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Attentats déjoués à Paris: rapport du bureau de conformité idéologique

vivre ensemble attentats islam

Nous venons d’apprendre qu’une série d’attentats contre des églises de Villejuif a été déjouée grâce à l’interpellation « par hasard » d’un individu qui envisageait d’attaquer des églises en banlieue parisienne.

Le bureau de la novlangue et de la conformité idéologique rappelle à l’attention générale qu’il serait souhaitable – pour évoquer cette péripétie du « faire société » contemporain – d’utiliser les mots suivants afin de ne pas heurter une partie de la population…

Ne pas parler de terroriste mais d’homme armé.

Ne pas parler d’islamisme, mais de fondamentalisme religieux.

Ne pas évoquer un étudiant algérien, mais un jeune-homme en situation d’apprentissage issu de l’immigration extra-européenne. (Qui par exemple pourrait être issu de Bolivie ou d’un pays imaginaire comme la Syldavie)

Ne pas divaguer sur sa haine de l’autre, mais sur son statut de paria social qui l’a logiquement conduit à  cette impasse – dont il est la première victime.

Ne pas évoquer un climat délétère de violence, mais une situation idyllique de vivre ensemble non encore optimale.

Occulter la cible : les chrétiens, et bien souligner une hausse constante des actes islamophobes dans une France rance qui rappelle les heures-les-plus-sombres-de-notre-histoire©.

Ne pas souhaiter qu’il soit envoyé en prison, mais appeler de nos vœux une réinsertion heureuse d’une chance pour la France grâce à une série de stages dans des associations de rééducation par le hip-hop.

Ne pas dire que les attentats visaient des églises, mais des lieux de culte.

Le non-respect de ces directives sera lourdement sanctionné. Merci de votre attention.

*Photo : Pixabay.

Vivre et mourir comme des assistés

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don organe latin euthanasie etat

On disait jadis, en bon français, « administrer une fessée ». C’est en passe d’être interdit par la loi bienveillante à défaut d’être condamné par l’opinion inconsciente et des parents qui ignoraient avoir été des tortionnaires.

On dira désormais, en français socialiste, « administrer » tout court. Car l’idéologie contrôleuse au pouvoir n’a pas d’autre objectif : administrer tout un chacun de sa naissance à sa mort. Et même au-delà : si l’autorisation préalable d’enfantement n’a pas encore été inventée (sur le modèle de l’autorisation préalable de licenciement), l’autorisation préalable de vivre est dans les tuyaux des ministères. Il ne manque plus que le formulaire en ligne : « Acceptez-vous que vos enfants soient autorisés à juger de la limite au-delà de laquelle ils ne pourront plus vous supporter en vie ? » Il sera obligatoire de le remplir avant toute querelle familiale et ne sera plus révisable ensuite, sauf recours introduit au moins six mois à l’avance avec accord de ladite famille, laquelle devra, au préalable, avoir rempli le formulaire ad hoc…

À l’inverse, si vous ne prenez pas la précaution de dire par anticipation que vous êtes hostile au don d’organe, on pourra bientôt dépecer votre dépouille sans votre autorisation et sans même vous le dire. Si je résume, l’administration contrôlera votre fin et décidera du sort de vos entrailles. Et si en raison de la pression du marché, et en vertu naturellement des meilleurs sentiments philanthropiques qui l’animent, elle décidait de la vente à la découpe de votre bien le plus cher (vous-même) en devançant quelque peu le terme assigné à votre destinée par la nature, par la fortune ou pour par dieu ? Et si le grand logiciel de gestion des corps, des vies et des fins dernières connaissait quelque bug, confondant autorisation tacite et interdiction explicite, l’avis autorisé de vos descendants avec le témoignage de votre concierge jurant ses grands dieux que vous avez de tout temps été favorable à l’euthanasie et au don d’organe ? La preuve, vous aviez signé, par pure humanité, sans vous rendre compte de la contradiction (affichant bien haut votre humanité envers les animaux mais dissimulant sous une cruelle pitié votre lâcheté envers vos congénères ou vous-même), la pétition demandant au Tribunal Administratif de Lyon que l’on laisse une chance de vivre aux deux éléphantes vieillissantes du parc de la Tête d’Or…

Trêve de mauvais esprit. L’administration se nourrit d’elle-même, on le sait (elle invente le formulaire qui justifiera l’emploi de celui qui l’archivera sans le lire). Et puis « libéral » est un tel gros mot qu’on veut à tout prix l’effacer jusque dans la pratique de la médecine, elle-aussi désormais aux mains de Grands Administrateurs. Les médecins choisiront du coup, demain, de s’installer là où une population aisée bénéficiera de la meilleure protection sociale, assurant ainsi leurs propres revenus « administrés » (mais attention : pas plus de tant de patients par jour, contrôle et intérêt national obligent) : beau succès prévisible, par parenthèse, contre la médecine à deux vitesses et les déserts médicaux…

Le Grand Livre dans lequel tout est inscrit a été décrit dans un roman de Jules Verne, Paris au XXe siècle, retrouvé, dans un coffre, longtemps après la mort de l’auteur et publié seulement en 1994. Ce registre universel qui permet d’administrer jusqu’aux moindres détails de la vie des individus et annihile jusqu’à leur individualité même ressemble furieusement à une anticipation du Net. Après tout Jules Verne avait bien prévu la télévision et le fax. Quant aux dirigeants invisibles de la nouvelle dictature instaurée, dans le roman, par la Société Générale de Crédit instructionnel (sic), ils font songer à d’autres anonymes (ou presque) Commissaires continentaux.

Le pire est que Jules Verne avait prédit (avec un siècle d’avance) ce qui se passe aujourd’hui dans l’indifférence générale, à savoir la disparition souhaitée et programmée de ce que les Anciens appelaient les études… « libérales » ou liberales artes. Celles qui, précisément, rendaient libres en rendant aptes, par le jugement, à lutter contre les tyrannies. Dans Paris au XXe siècle un professeur de latin et de grec se voit mis au chômage en raison de la disparition du dernier de ses clients : « Nous avouerons que l’étude des belles lettres, des langues anciennes (le français compris) se trouvait alors à peu près sacrifiée… »

On peut certes se passer de savoir le latin. Mais réfléchissons un instant. L’administration ne fait pas bon ménage avec les libertés, qu’elles soient intellectuelles, individuelles ou… sempiternelles car l’on n’empêchera jamais personne de penser et de débattre avec soi-même (c’est la dernière place où, dans le silence assourdissant du débat public, l’on cause encore, le for ou forum intérieur). Mais où apprendre à penser ? Le contre-pouvoir qu’avait pu, un temps, constituer la culture libérale n’est plus de mise et les derniers agrégés de lettres à avoir été Président s’appelaient Georges Pompidou et ministre de l’Education François Bayrou, il y a des… siècles de cela. Aujourd’hui, à ce dernier poste, la maîtrise n’est même plus requise, comme l’a montré le passage de Benoît Hamon rue de Grenelle.

Le héros de Jules Verne demande les œuvres de Victor Hugo en bibliothèque. Elles sont introuvables. Las, les « formalités nécessaires pour obtenir un ouvrage ne laissaient pas d’être compliquées ». On exige tant de précisions « qu’à moins d’être déjà un savant, on n’arrivait pas à savoir ». En lettres comme en médecine : dans ce monde administré, seul celui qui sait saura et celui qui paiera sera soigné. « De plus, le requérant indiquait son âge, son domicile, sa profession et le but de ses recherches ». Dans le domaine de la vie intellectuelle ou intérieure (la recherche, l’étude), comme dans le domaine de la vie tout simplement (en médecine « administrée »), il faudra être capable de justifier son but de recherche, son but dans la vie, en un mot son existence même. Si les motivations soigneusement exposées dans le formulaire disponible en ligne (sauf si la case recherchée n’est pas prévue, les rédacteurs savent être prévoyants) ne satisfont pas l’administration, c’est le refus (non motivé, sauf sur demande préalable) assuré : « Nous vous informons que l’autorisation de penser (ou de vivre) ne vous a pas été accordée ».

*Photo : wikicommons.

Manif en Ethiopie: «Assez d’émigration! Restons chez nous»

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Fait rare en Ethiopie, des dizaines de milliers de personnes ont participé mercredi à Addis Abeba à une manifestation organisée par le pouvoir contre le groupe Etat islamique, responsable de l’exécution de 28 chrétiens éthiopiens en Libye.

Le rassemblement visait à canaliser l’émotion et la colère suscitées par le meurtre des ressortissants éthiopiens par le groupe djihadiste.

Mais de petits groupes de manifestants en ont profité pour exprimer leur colère envers les autorités, dans un pays où toute contestation est sévèrement réprimée, ce qui a donné lieu à quelques heurts avec la police en fin de rassemblement.

Répondant à l’appel des comités de quartier, efficaces relais locaux du pouvoir, la foule a commencé à se rassembler au petit matin, pour finalement déborder largement de Meskel Square, la place centrale de la capitale éthiopienne, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Une grande partie des manifestants portaient des pancartes sur lesquels on pouvait lire l’« EI n’est pas l’islam » ou « Notre paix et notre unité ne seront jamais brisées par les extrémistes ».

L’Ethiopie compte environ deux tiers de chrétiens et un tiers de musulmans.

L’EI a déclaré un califat sur les pans de territoire syrien et irakien sous son contrôle et y multiplie les exactions. Le groupe a aussi pris pied en Libye l’an dernier en profitant du chaos dans ce pays.

« Nous sommes ici pour commémorer les fils innocents d’Ethiopie massacrés par le terrorisme et brûlés vifs par la xénophobie », a lancé un orateur depuis la tribune dans une double allusion à l’exécution des chrétiens et à la vague de violences qui sévit actuellement contre les immigrés en Afrique du Sud.

« Assez d’émigration ! Changeons notre pays en restant chez nous », ont répondu les manifestants.

Fuyant la pauvreté, de nombreux Éthiopiens quittent leur pays, le deuxième d’Afrique par sa population (plus de 90 millions d’habitants) dans l’espoir de trouver un travail à l’étranger.

Beaucoup se rendent en Libye et dans d’autres pays d’Afrique du Nord pour trouver un emploi, mais aussi pour monter à bord d’embarcations de fortune et tenter de gagner les côtes européennes.

Le pays paie un lourd tribut au drame de l’immigration qui se déroule semaine après semaine en Méditerranée et qui, dimanche encore, a sans doute vu 800 personnes périr dans le naufrage d’un chalutier surchargé, au large de la Libye.

Mercredi, malgré une présence policière massive, des slogans hostiles au gouvernement se sont aussi fait entendre dans la manifestation.

« Nous sommes fatigués des discours et de la propagande. Nous voulons des actes ! Vengeance pour nos frères ! », criait un groupe de jeunes, rapidement entouré par un cordon de police.

« Nos frères ont été assassinés. Le gouvernement doit faire quelque chose. Leur sang n’est pas le sang d’animaux », a affirmé Anteneh Tefera, un jeune manifestant.

« L’Ethiopie envoie des troupes en Somalie, au Liberia, au Burundi, mais le gouvernement n’est pas capable de protéger ses propres citoyens ! », a pesté Messay, un enseignant. Il faisait référence à la participation de son pays à des opérations de maintien de la paix sur le continent, épinglant aussi, sur une pancarte, l’inaction de l’Union africaine.

En fin de rassemblement, quelques affrontements ont opposé des manifestants et des membres des forces de l’ordre, a constaté un photographe de l’AFP. Quelques policiers ont été légèrement blessés et la police a fait usage de gaz lacrymogènes, selon le photographe.

Conscientes de l’émotion populaire, à seulement un mois d’élections générales, les autorités éthiopiennes ont promis d’aider à rapatrier les migrants éthiopiens qui se trouvent encore en Libye et donné consigne à leurs ressortissants de ne plus chercher à se rendre dans les zones où le groupe Etat islamique est actif.

Un cimetière normand profané

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(Avec AFP) – Au sud de Rouen, une douzaine de tombes du cimetière de Caudebec-lès-Elbeuf ont été vandalisées « sans motif apparent ». « Aucune référence religieuse, politique ou ethnique dans ces dégradations : juste de la casse stupide et totalement gratuite, sur des tombes très anciennes et sans famille identifiée », explique le maire Laurent Bonnaterre (PS) de la commune, qui a annoncé son intention de porter plainte. Cette profanation a été découverte mardi soir, quelques heures avant l’arrestation à Paris d’un individu proche des milieux djihadistes projetant d’attaquer des églises de Villejuif.

La semaine dernière, dans le Tarn, un homme en djellabah, « répétant en boucle des prières musulmanes » avait été placé en garde à vue puis hospitalisé dans un établissement psychiatrique en raison de son implication présumée dans la vandalisation de 215 tombes chrétiennes du cimetière Saint-Roch de Castres. La magistrate responsable de l’enquête avait indiqué l’absence de « revendication religieuse » dans cette affaire.

Djihadiste arrêté à Paris: des églises visées

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Bernard Cazeneuve attentat terroriste églises Villejuif

(Avec AFP) – Un Algérien qui projetait de façon « imminente » de commettre un « attentat » contre « une ou deux églises » a été arrêté dimanche à Paris, a annoncé mercredi le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve.

Cet homme, dont le nom selon la presse algérienne est Sid Ahmed Ghlam, est un étudiant en informatique de 24 ans. Il est par ailleurs soupçonné d’être impliqué dans le meurtre d’Aurélie Châtelain, jeune femme de 32 ans retrouvée morte dans une voiture dimanche à Villejuif (Val-de-Marne) près de la capitale, a déclaré Bernard Cazeneuve place Beauvau. Les circonstances de ce meurtre restent à élucider.

Le suspect, en garde à vue dans le cadre d’une enquête dirigée par le parquet antiterroriste, était connu des services de renseignement pour ses « velléités de départ en Syrie » pour y rejoindre les rangs djihadistes, selon le ministre. Il faisait l’objet de la fameuse fiche « S » (pour « sûreté de l’état »).

Atteint d’une balle dans la jambe, le suspect avait évoqué auprès de la police un règlement de comptes. Les enquêteurs ont alors remonté les traces de sang jusqu’à sa voiture.

Dans son véhicule et à son domicile, la police a découvert un « arsenal composé notamment de plusieurs armes de guerre, d’armes de poing, de munitions, de gilets pare-balle et de matériel informatique et de téléphonie », a ajouté Bernard Cazeneuve.

« Une documentation fournie a également été découverte établissant sans ambiguïté que l’individu projetait la commission imminente d’un attentat vraisemblablement contre une ou deux églises de Villejuif, comme l’a indiqué le ministre. Dimanche matin, cet attentat a été évité », a-t-il ajouté.

Selon Le Monde, le suspect s’était installé en France en 2009 dans le cadre du regroupement familial.
Un officier de police cité par Le Figaro dit redouter « que le suspect ait, comme les frères Kouachi, un complice susceptible de passer à l’acte, à l’instar d’Amedy Coulibaly. Quelqu’un qui se sentirait piégé et qui se lancerait dans une fuite en avant tragique ».

« Les terroristes ciblent la France pour nous diviser », a ajouté Manuel Valls à la sortie du Conseil des ministres, devant le perron de l’Elysée, avec à ses côtés son ministre de l’Intérieur.

« Notre pays, comme d’autres encore ces dernières semaines, fait face à une menace terroriste sans équivalent dans le passé par sa nature et son ampleur », a lancé le chef de gouvernement qui a déjà à plusieurs reprises lancé cet avertissement.

La lutte contre le terrorisme « est rendue difficile par les formes du terrorisme complètement différentes. On a parfaitement conscience de la nécessité de renforcer notre dispositif », a ajouté le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll.

« C’est pourquoi il a été créé des postes spécifiques pour renforcer la lutte contre le terrorisme, mais face à ces risques et surtout leurs formes particulières et nouvelles, au fur et à mesure, on complète le dispositif », a développé le porte-parole.

Stéphane Le Foll a également relevé que l’homme soupçonné d’avoir voulu perpétrer des attaques contre des églises avait été « repéré » en 2014 mais que « rien ne permettait à l’époque de l’arrêter ».

Le député UMP Philippe Meunier a quant à lui demandé mercredi au gouvernement « de protéger nos églises », dont certaines auraient pu être les cibles d’un attentat déjoué dimanche à Paris.

« Le devoir du gouvernement est de protéger nos églises comme il le fait pour les mosquées et les synagogues », lance, dans un communiqué, le secrétaire national de l’UMP chargé de la Défense.

Le gouvernement « ne doit pas compter sur le seul hasard pour protéger les Français de confession chrétienne », ajoute-t-il.

Le député regrette le rejet « de notre proposition de loi visant à faire perdre la nationalité française et à expulser tout islamiste représentant un danger pour nos compatriotes ».

« Tant que le président de la République et son gouvernement refuseront d’ouvrir les yeux et de prendre les mesures nécessaires pour lutter efficacement contre ces ennemis, notamment de l’intérieur, le peuple français (…) en paiera le prix fort », a-t-il assuré.

Iran : Dernière grillade avant l’enfer

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iran despot revolution

C’est une banale photo de pique-nique en famille ou entre copains d’il y a une quarantaine d’années. Le monsieur, chemise blanche nouée à la pirate sur le nombril, manches retroussées, semble penché sur un barbecue. Il est légèrement flou. Le photographe a préféré faire la mise au point sur les dames, plus pétillantes: jupe courte, petit marcel, jean remonté en pantacourt, elles semblent contempler la verdure ou revenir de cueillette.

Quoi de plus ordinaire? Les photos de famille de mes parents, dans la Suisse des années 1970, ressemblent exactement à cela. Et celles prises en Yougoslavie socialiste avant 1973 ne sont guère différentes.

Pourquoi évoquer celle-ci en particulier? Parce qu’elle fut prise à la même époque… en Iran.

Elle a été publiée voici moins d’un jour sur Reddit par un contributeur sous pseudonyme, avec cette simple légende: « Dans les années 70, les gens en Iran ressemblaient à cela. Et l’homme de la photo est mon père. »

Quelques heures après sa publication, le post avait suscité plus de 2 000 commentaires, allant de la ressemblance éventuelle du personnage au premier plan avec le footballeur Andrea Pirlo jusqu’aux complots (avoués) de la CIA en Perse avant le coup d’Etat islamiste qui amena l’ayatollah Khomeiny au pouvoir et, du même coup, relégua jupettes, pantacourts et marcels dans l’enfer des dressings.

Cette scène de loisirs rayonne d’un pouvoir hypnotique. Ce qui nous fascine en elle est précisément sa familière banalité, qui dans ce contexte évoque un paradis perdu. Dans nos propres contrées indolentes abritant l’homo festivus, la génération de mes enfants peine à imaginer l’indolence des Trente glorieuses. Même mon ex-Yougoslavie natale porte encore les reliques de cet éden petit-bourgeois, sous la forme des vikenditsas, ces micro-datchas aujourd’hui aussi désertes et surannées que des temples khmers que la classe moyenne s’offrait à seule fin de grillades ou de parties furtives de jambes en l’air. S’il y avait une valeur fédératrice de la civilisation socialo-conso-yougoslave, c’était bien la « weekendette » avec son barbecue qui l’incarnait! Peut-on imaginer cela?

Mais que dire lorsque cette idylle de beaufs se passe au Moyen-Orient?

Peu après que la scène fut immortalisée, l’Iran est tombé dans un abîme subit de régression historique. Qu’auraient répondu nos trois pique-niqueuses au rabat-joie qui, ce jour-là, leur eût prédit qu’elles finiraient couvertes d’une bâche de la tête aux pieds, que les gardiens de la révolution sillonneraient bientôt les rues de leur pays pour châtier à coups de gaffes acérées les indécences vestimentaires et qu’un jour, en 2015, dans un pays voisin — alors tout aussi laïcisé que le leur — le simple port d’une écharpe rouge dans la rue pourrait leur valoir l’exécution sommaire? J’entends d’ici leurs joyeuses moqueries. Les connaisseurs me vantent l’esprit et la causticité des femmes iraniennes…

L’utopie révolutionnaire est plutôt une uchronie. C’est moins le lieu qui est transfiguré par le volontarisme idéologique que le temps où l’expérience se déroule. L’avenir radieux comme la théocratie islamique projettent des sociétés entières, d’un seul coup, dans un vortex temporel où les heures, les mois et les années n’ont plus la même valeur et d’où elles ressortent hébétées et amnésiques comme d’un kidnapping extraterrestre. Toute l’inertie d’une histoire graduelle et linéaire ne pèse plus rien lorsque la mécanique totalitaire s’enclenche. A rebours, la cruelle expérience des cobayes rescapés ne sert de leçon à personne.

Jésus appelant au meurtre? Ceci est mensonge

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paul moreira jesus

Je ne connaissais pas Paul Moreira il y a encore quelques minutes. À la vérité, je ne savais pas ce que je perdais. Je ne le connaissais donc pas jusqu’à ce que j’ouïsse qu’invité au Grand Journal de Canal + lundi soir pour présenter son documentaire sur le « nouveau Front national », marronnier de la décennie, il se serait laissé aller à affirmer que la Bible comptait deux fois plus d’appels au meurtre que le Coran. Bien. Pourquoi pas ? Tout le monde sait que ce que l’on appelle la Bible – et qui n’est d’ailleurs pas exactement le même livre selon que l’on est juif, protestant ou catholique, il eût peut-être fallu le préciser – est un très vaste ouvrage qui, au doigt mouillé, doit bien représenter dix fois le Coran en nombre de caractères, et encore je suis gentil. D’où l’invention du papier bible. On n’a jamais vu de papier coran pour la seule raison que c’est un livre d’une taille normale.

Donc, la Bible, livre inspiré pour les croyants et non livre éternel directement écrit de la main de Dieu contrairement à certain autre, est faite de strates diverses, de multiples époques, et personne, même avant l’époque de Jésus, ne s’est jamais laissé aller sottement à la lire de manière littérale. Tout le monde connaît l’histoire des Amalécites qu’il faut anéantir et des tentations génocidaires de Josué. Tout le monde les connaît mais personne n’a jamais eu l’intention de les réitérer, parce que la Bible se lit à différents niveaux de lecture (typologique, allégorique, etc.) et surtout parce que tout le monde se fout de savoir si les événements racontés dans ces temps très anciens sont véridiques. Il doit bien exister quelques sectes nées au XIXème ou au XXème pour prendre cela au pied de la lettre. Heureusement pour nous, ce ne sont pas là des mouvements de masse – et je n’en ai d’ailleurs jamais rencontré.

Mais cela est de la petite bière. Le gros, le grand, l’hénaurme, c’est quand M. Moreira, dont je lis qu’il possède au moins deux titres plaidant en faveur de la scientificité de son propos – une maîtrise d’anthropologie et de sociologie de Paris IV et une participation au « Vrai Journal » de Karl Zéro – affirme ceci sur le plateau de la chaîne à bobos : « Jésus, deux fois il appelle à couper la tête de ceux qui croient pas en lui » (« – À les égorger », renchérit quelqu’un que l’on n’identifie pas parmi les journalistes présents). Devant tel mensonge ou telle stupidité, j’hésite encore, on en reste comme deux ronds de flan. Je déteste cette expression d’ailleurs, mais j’avoue n’en pas trouver d’autre. Comment peut-on affirmer cela, et en se réclamant de quelle source, de quel verset de quel évangile, de quelle interprétation, de quelle tradition ? C’est incroyable, stupéfiant, renversant. Les mots manquent.

Moreira, pas fier, avoue qu’il n’a pas vraiment lu la Bible, mais qu’il a fait appel à des spécialistes. Qu’ils soient aveugles de naissance, baloutches ou schizophrènes, je serais joyeux de les rencontrer, ces spécialistes. Ils nous diront enfin, à nous les chrétiens impuissants, petites bites et bêlant comme les agneaux à l’abattoir, le moyen d’aimer son prochain en le passant au fil de l’épée. Ça fait deux mille ans qu’on cherche à justifier nos envies de meurtres : on en rêvait, les spécialistes de Moreira ont trouvé. À l’attaque.

*Photo : BALTEL/SIPA. 00586462_000006.

La politique de la peur

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loi renseignement terrorisme valls

Dimanche, dans le robinet d’eau tiède des propos présidentiels continuant sans faillir sur une ligne sociale-libérale aimablement suicidaire, outre une petite infamie sur le FN  dont le programme ressemblerait à un tract du PCF des années 70[1. Prouvant encore une fois si besoin était l’art hollandien de surfer sur le confusionnisme et l’amalgame idéologique pour discréditer toute politique alternative crédible sur sa gauche.], on aura noté que le chef de l’Etat a l’intention de saisir le Conseil constitutionnel sur la conformité de la loi sur le renseignement, loi qui sera évidemment votée à une large majorité le 5 mai.

Faire plonger la France dans la surveillance de masse demande évidemment quelques précautions juridiques. On ne sait jamais,  certains juges suprêmes pourrait se souvenir de ce qu’est une république et censurer ce Patriot act à la française. Pourtant, le Président ne devrait pas tellement s’inquiéter. La population est avec lui sur ce coup-là, et largement si on en juge par les sondages  qui donne deux tiers des Français favorables à une restriction de leurs libertés individuelles pour lutter contre le terrorisme. Les sympathisants socialistes sont mêmes, à 68%, encore plus enthousiastes, ce qui prouve bien qu’ils sont désormais des électeurs de droite comme les autres.

Il est évident que l’esprit Charlie n’aura pas duré longtemps. J’avais cru comprendre qu’il s’était agi le 11 janvier d’une grande protestation démocratique indiquant d’une part que nous n’avions pas peur et d’autre part qu’il n’y avait aucune raison que le massacre perpétré par les terroristes change en quoi que ce soit notre mode de vie puisque précisément, cela aurait signifié pour eux une forme de victoire. Je m’étais trompé. La bonne vieille trouille a repris le dessus. La Boétie et Hobbes avaient raison. Un peuple travaillé au corps préfèrera toujours la servitude volontaire et l’Etat-Léviathan à la démocratie s’il en va de sa sécurité. Même nos amis libéraux de droite s’apprêtent  à voter en force cette ingérence sans précédent des services de police dans nos vies alors qu’ils poussent de haut cris si la puissance publique continue à verser des prestations sociales ou augmente, comme ce fut le cas récemment, sa participation chez Renault. Bref, la liberté libérale n’est jamais que la liberté d’entreprendre. Pour le reste, les Big Brother de Matignon et de Beauvau peuvent bien régenter la vie de leurs clients, tant que ces derniers osent sortir de chez eux pour continuer à consommer, on sera toujours dans le meilleur des mondes. Sur les boites noires chez les fournisseurs d’accès internet, les antennes pour capter les communications sur les portables, tous les portables, dans un rayon de 500 mètres à un kilomètre, les mouchards dans les claviers d’ordinateur, ils sont bien peu à oser émettre quelques objections. Finalement, on retrouve communément partagé cet argument légèrement poujadiste qui ne date pas d’hier : « Moi je n’ai pas grand-chose à me reprocher, je ne crains pas la police. »

Ne pas avoir grand-chose à se reprocher, c’est une question de point de vue. Des syndicalistes engagés dans un conflit social dur ou des zadistes qui ne veulent pas lâcher le morceau eux non plus n’ont pas grand chose à se reprocher… sauf aux yeux (et aux oreilles) d’une police qui peut très bien estimer que les jolis outils dont elle va pouvoir disposer avec une absence presque totale de contrôle juridique, il n’y a pas de raison qu’elle ne s’en serve pas aussi pour tous ceux qui ne se résignent pas à vivre dans ce monde tel qu’il ne va pas.

Cette loi sur le renseignement ratisse en effet très large avec des formulations très floues puisqu’il s’agit de « prévenir des violences collectives de nature à porter gravement atteinte à la paix publique ». On passe insensiblement de la présomption d’innocence à la présomption de dangerosité. Mais la palme de l’extension infinie de la surveillance revient sans doute au ministre de l’Intérieur qui estime pour sa part, face aux députés et sans que cela semble l’émouvoir plus que de raison, que la vie privée n’est pas une liberté . Heureusement, il semble que quelques anticorps à cette politique de la peur existent encore dans la société française: nous ne parlons pas seulement du Syndicat de la magistrature mais d’organismes et de personnes qu’on ne peut pas soupçonner d’être dangereusement subversifs, qu’il s’agisse de la CNIL ou même du très centriste Hervé Morin.

Mais que pèseront-ils face au renoncement général face à ce qui est (ou faut-il déjà dire « était ») notre société et ses droits fondamentaux? Pas grand chose. La Boétie avait décidément raison: « Il n’est pas croyable comme le peuple, dès lors qu’il est assujetti, tombe si soudain en un si prochain oubli de la liberté qu’il n’est pas possible qu’il se réveille pour la ravoir… »

Religion au bureau : l’enquête qui lève un tabou

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islam travail charlie

En un an, le poids de la question religieuse sur le lieu de travail en France a presque doublé. Selon une étude réalisée par l’Institut Randstat, un organisme de recherche appartenant au groupe néerlandais d’intérim Randstat, et l’Observatoire du fait religieux en entreprise (centre associé à Sciences Po Rennes),  en 2015, 23 % – contre seulement 12% en 2014 – du millier de  salariés interrogés déclarent avoir été régulièrement confrontés à des questions liées à l’appartenance et à la pratique religieuse sur leur lieu travail.

Quant aux cas conflictuels (rapportés par 6 % des personnes interrogées), ils ont triplé depuis 2013 et doublé en un an. Et au moins 50% des cadres en situation de manager déclarent devoir faire face de manière plus ou moins fréquente à des situations liées à la religion.

Pour tenter d’identifier les principaux responsables de l’explosion de la tension religieuse, il faut lire le commentaire de Lionel Honoré, président de l’Observatoire du fait religieux en entreprise. Selon lui, les raisons de cette « crispation » sont à chercher dans les suites des attentats de janvier. Selon ce professeur de gestion à l’Université de la Polynésie Française, qui a également enseigné à Sciences Po Rennes entre 2007-2014, interrogé par Le Parisien, les attentats terroristes islamistes du 7, 8 et 9 janvier ont suscité une « implication défensive » des pratiquants qui, se sentant stigmatisés, ont souhaité affirmer avec plus de force leur religion. Concrètement, il s’agit des demandes d’absence pour célébrer une fête comme l’Aïd, des pauses supplémentaires pour la prière ou du port d’un article vestimentaire revendiquant de façon ostentatoire une appartenance communautaire ou religieuse – on pense bien sûr au voile islamique.

Le même type d’explication avait été avancé pour expliquer l’aggravation du repli islamiste de certaines banlieues, qu’une note des services de renseignement constatait le mois dernier. Malgré tous les discours d’apaisement appelant à la concorde civile dès le 7 janvier, malgré le refus de l’ensemble de la classe politique – Front national compris- de montrer du doigt un groupe de population, malgré la condamnation répétée de « l’islamophobie » par  les plus hautes instances de l’Etat, le spectre de la « stigmatisation » rôde.

Plutôt que de scruter des tendances lourdes qui travaillent le corps social en profondeur, bouleversent la physionomie de certains territoires, provoquent des regroupements de population suivant les logiques de concentration et d’évitement culturels décrits par Christophe Guilluy, l’Observatoire du fait religieux met l’accent sur des événements conjoncturels tels que les attentats de janvier. On peut résumer ainsi l’axiome qui sous-tend cette interprétation des faits : les signes d’islamisation sont une réaction à l’islamophobie qui gangrène la France. En clair, Charlie a encore frappé.

*Photo : Pixabay.

Alain Finkielkraut sur Internet et la censure

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Alain Finkielkraut Netanyahou Obama Israël Etats-Unis fessée

« Sur Internet, devrait régner la loi courante » : ainsi réagit Alain Finkielkraut au projet de loi que présente le gouvernement pour lutter contre le racisme et l’incitation à la haine. Le philosophe trace les grandes lignes d’une liberté d’expression pensée à nouveaux frais, contre les velléités de censure des associations antiracistes et l »‘impunité » totale qui règne aujourd’hui sur la Toile. Enfin, une question subsidiaire le taraude : pourquoi SOS Racisme et le MRAP ne reconnaissent pas le « racisme anti-blanc » qui sévit notamment dans le rap ?

Attentats déjoués à Paris: rapport du bureau de conformité idéologique

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vivre ensemble attentats islam

vivre ensemble attentats islam

Nous venons d’apprendre qu’une série d’attentats contre des églises de Villejuif a été déjouée grâce à l’interpellation « par hasard » d’un individu qui envisageait d’attaquer des églises en banlieue parisienne.

Le bureau de la novlangue et de la conformité idéologique rappelle à l’attention générale qu’il serait souhaitable – pour évoquer cette péripétie du « faire société » contemporain – d’utiliser les mots suivants afin de ne pas heurter une partie de la population…

Ne pas parler de terroriste mais d’homme armé.

Ne pas parler d’islamisme, mais de fondamentalisme religieux.

Ne pas évoquer un étudiant algérien, mais un jeune-homme en situation d’apprentissage issu de l’immigration extra-européenne. (Qui par exemple pourrait être issu de Bolivie ou d’un pays imaginaire comme la Syldavie)

Ne pas divaguer sur sa haine de l’autre, mais sur son statut de paria social qui l’a logiquement conduit à  cette impasse – dont il est la première victime.

Ne pas évoquer un climat délétère de violence, mais une situation idyllique de vivre ensemble non encore optimale.

Occulter la cible : les chrétiens, et bien souligner une hausse constante des actes islamophobes dans une France rance qui rappelle les heures-les-plus-sombres-de-notre-histoire©.

Ne pas souhaiter qu’il soit envoyé en prison, mais appeler de nos vœux une réinsertion heureuse d’une chance pour la France grâce à une série de stages dans des associations de rééducation par le hip-hop.

Ne pas dire que les attentats visaient des églises, mais des lieux de culte.

Le non-respect de ces directives sera lourdement sanctionné. Merci de votre attention.

*Photo : Pixabay.

Vivre et mourir comme des assistés

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don organe latin euthanasie etat

don organe latin euthanasie etat

On disait jadis, en bon français, « administrer une fessée ». C’est en passe d’être interdit par la loi bienveillante à défaut d’être condamné par l’opinion inconsciente et des parents qui ignoraient avoir été des tortionnaires.

On dira désormais, en français socialiste, « administrer » tout court. Car l’idéologie contrôleuse au pouvoir n’a pas d’autre objectif : administrer tout un chacun de sa naissance à sa mort. Et même au-delà : si l’autorisation préalable d’enfantement n’a pas encore été inventée (sur le modèle de l’autorisation préalable de licenciement), l’autorisation préalable de vivre est dans les tuyaux des ministères. Il ne manque plus que le formulaire en ligne : « Acceptez-vous que vos enfants soient autorisés à juger de la limite au-delà de laquelle ils ne pourront plus vous supporter en vie ? » Il sera obligatoire de le remplir avant toute querelle familiale et ne sera plus révisable ensuite, sauf recours introduit au moins six mois à l’avance avec accord de ladite famille, laquelle devra, au préalable, avoir rempli le formulaire ad hoc…

À l’inverse, si vous ne prenez pas la précaution de dire par anticipation que vous êtes hostile au don d’organe, on pourra bientôt dépecer votre dépouille sans votre autorisation et sans même vous le dire. Si je résume, l’administration contrôlera votre fin et décidera du sort de vos entrailles. Et si en raison de la pression du marché, et en vertu naturellement des meilleurs sentiments philanthropiques qui l’animent, elle décidait de la vente à la découpe de votre bien le plus cher (vous-même) en devançant quelque peu le terme assigné à votre destinée par la nature, par la fortune ou pour par dieu ? Et si le grand logiciel de gestion des corps, des vies et des fins dernières connaissait quelque bug, confondant autorisation tacite et interdiction explicite, l’avis autorisé de vos descendants avec le témoignage de votre concierge jurant ses grands dieux que vous avez de tout temps été favorable à l’euthanasie et au don d’organe ? La preuve, vous aviez signé, par pure humanité, sans vous rendre compte de la contradiction (affichant bien haut votre humanité envers les animaux mais dissimulant sous une cruelle pitié votre lâcheté envers vos congénères ou vous-même), la pétition demandant au Tribunal Administratif de Lyon que l’on laisse une chance de vivre aux deux éléphantes vieillissantes du parc de la Tête d’Or…

Trêve de mauvais esprit. L’administration se nourrit d’elle-même, on le sait (elle invente le formulaire qui justifiera l’emploi de celui qui l’archivera sans le lire). Et puis « libéral » est un tel gros mot qu’on veut à tout prix l’effacer jusque dans la pratique de la médecine, elle-aussi désormais aux mains de Grands Administrateurs. Les médecins choisiront du coup, demain, de s’installer là où une population aisée bénéficiera de la meilleure protection sociale, assurant ainsi leurs propres revenus « administrés » (mais attention : pas plus de tant de patients par jour, contrôle et intérêt national obligent) : beau succès prévisible, par parenthèse, contre la médecine à deux vitesses et les déserts médicaux…

Le Grand Livre dans lequel tout est inscrit a été décrit dans un roman de Jules Verne, Paris au XXe siècle, retrouvé, dans un coffre, longtemps après la mort de l’auteur et publié seulement en 1994. Ce registre universel qui permet d’administrer jusqu’aux moindres détails de la vie des individus et annihile jusqu’à leur individualité même ressemble furieusement à une anticipation du Net. Après tout Jules Verne avait bien prévu la télévision et le fax. Quant aux dirigeants invisibles de la nouvelle dictature instaurée, dans le roman, par la Société Générale de Crédit instructionnel (sic), ils font songer à d’autres anonymes (ou presque) Commissaires continentaux.

Le pire est que Jules Verne avait prédit (avec un siècle d’avance) ce qui se passe aujourd’hui dans l’indifférence générale, à savoir la disparition souhaitée et programmée de ce que les Anciens appelaient les études… « libérales » ou liberales artes. Celles qui, précisément, rendaient libres en rendant aptes, par le jugement, à lutter contre les tyrannies. Dans Paris au XXe siècle un professeur de latin et de grec se voit mis au chômage en raison de la disparition du dernier de ses clients : « Nous avouerons que l’étude des belles lettres, des langues anciennes (le français compris) se trouvait alors à peu près sacrifiée… »

On peut certes se passer de savoir le latin. Mais réfléchissons un instant. L’administration ne fait pas bon ménage avec les libertés, qu’elles soient intellectuelles, individuelles ou… sempiternelles car l’on n’empêchera jamais personne de penser et de débattre avec soi-même (c’est la dernière place où, dans le silence assourdissant du débat public, l’on cause encore, le for ou forum intérieur). Mais où apprendre à penser ? Le contre-pouvoir qu’avait pu, un temps, constituer la culture libérale n’est plus de mise et les derniers agrégés de lettres à avoir été Président s’appelaient Georges Pompidou et ministre de l’Education François Bayrou, il y a des… siècles de cela. Aujourd’hui, à ce dernier poste, la maîtrise n’est même plus requise, comme l’a montré le passage de Benoît Hamon rue de Grenelle.

Le héros de Jules Verne demande les œuvres de Victor Hugo en bibliothèque. Elles sont introuvables. Las, les « formalités nécessaires pour obtenir un ouvrage ne laissaient pas d’être compliquées ». On exige tant de précisions « qu’à moins d’être déjà un savant, on n’arrivait pas à savoir ». En lettres comme en médecine : dans ce monde administré, seul celui qui sait saura et celui qui paiera sera soigné. « De plus, le requérant indiquait son âge, son domicile, sa profession et le but de ses recherches ». Dans le domaine de la vie intellectuelle ou intérieure (la recherche, l’étude), comme dans le domaine de la vie tout simplement (en médecine « administrée »), il faudra être capable de justifier son but de recherche, son but dans la vie, en un mot son existence même. Si les motivations soigneusement exposées dans le formulaire disponible en ligne (sauf si la case recherchée n’est pas prévue, les rédacteurs savent être prévoyants) ne satisfont pas l’administration, c’est le refus (non motivé, sauf sur demande préalable) assuré : « Nous vous informons que l’autorisation de penser (ou de vivre) ne vous a pas été accordée ».

*Photo : wikicommons.

Manif en Ethiopie: «Assez d’émigration! Restons chez nous»

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Fait rare en Ethiopie, des dizaines de milliers de personnes ont participé mercredi à Addis Abeba à une manifestation organisée par le pouvoir contre le groupe Etat islamique, responsable de l’exécution de 28 chrétiens éthiopiens en Libye.

Le rassemblement visait à canaliser l’émotion et la colère suscitées par le meurtre des ressortissants éthiopiens par le groupe djihadiste.

Mais de petits groupes de manifestants en ont profité pour exprimer leur colère envers les autorités, dans un pays où toute contestation est sévèrement réprimée, ce qui a donné lieu à quelques heurts avec la police en fin de rassemblement.

Répondant à l’appel des comités de quartier, efficaces relais locaux du pouvoir, la foule a commencé à se rassembler au petit matin, pour finalement déborder largement de Meskel Square, la place centrale de la capitale éthiopienne, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Une grande partie des manifestants portaient des pancartes sur lesquels on pouvait lire l’« EI n’est pas l’islam » ou « Notre paix et notre unité ne seront jamais brisées par les extrémistes ».

L’Ethiopie compte environ deux tiers de chrétiens et un tiers de musulmans.

L’EI a déclaré un califat sur les pans de territoire syrien et irakien sous son contrôle et y multiplie les exactions. Le groupe a aussi pris pied en Libye l’an dernier en profitant du chaos dans ce pays.

« Nous sommes ici pour commémorer les fils innocents d’Ethiopie massacrés par le terrorisme et brûlés vifs par la xénophobie », a lancé un orateur depuis la tribune dans une double allusion à l’exécution des chrétiens et à la vague de violences qui sévit actuellement contre les immigrés en Afrique du Sud.

« Assez d’émigration ! Changeons notre pays en restant chez nous », ont répondu les manifestants.

Fuyant la pauvreté, de nombreux Éthiopiens quittent leur pays, le deuxième d’Afrique par sa population (plus de 90 millions d’habitants) dans l’espoir de trouver un travail à l’étranger.

Beaucoup se rendent en Libye et dans d’autres pays d’Afrique du Nord pour trouver un emploi, mais aussi pour monter à bord d’embarcations de fortune et tenter de gagner les côtes européennes.

Le pays paie un lourd tribut au drame de l’immigration qui se déroule semaine après semaine en Méditerranée et qui, dimanche encore, a sans doute vu 800 personnes périr dans le naufrage d’un chalutier surchargé, au large de la Libye.

Mercredi, malgré une présence policière massive, des slogans hostiles au gouvernement se sont aussi fait entendre dans la manifestation.

« Nous sommes fatigués des discours et de la propagande. Nous voulons des actes ! Vengeance pour nos frères ! », criait un groupe de jeunes, rapidement entouré par un cordon de police.

« Nos frères ont été assassinés. Le gouvernement doit faire quelque chose. Leur sang n’est pas le sang d’animaux », a affirmé Anteneh Tefera, un jeune manifestant.

« L’Ethiopie envoie des troupes en Somalie, au Liberia, au Burundi, mais le gouvernement n’est pas capable de protéger ses propres citoyens ! », a pesté Messay, un enseignant. Il faisait référence à la participation de son pays à des opérations de maintien de la paix sur le continent, épinglant aussi, sur une pancarte, l’inaction de l’Union africaine.

En fin de rassemblement, quelques affrontements ont opposé des manifestants et des membres des forces de l’ordre, a constaté un photographe de l’AFP. Quelques policiers ont été légèrement blessés et la police a fait usage de gaz lacrymogènes, selon le photographe.

Conscientes de l’émotion populaire, à seulement un mois d’élections générales, les autorités éthiopiennes ont promis d’aider à rapatrier les migrants éthiopiens qui se trouvent encore en Libye et donné consigne à leurs ressortissants de ne plus chercher à se rendre dans les zones où le groupe Etat islamique est actif.

Un cimetière normand profané

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(Avec AFP) – Au sud de Rouen, une douzaine de tombes du cimetière de Caudebec-lès-Elbeuf ont été vandalisées « sans motif apparent ». « Aucune référence religieuse, politique ou ethnique dans ces dégradations : juste de la casse stupide et totalement gratuite, sur des tombes très anciennes et sans famille identifiée », explique le maire Laurent Bonnaterre (PS) de la commune, qui a annoncé son intention de porter plainte. Cette profanation a été découverte mardi soir, quelques heures avant l’arrestation à Paris d’un individu proche des milieux djihadistes projetant d’attaquer des églises de Villejuif.

La semaine dernière, dans le Tarn, un homme en djellabah, « répétant en boucle des prières musulmanes » avait été placé en garde à vue puis hospitalisé dans un établissement psychiatrique en raison de son implication présumée dans la vandalisation de 215 tombes chrétiennes du cimetière Saint-Roch de Castres. La magistrate responsable de l’enquête avait indiqué l’absence de « revendication religieuse » dans cette affaire.

Djihadiste arrêté à Paris: des églises visées

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Bernard Cazeneuve attentat terroriste églises Villejuif

Bernard Cazeneuve attentat terroriste églises Villejuif

(Avec AFP) – Un Algérien qui projetait de façon « imminente » de commettre un « attentat » contre « une ou deux églises » a été arrêté dimanche à Paris, a annoncé mercredi le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve.

Cet homme, dont le nom selon la presse algérienne est Sid Ahmed Ghlam, est un étudiant en informatique de 24 ans. Il est par ailleurs soupçonné d’être impliqué dans le meurtre d’Aurélie Châtelain, jeune femme de 32 ans retrouvée morte dans une voiture dimanche à Villejuif (Val-de-Marne) près de la capitale, a déclaré Bernard Cazeneuve place Beauvau. Les circonstances de ce meurtre restent à élucider.

Le suspect, en garde à vue dans le cadre d’une enquête dirigée par le parquet antiterroriste, était connu des services de renseignement pour ses « velléités de départ en Syrie » pour y rejoindre les rangs djihadistes, selon le ministre. Il faisait l’objet de la fameuse fiche « S » (pour « sûreté de l’état »).

Atteint d’une balle dans la jambe, le suspect avait évoqué auprès de la police un règlement de comptes. Les enquêteurs ont alors remonté les traces de sang jusqu’à sa voiture.

Dans son véhicule et à son domicile, la police a découvert un « arsenal composé notamment de plusieurs armes de guerre, d’armes de poing, de munitions, de gilets pare-balle et de matériel informatique et de téléphonie », a ajouté Bernard Cazeneuve.

« Une documentation fournie a également été découverte établissant sans ambiguïté que l’individu projetait la commission imminente d’un attentat vraisemblablement contre une ou deux églises de Villejuif, comme l’a indiqué le ministre. Dimanche matin, cet attentat a été évité », a-t-il ajouté.

Selon Le Monde, le suspect s’était installé en France en 2009 dans le cadre du regroupement familial.
Un officier de police cité par Le Figaro dit redouter « que le suspect ait, comme les frères Kouachi, un complice susceptible de passer à l’acte, à l’instar d’Amedy Coulibaly. Quelqu’un qui se sentirait piégé et qui se lancerait dans une fuite en avant tragique ».

« Les terroristes ciblent la France pour nous diviser », a ajouté Manuel Valls à la sortie du Conseil des ministres, devant le perron de l’Elysée, avec à ses côtés son ministre de l’Intérieur.

« Notre pays, comme d’autres encore ces dernières semaines, fait face à une menace terroriste sans équivalent dans le passé par sa nature et son ampleur », a lancé le chef de gouvernement qui a déjà à plusieurs reprises lancé cet avertissement.

La lutte contre le terrorisme « est rendue difficile par les formes du terrorisme complètement différentes. On a parfaitement conscience de la nécessité de renforcer notre dispositif », a ajouté le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll.

« C’est pourquoi il a été créé des postes spécifiques pour renforcer la lutte contre le terrorisme, mais face à ces risques et surtout leurs formes particulières et nouvelles, au fur et à mesure, on complète le dispositif », a développé le porte-parole.

Stéphane Le Foll a également relevé que l’homme soupçonné d’avoir voulu perpétrer des attaques contre des églises avait été « repéré » en 2014 mais que « rien ne permettait à l’époque de l’arrêter ».

Le député UMP Philippe Meunier a quant à lui demandé mercredi au gouvernement « de protéger nos églises », dont certaines auraient pu être les cibles d’un attentat déjoué dimanche à Paris.

« Le devoir du gouvernement est de protéger nos églises comme il le fait pour les mosquées et les synagogues », lance, dans un communiqué, le secrétaire national de l’UMP chargé de la Défense.

Le gouvernement « ne doit pas compter sur le seul hasard pour protéger les Français de confession chrétienne », ajoute-t-il.

Le député regrette le rejet « de notre proposition de loi visant à faire perdre la nationalité française et à expulser tout islamiste représentant un danger pour nos compatriotes ».

« Tant que le président de la République et son gouvernement refuseront d’ouvrir les yeux et de prendre les mesures nécessaires pour lutter efficacement contre ces ennemis, notamment de l’intérieur, le peuple français (…) en paiera le prix fort », a-t-il assuré.

Iran : Dernière grillade avant l’enfer

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iran despot revolution

iran despot revolution

C’est une banale photo de pique-nique en famille ou entre copains d’il y a une quarantaine d’années. Le monsieur, chemise blanche nouée à la pirate sur le nombril, manches retroussées, semble penché sur un barbecue. Il est légèrement flou. Le photographe a préféré faire la mise au point sur les dames, plus pétillantes: jupe courte, petit marcel, jean remonté en pantacourt, elles semblent contempler la verdure ou revenir de cueillette.

Quoi de plus ordinaire? Les photos de famille de mes parents, dans la Suisse des années 1970, ressemblent exactement à cela. Et celles prises en Yougoslavie socialiste avant 1973 ne sont guère différentes.

Pourquoi évoquer celle-ci en particulier? Parce qu’elle fut prise à la même époque… en Iran.

Elle a été publiée voici moins d’un jour sur Reddit par un contributeur sous pseudonyme, avec cette simple légende: « Dans les années 70, les gens en Iran ressemblaient à cela. Et l’homme de la photo est mon père. »

Quelques heures après sa publication, le post avait suscité plus de 2 000 commentaires, allant de la ressemblance éventuelle du personnage au premier plan avec le footballeur Andrea Pirlo jusqu’aux complots (avoués) de la CIA en Perse avant le coup d’Etat islamiste qui amena l’ayatollah Khomeiny au pouvoir et, du même coup, relégua jupettes, pantacourts et marcels dans l’enfer des dressings.

Cette scène de loisirs rayonne d’un pouvoir hypnotique. Ce qui nous fascine en elle est précisément sa familière banalité, qui dans ce contexte évoque un paradis perdu. Dans nos propres contrées indolentes abritant l’homo festivus, la génération de mes enfants peine à imaginer l’indolence des Trente glorieuses. Même mon ex-Yougoslavie natale porte encore les reliques de cet éden petit-bourgeois, sous la forme des vikenditsas, ces micro-datchas aujourd’hui aussi désertes et surannées que des temples khmers que la classe moyenne s’offrait à seule fin de grillades ou de parties furtives de jambes en l’air. S’il y avait une valeur fédératrice de la civilisation socialo-conso-yougoslave, c’était bien la « weekendette » avec son barbecue qui l’incarnait! Peut-on imaginer cela?

Mais que dire lorsque cette idylle de beaufs se passe au Moyen-Orient?

Peu après que la scène fut immortalisée, l’Iran est tombé dans un abîme subit de régression historique. Qu’auraient répondu nos trois pique-niqueuses au rabat-joie qui, ce jour-là, leur eût prédit qu’elles finiraient couvertes d’une bâche de la tête aux pieds, que les gardiens de la révolution sillonneraient bientôt les rues de leur pays pour châtier à coups de gaffes acérées les indécences vestimentaires et qu’un jour, en 2015, dans un pays voisin — alors tout aussi laïcisé que le leur — le simple port d’une écharpe rouge dans la rue pourrait leur valoir l’exécution sommaire? J’entends d’ici leurs joyeuses moqueries. Les connaisseurs me vantent l’esprit et la causticité des femmes iraniennes…

L’utopie révolutionnaire est plutôt une uchronie. C’est moins le lieu qui est transfiguré par le volontarisme idéologique que le temps où l’expérience se déroule. L’avenir radieux comme la théocratie islamique projettent des sociétés entières, d’un seul coup, dans un vortex temporel où les heures, les mois et les années n’ont plus la même valeur et d’où elles ressortent hébétées et amnésiques comme d’un kidnapping extraterrestre. Toute l’inertie d’une histoire graduelle et linéaire ne pèse plus rien lorsque la mécanique totalitaire s’enclenche. A rebours, la cruelle expérience des cobayes rescapés ne sert de leçon à personne.

Jésus appelant au meurtre? Ceci est mensonge

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paul moreira jesus

paul moreira jesus

Je ne connaissais pas Paul Moreira il y a encore quelques minutes. À la vérité, je ne savais pas ce que je perdais. Je ne le connaissais donc pas jusqu’à ce que j’ouïsse qu’invité au Grand Journal de Canal + lundi soir pour présenter son documentaire sur le « nouveau Front national », marronnier de la décennie, il se serait laissé aller à affirmer que la Bible comptait deux fois plus d’appels au meurtre que le Coran. Bien. Pourquoi pas ? Tout le monde sait que ce que l’on appelle la Bible – et qui n’est d’ailleurs pas exactement le même livre selon que l’on est juif, protestant ou catholique, il eût peut-être fallu le préciser – est un très vaste ouvrage qui, au doigt mouillé, doit bien représenter dix fois le Coran en nombre de caractères, et encore je suis gentil. D’où l’invention du papier bible. On n’a jamais vu de papier coran pour la seule raison que c’est un livre d’une taille normale.

Donc, la Bible, livre inspiré pour les croyants et non livre éternel directement écrit de la main de Dieu contrairement à certain autre, est faite de strates diverses, de multiples époques, et personne, même avant l’époque de Jésus, ne s’est jamais laissé aller sottement à la lire de manière littérale. Tout le monde connaît l’histoire des Amalécites qu’il faut anéantir et des tentations génocidaires de Josué. Tout le monde les connaît mais personne n’a jamais eu l’intention de les réitérer, parce que la Bible se lit à différents niveaux de lecture (typologique, allégorique, etc.) et surtout parce que tout le monde se fout de savoir si les événements racontés dans ces temps très anciens sont véridiques. Il doit bien exister quelques sectes nées au XIXème ou au XXème pour prendre cela au pied de la lettre. Heureusement pour nous, ce ne sont pas là des mouvements de masse – et je n’en ai d’ailleurs jamais rencontré.

Mais cela est de la petite bière. Le gros, le grand, l’hénaurme, c’est quand M. Moreira, dont je lis qu’il possède au moins deux titres plaidant en faveur de la scientificité de son propos – une maîtrise d’anthropologie et de sociologie de Paris IV et une participation au « Vrai Journal » de Karl Zéro – affirme ceci sur le plateau de la chaîne à bobos : « Jésus, deux fois il appelle à couper la tête de ceux qui croient pas en lui » (« – À les égorger », renchérit quelqu’un que l’on n’identifie pas parmi les journalistes présents). Devant tel mensonge ou telle stupidité, j’hésite encore, on en reste comme deux ronds de flan. Je déteste cette expression d’ailleurs, mais j’avoue n’en pas trouver d’autre. Comment peut-on affirmer cela, et en se réclamant de quelle source, de quel verset de quel évangile, de quelle interprétation, de quelle tradition ? C’est incroyable, stupéfiant, renversant. Les mots manquent.

Moreira, pas fier, avoue qu’il n’a pas vraiment lu la Bible, mais qu’il a fait appel à des spécialistes. Qu’ils soient aveugles de naissance, baloutches ou schizophrènes, je serais joyeux de les rencontrer, ces spécialistes. Ils nous diront enfin, à nous les chrétiens impuissants, petites bites et bêlant comme les agneaux à l’abattoir, le moyen d’aimer son prochain en le passant au fil de l’épée. Ça fait deux mille ans qu’on cherche à justifier nos envies de meurtres : on en rêvait, les spécialistes de Moreira ont trouvé. À l’attaque.

*Photo : BALTEL/SIPA. 00586462_000006.

La politique de la peur

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loi renseignement terrorisme valls

loi renseignement terrorisme valls

Dimanche, dans le robinet d’eau tiède des propos présidentiels continuant sans faillir sur une ligne sociale-libérale aimablement suicidaire, outre une petite infamie sur le FN  dont le programme ressemblerait à un tract du PCF des années 70[1. Prouvant encore une fois si besoin était l’art hollandien de surfer sur le confusionnisme et l’amalgame idéologique pour discréditer toute politique alternative crédible sur sa gauche.], on aura noté que le chef de l’Etat a l’intention de saisir le Conseil constitutionnel sur la conformité de la loi sur le renseignement, loi qui sera évidemment votée à une large majorité le 5 mai.

Faire plonger la France dans la surveillance de masse demande évidemment quelques précautions juridiques. On ne sait jamais,  certains juges suprêmes pourrait se souvenir de ce qu’est une république et censurer ce Patriot act à la française. Pourtant, le Président ne devrait pas tellement s’inquiéter. La population est avec lui sur ce coup-là, et largement si on en juge par les sondages  qui donne deux tiers des Français favorables à une restriction de leurs libertés individuelles pour lutter contre le terrorisme. Les sympathisants socialistes sont mêmes, à 68%, encore plus enthousiastes, ce qui prouve bien qu’ils sont désormais des électeurs de droite comme les autres.

Il est évident que l’esprit Charlie n’aura pas duré longtemps. J’avais cru comprendre qu’il s’était agi le 11 janvier d’une grande protestation démocratique indiquant d’une part que nous n’avions pas peur et d’autre part qu’il n’y avait aucune raison que le massacre perpétré par les terroristes change en quoi que ce soit notre mode de vie puisque précisément, cela aurait signifié pour eux une forme de victoire. Je m’étais trompé. La bonne vieille trouille a repris le dessus. La Boétie et Hobbes avaient raison. Un peuple travaillé au corps préfèrera toujours la servitude volontaire et l’Etat-Léviathan à la démocratie s’il en va de sa sécurité. Même nos amis libéraux de droite s’apprêtent  à voter en force cette ingérence sans précédent des services de police dans nos vies alors qu’ils poussent de haut cris si la puissance publique continue à verser des prestations sociales ou augmente, comme ce fut le cas récemment, sa participation chez Renault. Bref, la liberté libérale n’est jamais que la liberté d’entreprendre. Pour le reste, les Big Brother de Matignon et de Beauvau peuvent bien régenter la vie de leurs clients, tant que ces derniers osent sortir de chez eux pour continuer à consommer, on sera toujours dans le meilleur des mondes. Sur les boites noires chez les fournisseurs d’accès internet, les antennes pour capter les communications sur les portables, tous les portables, dans un rayon de 500 mètres à un kilomètre, les mouchards dans les claviers d’ordinateur, ils sont bien peu à oser émettre quelques objections. Finalement, on retrouve communément partagé cet argument légèrement poujadiste qui ne date pas d’hier : « Moi je n’ai pas grand-chose à me reprocher, je ne crains pas la police. »

Ne pas avoir grand-chose à se reprocher, c’est une question de point de vue. Des syndicalistes engagés dans un conflit social dur ou des zadistes qui ne veulent pas lâcher le morceau eux non plus n’ont pas grand chose à se reprocher… sauf aux yeux (et aux oreilles) d’une police qui peut très bien estimer que les jolis outils dont elle va pouvoir disposer avec une absence presque totale de contrôle juridique, il n’y a pas de raison qu’elle ne s’en serve pas aussi pour tous ceux qui ne se résignent pas à vivre dans ce monde tel qu’il ne va pas.

Cette loi sur le renseignement ratisse en effet très large avec des formulations très floues puisqu’il s’agit de « prévenir des violences collectives de nature à porter gravement atteinte à la paix publique ». On passe insensiblement de la présomption d’innocence à la présomption de dangerosité. Mais la palme de l’extension infinie de la surveillance revient sans doute au ministre de l’Intérieur qui estime pour sa part, face aux députés et sans que cela semble l’émouvoir plus que de raison, que la vie privée n’est pas une liberté . Heureusement, il semble que quelques anticorps à cette politique de la peur existent encore dans la société française: nous ne parlons pas seulement du Syndicat de la magistrature mais d’organismes et de personnes qu’on ne peut pas soupçonner d’être dangereusement subversifs, qu’il s’agisse de la CNIL ou même du très centriste Hervé Morin.

Mais que pèseront-ils face au renoncement général face à ce qui est (ou faut-il déjà dire « était ») notre société et ses droits fondamentaux? Pas grand chose. La Boétie avait décidément raison: « Il n’est pas croyable comme le peuple, dès lors qu’il est assujetti, tombe si soudain en un si prochain oubli de la liberté qu’il n’est pas possible qu’il se réveille pour la ravoir… »

Religion au bureau : l’enquête qui lève un tabou

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islam travail charlie

islam travail charlie

En un an, le poids de la question religieuse sur le lieu de travail en France a presque doublé. Selon une étude réalisée par l’Institut Randstat, un organisme de recherche appartenant au groupe néerlandais d’intérim Randstat, et l’Observatoire du fait religieux en entreprise (centre associé à Sciences Po Rennes),  en 2015, 23 % – contre seulement 12% en 2014 – du millier de  salariés interrogés déclarent avoir été régulièrement confrontés à des questions liées à l’appartenance et à la pratique religieuse sur leur lieu travail.

Quant aux cas conflictuels (rapportés par 6 % des personnes interrogées), ils ont triplé depuis 2013 et doublé en un an. Et au moins 50% des cadres en situation de manager déclarent devoir faire face de manière plus ou moins fréquente à des situations liées à la religion.

Pour tenter d’identifier les principaux responsables de l’explosion de la tension religieuse, il faut lire le commentaire de Lionel Honoré, président de l’Observatoire du fait religieux en entreprise. Selon lui, les raisons de cette « crispation » sont à chercher dans les suites des attentats de janvier. Selon ce professeur de gestion à l’Université de la Polynésie Française, qui a également enseigné à Sciences Po Rennes entre 2007-2014, interrogé par Le Parisien, les attentats terroristes islamistes du 7, 8 et 9 janvier ont suscité une « implication défensive » des pratiquants qui, se sentant stigmatisés, ont souhaité affirmer avec plus de force leur religion. Concrètement, il s’agit des demandes d’absence pour célébrer une fête comme l’Aïd, des pauses supplémentaires pour la prière ou du port d’un article vestimentaire revendiquant de façon ostentatoire une appartenance communautaire ou religieuse – on pense bien sûr au voile islamique.

Le même type d’explication avait été avancé pour expliquer l’aggravation du repli islamiste de certaines banlieues, qu’une note des services de renseignement constatait le mois dernier. Malgré tous les discours d’apaisement appelant à la concorde civile dès le 7 janvier, malgré le refus de l’ensemble de la classe politique – Front national compris- de montrer du doigt un groupe de population, malgré la condamnation répétée de « l’islamophobie » par  les plus hautes instances de l’Etat, le spectre de la « stigmatisation » rôde.

Plutôt que de scruter des tendances lourdes qui travaillent le corps social en profondeur, bouleversent la physionomie de certains territoires, provoquent des regroupements de population suivant les logiques de concentration et d’évitement culturels décrits par Christophe Guilluy, l’Observatoire du fait religieux met l’accent sur des événements conjoncturels tels que les attentats de janvier. On peut résumer ainsi l’axiome qui sous-tend cette interprétation des faits : les signes d’islamisation sont une réaction à l’islamophobie qui gangrène la France. En clair, Charlie a encore frappé.

*Photo : Pixabay.

Alain Finkielkraut sur Internet et la censure

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Alain Finkielkraut Netanyahou Obama Israël Etats-Unis fessée

« Sur Internet, devrait régner la loi courante » : ainsi réagit Alain Finkielkraut au projet de loi que présente le gouvernement pour lutter contre le racisme et l’incitation à la haine. Le philosophe trace les grandes lignes d’une liberté d’expression pensée à nouveaux frais, contre les velléités de censure des associations antiracistes et l »‘impunité » totale qui règne aujourd’hui sur la Toile. Enfin, une question subsidiaire le taraude : pourquoi SOS Racisme et le MRAP ne reconnaissent pas le « racisme anti-blanc » qui sévit notamment dans le rap ?