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DSK blanchi ?

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photo : bixintx

Le petit matin du 1er juillet ressemble comme un frère à celui du 15 mai. La France qui s’éveille en mettant la radio sent, au ton de ses journalistes et animateurs préférés, que la nuit leur a apporté une nouvelle maousse, du « gros » comme on dit dans la corporation. Et rien d’autre que l’affaire DSK ne saurait mobiliser à ce point les affects des gens de radio et de leurs auditeurs.

Un article du New York Times, un seul est la cause de ce grand remue-ménage et son titre est sans équivoque : « Strauss-Kahn case seen as in jeopardy » . Le dossier de l’accusation contre DSK serait ainsi en « jeopardy », terme difficilement traduisible mais puissamment évocateur d’une odeur de pâté : l’honorable Cyrus Vance Jr, district attorney de Manhattan est très, très ennuyé par les découvertes de ses propres services concernant la victime des agissements présumés de l’ex-directeur du FMI. Contrairement à ce qu’affirmait ce même New York Times quinze jours plus tôt – après une longue enquête confiée à sept journalistes ! – Nafissatou Diallo n’est pas, si on ose écrire, la blanche colombe pure et sans tache présentée jusque-là à la compassion du public.

La veuve laborieuse, trimant dur dans un boulot ingrat pour élever sa fille ne serait qu’une fieffée menteuse doublée d’une complice de blanchiment d’argent du trafic de drogue. Elle aurait menti dès sa demande d’asile politique aux Etats-Unis en déclarant qu’elle avait été victime de viol et de mutilations sexuelles dans son pays, la Guinée. Plus grave, elle aurait, dès le lendemain de l’affaire du Sofitel, téléphoné à l’un de ses amis incarcéré pour trafic de marijuana pour discuter avec lui des bénéfices sonnants et trébuchants qu’elle pouvait retirer de son aventure. Enfin, cette pauvre femme de ménage disposait d’un compte en banque créditeur de 100 000$, alimenté en liquide par son « fiancé » et des amis de ce dernier.

Ces révélations ne proviennent pas de l’armada de détectives engagés par la défense de DSK, mais des investigations menées par les services du procureur, ce qui leur confère une crédibilité notablement supérieure.

La conséquence est imparable : aucun jury ne condamnera un homme en se fondant sur les seules affirmations d’une accusatrice traînant derrière elle de telles casseroles. Même si elle a réellement subi un rapport sexuel non consenti -car la réalité de ce rapport est désormais établi par les analyses ADN – l’accusation ne serait pas en mesure d’en persuader les jurés « au-delà du doute raisonnable » comme le stipule la loi américaine. Pour sauver son cas, le procureur va tenter de négocier l’abandon des chefs d’accusation majeurs contre l’admission, par la défense, de charges mineures n’entraînant qu’une peine légère, voire symbolique.

On ne voit pas, dans l’état du dossier tel qu’il nous est présenté par le NYT, pourquoi DSK et ses avocats entreraient dans un tel marchandage. Un acquittement quasi certain lors d’un procès public serait pour lui une revanche éclatante sur le destin et un formidable bras d’honneur à tous ceux qui, dans le monde politique et les médias ont fouillé dans son passé comme une meute de chiens dans les poubelles d’un restaurant étoilé Michelin.

Ce qui est fascinant dans toute cette affaire, c’est que la réalité de ce qui s’est passé dans la suite 26 du Sofitel ne sera sans doute jamais établie, et que la question du consentement de Nafissatou Diallo aux rapports sexuels avec DSK ne pourra être tranchée. La vérité judiciaire devrait donc rendre ce dernier totalement innocenté des faits dont il est accusé, non pas parce que ces faits n’auraient pas eu lieu, mais parce que la victime présumée est maintenant hors d’état de faire valoir sa bonne foi. Car on peut être complice de dealers et avide de monnayer son malheur et avoir vraiment été victime de violences sexuelles…

On va naturellement voir ressurgir des théories du complot prétendant par exemple, que la femme de chambre aurait été missionnée par ses amis dealers, eux mêmes engagés par quelques officines obscures de Moscou ou de Paris pour piéger DSK. Mais quoi que l’opinion pense de ce genre d’élucubrations, cela ne rétablira pas le crédit politique de Strauss-Kahn : pourrait-t-on aujourd’hui confier la magistrature suprême à un homme capable de tomber dans un piège aussi grossier ? Cette pénible affaire n’a-t-elle pas épargné à la France de vivre une campagne présidentielle où DSK aurait été l’objet d’attaques crapoteuses sur ses mœurs, son argent et ses origines ?

La machine judiciaire américaine -qui, soit dit en passant vient de se révéler dans toute son équité avec le retournement de l’accusation – a brisé la carrière d’un homme politique issu d’une nation qui n’est pas la moindre sur cette planète. Ce n’est pas rien. Et pourtant ce qui s’est produit n’est pas une erreur judiciaire, car à aucun moment de la procédure les droits de la défense n’ont été violés. Trop de justice tue-t-elle la justice ? Sans doute, mais l’inverse est encore pire. Et qu’on nous permette, pour conclure de constater qu’un DSK acquitté, donc rétabli dans son honneur, mais dispensé de destin présidentiel, c’est pour lui la meilleure des issues possibles de cet abominable tunnel new-yorkais. Sa parole politique reprendra d’autant plus de poids qu’elle sera soulagée d’une ambition que la psyché de l’homme rendait périlleuse.

DSK : le procureur décharge

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photo : FMI

On s’est moqué de la justice américaine, eh bien on avait tort ! Ce n’est pas l’avocat de DSK qui le dit, c’est le procureur lui-même : sa « victime » n’est guère défendable.

Affabulatrice professionnelle, elle aurait menti sur tout et niqué d’avance son propre « violeur », entre un blanchiment d’argent supposé et deux trafics de drogue présumés innocents. Jusqu’à vomir et cracher partout après une fellation plus ou moins sollicitée. Elle veut un Oscar ou quoi ?

Bien sûr les « faits » demeurent, mais s’il s’agit d’un rapport sexuel mutuellement consenti, ça ne tombe pas encore sous le coup de la loi.

Déjà j’ai l’air con, moi qui ai soupçonné DSK d’un accès de « bitomotricité » incontrôlée.
Mais ce matin, j’aimerais pas être féministe…

Tous ensemble (mais Causeur moins que tous les autres, il faut bien le dire !) on a détruit un mec comme nous – mieux : un directeur du FMI, un futur présidentiable – sous prétexte qu’il était aussi « un coupable idéal », comme disait Jean-Xavier de Lestrade.

Décidément, ce n’est pas la justice américaine qui est en cause. C’est la justice en place de Grève et la loi de Lynch, et le « mens momentanea » qui nous rapproche, bien plus que DSK, des autres animaux.

En tout cas, si notre présumé coupable s’avère finalement innocent, il faudra bien revoir la machine sans pilote qui l’a broyé. Avec réhabilitation et dédommagement conséquent ! A titre personnel, et bien que ça me troue le cul, je m’engage dès à présent à voter pour lui en 2017. Enfin, au moins au premier tour parce qu’il ne faut pas non plus déconner.

Et en attendant, au nom de tous les gens qui parlent sans savoir, je lui demande pardon !

Passionarias ou ayatollahs, à chacun sa croix

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En Iran, le long des grilles des jardins publics, si nombreux dans la verte Perse, des panneaux fixés à intervalles réguliers rappellent en trois langues (persan, arabe, anglais) les injonctions divines contenues dans les versets du Coran. Ces paroles prêtées à Allah, scrupuleusement notées par Mahomet l’analphabète, enrichissent un flot de maximes lénifiantes qui vous disent comment vous conduire, aimer Dieu, qui aider ou combattre, etc.

A des milliers de kilomètres de là, en me promenant du côté de la Bibliothèque Nationale de France, une affiche a retenu mon attention. Son ton injonctif m’a immédiatement fait penser aux panneaux coraniques dont je conserve précieusement l’image mentale en souvenir d’un voyage mémorable en Iran. Ce poster plaqué en pleine rue sur un mur sale, c’est bien sûr le désormais célèbre « Osez le clito ! » sous-titré d’un inénarrable « Instigateur de plaisir ».

L’hédonisme obligatoire à la sauce (blanche) féministe aura donc repris les bonnes vieilles méthodes propagandistes des mollahs. Pour une cause qui, reconnaissons-le, n’a pas grand-chose à voir avec le chiisme duodécimain : point d’attente messianique du Mahdi pour Osez le féminisme, Caroline de Haas et ses copines réclament un doigt de volupté ici et maintenant !

A Ispahan comme à Paris, islamiste ou féministe, la révolution aura raison du voile d’ignorance qui recouvre les consciences obscurcies des pauvres pêcheurs que nous sommes…

Rafic Hariri : enfin du neuf, enfin des noms

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Le tribunal spécial de l’ONU enquêtant sur l’assassinat de l’ancien premier ministre libanais Rafic Hariri en 2005 à Beyrouth a remis il y a quelques heures son acte d’accusation. Selon les médias libanais, 4 mandats d’arrêt ont été lancés contre des membres du Hezbollah. Il s’agit de Salim Ayach, responsable des opérations spéciales, Moustapha Badr A-din, Assad Sabra et Hassan Issa. Un cinquième mandat sera lancé prochainement à l’encontre d’un homme qui, dit-on, ne serait pas libanais.

Maintenant c’est au gouvernement de Beyrouth de tenir ses promesses et donc juger les suspects. Or, le mouvement chiite a provoqué en janvier une crise politique et la chute du gouvernement dirigé par Saad Hariri justement par ce que ce dernier avait refusé de mettre fin à sa coopération avec le tribunal spécial. Le nouveau gouvernement, présenté devant le parlement il y a quinze jours, est contrôlé par le Hezbollah et ses alliés pro-syriens. D’ici à ce qu’il stipule par une fatwa ad hoc que Rafic Hariri a été victime d’une explosion accidentelle…

La relève de Lagarde, show républicain

Un remaniement, pour quoi faire ? Après quatre années de présidence Sarkozy-Fillon, nous avons la réponse : ça ne sert à rien. Ou plutôt ça sert à faire plaisir aux uns, éventuellement bloquer les autres et calmer les troisièmes. La politique ? N’y pensez pas. Le remplacement de la « grande dame » au ministère de l’Economie et des Finances a dégénéré en psychodrame entre ex-jeunes chiraquiens qui s’y voient déjà (en 2017) pour se terminer par la nomination de cinq nouveaux ministres, dont à part sans doute David Douillet, personne n’avait jamais entendu parler – à moins d’user, comme moi, sa jeunesse à l’Assemblée nationale.

Le psychodrame d’abord. Etrange, que les péripéties de la guerre entre François Baroin, ex-ministre du Budget promu à l’Economie et Bruno le Maire, resté à l’agriculture, qui faisait des pieds et des mains pour avoir Bercy aient fuité dans la presse. Etrange parce que ce genre de guéguerre est généralement raconté des années plus tard, dans une somme sur les dessous de la présidence où l’auteur confesse des ennemis de 20 ans, sur des faits qui se sont déroulés justement il y a 20 ans. Là, pas besoin d’attendre les mémoires de Michèle Cotta pour savoir que Baroin et Le Maire sont fâchés pour de bon, et qu’ils ont exercé un véritable chantage, un cran au-dessus du lobbying de base. Le Maire, qui fut directeur de cabinet de Dominique de Villepin époque CPE, s’est repeint en sarkozyste bon teint depuis un moment, et se voyait déjà gérer l’économie française. Ne lui avait-on pas promis un avenir de Premier ministre en novembre dernier…

Le matin, Le Maire avait le poste. Le mardi après-midi, c’est donc un autre chiraquien rallié avec fracas à Sarkozy qui récupère le job, après avoir fait jouer tous ses soutiens et menacé de claquer la porte. En arbitre entre les deux Rastignacounets, Valérie Pécresse, autre chiraquienne ralliée, qu’on voyait bien à la place de Lagarde. Elle aurait pu emporter le pompon à la faveur de la règle du plus petit dénominateur commun, sans compter qu’une femme pour une femme, ça aurait ravi les indignées genre Caroline de Haas ou Laurence Parisot. Mais, contrairement à ce que prétend l’intéressée, le Président de la République ne peut pas encadrer Pécresse, ça la fout mal dans son CV…

Bref, aucune facette du psychodrame ne nous a été épargnée y compris son happy-end intégral: naturlich, tout le monde est content de son poste, promotion ou mutation comprise et compte continuer à travailler pour la France. La palme de la faux-culterie revenant à Bruno le Maire, qui mardi soir, alors que tout le monde savait qu’il était hors de lui, affirmait sur son compte Facebook, sa joie de « rester le ministre des agriculteurs et des pêcheurs » qui peuvent « compter sur lui ». Jusqu’à ce qu’il soit nommé ailleurs sans doute. Etrange toujours cette absence de secret sur les nominations, les guerres intestines, les ambitions personnelles. Comme si Sarkozy ne maîtrisait rien. À moins qu’il ne cherche à abîmer ses propres ministres, meilleur moyen pour lui de les dominer et de les rendre inaptes à contester son autorité pour 2012 ? Pour 2017, disons qu’il doit s’en moquer. Après tout, que Le Maire et Baroin, qui s’y voient déjà, commencent dès maintenant à se détester au vu et au su de tout le monde…

Nous voici donc avec une « droite de gouvernement » qui claque les portes, menace de démissionner et semble prête à tout pour obtenir un plus gros pompon pour les quelques mois qui restent. Mais pas uniquement. À côté de ces fauves d’opérette, de nouveaux venus arrivent à des postes dont il conviendra de mesurer l’importance stratégique dans quelques années. David Douillet hérite des « Français de l’étranger », job qui consistera sans doute à choyer ces citoyens qui vont désigner bientôt de nouveaux députés à l’Assemblée nationale, lesquels devraient être majoritairement UMP, c’est sans doute une coïncidence. Puis vient une palanquée de traitres : les néo-centristes Jean Léonetti et François Sauvadet dont les nominations ont pour seul but d’emmerder Borloo et contrecarrer ses velléités d’indépendance présidentielle ; des amis de Jean-Pierre Raffarin, comme l’illustre Marc Laffineur, jusqu’ici vice-président du groupe UMP à l’Assemblée qui hérite des anciens combattants ainsi que la mère de famille nombreuse Claude Greff, qui devient secrétaire d’Etat à la Famille : osons le féminisme ! Thierry Mariani, sarkozyste déçu plusieurs fois, est enfin récompensé de son action à la tête de la Droite Populaire, puisqu’il monte en grade : de secrétaire d’Etat aux transports, il devient ministre, ça, coco, c’est de la breaking news !

Et la politique me direz-vous ? Qui s’en soucie ? Qui se soucie de ministres qui n’ont aucune marge de manœuvre ? Qui se soucie du gouvernement alors que tous les projecteurs sont déjà braqués sur la présidentielle ? Pour le président, le Conseil des ministres est devenu une banale variable d’ajustement électorale. Quant au Premier ministre, il semble avoir mieux à faire que la tambouille gouvernementale, d’autant qu’il est désormais indéboulonnable pour onze mois. Après tout pourquoi se priver de faire entrer de nouvelles têtes, et offrir aux braves gens d’Amboise, de Segré ou de Semur-en-Auxois le bonheur simple de voir leur élu local devenir ministre ? De plus, pour nous autres journalistes, ces nominations hasardeuses sont peut-être autant de futures occasions de rigolades. À droite, certains affirment que Nicolas Sarkozy est un génie politique mais un DRH nul. À voir le casting d’hier, on a du mal à leur donner tort.

A Manama, la démocratie est mal Bahreïn

Vous souvenez-vous des manifestations contre la famille royale de Bahreïn place de la Perle à Manama ? Si vous avez tout oublié, ne culpabilisez pas trop vite : vous n’êtes pas les seuls !

Moins de trois mois après l’écrasement du début de contestation bahreïni par les troupes du Conseil de Coopération du Golfe, selon la formule consacrée, l’ordre règne à Manama. Avec l’appui des Etats-Unis et de l’Arabie Saoudite, la dynastie Al-Khalifa a généreusement amorcé un « dialogue de consensus national » devant déboucher sur des réformes politiques. L’initiative, pilotée par un comité Théodule maison, est solidement soutenue par la Maison Blanche, la numéro deux du département d’Etat ayant même récemment déclaré qu’elle ne lâcherait son allié bahreïni « sous aucun prétexte » !

Comme Saint Thomas, la puissante famille régnante sunnite ne croit que ce qu’elle voit. A Manama, où on a des idées ET du pétrole, on a donc rasé la place de la Perle. Et hop, évaporée l’opposition !

Salah Ali, président d’une délégation parlementaire bahrëinie en visite aux Etats-Unis, se paie même le luxe d’une leçon de démocratie. Affirmant qu’en matière de liberté, son pays est l’un des plus avancés du Golfe persique, il profite de la mansuétude des Etats-Unis, peu regardants sur la situation politique locale. Il faut dire que les fréquentes ingérences iraniennes au Bahreïn, pays majoritairement chiite gouverné par des sunnites, appuient l’éloge américain du statu quo.

Concernant Manama, la prose xyloglossique des Américains rappelle les plus belles heures du règne de Ben Ali et de Moubarak, à l’époque pas si lointaine où l’on nous expliquait que c’était le despotisme ou le chaos, la stabilité ou la dérive islamiste, la croissance ou la chienlit.

Bref, selon que vous soyez un président vieillissant ou un émir fringant menacé par Téhéran, Washington vous rendra blanc ou noir.

Primaire écologiste : Messieurs les sondeurs, bonsoir !

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Mesdames et Messieurs les directeurs de rédaction des journaux, radios et télévisions, Depuis quelques mois, vous commandez des sondages sur les primaires écologistes ou socialistes. Les instituts, que vous payez sans doute fort cher pour qu’ils vous livrent ce que je n’ose appeler des études, ne connaissent pas encore le corps électoral qui se déplacera lors de tels scrutins, sans aucun précédent dans notre pays ; ils ne bénéficient d’aucun recul pour effectuer leurs fameux redressements des données brutes. Cet automne, lors de son émission Petit Stream, David Abiker avait relayé une de mes questions via twitter, à l’un de ces responsables sondagiers : comment les instituts de sondages peuvent-ils donner des chiffres sérieux dans ces conditions ? « C’est le défi », avait-il répondu, si ma mémoire ne me fait pas défaut. Et, mon cul, c’est du poulet ?

Mesdames et Messieurs les directeurs de rédaction, maintenant que le résultat du premier tour de la primaire écologiste est rendu public et qu’il place Eva Joly largement en tête, n’avez-vous pas l’air légèrement cons alors que vous annonciez la victoire dans un fauteuil de Nicolas Hulot ? N’avez vous pas l’impression d’être légèrement abusés ? Vous auriez tort. Normalement, le fait que vous occupiez cette fonction devrait garantir à vos lecteurs et actionnaires que votre cerveau est capable de ne pas prendre au sérieux ces études pifométriques.

Vous me trouvez sévère ? Allez ! Je vous donne une chance de vous rattraper. Arrêtez de commander et publier des sondages sur la primaire socialiste. Et dites à vos lecteurs, auditeurs et téléspectateurs que François Hollande, Martine Aubry, Manuel Valls, Ségolène Royal et Arnaud Montebourg peuvent tous accéder à la finale de cette compétition, attendu que vous ne savez pas qui se déplacera pour voter. Vous gagnerez des sous et vous aurez l’air plus intelligents. Peut-être ressentirez-vous une légère frustration mais cela vous évitera un ridicule moins discret que pour les écolos. Errare humanum est, persevare diabolicum.

Fermez la BCE !

photo : tobias.bjorkgren

La Bank of England fut créée en 1694 par le roi William III afin de garantir « certaines récompenses et avantages […] aux personnes qui avanceraient volontairement la somme de 1.5 millions de livres afin de mener à bien la guerre contre la France »[1. William III avait un besoin urgent d’argent frais suite à sa défaite lors de la bataille de Bévéziers (1690)]. Dès sa fondation, la banque fut ainsi le bras armé des finances royales et, au cours des siècles qui suivirent, perpétua cette tradition en échange de nouveaux privilèges. En 1844, le Bank Charter Act accorde ainsi à la Bank of England le monopole de l’émission de billets de banque faisant d’elle, deux ans avant notre Banque de France, la première banque centrale moderne. L’histoire de ces institutions qui nous semblent si naturelles à défaut de nous être familières est ainsi intrinsèquement liée aux besoins de financement de nos gouvernants.

Pour qu’un système de banque centrale fonctionne, il faut deux dispositifs légaux. Le premier accorde le monopole d’émission de billets de banques à la banque centrale et interdit à quiconque de lui faire concurrence (article 442-4 du code pénal). Le second dispositif instaure le « cours légal » de la monnaie gouvernementale ; c’est-à-dire qu’en tant que citoyens de ce pays, vous n’avez pas le droit d’utiliser d’autre monnaie que celle que votre gouvernement vous autorise à utiliser (article R642-3 du code pénal) et vous n’avez pas le droit de refuser cette monnaie en paiement (article R642-2 du code pénal). Une fois ces deux conditions préalables remplies, il ne peut plus y avoir qu’une seule monnaie : celle de la banque centrale, c’est-à-dire celle de l’Etat.

Un prince dépensier et une planche à billet

Imaginez un royaume dirigé par un prince dépensier qui aurait mis en place un tel dispositif légal. Lorsque le prince souhaite engager une dépense, il lui suffit de mander le gouverneur de sa banque centrale et de lui ordonner d’imprimer la quantité de billets de banques nécessaire : le gouverneur de ladite banque étant nommé, payé et potentiellement embastillable sur ordre du prince, il est bien évident que ce dernier s’exécutera sans mot dire et livrera en temps et en heure les espèces demandées. Au premier abord, vous trouverez ce système formidable puisqu’il élimine définitivement ces inconvénients que nous connaissons sous le nom d’impôts, de déficits budgétaires et autres dettes publiques : il suffit de financer la dépense publique avec la planche à billet et tous nos problèmes disparaissent comme par magie.

Malheureusement, le monde réel manque cruellement de magie. Il y a bel et bien une limite à l’usage de la planche à billet pour financer le trésor royal : et cette limite porte même un nom, on l’appelle « inflation »[2. Madame Rachida Dati, où que vous soyez, une pensée pour vous]. Le principe en est très simple : une monnaie a une valeur qui dépend de la demande de monnaie (vous et moi) et de l’offre de monnaie (la banque centrale). Si notre prince finance ses dépenses à l’aide de la planche à billet, il augmente continuellement la quantité de monnaie en circulation et donc dévalue sa propre monnaie. Bien sûr, pour vous comme pour moi une dévaluation de la monnaie se traduit par une dévaluation de nos salaires et de nos économies ; c’est-à-dire que le prince n’a fait d’autre que d’inventer une nouvelle forme d’imposition qui consiste à siphonner notre pouvoir d’achat à coup de création monétaire. Si cet impôt à quelques effets indésirables – notamment le fait qu’il frappe tout le monde au même taux, encourage l’endettement et ronge les économies des braves gens – il a aussi un avantage non négligeable : il se traduit par une hausse continue des prix qu’il sera facile d’attribuer à la rapacité des marchands et à l’avidité des banquiers. Mais là aussi, l’histoire a largement démontré que les effets secondaires peuvent se révéler particulièrement dévastateurs – j’invite ceux que ça intéresse à se renseigner sur l’expérience allemande de 1923.

Le monde réel manque cruellement de magie : faire tourner la planche à billet ne créé pas de richesse. Notez bien que ça serait formidable – nous serions déjà venus à bout de la misère dans le monde depuis longtemps – mais ça ne fonctionne pas comme ça. C’est pour cette raison que Valéry Giscard d’Estaing, alors ministre de l’Économie et des Finances, avait eut la bonne idée de faire voter cette fameuse loi n°73-7 du 3 janvier 1973 qui interdit au Trésor Public de faire directement appel à la Banque de France. En vous promenant un peu sur internet et dans les programmes de certains partis, vous trouverez de nombreux commentateurs qui fustigent cette « loi scélérate » qu’ils ont pour l’occasion rebaptisé « loi Rothschild » au motif qu’elle aurait été voté dans le seul but d’engraisser les banquiers[3. Et que Georges Pompidou fût directeur général de la Banque Rothschild] et serait responsable de notre dette publique[4. La dépense publique est passée de 40% du PIB en 1973 à plus de 56% aujourd’hui mais ça n’a probablement rien à voir (sarcasme)…] – vous devriez vraiment jeter un coup d’œil à l’expérience allemande de 1923.

L’inflation est un impôt qui ne dit pas son nom

Si cette loi de 1973 limite effectivement la capacité de nos gouvernants taxer notre pouvoir d’achat en dehors de tout contrôle démocratique, elle ne règle pourtant pas totalement le problème. Admettons, si vous le voulez bien, que l’intérêt bien compris de l’homos politicus est de faire bénéficier au plus grand nombre possible des largesses des derniers publics tout en évitant de se mettre à dos les moutontribuables chargés de remplir les caisses. Il s’en suit, vous me l’accorderez, que la dette publique est une conséquence naturelle de l’Etat-providence et de fait, nos Etats-providence sont formidablement endettés. Or voilà, s’il y a bien une chose que les gens endettés aiment beaucoup, c’est l’inflation. La raison en est fort simple : si vous devez rembourser 100 euros chaque année, vous avez matériellement intérêt à ce que la valeur de l’euro – c’est-à-dire la valeur réelle de vos remboursements – baisse.

Et c’est là qu’interviennent nos banques centrales « indépendantes ». Dans leur ordre de mission, on leur a demandé deux choses : créer les conditions de la croissance tout en préservant la valeur à long terme des monnaies dont elles ont la charge. Si vous deviez chiffrer ce deuxième objectif vous penseriez certainement à zéro pourcent d’inflation n’est-ce-pas ? Eh bien non, pour les banquiers centraux, préserver la valeur à long terme de la monnaie c’est 2% d’inflation. Vous me direz que 2% d’inflation ça n’est pas beaucoup mais je vous rappellerais que 2% d’inflation pendant dix ans ça fait tout de même 22% de perte de pouvoir d’achat et autant de gagné pour l’Etat. En fait, cet objectif de 2% présente surtout l’avantage d’être supportable à court terme et d’éviter que les électeurs ne se posent trop de questions sur les origines de la hausse des prix. C’est « L’art de l’imposition disait Colbert consiste à plumer l’oie pour obtenir le plus possible de plumes avec le moins possible de cris ».

Bref, nos Etats ont intérêt à ce que leurs banques centrales créent beaucoup de monnaie et les banques centrales – toutes indépendantes qu’elles sont supposées être – créent effectivement beaucoup de monnaie, de l’inflation, des cycles d’expansion du crédit, des bulles spéculatives et – finalement – de gigantesques crises que nos politiques s’empressent de mettre sur le dos des marchés, des banques, des spéculateurs, des paradis fiscaux, du réchauffement climatique ou de Dieu sait qui d’autre encore. La réalité simple et brutale est que ce système est une construction humaine et qu’il est donc faillible. La réalité c’est que ce système qui vient encore une fois de nous montrer à quel point il peut être dangereux ne repose que sur deux dispositifs légaux qui vous empêchent d’utiliser une autre monnaie que celle de l’Etat et qui interdit à quiconque de vous proposer une alternative.

Privatiser la monnaie

Vous pensez que c’est de la science-fiction ? Détrompez-vous : imaginez par exemple, qu’une banque propose un jour à ses clients de placer tout ou partie de leurs économies en or et que la quantité d’or détenue par chaque client soit mesurée en « bullions », un bullion représentant 1/30ème de gramme d’or. Vous pourriez, par exemple, avoir un compte créditeur de 30 bullions – c’est-à-dire un gramme d’or soient 32.56 euros[5. A l’heure où j’écris ces lignes]. Imaginez maintenant que cette même banque vous propose un chéquier ad hoc qui vous permet de virer des bullions de votre compte vers un autre compte : le bullion est de facto devenu une monnaie dont la valeur est directement liée à celle de l’or. La banque peut tout aussi bien vous proposer des certificats de dépôt – c’est-à-dire des bouts de papier représentant 10, 20, 50 ou 100 bullions – qui ne sont rien d’autres que des billets de banque que vous pouvez utiliser comme moyen de paiement en lieu et place de vos euros. Plusieurs systèmes de ce type – des systèmes de « banque libre » – ont parfaitement bien fonctionné au travers de l’histoire[6. Le professeur George Selgin, probablement le spécialiste le plus éminent en la matière, propose une rétrospective (en anglais) dans la première partie de The Theory of Free Banking]. L’expérience écossaise de 1716 à 1845 est sans doute le plus célèbre : 129 ans sans banque centrale ni pratiquement aucune règlementation bancaire et pourtant le système bancaire le plus stable et le plus performant de son époque.

Les vertus d’un système de banque libre reposent principalement sur deux spécificités. Primo, là ou nos gouvernement ont toutes les incitations du monde à dévaluer régulièrement mais surement leurs monnaies, les banques émettrices d’un système de banque libre ont au contraire matériellement intérêt à préserver la valeur de leurs monnaies dans le temps pour éviter de perdre des parts de marché au profit de leurs concurrentes. Deuxio, et c’est probablement le point le plus important, dans un système de banque libre ce sont les banques qui se surveillent entre elles en s’assurant de leurs solidités financières respectives : il en va de leur intérêt à toutes ; si une banque accorde trop de crédit et se retrouve en faillite, les autres banques seraient les premières victimes de la banqueroute. Bref, c’est un système en tout point supérieur à celui des banques centrales ; en tout point sauf deux : il ne permet pas aux Etats de manipuler la monnaie à des fins fiscales et interdit aux banques de gagner de l’argent sur le dos des contribuables.

Montebourg gâche son talent

photo : Sidi-Bouzid News (Flickr)

Il y a trois Montebourg : l’avocat de la démondialisation qui dès 1997, faisait campagne en faveur du protectionnisme européen, déplorant la désertification industrielle de la Saône-et-Loire, l’éternel jeune lion du Parti Socialiste qui ne parvient pas à se défaire de son image de bourgeois aux dents longues, orfèvre en retournements de veste et combinazione, passé de Benoît (Hamon) à Ségolène (Royal) puis à Martine après un flirt raté avec Pierre (Moscovici) et, enfin, le Robespierre aux petits pieds, partisan de l’acharnement éthique contre Chirac, dont l’idéologie semble se réduire à une vague critique parlementariste de la Ve République et à une croisade contre les paradis fiscaux.

Lundi soir, lors de son grand meeting au théâtre Dejazet, Montebourg voulait surtout montrer le premier, le démondialisateur, notamment dans son excellent discours de clôture où il a confirmé son hétérodoxie économique et formulé quelques propositions concrètes, qui ont au moins le mérite de trancher avec les mesures cosmétiques de ses concurrents socialistes d’enrichir le débat de quelques couplets innovants :

– La mise sous tutelle des banques et entrée de représentants de l’Etat, des syndicats et des usagers dans leurs conseils d’administration ;

– La création d’une Agence Européenne de la dette mutualisant les dettes publiques sur la base d’une taxation des transactions financières à hauteur de 0.05% (dont les recettes rembourseraient la dette grecque en un an).


Volontaires de toute la France, unissez-vous ! par idees_reves

Bonne prestation sur le fond, donc. On n’en dira pas autant sur la forme. Côté mise en scène, Montebourg a sacrifié à tous les poncifs du Spectacle contemporain. D’emblée, le ton fut donné par le choix farfelu d’une musique du groupe ivoirien Magic system en duo avec le chanteur Khaled.


MAGIC SYSTEM KHALED par sixonine

Compilant l’arabe et un idiome africain dans un brouhaha musical insupportable, ce générique accompagna l’entrée en scène – puis la sortie- d’Arnaud Montebourg, rappelant avec de gros sabots que Montebourg n’a rien à voir avec Marine Le Pen, malgré la proximité de leurs projets économiques malicieusement rappelée par l’intéressée. Le public ne put échapper à la rengaine sur le grand-père algérien du candidat, pas plus qu’à l’éloge absurde de la « France métissée ». Du Ségolène Royal dans le texte.

Le pire restait à venir, avec un aréopage de soutiens hétéroclites. Deux heures durant, une petite dizaine d’intervenants se disputèrent en effet la palme du discours le plus soporifique pour défendre leurs chapelles respectives, en vrac le féminisme, les banlieues, la laïcité, l’écologie, les rapports Nord-Sud. On vit donc se succéder à la tribune :

– Un Roland Castro parfois lyrique, parfois pertinent et concret, mais plutôt fumeux dans son éloge naïf de la « mondialité » ethnoculturelle française.

– Un représentant du pôle écologique du PS racontant longuement l’écologie d’hier avec des histoires de poêles à charbon qui firent monter d’un cran la chaleur suffocante. Sa blague involontaire sur la profondeur des convictions écologistes d’un Montebourg n’acceptant les supermarchés que quand ils utilisent un tant soit peu l’énergie solaire, a remporté un grand succès auprès des mauvais esprits disséminés dans la salle.

– Une ex-ministre de la jeunesse de Cresson et Bérégovoy, Frédérique Bredin, qui offrit à l’assistance dans un pur revival des années Mitterrand promettant à Montebourg, qui a « le courage de la volonté », un destin présidentiel.

– Laurianne Deniaud, présidente des Jeunes socialistes, soumise à un très courageux devoir de réserve qui la contraint à attendre le résultat des primaires socialistes pour rallier le vainqueur, mit son éloquence (digne des plus belles heures de Darry Cowl) au service d’un vibrant hommage à la jeunesse, résumant au passage les deux faces du socialisme postmoderne : l’égalité hommes-femmes et la lutte contre les discriminations.

– Christine Taubira entraînant une fois encore sur le public sur les chemins rebattus du « devoir de mémoire » et de l’exécration corollaire des pouvoirs politique, financier, médiatique, idéologique. Evoquant Frantz Fanon et le mouvement des pays non-alignés, elle célébra la globalisation de la démondialisation. Heureusement, la radicale de gauche fit une révélation fracassante : Montebourg possèderait deux qualités « il est beau, et ce n’est pas un bourgeois ».

– Sihem Souid, auteur d’Omerta dans la police, évidemment victime de la misogynie et du racisme congénitaux de nos flics et ardente avocate de la police de proximité : de quoi dissuader les trafiquants de drogues de manier des armes de guerre.

– Sihem Habchi, ex-présidente de Ni putes ni soumises, « résistante » au fascisme qui entra en politique un certain 21 avril 2002et que l’on a connue mieux inspirée.

Arrivé et reparti sur les rythmes endiablés d’un hymne au métissage, pour ne pas dire au multiculturalisme – personne au PS n’ayant à ce jour perçu la contradiction entre ces deux voies – Arnaud Montebourg a finalement galvaudé son talent en caricaturant « Jean-Marine Le Pen » dont le « projet est racialiste » (!).

N’eût-été son programme économique ambitieux, ce show aurait pu être parrainé par la Fondation Terra Nova. Les amis d’Olivier Ferrand, qui avait choisi de se fondre dans l’assistance, sont en effet les inspirateurs du positionnement France de demain regroupant « les jeunes, les femmes et les minorités des quartiers populaires ». Il n’est pas sûr que cette « coalition des victimes » suffise à pallier le peu d’appétence des classes populaires pour le PS. Il est vrai qu’il le leur rend bien.

Charlène et Albert de Monaco : pas d’enterrement pour le mariage ?

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Ouf on est rassuré, alors qu’on avait craint le pire pour notre programme télé de samedi, la Principauté vient de publier le communiqué suivant : « A quelques jours des cérémonies du mariage de S.A.S. le Prince Albert avec Mlle Charlène Wittstock, le Palais princier dément formellement les allégations mensongères parues ce matin sur le site lexpress.fr, ces rumeurs n’ont pour but que de nuire gravement à l’image du Souverain, par conséquence à celle de Mlle Wittstock, et portent un préjudice grave à cet événement heureux ».

Pour ceux qui n’auraient pas suivi le feuilleton, il faut dire que nos confrères de l’Express n’y étaient pas allés de main morte. D’après eux, Charlène aurait tout simplement tenté de fuguer il y a une semaine, et de s’embarquer pour un aller sans retour vers son Afrique du sud natale, avant d’être interceptée par la police française à l’aéroport de Nice, comme un vulgaire DSK. Ce qui est déjà rigolo, mais le meilleur est à venir.

Car d’après nos confrères, cette tentative d’évasion a été provoquée par une mystérieuse révélation : « Qu’a donc appris la jeune femme pour décider de quitter aussi précipitamment Monaco et de tirer un trait sur ce mariage ? Liaison amoureuse ? Plus encore ? Toute la presse people est sur les dents depuis quelques jours, et un journal dispose de tous les éléments d’une histoire qui risque d’ébranler une nouvelle fois la Principauté ».

On reste pantois à la lecture de ce « Plus encore » qui sonne indubitablement comme un « Pire encore ».

Mais on s’énerve pour rien, là. Stéphane Bern, qui commentera le mariage en direct sur le service public (s’il a bien lieu) a déclaré qu’il n’y avait pas d’affaire ce matin dans Le Parisien, avant de conclure assez peu confraternellement : « C’était trop parfait. J’étais certain qu’une boule puante se préparait. (…) Cette volonté de salir la famille princière est dégueulasse ! Cette famille a connu tellement de malheurs… Qu’on leur foute la paix ! ».

Christophe Barbier, lanceur de boules puantes ? On a du mal à y croire. D’un autre côté, on m’aurait dit que Stéphane Bern allait s’exprimer publiquement comme une harenguière sous méthamphétamine , j’y aurais pas cru non plus…

DSK blanchi ?

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photo : bixintx

Le petit matin du 1er juillet ressemble comme un frère à celui du 15 mai. La France qui s’éveille en mettant la radio sent, au ton de ses journalistes et animateurs préférés, que la nuit leur a apporté une nouvelle maousse, du « gros » comme on dit dans la corporation. Et rien d’autre que l’affaire DSK ne saurait mobiliser à ce point les affects des gens de radio et de leurs auditeurs.

Un article du New York Times, un seul est la cause de ce grand remue-ménage et son titre est sans équivoque : « Strauss-Kahn case seen as in jeopardy » . Le dossier de l’accusation contre DSK serait ainsi en « jeopardy », terme difficilement traduisible mais puissamment évocateur d’une odeur de pâté : l’honorable Cyrus Vance Jr, district attorney de Manhattan est très, très ennuyé par les découvertes de ses propres services concernant la victime des agissements présumés de l’ex-directeur du FMI. Contrairement à ce qu’affirmait ce même New York Times quinze jours plus tôt – après une longue enquête confiée à sept journalistes ! – Nafissatou Diallo n’est pas, si on ose écrire, la blanche colombe pure et sans tache présentée jusque-là à la compassion du public.

La veuve laborieuse, trimant dur dans un boulot ingrat pour élever sa fille ne serait qu’une fieffée menteuse doublée d’une complice de blanchiment d’argent du trafic de drogue. Elle aurait menti dès sa demande d’asile politique aux Etats-Unis en déclarant qu’elle avait été victime de viol et de mutilations sexuelles dans son pays, la Guinée. Plus grave, elle aurait, dès le lendemain de l’affaire du Sofitel, téléphoné à l’un de ses amis incarcéré pour trafic de marijuana pour discuter avec lui des bénéfices sonnants et trébuchants qu’elle pouvait retirer de son aventure. Enfin, cette pauvre femme de ménage disposait d’un compte en banque créditeur de 100 000$, alimenté en liquide par son « fiancé » et des amis de ce dernier.

Ces révélations ne proviennent pas de l’armada de détectives engagés par la défense de DSK, mais des investigations menées par les services du procureur, ce qui leur confère une crédibilité notablement supérieure.

La conséquence est imparable : aucun jury ne condamnera un homme en se fondant sur les seules affirmations d’une accusatrice traînant derrière elle de telles casseroles. Même si elle a réellement subi un rapport sexuel non consenti -car la réalité de ce rapport est désormais établi par les analyses ADN – l’accusation ne serait pas en mesure d’en persuader les jurés « au-delà du doute raisonnable » comme le stipule la loi américaine. Pour sauver son cas, le procureur va tenter de négocier l’abandon des chefs d’accusation majeurs contre l’admission, par la défense, de charges mineures n’entraînant qu’une peine légère, voire symbolique.

On ne voit pas, dans l’état du dossier tel qu’il nous est présenté par le NYT, pourquoi DSK et ses avocats entreraient dans un tel marchandage. Un acquittement quasi certain lors d’un procès public serait pour lui une revanche éclatante sur le destin et un formidable bras d’honneur à tous ceux qui, dans le monde politique et les médias ont fouillé dans son passé comme une meute de chiens dans les poubelles d’un restaurant étoilé Michelin.

Ce qui est fascinant dans toute cette affaire, c’est que la réalité de ce qui s’est passé dans la suite 26 du Sofitel ne sera sans doute jamais établie, et que la question du consentement de Nafissatou Diallo aux rapports sexuels avec DSK ne pourra être tranchée. La vérité judiciaire devrait donc rendre ce dernier totalement innocenté des faits dont il est accusé, non pas parce que ces faits n’auraient pas eu lieu, mais parce que la victime présumée est maintenant hors d’état de faire valoir sa bonne foi. Car on peut être complice de dealers et avide de monnayer son malheur et avoir vraiment été victime de violences sexuelles…

On va naturellement voir ressurgir des théories du complot prétendant par exemple, que la femme de chambre aurait été missionnée par ses amis dealers, eux mêmes engagés par quelques officines obscures de Moscou ou de Paris pour piéger DSK. Mais quoi que l’opinion pense de ce genre d’élucubrations, cela ne rétablira pas le crédit politique de Strauss-Kahn : pourrait-t-on aujourd’hui confier la magistrature suprême à un homme capable de tomber dans un piège aussi grossier ? Cette pénible affaire n’a-t-elle pas épargné à la France de vivre une campagne présidentielle où DSK aurait été l’objet d’attaques crapoteuses sur ses mœurs, son argent et ses origines ?

La machine judiciaire américaine -qui, soit dit en passant vient de se révéler dans toute son équité avec le retournement de l’accusation – a brisé la carrière d’un homme politique issu d’une nation qui n’est pas la moindre sur cette planète. Ce n’est pas rien. Et pourtant ce qui s’est produit n’est pas une erreur judiciaire, car à aucun moment de la procédure les droits de la défense n’ont été violés. Trop de justice tue-t-elle la justice ? Sans doute, mais l’inverse est encore pire. Et qu’on nous permette, pour conclure de constater qu’un DSK acquitté, donc rétabli dans son honneur, mais dispensé de destin présidentiel, c’est pour lui la meilleure des issues possibles de cet abominable tunnel new-yorkais. Sa parole politique reprendra d’autant plus de poids qu’elle sera soulagée d’une ambition que la psyché de l’homme rendait périlleuse.

DSK : le procureur décharge

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photo : FMI

On s’est moqué de la justice américaine, eh bien on avait tort ! Ce n’est pas l’avocat de DSK qui le dit, c’est le procureur lui-même : sa « victime » n’est guère défendable.

Affabulatrice professionnelle, elle aurait menti sur tout et niqué d’avance son propre « violeur », entre un blanchiment d’argent supposé et deux trafics de drogue présumés innocents. Jusqu’à vomir et cracher partout après une fellation plus ou moins sollicitée. Elle veut un Oscar ou quoi ?

Bien sûr les « faits » demeurent, mais s’il s’agit d’un rapport sexuel mutuellement consenti, ça ne tombe pas encore sous le coup de la loi.

Déjà j’ai l’air con, moi qui ai soupçonné DSK d’un accès de « bitomotricité » incontrôlée.
Mais ce matin, j’aimerais pas être féministe…

Tous ensemble (mais Causeur moins que tous les autres, il faut bien le dire !) on a détruit un mec comme nous – mieux : un directeur du FMI, un futur présidentiable – sous prétexte qu’il était aussi « un coupable idéal », comme disait Jean-Xavier de Lestrade.

Décidément, ce n’est pas la justice américaine qui est en cause. C’est la justice en place de Grève et la loi de Lynch, et le « mens momentanea » qui nous rapproche, bien plus que DSK, des autres animaux.

En tout cas, si notre présumé coupable s’avère finalement innocent, il faudra bien revoir la machine sans pilote qui l’a broyé. Avec réhabilitation et dédommagement conséquent ! A titre personnel, et bien que ça me troue le cul, je m’engage dès à présent à voter pour lui en 2017. Enfin, au moins au premier tour parce qu’il ne faut pas non plus déconner.

Et en attendant, au nom de tous les gens qui parlent sans savoir, je lui demande pardon !

Passionarias ou ayatollahs, à chacun sa croix

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En Iran, le long des grilles des jardins publics, si nombreux dans la verte Perse, des panneaux fixés à intervalles réguliers rappellent en trois langues (persan, arabe, anglais) les injonctions divines contenues dans les versets du Coran. Ces paroles prêtées à Allah, scrupuleusement notées par Mahomet l’analphabète, enrichissent un flot de maximes lénifiantes qui vous disent comment vous conduire, aimer Dieu, qui aider ou combattre, etc.

A des milliers de kilomètres de là, en me promenant du côté de la Bibliothèque Nationale de France, une affiche a retenu mon attention. Son ton injonctif m’a immédiatement fait penser aux panneaux coraniques dont je conserve précieusement l’image mentale en souvenir d’un voyage mémorable en Iran. Ce poster plaqué en pleine rue sur un mur sale, c’est bien sûr le désormais célèbre « Osez le clito ! » sous-titré d’un inénarrable « Instigateur de plaisir ».

L’hédonisme obligatoire à la sauce (blanche) féministe aura donc repris les bonnes vieilles méthodes propagandistes des mollahs. Pour une cause qui, reconnaissons-le, n’a pas grand-chose à voir avec le chiisme duodécimain : point d’attente messianique du Mahdi pour Osez le féminisme, Caroline de Haas et ses copines réclament un doigt de volupté ici et maintenant !

A Ispahan comme à Paris, islamiste ou féministe, la révolution aura raison du voile d’ignorance qui recouvre les consciences obscurcies des pauvres pêcheurs que nous sommes…

Rafic Hariri : enfin du neuf, enfin des noms

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Le tribunal spécial de l’ONU enquêtant sur l’assassinat de l’ancien premier ministre libanais Rafic Hariri en 2005 à Beyrouth a remis il y a quelques heures son acte d’accusation. Selon les médias libanais, 4 mandats d’arrêt ont été lancés contre des membres du Hezbollah. Il s’agit de Salim Ayach, responsable des opérations spéciales, Moustapha Badr A-din, Assad Sabra et Hassan Issa. Un cinquième mandat sera lancé prochainement à l’encontre d’un homme qui, dit-on, ne serait pas libanais.

Maintenant c’est au gouvernement de Beyrouth de tenir ses promesses et donc juger les suspects. Or, le mouvement chiite a provoqué en janvier une crise politique et la chute du gouvernement dirigé par Saad Hariri justement par ce que ce dernier avait refusé de mettre fin à sa coopération avec le tribunal spécial. Le nouveau gouvernement, présenté devant le parlement il y a quinze jours, est contrôlé par le Hezbollah et ses alliés pro-syriens. D’ici à ce qu’il stipule par une fatwa ad hoc que Rafic Hariri a été victime d’une explosion accidentelle…

La relève de Lagarde, show républicain

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Un remaniement, pour quoi faire ? Après quatre années de présidence Sarkozy-Fillon, nous avons la réponse : ça ne sert à rien. Ou plutôt ça sert à faire plaisir aux uns, éventuellement bloquer les autres et calmer les troisièmes. La politique ? N’y pensez pas. Le remplacement de la « grande dame » au ministère de l’Economie et des Finances a dégénéré en psychodrame entre ex-jeunes chiraquiens qui s’y voient déjà (en 2017) pour se terminer par la nomination de cinq nouveaux ministres, dont à part sans doute David Douillet, personne n’avait jamais entendu parler – à moins d’user, comme moi, sa jeunesse à l’Assemblée nationale.

Le psychodrame d’abord. Etrange, que les péripéties de la guerre entre François Baroin, ex-ministre du Budget promu à l’Economie et Bruno le Maire, resté à l’agriculture, qui faisait des pieds et des mains pour avoir Bercy aient fuité dans la presse. Etrange parce que ce genre de guéguerre est généralement raconté des années plus tard, dans une somme sur les dessous de la présidence où l’auteur confesse des ennemis de 20 ans, sur des faits qui se sont déroulés justement il y a 20 ans. Là, pas besoin d’attendre les mémoires de Michèle Cotta pour savoir que Baroin et Le Maire sont fâchés pour de bon, et qu’ils ont exercé un véritable chantage, un cran au-dessus du lobbying de base. Le Maire, qui fut directeur de cabinet de Dominique de Villepin époque CPE, s’est repeint en sarkozyste bon teint depuis un moment, et se voyait déjà gérer l’économie française. Ne lui avait-on pas promis un avenir de Premier ministre en novembre dernier…

Le matin, Le Maire avait le poste. Le mardi après-midi, c’est donc un autre chiraquien rallié avec fracas à Sarkozy qui récupère le job, après avoir fait jouer tous ses soutiens et menacé de claquer la porte. En arbitre entre les deux Rastignacounets, Valérie Pécresse, autre chiraquienne ralliée, qu’on voyait bien à la place de Lagarde. Elle aurait pu emporter le pompon à la faveur de la règle du plus petit dénominateur commun, sans compter qu’une femme pour une femme, ça aurait ravi les indignées genre Caroline de Haas ou Laurence Parisot. Mais, contrairement à ce que prétend l’intéressée, le Président de la République ne peut pas encadrer Pécresse, ça la fout mal dans son CV…

Bref, aucune facette du psychodrame ne nous a été épargnée y compris son happy-end intégral: naturlich, tout le monde est content de son poste, promotion ou mutation comprise et compte continuer à travailler pour la France. La palme de la faux-culterie revenant à Bruno le Maire, qui mardi soir, alors que tout le monde savait qu’il était hors de lui, affirmait sur son compte Facebook, sa joie de « rester le ministre des agriculteurs et des pêcheurs » qui peuvent « compter sur lui ». Jusqu’à ce qu’il soit nommé ailleurs sans doute. Etrange toujours cette absence de secret sur les nominations, les guerres intestines, les ambitions personnelles. Comme si Sarkozy ne maîtrisait rien. À moins qu’il ne cherche à abîmer ses propres ministres, meilleur moyen pour lui de les dominer et de les rendre inaptes à contester son autorité pour 2012 ? Pour 2017, disons qu’il doit s’en moquer. Après tout, que Le Maire et Baroin, qui s’y voient déjà, commencent dès maintenant à se détester au vu et au su de tout le monde…

Nous voici donc avec une « droite de gouvernement » qui claque les portes, menace de démissionner et semble prête à tout pour obtenir un plus gros pompon pour les quelques mois qui restent. Mais pas uniquement. À côté de ces fauves d’opérette, de nouveaux venus arrivent à des postes dont il conviendra de mesurer l’importance stratégique dans quelques années. David Douillet hérite des « Français de l’étranger », job qui consistera sans doute à choyer ces citoyens qui vont désigner bientôt de nouveaux députés à l’Assemblée nationale, lesquels devraient être majoritairement UMP, c’est sans doute une coïncidence. Puis vient une palanquée de traitres : les néo-centristes Jean Léonetti et François Sauvadet dont les nominations ont pour seul but d’emmerder Borloo et contrecarrer ses velléités d’indépendance présidentielle ; des amis de Jean-Pierre Raffarin, comme l’illustre Marc Laffineur, jusqu’ici vice-président du groupe UMP à l’Assemblée qui hérite des anciens combattants ainsi que la mère de famille nombreuse Claude Greff, qui devient secrétaire d’Etat à la Famille : osons le féminisme ! Thierry Mariani, sarkozyste déçu plusieurs fois, est enfin récompensé de son action à la tête de la Droite Populaire, puisqu’il monte en grade : de secrétaire d’Etat aux transports, il devient ministre, ça, coco, c’est de la breaking news !

Et la politique me direz-vous ? Qui s’en soucie ? Qui se soucie de ministres qui n’ont aucune marge de manœuvre ? Qui se soucie du gouvernement alors que tous les projecteurs sont déjà braqués sur la présidentielle ? Pour le président, le Conseil des ministres est devenu une banale variable d’ajustement électorale. Quant au Premier ministre, il semble avoir mieux à faire que la tambouille gouvernementale, d’autant qu’il est désormais indéboulonnable pour onze mois. Après tout pourquoi se priver de faire entrer de nouvelles têtes, et offrir aux braves gens d’Amboise, de Segré ou de Semur-en-Auxois le bonheur simple de voir leur élu local devenir ministre ? De plus, pour nous autres journalistes, ces nominations hasardeuses sont peut-être autant de futures occasions de rigolades. À droite, certains affirment que Nicolas Sarkozy est un génie politique mais un DRH nul. À voir le casting d’hier, on a du mal à leur donner tort.

A Manama, la démocratie est mal Bahreïn

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Vous souvenez-vous des manifestations contre la famille royale de Bahreïn place de la Perle à Manama ? Si vous avez tout oublié, ne culpabilisez pas trop vite : vous n’êtes pas les seuls !

Moins de trois mois après l’écrasement du début de contestation bahreïni par les troupes du Conseil de Coopération du Golfe, selon la formule consacrée, l’ordre règne à Manama. Avec l’appui des Etats-Unis et de l’Arabie Saoudite, la dynastie Al-Khalifa a généreusement amorcé un « dialogue de consensus national » devant déboucher sur des réformes politiques. L’initiative, pilotée par un comité Théodule maison, est solidement soutenue par la Maison Blanche, la numéro deux du département d’Etat ayant même récemment déclaré qu’elle ne lâcherait son allié bahreïni « sous aucun prétexte » !

Comme Saint Thomas, la puissante famille régnante sunnite ne croit que ce qu’elle voit. A Manama, où on a des idées ET du pétrole, on a donc rasé la place de la Perle. Et hop, évaporée l’opposition !

Salah Ali, président d’une délégation parlementaire bahrëinie en visite aux Etats-Unis, se paie même le luxe d’une leçon de démocratie. Affirmant qu’en matière de liberté, son pays est l’un des plus avancés du Golfe persique, il profite de la mansuétude des Etats-Unis, peu regardants sur la situation politique locale. Il faut dire que les fréquentes ingérences iraniennes au Bahreïn, pays majoritairement chiite gouverné par des sunnites, appuient l’éloge américain du statu quo.

Concernant Manama, la prose xyloglossique des Américains rappelle les plus belles heures du règne de Ben Ali et de Moubarak, à l’époque pas si lointaine où l’on nous expliquait que c’était le despotisme ou le chaos, la stabilité ou la dérive islamiste, la croissance ou la chienlit.

Bref, selon que vous soyez un président vieillissant ou un émir fringant menacé par Téhéran, Washington vous rendra blanc ou noir.

Primaire écologiste : Messieurs les sondeurs, bonsoir !

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Mesdames et Messieurs les directeurs de rédaction des journaux, radios et télévisions, Depuis quelques mois, vous commandez des sondages sur les primaires écologistes ou socialistes. Les instituts, que vous payez sans doute fort cher pour qu’ils vous livrent ce que je n’ose appeler des études, ne connaissent pas encore le corps électoral qui se déplacera lors de tels scrutins, sans aucun précédent dans notre pays ; ils ne bénéficient d’aucun recul pour effectuer leurs fameux redressements des données brutes. Cet automne, lors de son émission Petit Stream, David Abiker avait relayé une de mes questions via twitter, à l’un de ces responsables sondagiers : comment les instituts de sondages peuvent-ils donner des chiffres sérieux dans ces conditions ? « C’est le défi », avait-il répondu, si ma mémoire ne me fait pas défaut. Et, mon cul, c’est du poulet ?

Mesdames et Messieurs les directeurs de rédaction, maintenant que le résultat du premier tour de la primaire écologiste est rendu public et qu’il place Eva Joly largement en tête, n’avez-vous pas l’air légèrement cons alors que vous annonciez la victoire dans un fauteuil de Nicolas Hulot ? N’avez vous pas l’impression d’être légèrement abusés ? Vous auriez tort. Normalement, le fait que vous occupiez cette fonction devrait garantir à vos lecteurs et actionnaires que votre cerveau est capable de ne pas prendre au sérieux ces études pifométriques.

Vous me trouvez sévère ? Allez ! Je vous donne une chance de vous rattraper. Arrêtez de commander et publier des sondages sur la primaire socialiste. Et dites à vos lecteurs, auditeurs et téléspectateurs que François Hollande, Martine Aubry, Manuel Valls, Ségolène Royal et Arnaud Montebourg peuvent tous accéder à la finale de cette compétition, attendu que vous ne savez pas qui se déplacera pour voter. Vous gagnerez des sous et vous aurez l’air plus intelligents. Peut-être ressentirez-vous une légère frustration mais cela vous évitera un ridicule moins discret que pour les écolos. Errare humanum est, persevare diabolicum.

Fermez la BCE !

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photo : tobias.bjorkgren

La Bank of England fut créée en 1694 par le roi William III afin de garantir « certaines récompenses et avantages […] aux personnes qui avanceraient volontairement la somme de 1.5 millions de livres afin de mener à bien la guerre contre la France »[1. William III avait un besoin urgent d’argent frais suite à sa défaite lors de la bataille de Bévéziers (1690)]. Dès sa fondation, la banque fut ainsi le bras armé des finances royales et, au cours des siècles qui suivirent, perpétua cette tradition en échange de nouveaux privilèges. En 1844, le Bank Charter Act accorde ainsi à la Bank of England le monopole de l’émission de billets de banque faisant d’elle, deux ans avant notre Banque de France, la première banque centrale moderne. L’histoire de ces institutions qui nous semblent si naturelles à défaut de nous être familières est ainsi intrinsèquement liée aux besoins de financement de nos gouvernants.

Pour qu’un système de banque centrale fonctionne, il faut deux dispositifs légaux. Le premier accorde le monopole d’émission de billets de banques à la banque centrale et interdit à quiconque de lui faire concurrence (article 442-4 du code pénal). Le second dispositif instaure le « cours légal » de la monnaie gouvernementale ; c’est-à-dire qu’en tant que citoyens de ce pays, vous n’avez pas le droit d’utiliser d’autre monnaie que celle que votre gouvernement vous autorise à utiliser (article R642-3 du code pénal) et vous n’avez pas le droit de refuser cette monnaie en paiement (article R642-2 du code pénal). Une fois ces deux conditions préalables remplies, il ne peut plus y avoir qu’une seule monnaie : celle de la banque centrale, c’est-à-dire celle de l’Etat.

Un prince dépensier et une planche à billet

Imaginez un royaume dirigé par un prince dépensier qui aurait mis en place un tel dispositif légal. Lorsque le prince souhaite engager une dépense, il lui suffit de mander le gouverneur de sa banque centrale et de lui ordonner d’imprimer la quantité de billets de banques nécessaire : le gouverneur de ladite banque étant nommé, payé et potentiellement embastillable sur ordre du prince, il est bien évident que ce dernier s’exécutera sans mot dire et livrera en temps et en heure les espèces demandées. Au premier abord, vous trouverez ce système formidable puisqu’il élimine définitivement ces inconvénients que nous connaissons sous le nom d’impôts, de déficits budgétaires et autres dettes publiques : il suffit de financer la dépense publique avec la planche à billet et tous nos problèmes disparaissent comme par magie.

Malheureusement, le monde réel manque cruellement de magie. Il y a bel et bien une limite à l’usage de la planche à billet pour financer le trésor royal : et cette limite porte même un nom, on l’appelle « inflation »[2. Madame Rachida Dati, où que vous soyez, une pensée pour vous]. Le principe en est très simple : une monnaie a une valeur qui dépend de la demande de monnaie (vous et moi) et de l’offre de monnaie (la banque centrale). Si notre prince finance ses dépenses à l’aide de la planche à billet, il augmente continuellement la quantité de monnaie en circulation et donc dévalue sa propre monnaie. Bien sûr, pour vous comme pour moi une dévaluation de la monnaie se traduit par une dévaluation de nos salaires et de nos économies ; c’est-à-dire que le prince n’a fait d’autre que d’inventer une nouvelle forme d’imposition qui consiste à siphonner notre pouvoir d’achat à coup de création monétaire. Si cet impôt à quelques effets indésirables – notamment le fait qu’il frappe tout le monde au même taux, encourage l’endettement et ronge les économies des braves gens – il a aussi un avantage non négligeable : il se traduit par une hausse continue des prix qu’il sera facile d’attribuer à la rapacité des marchands et à l’avidité des banquiers. Mais là aussi, l’histoire a largement démontré que les effets secondaires peuvent se révéler particulièrement dévastateurs – j’invite ceux que ça intéresse à se renseigner sur l’expérience allemande de 1923.

Le monde réel manque cruellement de magie : faire tourner la planche à billet ne créé pas de richesse. Notez bien que ça serait formidable – nous serions déjà venus à bout de la misère dans le monde depuis longtemps – mais ça ne fonctionne pas comme ça. C’est pour cette raison que Valéry Giscard d’Estaing, alors ministre de l’Économie et des Finances, avait eut la bonne idée de faire voter cette fameuse loi n°73-7 du 3 janvier 1973 qui interdit au Trésor Public de faire directement appel à la Banque de France. En vous promenant un peu sur internet et dans les programmes de certains partis, vous trouverez de nombreux commentateurs qui fustigent cette « loi scélérate » qu’ils ont pour l’occasion rebaptisé « loi Rothschild » au motif qu’elle aurait été voté dans le seul but d’engraisser les banquiers[3. Et que Georges Pompidou fût directeur général de la Banque Rothschild] et serait responsable de notre dette publique[4. La dépense publique est passée de 40% du PIB en 1973 à plus de 56% aujourd’hui mais ça n’a probablement rien à voir (sarcasme)…] – vous devriez vraiment jeter un coup d’œil à l’expérience allemande de 1923.

L’inflation est un impôt qui ne dit pas son nom

Si cette loi de 1973 limite effectivement la capacité de nos gouvernants taxer notre pouvoir d’achat en dehors de tout contrôle démocratique, elle ne règle pourtant pas totalement le problème. Admettons, si vous le voulez bien, que l’intérêt bien compris de l’homos politicus est de faire bénéficier au plus grand nombre possible des largesses des derniers publics tout en évitant de se mettre à dos les moutontribuables chargés de remplir les caisses. Il s’en suit, vous me l’accorderez, que la dette publique est une conséquence naturelle de l’Etat-providence et de fait, nos Etats-providence sont formidablement endettés. Or voilà, s’il y a bien une chose que les gens endettés aiment beaucoup, c’est l’inflation. La raison en est fort simple : si vous devez rembourser 100 euros chaque année, vous avez matériellement intérêt à ce que la valeur de l’euro – c’est-à-dire la valeur réelle de vos remboursements – baisse.

Et c’est là qu’interviennent nos banques centrales « indépendantes ». Dans leur ordre de mission, on leur a demandé deux choses : créer les conditions de la croissance tout en préservant la valeur à long terme des monnaies dont elles ont la charge. Si vous deviez chiffrer ce deuxième objectif vous penseriez certainement à zéro pourcent d’inflation n’est-ce-pas ? Eh bien non, pour les banquiers centraux, préserver la valeur à long terme de la monnaie c’est 2% d’inflation. Vous me direz que 2% d’inflation ça n’est pas beaucoup mais je vous rappellerais que 2% d’inflation pendant dix ans ça fait tout de même 22% de perte de pouvoir d’achat et autant de gagné pour l’Etat. En fait, cet objectif de 2% présente surtout l’avantage d’être supportable à court terme et d’éviter que les électeurs ne se posent trop de questions sur les origines de la hausse des prix. C’est « L’art de l’imposition disait Colbert consiste à plumer l’oie pour obtenir le plus possible de plumes avec le moins possible de cris ».

Bref, nos Etats ont intérêt à ce que leurs banques centrales créent beaucoup de monnaie et les banques centrales – toutes indépendantes qu’elles sont supposées être – créent effectivement beaucoup de monnaie, de l’inflation, des cycles d’expansion du crédit, des bulles spéculatives et – finalement – de gigantesques crises que nos politiques s’empressent de mettre sur le dos des marchés, des banques, des spéculateurs, des paradis fiscaux, du réchauffement climatique ou de Dieu sait qui d’autre encore. La réalité simple et brutale est que ce système est une construction humaine et qu’il est donc faillible. La réalité c’est que ce système qui vient encore une fois de nous montrer à quel point il peut être dangereux ne repose que sur deux dispositifs légaux qui vous empêchent d’utiliser une autre monnaie que celle de l’Etat et qui interdit à quiconque de vous proposer une alternative.

Privatiser la monnaie

Vous pensez que c’est de la science-fiction ? Détrompez-vous : imaginez par exemple, qu’une banque propose un jour à ses clients de placer tout ou partie de leurs économies en or et que la quantité d’or détenue par chaque client soit mesurée en « bullions », un bullion représentant 1/30ème de gramme d’or. Vous pourriez, par exemple, avoir un compte créditeur de 30 bullions – c’est-à-dire un gramme d’or soient 32.56 euros[5. A l’heure où j’écris ces lignes]. Imaginez maintenant que cette même banque vous propose un chéquier ad hoc qui vous permet de virer des bullions de votre compte vers un autre compte : le bullion est de facto devenu une monnaie dont la valeur est directement liée à celle de l’or. La banque peut tout aussi bien vous proposer des certificats de dépôt – c’est-à-dire des bouts de papier représentant 10, 20, 50 ou 100 bullions – qui ne sont rien d’autres que des billets de banque que vous pouvez utiliser comme moyen de paiement en lieu et place de vos euros. Plusieurs systèmes de ce type – des systèmes de « banque libre » – ont parfaitement bien fonctionné au travers de l’histoire[6. Le professeur George Selgin, probablement le spécialiste le plus éminent en la matière, propose une rétrospective (en anglais) dans la première partie de The Theory of Free Banking]. L’expérience écossaise de 1716 à 1845 est sans doute le plus célèbre : 129 ans sans banque centrale ni pratiquement aucune règlementation bancaire et pourtant le système bancaire le plus stable et le plus performant de son époque.

Les vertus d’un système de banque libre reposent principalement sur deux spécificités. Primo, là ou nos gouvernement ont toutes les incitations du monde à dévaluer régulièrement mais surement leurs monnaies, les banques émettrices d’un système de banque libre ont au contraire matériellement intérêt à préserver la valeur de leurs monnaies dans le temps pour éviter de perdre des parts de marché au profit de leurs concurrentes. Deuxio, et c’est probablement le point le plus important, dans un système de banque libre ce sont les banques qui se surveillent entre elles en s’assurant de leurs solidités financières respectives : il en va de leur intérêt à toutes ; si une banque accorde trop de crédit et se retrouve en faillite, les autres banques seraient les premières victimes de la banqueroute. Bref, c’est un système en tout point supérieur à celui des banques centrales ; en tout point sauf deux : il ne permet pas aux Etats de manipuler la monnaie à des fins fiscales et interdit aux banques de gagner de l’argent sur le dos des contribuables.

Montebourg gâche son talent

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photo : Sidi-Bouzid News (Flickr)

Il y a trois Montebourg : l’avocat de la démondialisation qui dès 1997, faisait campagne en faveur du protectionnisme européen, déplorant la désertification industrielle de la Saône-et-Loire, l’éternel jeune lion du Parti Socialiste qui ne parvient pas à se défaire de son image de bourgeois aux dents longues, orfèvre en retournements de veste et combinazione, passé de Benoît (Hamon) à Ségolène (Royal) puis à Martine après un flirt raté avec Pierre (Moscovici) et, enfin, le Robespierre aux petits pieds, partisan de l’acharnement éthique contre Chirac, dont l’idéologie semble se réduire à une vague critique parlementariste de la Ve République et à une croisade contre les paradis fiscaux.

Lundi soir, lors de son grand meeting au théâtre Dejazet, Montebourg voulait surtout montrer le premier, le démondialisateur, notamment dans son excellent discours de clôture où il a confirmé son hétérodoxie économique et formulé quelques propositions concrètes, qui ont au moins le mérite de trancher avec les mesures cosmétiques de ses concurrents socialistes d’enrichir le débat de quelques couplets innovants :

– La mise sous tutelle des banques et entrée de représentants de l’Etat, des syndicats et des usagers dans leurs conseils d’administration ;

– La création d’une Agence Européenne de la dette mutualisant les dettes publiques sur la base d’une taxation des transactions financières à hauteur de 0.05% (dont les recettes rembourseraient la dette grecque en un an).


Volontaires de toute la France, unissez-vous ! par idees_reves

Bonne prestation sur le fond, donc. On n’en dira pas autant sur la forme. Côté mise en scène, Montebourg a sacrifié à tous les poncifs du Spectacle contemporain. D’emblée, le ton fut donné par le choix farfelu d’une musique du groupe ivoirien Magic system en duo avec le chanteur Khaled.


MAGIC SYSTEM KHALED par sixonine

Compilant l’arabe et un idiome africain dans un brouhaha musical insupportable, ce générique accompagna l’entrée en scène – puis la sortie- d’Arnaud Montebourg, rappelant avec de gros sabots que Montebourg n’a rien à voir avec Marine Le Pen, malgré la proximité de leurs projets économiques malicieusement rappelée par l’intéressée. Le public ne put échapper à la rengaine sur le grand-père algérien du candidat, pas plus qu’à l’éloge absurde de la « France métissée ». Du Ségolène Royal dans le texte.

Le pire restait à venir, avec un aréopage de soutiens hétéroclites. Deux heures durant, une petite dizaine d’intervenants se disputèrent en effet la palme du discours le plus soporifique pour défendre leurs chapelles respectives, en vrac le féminisme, les banlieues, la laïcité, l’écologie, les rapports Nord-Sud. On vit donc se succéder à la tribune :

– Un Roland Castro parfois lyrique, parfois pertinent et concret, mais plutôt fumeux dans son éloge naïf de la « mondialité » ethnoculturelle française.

– Un représentant du pôle écologique du PS racontant longuement l’écologie d’hier avec des histoires de poêles à charbon qui firent monter d’un cran la chaleur suffocante. Sa blague involontaire sur la profondeur des convictions écologistes d’un Montebourg n’acceptant les supermarchés que quand ils utilisent un tant soit peu l’énergie solaire, a remporté un grand succès auprès des mauvais esprits disséminés dans la salle.

– Une ex-ministre de la jeunesse de Cresson et Bérégovoy, Frédérique Bredin, qui offrit à l’assistance dans un pur revival des années Mitterrand promettant à Montebourg, qui a « le courage de la volonté », un destin présidentiel.

– Laurianne Deniaud, présidente des Jeunes socialistes, soumise à un très courageux devoir de réserve qui la contraint à attendre le résultat des primaires socialistes pour rallier le vainqueur, mit son éloquence (digne des plus belles heures de Darry Cowl) au service d’un vibrant hommage à la jeunesse, résumant au passage les deux faces du socialisme postmoderne : l’égalité hommes-femmes et la lutte contre les discriminations.

– Christine Taubira entraînant une fois encore sur le public sur les chemins rebattus du « devoir de mémoire » et de l’exécration corollaire des pouvoirs politique, financier, médiatique, idéologique. Evoquant Frantz Fanon et le mouvement des pays non-alignés, elle célébra la globalisation de la démondialisation. Heureusement, la radicale de gauche fit une révélation fracassante : Montebourg possèderait deux qualités « il est beau, et ce n’est pas un bourgeois ».

– Sihem Souid, auteur d’Omerta dans la police, évidemment victime de la misogynie et du racisme congénitaux de nos flics et ardente avocate de la police de proximité : de quoi dissuader les trafiquants de drogues de manier des armes de guerre.

– Sihem Habchi, ex-présidente de Ni putes ni soumises, « résistante » au fascisme qui entra en politique un certain 21 avril 2002et que l’on a connue mieux inspirée.

Arrivé et reparti sur les rythmes endiablés d’un hymne au métissage, pour ne pas dire au multiculturalisme – personne au PS n’ayant à ce jour perçu la contradiction entre ces deux voies – Arnaud Montebourg a finalement galvaudé son talent en caricaturant « Jean-Marine Le Pen » dont le « projet est racialiste » (!).

N’eût-été son programme économique ambitieux, ce show aurait pu être parrainé par la Fondation Terra Nova. Les amis d’Olivier Ferrand, qui avait choisi de se fondre dans l’assistance, sont en effet les inspirateurs du positionnement France de demain regroupant « les jeunes, les femmes et les minorités des quartiers populaires ». Il n’est pas sûr que cette « coalition des victimes » suffise à pallier le peu d’appétence des classes populaires pour le PS. Il est vrai qu’il le leur rend bien.

Charlène et Albert de Monaco : pas d’enterrement pour le mariage ?

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Ouf on est rassuré, alors qu’on avait craint le pire pour notre programme télé de samedi, la Principauté vient de publier le communiqué suivant : « A quelques jours des cérémonies du mariage de S.A.S. le Prince Albert avec Mlle Charlène Wittstock, le Palais princier dément formellement les allégations mensongères parues ce matin sur le site lexpress.fr, ces rumeurs n’ont pour but que de nuire gravement à l’image du Souverain, par conséquence à celle de Mlle Wittstock, et portent un préjudice grave à cet événement heureux ».

Pour ceux qui n’auraient pas suivi le feuilleton, il faut dire que nos confrères de l’Express n’y étaient pas allés de main morte. D’après eux, Charlène aurait tout simplement tenté de fuguer il y a une semaine, et de s’embarquer pour un aller sans retour vers son Afrique du sud natale, avant d’être interceptée par la police française à l’aéroport de Nice, comme un vulgaire DSK. Ce qui est déjà rigolo, mais le meilleur est à venir.

Car d’après nos confrères, cette tentative d’évasion a été provoquée par une mystérieuse révélation : « Qu’a donc appris la jeune femme pour décider de quitter aussi précipitamment Monaco et de tirer un trait sur ce mariage ? Liaison amoureuse ? Plus encore ? Toute la presse people est sur les dents depuis quelques jours, et un journal dispose de tous les éléments d’une histoire qui risque d’ébranler une nouvelle fois la Principauté ».

On reste pantois à la lecture de ce « Plus encore » qui sonne indubitablement comme un « Pire encore ».

Mais on s’énerve pour rien, là. Stéphane Bern, qui commentera le mariage en direct sur le service public (s’il a bien lieu) a déclaré qu’il n’y avait pas d’affaire ce matin dans Le Parisien, avant de conclure assez peu confraternellement : « C’était trop parfait. J’étais certain qu’une boule puante se préparait. (…) Cette volonté de salir la famille princière est dégueulasse ! Cette famille a connu tellement de malheurs… Qu’on leur foute la paix ! ».

Christophe Barbier, lanceur de boules puantes ? On a du mal à y croire. D’un autre côté, on m’aurait dit que Stéphane Bern allait s’exprimer publiquement comme une harenguière sous méthamphétamine , j’y aurais pas cru non plus…