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Sarkozy, où est ta victoire ?

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Photo : The Prime Minister's Office

Sei Shonagon, une adorable jeune fille japonaise du XIème siècle qui vivait dans l’entourage de l’impératrice, est restée dans l’histoire pour ses Notes de Chevet. Elle y indiquait au jour le jour ses pensées ou ses émotions selon une classification précise : les « choses qui me font battre le cœur », les « choses qui me font rire », les « choses qui passent avec le temps », les « choses qui me mettent en colère », celles « que je ne comprends pas », etc…

C’est dans ces deux dernières catégories que j’aimerais placer, dans mes propres Notes de chevet sur le sarkozysme, ce que m’inspirent les récents développements de l’affaire libyenne.

Il paraît que la France et le Royaume-Uni ont gagné. Qui sait d’ailleurs si dans l’inconscient collectif des deux gouvernements, ce tandem old school n’a pas été une revanche sur l’expédition de Suez de 1956 ? A l’époque, l’URSS et les USA avaient assez fermement fait comprendre au corps expéditionnaire franco-britannique qu’il n’était plus que l’émanation de puissances moyennes désormais exclues du Grand Jeu…

Mais bon, admettons : nous sommes intervenus pour renverser un dictateur. On a sauvé Benghazi du massacre et c’est très bien, je l’ai même déjà écrit ici.

Quand, ensuite, les choses ont pris l’ampleur que l’on connaît, on a tout de même pu s’interroger sur les buts de guerre. La durée des combats et la persistance de nombreuses poches de résistance nuancent l’habituelle lecture manichéenne qui oppose les « admirables combattants de la liberté » aux « mercenaires sanguinaires au service d’un Ubu des sables ». Or, du côté de l’oasis de Bani Walid, de la ville des sables de Sebha ou sur le rivage de Syrte, malgré une situation militaire désespérée, on refuse toute les propositions de reddition et l’on se prépare à la minute prescrite pour l’assaut. Par allégeance tribale ou non, une part importante de la population reste ainsi fidèle à Kadhafi.

On se souvient sans doute, dans les états-majors occidentaux, du fameux triangle sunnite qui émergea comme un cauchemar pour les troupes américaines en Irak. Dès le 1er mai 2003, la victoire avait pourtant été proclamée par un George Bush martial, sur un porte-avions où il avait lui-même atterri, dans une incarnation parfaite du chef de guerre recevant les lauriers de César.

Heureusement, Sarkozy et Cameron ne sont pas superstitieux. Car ils reproduisent au geste près l’attitude du président américain qui avait vendu la peau de l’ours saddamite avant de l’avoir totalement tué, ce qui a couté la vie à des milliers de GI.

Les déclarations belles comme l’Antique de Nicolas Sarkozy demanderaient sans doute un peu plus de prudence, bien que l’odeur du pétrole soit décidément aussi alléchante que celle des droits de l’homme. Quand on s’exclame « Vive Benghazi, vive la Libye, vive l’amitié entre la France et la Libye », ça paraît beau comme du De Gaulle.

Le problème, c’est que les responsables du CNT ont quand même expliqué que la charia n’était finalement pas si mal pour inspirer, même de loin, une constitution. Et que le premier ministre turc Recep Erdogan vient lui aussi de rendre une petite visite de politesse en Libye, sans doute pour expliquer son concept d’islamisme modéré qui permet de faire passer la pilule aux investisseurs. Dans quelques temps, on demandera (en fait, non, on ne leur demandera pas puisqu’on ne leur demandera plus rien) aux femmes libyennes- longtemps considérées comme les plus émancipées du monde arabe- comment elle se sentent dans ce nouvel Etat pétri de liberté.

Encore une fois, c’est Bernard Henry Lévy qui le dit. Juste après la défaite des Taliban, il nous avait également expliqué que l’Afghanistan allait devenir une nouvelle Arcadie, sous la houlette de Karzaï, nouveau champion du progrès et des Lumières, par ailleurs un peu aidé par les armées occidentales. On allait construire des écoles, des hôpitaux, des routes, une ENA et faire émerger une classe moyenne cultivée en un rien de temps. Depuis, on mesure chaque jour à quel point ce programme merveilleux a tout changé là-bas. Puisque la mission est accomplie, on va même s’en aller et laisser les Afghans à leur nouveau bonheur.

Dans la classification de Sei Shonagon, on passe alors des « choses que je ne comprends pas » aux « choses qui me mettent en colère ». Pour avoir gardé un excellent souvenir de mon service militaire à Saint-Cyr, y avoir vu des jeunes gens qui, en pleines années 80, préféraient la carrière des armes à une carrière tout court, j’éprouve une certaine sympathie pour l’armée. Même depuis la fin de la conscription, elle reste l’une des dernières institutions profondément républicaines, à laquelle, à droite comme à gauche, on voudrait même confier l’encadrement des délinquants.

Or, notre armée a perdu soixante-quinze hommes, tués par les cousins germains des « rebelles » pour lesquels on a massivement bombardé la Tripolitaine et la Cyrénaïque. Je trouve cette contradiction intenable. Et si l’horreur ne se partage pas, pourquoi n’entendons-nous pas BHL et l’autre ministre des Affaires Etrangères, un certain Alain Juppé, parler un peu plus fort des Benghazi quotidiens qui ont lieu en Syrie depuis six mois ?

Je n’ose penser que c’est parce que les Syriens n’ont presque plus de pétrole mais une aviation relativement conséquente dont ils savent, eux aussi, se servir.

En arrière toute !

Europe est fille de la mesure. Elle est malheureusement devenue mère de la jouissance, ce qui n’était pas du tout programmé dans ses gènes. Le libéralisme n’est qu’un passage, un mauvais rêve dans la nuit glacée qui a succédé à la clarté médiévale et qui n’attend que le cri du guetteur pour pâlir devant la nouvelle aurore.
Europe est fille de la mesure, une belle et bonne mesure, bien tassée, bien pleine, passée au van de la sagesse et de la théologie. Fille de l’incomparable couple à trois, Athènes, Rome, Jérusalem, elle en reçut le génie et l’inspiration.
Elle a su ainsi ce qu’étaient le repos du sabbat et la remise des dettes pour le jubilé, elle a su qu’avant le négoce et au-dessus il y avait l’otium, elle a su le droit et la personne dans la cité. Elle a su l’humilité, le labeur et la raison, en même temps. Elle a su l’honneur et l’amour. Elle a su l’éminente place de l’homme dans l’ordre de la nature, de la créature dans la création, qui était celle du protecteur du jardin, celle du poète et de l’amoureux.
Europe est fille de la mesure, c’est-à-dire la patrie des hommes libres. Et d’abord libres de leurs passions mauvaises, de leurs avidités et de leur concupiscence. De cette mesure, elle a été l’illustratrice prédestinée – comme la Chine à un autre degré, parfois, à certaine époque.

De loin, on croirait qu’aujourd’hui, il ne lui en reste rien.[access capability= »lire_inedits »] Et pourtant, malgré cinq siècles de folie, ou peut-être, de manière secrète, grâce à cinq siècles de fureur guerrière, de domination technique et commerciale, maintenant qu’elle a gentiment fait ses douze tentatives de suicide de jeune fille bien aisée, bien confortable, bien élevée, bien bourgeoise, n’est-elle pas proche de redécouvrir la sagesse de ses jeunes années – sans même s’en apercevoir ? N’est-elle pas une fois encore, une fois nouvelle, la terre propice au déploiement de cette immémoriale mesure ? Car Yahvé n’oublie pas son peuple, même dans sa traversée du désert, et c’est même lui qui l’y guide pour la purifier.

Il nous faut aujourd’hui, comme dit mon ami Romaric Sangars, anti-maoïste primaire, un Grand Bond en arrière. Et nulle part ce ne sera plus facile qu’en Europe, fille de la mesure.
Car nous ne sommes décidément pas bâtis, comme les fascinants États-Unis d’Amérique, sur un procès de domination ; nous ne sommes décidément pas contraints, comme la Chine néo-impériale, à une expansion sans limite. On reconnaît les empires du jour non à leur volonté de projection hors de leurs frontières naturelles, comme cela s’était toujours fait, mais à la nécessité dans laquelle ils se trouvent de vassaliser économiquement des territoires riches en matières premières, désignant d’un mouvement réflexe le trésor qui les fascine parce que c’est par lui qu’ils tomberont. Un anneau pour les gouverner tous.

Ce n’est pas notre cas. Nous n’avons pas besoin de l’Afrique pour vivre. Nous n’en avons pas besoin pour assurer notre prestige. Car notre prestige tient uniquement de notre dévotion à la mesure.

C’est bien joli tout ça, rétorquent les gens, mais parlons de la vie concrète.
Soyons réalistes, nous disent les citoyens consommateurs que leur dépendance à la marchandise et à la technologie nouvelle aveugle. Chiche, soyons réalistes ! Après vous, donc. Chacun connaît déjà le vieil axiome physique réemployé par les avocats de la décroissance choisie, la seconde loi de la thermodynamique, dite d’entropie. Quoi qu’on fasse, de l’énergie se dissipe. Dans l’esprit du contemporain, peu importe cette déperdition : quand il n’y aura plus de pétrole ni de charbon, il y aura toujours de l’éolienne, du panneau solaire ou de la centrale nucléaire. Il y aura toujours une avancée technologique pour venir nous sauver. Doctrine messianique, on le sait depuis longtemps. C’est même la définition du progressisme.

Mais il y a pire. Bien mis à mal, déjà, sur le front intellectuel, spirituel et moral, ce progressisme doit céder aussi aujourd’hui sur le plan matériel : enfin, deux siècles après que les esprits les plus profonds et précieux ont commencé de le récuser, deux siècles après Novalis ou Schlegel, les messires Gaster vont tester bon gré mal gré la vérité de ces prédictions. Eh bien, quoi ? On construira des appareils miniaturisés, des robots jamais vus, des vistemboirs pour pourvoir à tous nos besoins. Parce qu’on n’a pas de pétrole, mais on pense, nous. Certes. Non seulement il n’y a bientôt plus de pétrole, mais plus de métaux non plus, comme le montrent quelques Centraliens dans un livre qui aurait dû faire l’effet d’une bombe si nos politiques ne continuaient de voir la Vierge Technologie tous les jours.

Alors quoi ? Eh bien, vos sélénium, terres rares, vanadium, palladium et autres molybdène, vous pouvez vous les mettre bien profond, ce ne sont pas eux qui viendront vous sauver. Bolloré, tu peux arrêter tes voitures électriques, de toute façon il n’y a pas assez de lithium sur Terre pour simplement remplacer la flotte de véhicules du Luxembourg. Steve Jobs, tu peux arrêter tes iPhone. Je ne vais pas vous fatiguer d’exemples, je ne suis pas ingénieur tout de même, et vous jugerez bien par vous-même quand ça commencera vraiment.

La décroissance choisie conjugue en elle-même, comme une simple fille de la campagne, comme une Jehanne d’Arc des idées, les moyens du salut matériel et ceux du spirituel. Aujourd’hui, vous croyez qu’il vaut mieux continuer à piller le monde plutôt que revenir à la bougie. Grave erreur, car vous récolterez demain l’injustice et la bougie.

Pour ma part, je préfère qu’au moins ce soit la bougie dans l’honneur.[/access]

Gordon Brown : la Zone euro ne survivra pas dans sa forme actuelle !

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Gordon Brown n’y croit pas. S’exprimant dans le forum économique mondial en Chine, l’ancien locataire du 10 Downing Street -qui avait par ailleurs occupé auparavant, et pendant une décennie, la maison voisine au n° 11, logement de fonction du ministre de l’Economie- ne pense pas que la zone euro, dans sa forme actuelle, survivra à la crise de dettes souveraines. Autrement dit, Gordon Brown pense que la Grèce -au moins- ne pourrait pas rester longtemps membre du club des 17 pays de la Zone euro.

Avec une telle vision -au demeurant tout à fait logique et cohérente- pas étonnant que l’ancien leader travailliste -tout comme Christine Lagarde, d’ailleurs – juge les banques européennes « sous-capitalisées ». En clair une refondation en profondeur de la zone euro impliquerait ce que les anglophones qualifient de hair cut, une « coupe de cheveux », c’est-à-dire un renoncement de la part des créanciers à une partie voire à la totalité de l’argent qui leur est dû. Déjà affaiblies par les dettes du secteur privé, les banques européennes courent aujourd’hui, selon Brown, un véritable danger

Face au scepticisme de Brown, l’euro a trouvé un fervent et surprenant supporter : le premier ministre chinois Wen Jiabao, qui a tenu a exprimer sa confiance dans la capacité de l’Europe à s’en sortir. En vertu de quoi les dirigeants de Pékin sont formels: « Faire sortir la Grèce de la zone euro n’est pas une option », comme l’a précisé noir sur blanc une dépêche de l’agence de presse officielle chinoise. Une telle mesure, ajoute l’Agence chinoise, enverrait un message très négatif sur la capacité de l’Europe à gérer de crises et mettrait en péril l’avenir de la monnaie unique.

Sarkozy à Benghazi : Vive la Libye liiiibre !

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Certains de mes amis ont été sincèrement émus, à l’instar de Manuel Valls, en voyant le discours du chef de l’Etat à Benghazi. D’autres, au contraire, se sont offusqués de la prestation et l’ont trouvé comédien au possible, flottant comme c’est pas permis dans un costume gaullien dix fois trop grand pour lui.

Mon antisarkozysme épidermique devrait me classer parmi les seconds. Pourtant non. Qu’on se comprenne, je n’ai pas été touché par ce discours, mais pas indigné non plus. Juste amusé, et un rien admiratif, je suis.

Admiratif, notamment parce que si le Président en fait des tonnes dans l’imitation du fondateur de la Vème, c’est qu’il sait pertinemment qu’il peut compter sur deux alliés de poids. Primo, l’inculture journalistique, celle qui fait par exemple, que pour illustrer la glorieuse filiation gaullienne de Nicolas, nombre de télés ont ressorti, sans aucune intention maligne, les images d’archives du « Je vous ai compris » d’Alger. Si c’est ça le genre d’engagements que le Président prend vis-à-vis des foules qui l’applaudissent, c’est pas très rassurant pour l’avenir de la Libye… Deuxio, Sarko a su intégrer dans le déroulé de son show l’anémie générale de ses concurrents, notamment socialistes, englués dans le small talk poupouille et le microblogging compassionnel. La niche communicationnelle gaullo-kennedyenne était libre, Sarko a foncé pour l’occuper façon 2ème DB se ruant vers la Porte d’Orléans. Bien vu.

Certes, notre Président est un cabotin, mais comment a-t-on fait pour oublier que le Général l’était bien davantage, et doublé d’un cynique à faire pâlir Churchill ou Staline.

A l’arrivée, Sarkozy aura sans doute plus influé sur l’Histoire de la Libye que De Gaulle sur le sort du Québec, de même que BHL aura été, qu’on le veuille ou non, mille fois plus efficace à Sarajevo et Benghazi que son modèle Malraux à Teruel ou dans le maquis…

Les primaires PS, quelle grande aventure !

photo : Parti socialiste

20h35 Début de l’émission
20h36 Bon Dieu y’a des gens dehors, à la terrasse du bistrot et pas devant la tévé. Sociaux-traîtres !

20h37 Ce soir, les six candidats aux primaires font campagne à Saint-Denis dans le 9/3. Qui osera dire que le PS néglige l’électorat populaire…

20h38 Ah tiens, c’est Pujadas qui anime le débat! Raison de plus pour regretter que Mélenchon n’ait pas voulu participer aux primaires

20h39 Il y avait un dress code gris obligatoire, non?

20h45 Déclaration liminaire d’une minute de chaque candidat

20h46 Tout a été fait par tirage au sort, dixit Pujadas. Certes, David, certes. Sauf la désignation du candidat…

20h50 On a l’impression d’être devant Expression directe, à 12h 15 sur France3. En pire.
François Hollande : « Je me suis préparé j’ai fait un long régime, ah non chemin »

20h54 Arnaud est le seul vrai chevènementiste, rapport à sa façon de porter le pantalon au dessus du nombril

20h55 Muriel, pas d’attaques perso, qu’on avait dit, je vais te dénoncer à la Hototo des primaires

20h58 Rends à chacun le mot qu’il a utilisé le plus souvent:
1 Arnaud
2 François
3 Ségo
4 Martine
5 Manu
6 JMB

A Je
B Je
C Je
D Je
E Je
F Je

21h Chaque candidat est interviewé pendant dix minutes par David Pujadas, Fabien Namias (Europe1) et Françoise Fressoz (Le Monde)

21h01 Aïe, Pujadas appuie là où ça fait mal à Montebourg : comment concilier programme présidentiel du PS et démondialisation? Méchant, va!

21h03 Pour l’instant, tout va bien, Arnaud n’a pas réutilisé pour la 1028ème fois la métaphore des radars sur les autoroutes de la Finance…

21h05 Namias, fais-moi peur: « Avec le protectionnisme, le consommateur va payer plus cher ses crevettes de Madagascar »

21h07 Pire que le bolchevik au couteau entre les dents: le démondialiste qui veut nous faire sortir de l’euro

21h08 Arnaud veut faire payer 3% des Français. Ça laisse 97% d’électeurs potentiels, notamment les femmes seules qui vivent avec 700 euros

21h09 Arnaud n’arrête pas de parler des femmes seules. On n’est pas sur Meetic, là!

21h10 Décidément, Pujadas sait être fort avec les faibles: « M. Baylet, vous êtes inconnu du grand public »

21h12 Françoise Fressoz affirme avoir lu le programme de JMB. Journaliste politique au Monde, c’est pire qu’envoyé spécial à Misrata!

21h14 Jean Mimi : « Je ne suis pas Madame Soleil ». Ah bon, même pas ?

21h15 C’est bon, tant que l’Europe fédérale sera défendue par Baylet, on a quelques chances d’y échapper…

21h16 Legalize It: Jean-Mimi, c’est un peu notre Timothy Leary

21h17 La dépénalisation du cannabis après les crevettes malgaches. Les vrais sujets de la France qui souffre

21h18 Dégat collatéral bienvenu : les fumeurs de shit sont définitivement ringardisés, les moureurs dans la dignité aussi!

21h20 Charentes Poitou, le retour! Jusque là, Ségo avait réussi à tenir une heure sans en parler

21h25 Ségo réclame un Comité de surveillance des engagements et de la morale publique. Les dieux ont soif!

21h30 Namias à Hollande: il ne s’agit pas de comparer les propositions du PS à celles de Sarkozy ! Ah Bon ?

21h33 Hollande : « Il va falloir prendre des mesures ». Taille 38 ou 42 ? (pardon)

21h36 Putain, il fait exprès d’être rébarbatif, là Hollande. Dis, JMB, tu veux pas lui en rouler un, qu’on se marre ?

21h37 Hollande : « Si je suis président de la Republique ». Gaffe, les gars, y’a des élections avant…

21h39 Ah, quand même une petite vacherie de FH à Pujadas en se levant. On a failli attendre. En fait, on a trop attendu

21h45 Pourquoi c’est le plus à droite des 6 qu’est le seul à parler de la burqa. Hein, pourquoi ?

21h48 A chacun sa minorité opprimée : AM, les femmes seules, JMB les toxicos, SR et MV les PME, FH les handicapés. Y vont rien laisser à Martine !

21h50 Gil nous fait remarquer que pour l’instant, pas une seconde n’a été consacrée à l’international. C’est le domaine réservé du Président ?

21h51 Ils ont vraiment loupé le fond de teint de Martine. Des emplois jeunes de maquilleuses vite !

21h54 Ouf, Martine a trouvé sa minorité qui souffre du sarkozysme rien qu’à elle: les stagiaires !

21h55 Préposés à la photocopieuse de tous les pays, unissez-vous!

21h56 Un TACLE ! Martine attaque François qui en coulisse vient d’avaler un biscuit de rage. Bilan: 2 kg

21h57 Je nuance, elle n’a pas taclé FH, ce qui est interdit, elle a juste dit qu’il s’était rallié très très tardivement à sa proposition sur les profs…

22h Débat à six, animé par David Pujadas

22h01 Il est où Julien Lepers ?

22h02 Le hasard fait bien les choses : Montebourg est à gauche, Valls à droite, Martine et François au centre

22h05 François, il a raté une carrière de curé, question sermon, nan?

22h10 Valls: « Je suis profondément attaché aux institutions financières de la Vème République » (ou alors , j’ai mal entendu)

22h15 Mégatacle d’Arnaud M sur la règle d’or: on ne gagnera pas en important les idées de Nicolas Sarkozy dans la primaire socialiste. Bingo!

22h18 Mon camarade Marc Cohen brûle d’envie de parler des manches gigot de Martine Aubry mais n’ose pas. C’est moche

22h19 Puisque Muriel est dans la fashion police, je suis bien obligé de constater que c’est Baylet qui porte le mieux le costard. Misère !

22h22 Les primaires, les seules élections donc que les socialistes sont sûrs de gagner. (François H, comique, circa 2011)

22h25 Martine Aubry rend hommage à Jean-Michel Baylet: et vas-y que je te prépare déjà le second tour des primaires

22h29 Et un deuxième éléphant in the room: après DSK, micro-évoqué par Valls, Hollande parle enfin de Marine Le Pen…

22h30 Engagement numéro neuf? C’est un truc de scientologie ou de Weight Watchers ?

22h31 Sauras-tu retrouver l’intrus parmi les vrais candidats? Jeu-concours ouvert aux résidents de France métropolitaine, Tarn-et-Garonne excepté

22h33 Sur le site de France 2, juste au dessus du débat, y’a une pub pour la journée de la prostate. Complot ?

22h34 Y’a Pujadas qui veut semer la zizanie entre Valls et Martine. Mais maman veille au grain, calme le jeu et tutoie même son petit Manu

22h36 « J’ai été le seul à voter non à Maastricht ! ». Arnaud l’a craché, sa Valda! Champagne!

22h37 Ségolène Royal: Je suis d’accord, oui, mais je voudrais rajouter quelque chose: Les aventures de Madame Plus

22h38 Segolène veut interdire les crédits revolving. Elle vient de perdre les voix de dix à quinze millions de Français, là.

22h39 Donc si tu es policière à découvert en fin de mois, tu seras raccompagnée à la maison par un retraité venant d’un centre éducatif fermé

22h40 Deux heures d’émission et pas un mot d’aucun des six sur le mariage gay. C’est pas un créneau porteur pour le prime time ou quoi?

22h41 Comme dit le tweet de Laurent Bouvet, pensons à DSK avec Anne devant la tévé

22h45 Martine: « Nous n’avons pas dit que nous ramènerions la retraite à 60 ans pour tout le monde ». Ah bon? C’est pas grave, je voterais Poutou

22h48 Fight Club, enfin ! Martine ouvre les hostilités avec François. Il était temps, c’est bientôt l’heure des Mots de Minuit

22h50 Montebourg pris en flagrant délit de lever les yeux au ciel façon Finkie pendant que Valls parle de l’Europe. Pas cool

22h53 Re-maman qui tape sur Hollande via le cumul des mandats. Hollande devrait annoncer qu’il va abandonner le CG de Corrèze s’il est élu en 2012

23h05 Rere-maman à l’attaque toute : François, nous ne sommes pas d’accord sur le nucléaire, il faut être clair sur ce sujet !

23h07 Séquence humour de Pujadas : faut-il légaliser le cannabis pour couper l’herbe sous le pied des trafiquants. On étudie Vermot au CFJ ?

23h09 Montebourg 100% prohibitionniste sur le chichon, mais pas sur le Macon ou le Givry, hein. Chouette, chouette, Chevènement revient!

23h10 Valls plussoie contre les tarpés en pharmacie. Les vieux veulent assouplir la loi, les djeunz, eux, savent de quoi on parle…

23h12 Pujadas met les pieds dans le plat : que ferez vous de DSK si vous êtes élu ?

23h13 Montebourg : DSK, reste chez toi !

23h14 Baylet : La question DSK ne se pose pas, enfin plus

23h14 Valls : DSK, c’est un ami, et sa ligne politique reste d’actualité

23h15 Moi j’avais déjà annoncé ma candidature avant l’affaire DSK, Prends ça, Martine

23h17 Après vérification auprès d’Apple, il n’existe pas d’appli iPhone pour savoir si un candidat PS est vraiment de gauche ou pas. Too bad…

23h30 Fin du débat

Le bon candidat? Le programme d’Arnaud, l’humour de François, la folie de Ségo, la ruse de Martine et le cran de Manuel. Sorry Jean-Mimi…

Vingt ans de laisser-faire, ça suffit !

La France est un pays dont la base industrielle s’est rétrécie (30 % de la valeur ajoutée en 1982, 13 % aujourd’hui) et dont le commerce extérieur est presque aussi gravement déficitaire que celui des Etats-Unis (70 milliards d’euros en 2011 pour la France – 600 milliards de dollars pour les Etats-Unis).

Le discours sur l’endettement public de la France (1 650 milliards d’euros, soit 85 % du PIB) peut être trompeur. Il est dans la moyenne de la zone euro (85 %). L’endettement public des Etats-Unis atteint, lui, 100 % du PIB. Celui du Japon 200 %. Ce qui rend le problème de la dette publique française préoccupant, c’est sa détention, à près des deux tiers, par des « non-résidents » : on s’étonnera que les ménages français, relativement peu endettés et dont l’épargne est abondante (16 % du revenu), ne soient pas admis à souscrire aux émissions de dette publique : ce privilège est réservé aux banques …

Si on veut prendre une vue d’ensemble, la France n’est pas débitrice à l’égard du reste du monde. Elle est même créancière nette.[access capability= »lire_inedits »] Par exemple, nos investissements à l’étranger, qui étaient de 82 milliards, en 1982, atteignent 1 600 milliards d’euros aujourd’hui. Le patrimoine global français atteint 10 000 milliards d’euros, soit cinq fois le revenu national annuel, un record historique : mais il s’agit pour plus de moitié de la valeur estimée au prix du marché des patrimoines immobiliers. Ce niveau record ne doit pas faire illusion : il traduit surtout l’intensité de la spéculation immobilière depuis une trentaine d’années.

Au total, il y a donc deux visions de la pauvreté ou de la richesse de la France selon qu’on se place du point de vue financier ou du point de vue de l’économie réelle. De ce point de vue, la France est un pays déclinant, dont la production industrielle a été largement délocalisée et dont les parts de marché à l’exportation ont fondu de manière spectaculaire (5,6 % encore en 2000, 3,6 % aujourd’hui).

C’est cette déconnection que je voudrais mettre en valeur :

Les Français, surtout les plus riches, se sont considérablement enrichis. L’économie française, elle, s’est fragilisée. Il y a beaucoup de gens pauvres ou très modestes (le salaire médian est inférieur à 1 500 euros), beaucoup de chômeurs (plus de 9 % de la population active, 23 % chez les jeunes).

Au fond tout s’est passé comme si depuis plus de deux décennies, les intérêts des classes possédantes avaient divergé d’avec les intérêts du pays. Le développement d’un capitalisme financier globalisé a abouti à de très fortes délocalisations industrielles, à l’exode à l’étranger d’une part importante de notre épargne, à l’envol de la richesse des classes possédantes, et à une précarité croissante pour les couches populaires et pour une part importante de la jeunesse. Ce qu’on appelle la « globalisation » a exercé un effet de fracture sur la société française que les choix de rigueur en cours et la récession à nouveau menaçante ne peuvent que creuser encore.

Ou bien nous poursuivrons sur le chemin de la globalisation et le déclin économique dont les couches salariées font les frais s’accélèrera encore, ou bien un mouvement inverse interviendra (rupture avec la logique des marchés financiers, relocalisations industrielles, réinvestissement de l’espace national par les grands groupes d’origine française, redémarrage de l’investissement productif dans nos entreprises).

Des secousses inévitables

Ce dernier choix, fondé sur une croissance endogène, et qu’il faudrait penser à l’échelle européenne, serait seul conforme à l’intérêt national. Il heurtera les intérêts à courte vue des classes possédantes. Il suppose un euro beaucoup moins cher qu’aujourd’hui. Autant dire qu’il passera par de fortes secousses au triple plan national, européen et international. Ces secousses sont inévitables. Le redressement de la France n’est possible qu’à deux conditions : au prix de beaucoup d’efforts d’abord et seulement si les Français, dans les temps difficiles qui s’annoncent, savent se rassembler sur l’intérêt de la France et sur la nécessité de partager cet effort.[/access]

Apple casher

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Une vive émotion a saisi tout le landerneau antiraciste parisien lorsqu’il fut découvert qu’une application du I-Phone d’Apple permettait en un clic de savoir si une personne de l’espèce people ou assimilée relevait ou non d’une tribu issue de la lignée d’Abraham.

On précise même que ce logiciel est capable de faire la distinction entre les juifs entiers, les demis juifs, quarts de juifs et convertis. Je partage l’indignation des antiracistes patentés, mais pas leurs conclusions consistant à vouloir interdire ce genre de fouinage.

Je suggère, en revanche, que la curiosité malsaine de nos contemporains prêts à payer pour ce type d’information ne profite pas qu’à la firme fondée par Steve Jobs, ou à l’inventeur de cette « appli ». Il serait juste qu’une partie des recettes générées revienne aux personnes faisant l’objet d’une recherche en judéité, libre à elles de conserver ces sommes par-devers elles ou de les reverser à une association caritative de leur choix (juive de préférence).

Je précise que cette suggestion n’est pas une ruse pour ramener du pognon vers causeur.fr : il faudrait vraiment être débile pour aller vérifier sur son iTruc si Elisabeth Lévy, Marc Cohen, Gil Mihaely ou votre serviteur ne seraient pas, par hasard, des fidèles de l’Eglise catholique, apostolique et romaine.

Les lois du genre

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L’existence des hommes politiques est un constant sujet d’étonnement. Comment peut-on vouloir le bien de la communauté dans son ensemble ? Il est incroyable que la lecture de Molière, de Nietzsche ou de Freud n’ait jamais découragé personne de se présenter devant les autres comme un homme de bonne volonté, ou, ce qui n’est pas mieux, comme un humaniste. Prenez le sexe, juste pour rire.

La dernière bienveillance à la mode consiste à baliser scientifiquement l’orientation sexuelle des enfants. D’un côté, des députés de droite entendent rappeler l’existence irréfutable de la division sexuelle afin de fournir des repères solides aux écoliers. De l’autre, des sociologues veulent nous libérer de ces clichés naturalistes afin de préserver la liberté humaine. Comme le sociologue de gauche perçoit des relents de pétainisme dans les arguments du député de droite, la discussion évolue dans le mauvais sens. Soudain, le sociologue de gauche regarde le député de droite de travers. Le député de droite se sent alors obligé d’ajouter, main sur le cœur, qu’il abhorre sincèrement l’homophobie, qu’il n’a rien contre les homosexuels, et même qu’il aimerait son fils comme sa fille si par malheur celui-ci devait naître homosexuel. Croix de bois, croix de fer, si je mens je vais en enfer.

La seule chose que nos débatteurs ne diront jamais est qu’il est impossible de se faire une certaine idée de la jouissance sans vouloir l’étendre à tous les autres. Inutile de jouer au plus fin, au plus tolérant, au plus démocratique. Le débat public est incompatible avec la vérité sexuelle. Dites à un pervers que sa perversion n’est pas normale, et il le vivra comme une déchirure ; approuvez sa perversion publiquement, et il vous saluera comme un frère. Rien n’est plus agréable que d’étendre sa folie aux autres, c’est même ce qu’on appelle, en politique, avoir des convictions.

Nos débatteurs ont donc des convictions. Chacun entend défendre sa conception de la société démocratique, et, bien sûr, respecter la sexualité des autres. Dans cette compétition au plus tolérant, on dira que le sociologue de gauche est le plus ouvert, puisqu’il ne semble pas avoir d’idées préconçues et qu’il entend maintenir le choix sexuel dans la sphère privée. Mais, outre que le désir sexuel se moque pas mal de respecter la sphère privée (d’où la fascination jamais démentie pour la vie sexuelle des puissants), cette manière de reléguer le sexe dans l’intime n’est pas moins normative. C’est l’espoir fou auquel s’accroche l’optimiste moderne : qu’une opposition de type privé/public permette à chacun de vivre sa sexualité en paix, comme s’il suffisait de refermer la porte de l’animalerie pour que les cochons soient bien gardés…

L’homme bienveillant du XXIème siècle ne veut pas simplement jouir à l’abri des regards, il veut encore que tous les hommes puissent faire de même pour avoir l’impression de vivre dans une société normale.
Ainsi va le monde dans la Science de la vie et de la terre. Tant qu’il y aura des députés pour s’occuper scientifiquement de la différence sexuelle, tant qu’il y aura des sociologues pour débattre en public, on peut être certain que l’on n’avancera pas d’un pouce.

Le seul endroit où l’on apprend quelque chose d’intéressant sur la sexualité s’appelle un livre. Lolita, Les Liaisons dangereuses, Ma vie d’homme, voilà des repères sexuels qui tiennent la route. C’est quand même autre chose que toutes ces directives académiques qui disparaissent d’une année sur l’autre, non ? Les écrivains sont les seuls à aider les autres parce qu’ils ne parlent que d’eux-mêmes. La littérature est la seule médecine sociale parce qu’elle ne prescrit rien. Il est vrai que cette volonté de ne pas améliorer la société demande un certain courage.

On ne naît pas amoral, on le devient.

Primaires PS : ça va twitter sur Causeur

Attention : ceci n’est pas un tweet : comme on est du genre bavard, on aurait vite fait d’atteindre les 140 signes sans même s’en apercevoir… D’ailleurs c’était déjà fait à la fin de la phrase précédente. Il va donc falloir qu’on soit plus dense (et si ça se trouve un rien plus vache que dans cette brève à caractère informatif) ce soir, à l’occasion du premier débat des primaires socialistes (featuring, par ordre alphabétique, Martine Aubry, 
François Hollande, Arnaud Montebourg, Ségolène Royal et Manuel Valls ainsi que, nous dit-on dans l’oreillette, Jean-Michel Baylet) retransmis en direct sur France2, et twitto-commenté, en direct itou, par vos deux serviteurs.

Pour suivre nos tweets, rien de plus simple, il suffit, si ce n’est déjà fait, de s’inscrire ici.

Les plus technophiles pourront, si, bis repetita, ce n’est déjà fait, télécharger l’application Twitter sur leur iPhone, leur Black ou leur Smartphone et suivre ainsi nos babillages en direct sur leur téléphone (le portable hein, pas celui qu’est posé dans l’entrée sur le napperon en dentelle du Puy)

Les autres pourront suivre le direct le plus rock’n’roll depuis le couronnement d’Elisabeth II par Léon Zitrone sur le site de Causeur, et très exactement ici.

Rendez-vous donc ce soir au environs de 20h 30 tapantes pour les tweets Causeur des Primaires socialistes, euh, « les primaires citoyennes », pardon Jean Mimi, ça commence à sentir le running gag, là…

DSK, Villepin : le business de l’innocence

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Notre bestiaire politique national comporte désormais deux innocents estampillés par des juges au-dessus de tout soupçon : Dominique Strauss-Kahn et Dominique de Villepin. Tous deux ont retrouvé, jusqu’à nouvel ordre, une virginité judiciaire car il a été impossible de prouver « au-delà d’un doute raisonnable » qu’ils s’étaient rendus coupables d’agissements que les codes pénaux, américain pour le premier, français pour le second, enjoignent de punir.

C’est tant mieux pour eux, et aussi pour la bonne administration de la justice, car il est moins dommageable pour les libertés publiques de laisser filer un coupable que de condamner à tort un innocent.
Ceci dit, la prise de bénéfice politique d’une décision judiciaire favorable est peut-être de bonne guerre, mais n’est pas de nature à assainir le climat dans lequel se déroule la précampagne pour la présidentielle de 2012.

On sent bien que DSK (ou ses proches) cherchent la première ouverture pour se replacer dans la mêlée des primaires socialistes, par une intervention au 20h de l’ex-client de la suite 2806 du Sofitel de New York. Il existe en ce moment une armée de petites mains et de petites plumes qui peaufinent des éléments de langages destinés à réinstaller DSK dans le paysage politique français. Notons, pour le déplorer, que les excitées du féminisme radical l’aident puissamment dans son entreprise.

Quant à Galouzeau, son appel à la compassion nationale à l’issue du procès en appel qui l’exonérait de toute turpitude dans l’affaire Clearstream était plus que touchant. Il nous ferait presque oublier les manœuvres tordues de toutes sortes – et avérées – auxquelles il s’est livré en 2005 et 2006 pour écarter Nicolas Sarkozy de la présidentielle de 2002.

Les « investigateurs » ont beau s’agiter comme des malades et sortir des scoops en rafale, montrant que des Levantins interlopes ont transporté des valises d’avoine africaine pour telle ou telle écurie présidentielle en 1995 ou 2002, le peuple s’en bat l’œil. D’abord, ce sont de vieilles histoires, et la sagesse des familles enseigne que l’on n’a jamais intérêt à aller agiter le fond de la fosse septique, car les remontées risquent d’éclabousser tout le monde. Ensuite, parce que pour les non-initiés, ces
«affaires» sont totalement incompréhensibles. Pour qui bossent Jouhri, Bourgi ou Takieddine ? Faites le test auprès de vos proches et vous verrez le résultat.

En France, contrairement à l’Italie, la corruption au sommet est tolérée, pour autant qu’elle n’affecte pas la vie quotidienne des citoyens, car dans son immense majorité l’administration haute, moyenne et petite est préservée de ce fléau. L’innocence y est un métier d’autant plus facile à exercer que les Français ne sont pas trop exigeants envers leurs élites politiques, médiatiques, économiques ou littéraires.

C’est pourquoi les repris de justice politique, comme Juppé, Balkany, Emmanuelli et quelques autres moins connus, à gauche comme à droite, retrouvent sans problème la faveur du suffrage universel une fois leur purgatoire judiciaire achevé. Par ailleurs, la France est le paradis des «écrivains » plagiaires, des journalistes bidonneurs, qui s’auto-amnistient à tour de bras lorsqu’ils ont été pris la main dans le sac. Le Français est débonnaire, et pardonne pour autant que le pécheur présente des qualités professionnelles humaines suffisantes. Il pardonne d’autant plus facilement que lui-même est chaque jour tenté par la corruption des petites gens, cette fraude fiscale et sociale qui fait aujourd’hui l’objet d’une campagne de sensibilisation radiophonique. Alors, innocent ou coupable, quelle différence ?

Sarkozy, où est ta victoire ?

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Photo : The Prime Minister's Office

Sei Shonagon, une adorable jeune fille japonaise du XIème siècle qui vivait dans l’entourage de l’impératrice, est restée dans l’histoire pour ses Notes de Chevet. Elle y indiquait au jour le jour ses pensées ou ses émotions selon une classification précise : les « choses qui me font battre le cœur », les « choses qui me font rire », les « choses qui passent avec le temps », les « choses qui me mettent en colère », celles « que je ne comprends pas », etc…

C’est dans ces deux dernières catégories que j’aimerais placer, dans mes propres Notes de chevet sur le sarkozysme, ce que m’inspirent les récents développements de l’affaire libyenne.

Il paraît que la France et le Royaume-Uni ont gagné. Qui sait d’ailleurs si dans l’inconscient collectif des deux gouvernements, ce tandem old school n’a pas été une revanche sur l’expédition de Suez de 1956 ? A l’époque, l’URSS et les USA avaient assez fermement fait comprendre au corps expéditionnaire franco-britannique qu’il n’était plus que l’émanation de puissances moyennes désormais exclues du Grand Jeu…

Mais bon, admettons : nous sommes intervenus pour renverser un dictateur. On a sauvé Benghazi du massacre et c’est très bien, je l’ai même déjà écrit ici.

Quand, ensuite, les choses ont pris l’ampleur que l’on connaît, on a tout de même pu s’interroger sur les buts de guerre. La durée des combats et la persistance de nombreuses poches de résistance nuancent l’habituelle lecture manichéenne qui oppose les « admirables combattants de la liberté » aux « mercenaires sanguinaires au service d’un Ubu des sables ». Or, du côté de l’oasis de Bani Walid, de la ville des sables de Sebha ou sur le rivage de Syrte, malgré une situation militaire désespérée, on refuse toute les propositions de reddition et l’on se prépare à la minute prescrite pour l’assaut. Par allégeance tribale ou non, une part importante de la population reste ainsi fidèle à Kadhafi.

On se souvient sans doute, dans les états-majors occidentaux, du fameux triangle sunnite qui émergea comme un cauchemar pour les troupes américaines en Irak. Dès le 1er mai 2003, la victoire avait pourtant été proclamée par un George Bush martial, sur un porte-avions où il avait lui-même atterri, dans une incarnation parfaite du chef de guerre recevant les lauriers de César.

Heureusement, Sarkozy et Cameron ne sont pas superstitieux. Car ils reproduisent au geste près l’attitude du président américain qui avait vendu la peau de l’ours saddamite avant de l’avoir totalement tué, ce qui a couté la vie à des milliers de GI.

Les déclarations belles comme l’Antique de Nicolas Sarkozy demanderaient sans doute un peu plus de prudence, bien que l’odeur du pétrole soit décidément aussi alléchante que celle des droits de l’homme. Quand on s’exclame « Vive Benghazi, vive la Libye, vive l’amitié entre la France et la Libye », ça paraît beau comme du De Gaulle.

Le problème, c’est que les responsables du CNT ont quand même expliqué que la charia n’était finalement pas si mal pour inspirer, même de loin, une constitution. Et que le premier ministre turc Recep Erdogan vient lui aussi de rendre une petite visite de politesse en Libye, sans doute pour expliquer son concept d’islamisme modéré qui permet de faire passer la pilule aux investisseurs. Dans quelques temps, on demandera (en fait, non, on ne leur demandera pas puisqu’on ne leur demandera plus rien) aux femmes libyennes- longtemps considérées comme les plus émancipées du monde arabe- comment elle se sentent dans ce nouvel Etat pétri de liberté.

Encore une fois, c’est Bernard Henry Lévy qui le dit. Juste après la défaite des Taliban, il nous avait également expliqué que l’Afghanistan allait devenir une nouvelle Arcadie, sous la houlette de Karzaï, nouveau champion du progrès et des Lumières, par ailleurs un peu aidé par les armées occidentales. On allait construire des écoles, des hôpitaux, des routes, une ENA et faire émerger une classe moyenne cultivée en un rien de temps. Depuis, on mesure chaque jour à quel point ce programme merveilleux a tout changé là-bas. Puisque la mission est accomplie, on va même s’en aller et laisser les Afghans à leur nouveau bonheur.

Dans la classification de Sei Shonagon, on passe alors des « choses que je ne comprends pas » aux « choses qui me mettent en colère ». Pour avoir gardé un excellent souvenir de mon service militaire à Saint-Cyr, y avoir vu des jeunes gens qui, en pleines années 80, préféraient la carrière des armes à une carrière tout court, j’éprouve une certaine sympathie pour l’armée. Même depuis la fin de la conscription, elle reste l’une des dernières institutions profondément républicaines, à laquelle, à droite comme à gauche, on voudrait même confier l’encadrement des délinquants.

Or, notre armée a perdu soixante-quinze hommes, tués par les cousins germains des « rebelles » pour lesquels on a massivement bombardé la Tripolitaine et la Cyrénaïque. Je trouve cette contradiction intenable. Et si l’horreur ne se partage pas, pourquoi n’entendons-nous pas BHL et l’autre ministre des Affaires Etrangères, un certain Alain Juppé, parler un peu plus fort des Benghazi quotidiens qui ont lieu en Syrie depuis six mois ?

Je n’ose penser que c’est parce que les Syriens n’ont presque plus de pétrole mais une aviation relativement conséquente dont ils savent, eux aussi, se servir.

En arrière toute !

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Europe est fille de la mesure. Elle est malheureusement devenue mère de la jouissance, ce qui n’était pas du tout programmé dans ses gènes. Le libéralisme n’est qu’un passage, un mauvais rêve dans la nuit glacée qui a succédé à la clarté médiévale et qui n’attend que le cri du guetteur pour pâlir devant la nouvelle aurore.
Europe est fille de la mesure, une belle et bonne mesure, bien tassée, bien pleine, passée au van de la sagesse et de la théologie. Fille de l’incomparable couple à trois, Athènes, Rome, Jérusalem, elle en reçut le génie et l’inspiration.
Elle a su ainsi ce qu’étaient le repos du sabbat et la remise des dettes pour le jubilé, elle a su qu’avant le négoce et au-dessus il y avait l’otium, elle a su le droit et la personne dans la cité. Elle a su l’humilité, le labeur et la raison, en même temps. Elle a su l’honneur et l’amour. Elle a su l’éminente place de l’homme dans l’ordre de la nature, de la créature dans la création, qui était celle du protecteur du jardin, celle du poète et de l’amoureux.
Europe est fille de la mesure, c’est-à-dire la patrie des hommes libres. Et d’abord libres de leurs passions mauvaises, de leurs avidités et de leur concupiscence. De cette mesure, elle a été l’illustratrice prédestinée – comme la Chine à un autre degré, parfois, à certaine époque.

De loin, on croirait qu’aujourd’hui, il ne lui en reste rien.[access capability= »lire_inedits »] Et pourtant, malgré cinq siècles de folie, ou peut-être, de manière secrète, grâce à cinq siècles de fureur guerrière, de domination technique et commerciale, maintenant qu’elle a gentiment fait ses douze tentatives de suicide de jeune fille bien aisée, bien confortable, bien élevée, bien bourgeoise, n’est-elle pas proche de redécouvrir la sagesse de ses jeunes années – sans même s’en apercevoir ? N’est-elle pas une fois encore, une fois nouvelle, la terre propice au déploiement de cette immémoriale mesure ? Car Yahvé n’oublie pas son peuple, même dans sa traversée du désert, et c’est même lui qui l’y guide pour la purifier.

Il nous faut aujourd’hui, comme dit mon ami Romaric Sangars, anti-maoïste primaire, un Grand Bond en arrière. Et nulle part ce ne sera plus facile qu’en Europe, fille de la mesure.
Car nous ne sommes décidément pas bâtis, comme les fascinants États-Unis d’Amérique, sur un procès de domination ; nous ne sommes décidément pas contraints, comme la Chine néo-impériale, à une expansion sans limite. On reconnaît les empires du jour non à leur volonté de projection hors de leurs frontières naturelles, comme cela s’était toujours fait, mais à la nécessité dans laquelle ils se trouvent de vassaliser économiquement des territoires riches en matières premières, désignant d’un mouvement réflexe le trésor qui les fascine parce que c’est par lui qu’ils tomberont. Un anneau pour les gouverner tous.

Ce n’est pas notre cas. Nous n’avons pas besoin de l’Afrique pour vivre. Nous n’en avons pas besoin pour assurer notre prestige. Car notre prestige tient uniquement de notre dévotion à la mesure.

C’est bien joli tout ça, rétorquent les gens, mais parlons de la vie concrète.
Soyons réalistes, nous disent les citoyens consommateurs que leur dépendance à la marchandise et à la technologie nouvelle aveugle. Chiche, soyons réalistes ! Après vous, donc. Chacun connaît déjà le vieil axiome physique réemployé par les avocats de la décroissance choisie, la seconde loi de la thermodynamique, dite d’entropie. Quoi qu’on fasse, de l’énergie se dissipe. Dans l’esprit du contemporain, peu importe cette déperdition : quand il n’y aura plus de pétrole ni de charbon, il y aura toujours de l’éolienne, du panneau solaire ou de la centrale nucléaire. Il y aura toujours une avancée technologique pour venir nous sauver. Doctrine messianique, on le sait depuis longtemps. C’est même la définition du progressisme.

Mais il y a pire. Bien mis à mal, déjà, sur le front intellectuel, spirituel et moral, ce progressisme doit céder aussi aujourd’hui sur le plan matériel : enfin, deux siècles après que les esprits les plus profonds et précieux ont commencé de le récuser, deux siècles après Novalis ou Schlegel, les messires Gaster vont tester bon gré mal gré la vérité de ces prédictions. Eh bien, quoi ? On construira des appareils miniaturisés, des robots jamais vus, des vistemboirs pour pourvoir à tous nos besoins. Parce qu’on n’a pas de pétrole, mais on pense, nous. Certes. Non seulement il n’y a bientôt plus de pétrole, mais plus de métaux non plus, comme le montrent quelques Centraliens dans un livre qui aurait dû faire l’effet d’une bombe si nos politiques ne continuaient de voir la Vierge Technologie tous les jours.

Alors quoi ? Eh bien, vos sélénium, terres rares, vanadium, palladium et autres molybdène, vous pouvez vous les mettre bien profond, ce ne sont pas eux qui viendront vous sauver. Bolloré, tu peux arrêter tes voitures électriques, de toute façon il n’y a pas assez de lithium sur Terre pour simplement remplacer la flotte de véhicules du Luxembourg. Steve Jobs, tu peux arrêter tes iPhone. Je ne vais pas vous fatiguer d’exemples, je ne suis pas ingénieur tout de même, et vous jugerez bien par vous-même quand ça commencera vraiment.

La décroissance choisie conjugue en elle-même, comme une simple fille de la campagne, comme une Jehanne d’Arc des idées, les moyens du salut matériel et ceux du spirituel. Aujourd’hui, vous croyez qu’il vaut mieux continuer à piller le monde plutôt que revenir à la bougie. Grave erreur, car vous récolterez demain l’injustice et la bougie.

Pour ma part, je préfère qu’au moins ce soit la bougie dans l’honneur.[/access]

Gordon Brown : la Zone euro ne survivra pas dans sa forme actuelle !

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Gordon Brown n’y croit pas. S’exprimant dans le forum économique mondial en Chine, l’ancien locataire du 10 Downing Street -qui avait par ailleurs occupé auparavant, et pendant une décennie, la maison voisine au n° 11, logement de fonction du ministre de l’Economie- ne pense pas que la zone euro, dans sa forme actuelle, survivra à la crise de dettes souveraines. Autrement dit, Gordon Brown pense que la Grèce -au moins- ne pourrait pas rester longtemps membre du club des 17 pays de la Zone euro.

Avec une telle vision -au demeurant tout à fait logique et cohérente- pas étonnant que l’ancien leader travailliste -tout comme Christine Lagarde, d’ailleurs – juge les banques européennes « sous-capitalisées ». En clair une refondation en profondeur de la zone euro impliquerait ce que les anglophones qualifient de hair cut, une « coupe de cheveux », c’est-à-dire un renoncement de la part des créanciers à une partie voire à la totalité de l’argent qui leur est dû. Déjà affaiblies par les dettes du secteur privé, les banques européennes courent aujourd’hui, selon Brown, un véritable danger

Face au scepticisme de Brown, l’euro a trouvé un fervent et surprenant supporter : le premier ministre chinois Wen Jiabao, qui a tenu a exprimer sa confiance dans la capacité de l’Europe à s’en sortir. En vertu de quoi les dirigeants de Pékin sont formels: « Faire sortir la Grèce de la zone euro n’est pas une option », comme l’a précisé noir sur blanc une dépêche de l’agence de presse officielle chinoise. Une telle mesure, ajoute l’Agence chinoise, enverrait un message très négatif sur la capacité de l’Europe à gérer de crises et mettrait en péril l’avenir de la monnaie unique.

Sarkozy à Benghazi : Vive la Libye liiiibre !

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Certains de mes amis ont été sincèrement émus, à l’instar de Manuel Valls, en voyant le discours du chef de l’Etat à Benghazi. D’autres, au contraire, se sont offusqués de la prestation et l’ont trouvé comédien au possible, flottant comme c’est pas permis dans un costume gaullien dix fois trop grand pour lui.

Mon antisarkozysme épidermique devrait me classer parmi les seconds. Pourtant non. Qu’on se comprenne, je n’ai pas été touché par ce discours, mais pas indigné non plus. Juste amusé, et un rien admiratif, je suis.

Admiratif, notamment parce que si le Président en fait des tonnes dans l’imitation du fondateur de la Vème, c’est qu’il sait pertinemment qu’il peut compter sur deux alliés de poids. Primo, l’inculture journalistique, celle qui fait par exemple, que pour illustrer la glorieuse filiation gaullienne de Nicolas, nombre de télés ont ressorti, sans aucune intention maligne, les images d’archives du « Je vous ai compris » d’Alger. Si c’est ça le genre d’engagements que le Président prend vis-à-vis des foules qui l’applaudissent, c’est pas très rassurant pour l’avenir de la Libye… Deuxio, Sarko a su intégrer dans le déroulé de son show l’anémie générale de ses concurrents, notamment socialistes, englués dans le small talk poupouille et le microblogging compassionnel. La niche communicationnelle gaullo-kennedyenne était libre, Sarko a foncé pour l’occuper façon 2ème DB se ruant vers la Porte d’Orléans. Bien vu.

Certes, notre Président est un cabotin, mais comment a-t-on fait pour oublier que le Général l’était bien davantage, et doublé d’un cynique à faire pâlir Churchill ou Staline.

A l’arrivée, Sarkozy aura sans doute plus influé sur l’Histoire de la Libye que De Gaulle sur le sort du Québec, de même que BHL aura été, qu’on le veuille ou non, mille fois plus efficace à Sarajevo et Benghazi que son modèle Malraux à Teruel ou dans le maquis…

Les primaires PS, quelle grande aventure !

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photo : Parti socialiste

20h35 Début de l’émission
20h36 Bon Dieu y’a des gens dehors, à la terrasse du bistrot et pas devant la tévé. Sociaux-traîtres !

20h37 Ce soir, les six candidats aux primaires font campagne à Saint-Denis dans le 9/3. Qui osera dire que le PS néglige l’électorat populaire…

20h38 Ah tiens, c’est Pujadas qui anime le débat! Raison de plus pour regretter que Mélenchon n’ait pas voulu participer aux primaires

20h39 Il y avait un dress code gris obligatoire, non?

20h45 Déclaration liminaire d’une minute de chaque candidat

20h46 Tout a été fait par tirage au sort, dixit Pujadas. Certes, David, certes. Sauf la désignation du candidat…

20h50 On a l’impression d’être devant Expression directe, à 12h 15 sur France3. En pire.
François Hollande : « Je me suis préparé j’ai fait un long régime, ah non chemin »

20h54 Arnaud est le seul vrai chevènementiste, rapport à sa façon de porter le pantalon au dessus du nombril

20h55 Muriel, pas d’attaques perso, qu’on avait dit, je vais te dénoncer à la Hototo des primaires

20h58 Rends à chacun le mot qu’il a utilisé le plus souvent:
1 Arnaud
2 François
3 Ségo
4 Martine
5 Manu
6 JMB

A Je
B Je
C Je
D Je
E Je
F Je

21h Chaque candidat est interviewé pendant dix minutes par David Pujadas, Fabien Namias (Europe1) et Françoise Fressoz (Le Monde)

21h01 Aïe, Pujadas appuie là où ça fait mal à Montebourg : comment concilier programme présidentiel du PS et démondialisation? Méchant, va!

21h03 Pour l’instant, tout va bien, Arnaud n’a pas réutilisé pour la 1028ème fois la métaphore des radars sur les autoroutes de la Finance…

21h05 Namias, fais-moi peur: « Avec le protectionnisme, le consommateur va payer plus cher ses crevettes de Madagascar »

21h07 Pire que le bolchevik au couteau entre les dents: le démondialiste qui veut nous faire sortir de l’euro

21h08 Arnaud veut faire payer 3% des Français. Ça laisse 97% d’électeurs potentiels, notamment les femmes seules qui vivent avec 700 euros

21h09 Arnaud n’arrête pas de parler des femmes seules. On n’est pas sur Meetic, là!

21h10 Décidément, Pujadas sait être fort avec les faibles: « M. Baylet, vous êtes inconnu du grand public »

21h12 Françoise Fressoz affirme avoir lu le programme de JMB. Journaliste politique au Monde, c’est pire qu’envoyé spécial à Misrata!

21h14 Jean Mimi : « Je ne suis pas Madame Soleil ». Ah bon, même pas ?

21h15 C’est bon, tant que l’Europe fédérale sera défendue par Baylet, on a quelques chances d’y échapper…

21h16 Legalize It: Jean-Mimi, c’est un peu notre Timothy Leary

21h17 La dépénalisation du cannabis après les crevettes malgaches. Les vrais sujets de la France qui souffre

21h18 Dégat collatéral bienvenu : les fumeurs de shit sont définitivement ringardisés, les moureurs dans la dignité aussi!

21h20 Charentes Poitou, le retour! Jusque là, Ségo avait réussi à tenir une heure sans en parler

21h25 Ségo réclame un Comité de surveillance des engagements et de la morale publique. Les dieux ont soif!

21h30 Namias à Hollande: il ne s’agit pas de comparer les propositions du PS à celles de Sarkozy ! Ah Bon ?

21h33 Hollande : « Il va falloir prendre des mesures ». Taille 38 ou 42 ? (pardon)

21h36 Putain, il fait exprès d’être rébarbatif, là Hollande. Dis, JMB, tu veux pas lui en rouler un, qu’on se marre ?

21h37 Hollande : « Si je suis président de la Republique ». Gaffe, les gars, y’a des élections avant…

21h39 Ah, quand même une petite vacherie de FH à Pujadas en se levant. On a failli attendre. En fait, on a trop attendu

21h45 Pourquoi c’est le plus à droite des 6 qu’est le seul à parler de la burqa. Hein, pourquoi ?

21h48 A chacun sa minorité opprimée : AM, les femmes seules, JMB les toxicos, SR et MV les PME, FH les handicapés. Y vont rien laisser à Martine !

21h50 Gil nous fait remarquer que pour l’instant, pas une seconde n’a été consacrée à l’international. C’est le domaine réservé du Président ?

21h51 Ils ont vraiment loupé le fond de teint de Martine. Des emplois jeunes de maquilleuses vite !

21h54 Ouf, Martine a trouvé sa minorité qui souffre du sarkozysme rien qu’à elle: les stagiaires !

21h55 Préposés à la photocopieuse de tous les pays, unissez-vous!

21h56 Un TACLE ! Martine attaque François qui en coulisse vient d’avaler un biscuit de rage. Bilan: 2 kg

21h57 Je nuance, elle n’a pas taclé FH, ce qui est interdit, elle a juste dit qu’il s’était rallié très très tardivement à sa proposition sur les profs…

22h Débat à six, animé par David Pujadas

22h01 Il est où Julien Lepers ?

22h02 Le hasard fait bien les choses : Montebourg est à gauche, Valls à droite, Martine et François au centre

22h05 François, il a raté une carrière de curé, question sermon, nan?

22h10 Valls: « Je suis profondément attaché aux institutions financières de la Vème République » (ou alors , j’ai mal entendu)

22h15 Mégatacle d’Arnaud M sur la règle d’or: on ne gagnera pas en important les idées de Nicolas Sarkozy dans la primaire socialiste. Bingo!

22h18 Mon camarade Marc Cohen brûle d’envie de parler des manches gigot de Martine Aubry mais n’ose pas. C’est moche

22h19 Puisque Muriel est dans la fashion police, je suis bien obligé de constater que c’est Baylet qui porte le mieux le costard. Misère !

22h22 Les primaires, les seules élections donc que les socialistes sont sûrs de gagner. (François H, comique, circa 2011)

22h25 Martine Aubry rend hommage à Jean-Michel Baylet: et vas-y que je te prépare déjà le second tour des primaires

22h29 Et un deuxième éléphant in the room: après DSK, micro-évoqué par Valls, Hollande parle enfin de Marine Le Pen…

22h30 Engagement numéro neuf? C’est un truc de scientologie ou de Weight Watchers ?

22h31 Sauras-tu retrouver l’intrus parmi les vrais candidats? Jeu-concours ouvert aux résidents de France métropolitaine, Tarn-et-Garonne excepté

22h33 Sur le site de France 2, juste au dessus du débat, y’a une pub pour la journée de la prostate. Complot ?

22h34 Y’a Pujadas qui veut semer la zizanie entre Valls et Martine. Mais maman veille au grain, calme le jeu et tutoie même son petit Manu

22h36 « J’ai été le seul à voter non à Maastricht ! ». Arnaud l’a craché, sa Valda! Champagne!

22h37 Ségolène Royal: Je suis d’accord, oui, mais je voudrais rajouter quelque chose: Les aventures de Madame Plus

22h38 Segolène veut interdire les crédits revolving. Elle vient de perdre les voix de dix à quinze millions de Français, là.

22h39 Donc si tu es policière à découvert en fin de mois, tu seras raccompagnée à la maison par un retraité venant d’un centre éducatif fermé

22h40 Deux heures d’émission et pas un mot d’aucun des six sur le mariage gay. C’est pas un créneau porteur pour le prime time ou quoi?

22h41 Comme dit le tweet de Laurent Bouvet, pensons à DSK avec Anne devant la tévé

22h45 Martine: « Nous n’avons pas dit que nous ramènerions la retraite à 60 ans pour tout le monde ». Ah bon? C’est pas grave, je voterais Poutou

22h48 Fight Club, enfin ! Martine ouvre les hostilités avec François. Il était temps, c’est bientôt l’heure des Mots de Minuit

22h50 Montebourg pris en flagrant délit de lever les yeux au ciel façon Finkie pendant que Valls parle de l’Europe. Pas cool

22h53 Re-maman qui tape sur Hollande via le cumul des mandats. Hollande devrait annoncer qu’il va abandonner le CG de Corrèze s’il est élu en 2012

23h05 Rere-maman à l’attaque toute : François, nous ne sommes pas d’accord sur le nucléaire, il faut être clair sur ce sujet !

23h07 Séquence humour de Pujadas : faut-il légaliser le cannabis pour couper l’herbe sous le pied des trafiquants. On étudie Vermot au CFJ ?

23h09 Montebourg 100% prohibitionniste sur le chichon, mais pas sur le Macon ou le Givry, hein. Chouette, chouette, Chevènement revient!

23h10 Valls plussoie contre les tarpés en pharmacie. Les vieux veulent assouplir la loi, les djeunz, eux, savent de quoi on parle…

23h12 Pujadas met les pieds dans le plat : que ferez vous de DSK si vous êtes élu ?

23h13 Montebourg : DSK, reste chez toi !

23h14 Baylet : La question DSK ne se pose pas, enfin plus

23h14 Valls : DSK, c’est un ami, et sa ligne politique reste d’actualité

23h15 Moi j’avais déjà annoncé ma candidature avant l’affaire DSK, Prends ça, Martine

23h17 Après vérification auprès d’Apple, il n’existe pas d’appli iPhone pour savoir si un candidat PS est vraiment de gauche ou pas. Too bad…

23h30 Fin du débat

Le bon candidat? Le programme d’Arnaud, l’humour de François, la folie de Ségo, la ruse de Martine et le cran de Manuel. Sorry Jean-Mimi…

Vingt ans de laisser-faire, ça suffit !

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La France est un pays dont la base industrielle s’est rétrécie (30 % de la valeur ajoutée en 1982, 13 % aujourd’hui) et dont le commerce extérieur est presque aussi gravement déficitaire que celui des Etats-Unis (70 milliards d’euros en 2011 pour la France – 600 milliards de dollars pour les Etats-Unis).

Le discours sur l’endettement public de la France (1 650 milliards d’euros, soit 85 % du PIB) peut être trompeur. Il est dans la moyenne de la zone euro (85 %). L’endettement public des Etats-Unis atteint, lui, 100 % du PIB. Celui du Japon 200 %. Ce qui rend le problème de la dette publique française préoccupant, c’est sa détention, à près des deux tiers, par des « non-résidents » : on s’étonnera que les ménages français, relativement peu endettés et dont l’épargne est abondante (16 % du revenu), ne soient pas admis à souscrire aux émissions de dette publique : ce privilège est réservé aux banques …

Si on veut prendre une vue d’ensemble, la France n’est pas débitrice à l’égard du reste du monde. Elle est même créancière nette.[access capability= »lire_inedits »] Par exemple, nos investissements à l’étranger, qui étaient de 82 milliards, en 1982, atteignent 1 600 milliards d’euros aujourd’hui. Le patrimoine global français atteint 10 000 milliards d’euros, soit cinq fois le revenu national annuel, un record historique : mais il s’agit pour plus de moitié de la valeur estimée au prix du marché des patrimoines immobiliers. Ce niveau record ne doit pas faire illusion : il traduit surtout l’intensité de la spéculation immobilière depuis une trentaine d’années.

Au total, il y a donc deux visions de la pauvreté ou de la richesse de la France selon qu’on se place du point de vue financier ou du point de vue de l’économie réelle. De ce point de vue, la France est un pays déclinant, dont la production industrielle a été largement délocalisée et dont les parts de marché à l’exportation ont fondu de manière spectaculaire (5,6 % encore en 2000, 3,6 % aujourd’hui).

C’est cette déconnection que je voudrais mettre en valeur :

Les Français, surtout les plus riches, se sont considérablement enrichis. L’économie française, elle, s’est fragilisée. Il y a beaucoup de gens pauvres ou très modestes (le salaire médian est inférieur à 1 500 euros), beaucoup de chômeurs (plus de 9 % de la population active, 23 % chez les jeunes).

Au fond tout s’est passé comme si depuis plus de deux décennies, les intérêts des classes possédantes avaient divergé d’avec les intérêts du pays. Le développement d’un capitalisme financier globalisé a abouti à de très fortes délocalisations industrielles, à l’exode à l’étranger d’une part importante de notre épargne, à l’envol de la richesse des classes possédantes, et à une précarité croissante pour les couches populaires et pour une part importante de la jeunesse. Ce qu’on appelle la « globalisation » a exercé un effet de fracture sur la société française que les choix de rigueur en cours et la récession à nouveau menaçante ne peuvent que creuser encore.

Ou bien nous poursuivrons sur le chemin de la globalisation et le déclin économique dont les couches salariées font les frais s’accélèrera encore, ou bien un mouvement inverse interviendra (rupture avec la logique des marchés financiers, relocalisations industrielles, réinvestissement de l’espace national par les grands groupes d’origine française, redémarrage de l’investissement productif dans nos entreprises).

Des secousses inévitables

Ce dernier choix, fondé sur une croissance endogène, et qu’il faudrait penser à l’échelle européenne, serait seul conforme à l’intérêt national. Il heurtera les intérêts à courte vue des classes possédantes. Il suppose un euro beaucoup moins cher qu’aujourd’hui. Autant dire qu’il passera par de fortes secousses au triple plan national, européen et international. Ces secousses sont inévitables. Le redressement de la France n’est possible qu’à deux conditions : au prix de beaucoup d’efforts d’abord et seulement si les Français, dans les temps difficiles qui s’annoncent, savent se rassembler sur l’intérêt de la France et sur la nécessité de partager cet effort.[/access]

Apple casher

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Une vive émotion a saisi tout le landerneau antiraciste parisien lorsqu’il fut découvert qu’une application du I-Phone d’Apple permettait en un clic de savoir si une personne de l’espèce people ou assimilée relevait ou non d’une tribu issue de la lignée d’Abraham.

On précise même que ce logiciel est capable de faire la distinction entre les juifs entiers, les demis juifs, quarts de juifs et convertis. Je partage l’indignation des antiracistes patentés, mais pas leurs conclusions consistant à vouloir interdire ce genre de fouinage.

Je suggère, en revanche, que la curiosité malsaine de nos contemporains prêts à payer pour ce type d’information ne profite pas qu’à la firme fondée par Steve Jobs, ou à l’inventeur de cette « appli ». Il serait juste qu’une partie des recettes générées revienne aux personnes faisant l’objet d’une recherche en judéité, libre à elles de conserver ces sommes par-devers elles ou de les reverser à une association caritative de leur choix (juive de préférence).

Je précise que cette suggestion n’est pas une ruse pour ramener du pognon vers causeur.fr : il faudrait vraiment être débile pour aller vérifier sur son iTruc si Elisabeth Lévy, Marc Cohen, Gil Mihaely ou votre serviteur ne seraient pas, par hasard, des fidèles de l’Eglise catholique, apostolique et romaine.

Les lois du genre

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L’existence des hommes politiques est un constant sujet d’étonnement. Comment peut-on vouloir le bien de la communauté dans son ensemble ? Il est incroyable que la lecture de Molière, de Nietzsche ou de Freud n’ait jamais découragé personne de se présenter devant les autres comme un homme de bonne volonté, ou, ce qui n’est pas mieux, comme un humaniste. Prenez le sexe, juste pour rire.

La dernière bienveillance à la mode consiste à baliser scientifiquement l’orientation sexuelle des enfants. D’un côté, des députés de droite entendent rappeler l’existence irréfutable de la division sexuelle afin de fournir des repères solides aux écoliers. De l’autre, des sociologues veulent nous libérer de ces clichés naturalistes afin de préserver la liberté humaine. Comme le sociologue de gauche perçoit des relents de pétainisme dans les arguments du député de droite, la discussion évolue dans le mauvais sens. Soudain, le sociologue de gauche regarde le député de droite de travers. Le député de droite se sent alors obligé d’ajouter, main sur le cœur, qu’il abhorre sincèrement l’homophobie, qu’il n’a rien contre les homosexuels, et même qu’il aimerait son fils comme sa fille si par malheur celui-ci devait naître homosexuel. Croix de bois, croix de fer, si je mens je vais en enfer.

La seule chose que nos débatteurs ne diront jamais est qu’il est impossible de se faire une certaine idée de la jouissance sans vouloir l’étendre à tous les autres. Inutile de jouer au plus fin, au plus tolérant, au plus démocratique. Le débat public est incompatible avec la vérité sexuelle. Dites à un pervers que sa perversion n’est pas normale, et il le vivra comme une déchirure ; approuvez sa perversion publiquement, et il vous saluera comme un frère. Rien n’est plus agréable que d’étendre sa folie aux autres, c’est même ce qu’on appelle, en politique, avoir des convictions.

Nos débatteurs ont donc des convictions. Chacun entend défendre sa conception de la société démocratique, et, bien sûr, respecter la sexualité des autres. Dans cette compétition au plus tolérant, on dira que le sociologue de gauche est le plus ouvert, puisqu’il ne semble pas avoir d’idées préconçues et qu’il entend maintenir le choix sexuel dans la sphère privée. Mais, outre que le désir sexuel se moque pas mal de respecter la sphère privée (d’où la fascination jamais démentie pour la vie sexuelle des puissants), cette manière de reléguer le sexe dans l’intime n’est pas moins normative. C’est l’espoir fou auquel s’accroche l’optimiste moderne : qu’une opposition de type privé/public permette à chacun de vivre sa sexualité en paix, comme s’il suffisait de refermer la porte de l’animalerie pour que les cochons soient bien gardés…

L’homme bienveillant du XXIème siècle ne veut pas simplement jouir à l’abri des regards, il veut encore que tous les hommes puissent faire de même pour avoir l’impression de vivre dans une société normale.
Ainsi va le monde dans la Science de la vie et de la terre. Tant qu’il y aura des députés pour s’occuper scientifiquement de la différence sexuelle, tant qu’il y aura des sociologues pour débattre en public, on peut être certain que l’on n’avancera pas d’un pouce.

Le seul endroit où l’on apprend quelque chose d’intéressant sur la sexualité s’appelle un livre. Lolita, Les Liaisons dangereuses, Ma vie d’homme, voilà des repères sexuels qui tiennent la route. C’est quand même autre chose que toutes ces directives académiques qui disparaissent d’une année sur l’autre, non ? Les écrivains sont les seuls à aider les autres parce qu’ils ne parlent que d’eux-mêmes. La littérature est la seule médecine sociale parce qu’elle ne prescrit rien. Il est vrai que cette volonté de ne pas améliorer la société demande un certain courage.

On ne naît pas amoral, on le devient.

Primaires PS : ça va twitter sur Causeur

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Attention : ceci n’est pas un tweet : comme on est du genre bavard, on aurait vite fait d’atteindre les 140 signes sans même s’en apercevoir… D’ailleurs c’était déjà fait à la fin de la phrase précédente. Il va donc falloir qu’on soit plus dense (et si ça se trouve un rien plus vache que dans cette brève à caractère informatif) ce soir, à l’occasion du premier débat des primaires socialistes (featuring, par ordre alphabétique, Martine Aubry, 
François Hollande, Arnaud Montebourg, Ségolène Royal et Manuel Valls ainsi que, nous dit-on dans l’oreillette, Jean-Michel Baylet) retransmis en direct sur France2, et twitto-commenté, en direct itou, par vos deux serviteurs.

Pour suivre nos tweets, rien de plus simple, il suffit, si ce n’est déjà fait, de s’inscrire ici.

Les plus technophiles pourront, si, bis repetita, ce n’est déjà fait, télécharger l’application Twitter sur leur iPhone, leur Black ou leur Smartphone et suivre ainsi nos babillages en direct sur leur téléphone (le portable hein, pas celui qu’est posé dans l’entrée sur le napperon en dentelle du Puy)

Les autres pourront suivre le direct le plus rock’n’roll depuis le couronnement d’Elisabeth II par Léon Zitrone sur le site de Causeur, et très exactement ici.

Rendez-vous donc ce soir au environs de 20h 30 tapantes pour les tweets Causeur des Primaires socialistes, euh, « les primaires citoyennes », pardon Jean Mimi, ça commence à sentir le running gag, là…

DSK, Villepin : le business de l’innocence

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Notre bestiaire politique national comporte désormais deux innocents estampillés par des juges au-dessus de tout soupçon : Dominique Strauss-Kahn et Dominique de Villepin. Tous deux ont retrouvé, jusqu’à nouvel ordre, une virginité judiciaire car il a été impossible de prouver « au-delà d’un doute raisonnable » qu’ils s’étaient rendus coupables d’agissements que les codes pénaux, américain pour le premier, français pour le second, enjoignent de punir.

C’est tant mieux pour eux, et aussi pour la bonne administration de la justice, car il est moins dommageable pour les libertés publiques de laisser filer un coupable que de condamner à tort un innocent.
Ceci dit, la prise de bénéfice politique d’une décision judiciaire favorable est peut-être de bonne guerre, mais n’est pas de nature à assainir le climat dans lequel se déroule la précampagne pour la présidentielle de 2012.

On sent bien que DSK (ou ses proches) cherchent la première ouverture pour se replacer dans la mêlée des primaires socialistes, par une intervention au 20h de l’ex-client de la suite 2806 du Sofitel de New York. Il existe en ce moment une armée de petites mains et de petites plumes qui peaufinent des éléments de langages destinés à réinstaller DSK dans le paysage politique français. Notons, pour le déplorer, que les excitées du féminisme radical l’aident puissamment dans son entreprise.

Quant à Galouzeau, son appel à la compassion nationale à l’issue du procès en appel qui l’exonérait de toute turpitude dans l’affaire Clearstream était plus que touchant. Il nous ferait presque oublier les manœuvres tordues de toutes sortes – et avérées – auxquelles il s’est livré en 2005 et 2006 pour écarter Nicolas Sarkozy de la présidentielle de 2002.

Les « investigateurs » ont beau s’agiter comme des malades et sortir des scoops en rafale, montrant que des Levantins interlopes ont transporté des valises d’avoine africaine pour telle ou telle écurie présidentielle en 1995 ou 2002, le peuple s’en bat l’œil. D’abord, ce sont de vieilles histoires, et la sagesse des familles enseigne que l’on n’a jamais intérêt à aller agiter le fond de la fosse septique, car les remontées risquent d’éclabousser tout le monde. Ensuite, parce que pour les non-initiés, ces
«affaires» sont totalement incompréhensibles. Pour qui bossent Jouhri, Bourgi ou Takieddine ? Faites le test auprès de vos proches et vous verrez le résultat.

En France, contrairement à l’Italie, la corruption au sommet est tolérée, pour autant qu’elle n’affecte pas la vie quotidienne des citoyens, car dans son immense majorité l’administration haute, moyenne et petite est préservée de ce fléau. L’innocence y est un métier d’autant plus facile à exercer que les Français ne sont pas trop exigeants envers leurs élites politiques, médiatiques, économiques ou littéraires.

C’est pourquoi les repris de justice politique, comme Juppé, Balkany, Emmanuelli et quelques autres moins connus, à gauche comme à droite, retrouvent sans problème la faveur du suffrage universel une fois leur purgatoire judiciaire achevé. Par ailleurs, la France est le paradis des «écrivains » plagiaires, des journalistes bidonneurs, qui s’auto-amnistient à tour de bras lorsqu’ils ont été pris la main dans le sac. Le Français est débonnaire, et pardonne pour autant que le pécheur présente des qualités professionnelles humaines suffisantes. Il pardonne d’autant plus facilement que lui-même est chaque jour tenté par la corruption des petites gens, cette fraude fiscale et sociale qui fait aujourd’hui l’objet d’une campagne de sensibilisation radiophonique. Alors, innocent ou coupable, quelle différence ?