour instiller dans les jeunes esprits l’idée que la sexualité commence très tôt dans la vie et que le genre est fluide. Pour beaucoup de parents, il s’agit d’une opération de recrutement pour multiplier le nombre de personnes transgenres. Contrairement à ce que prétend la gauche, l’accusation de groomer ne désigne pas littéralement un complot pour abuser des enfants, mais une tentative de les sexualiser afin de miner le concept traditionnel de genre. Fidèle à son idéal de liberté d’expression, Twitter a banni le terme.

Septembre 2022 - Causeur #104

Article extrait du Magazine Causeur


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est directeur adjoint de la rédaction de Causeur.

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