Il fallait oser ! Braver la doxa anti-Fuego, se mettre à dos tous les tenants du bon goût automobile et bousculer les idées préconçues. Antoine Grégoire, auteur prolixe et historien avisé, a relevé ce défi dans La Renault Fuego de mon père aux Editions ETAI. Il fallait un homme sans œillères pour s’attaquer à cet objet roulant non identifié, conspué par les esthètes et moqué par les humoristes. Un homme solide et cultivé, prêt à affronter les foudres du politiquement correct.
Antoine Grégoire, comme tous les authentiques passionnés, aime toutes les voitures sans distinction de marques et de puissance. Sa connaissance livresque ne se limite pas aux belles italiennes cabrées ou aux royales anglaises. Il a déjà écrit de nombreux ouvrages sur les Triumph, les Mercedes ou les utilitaires Citroën et Saviem. Il varie les plaisirs au gré de ses humeurs vagabondes. Il alterne les sujets : « Estafette » et « 300 SL papillon », « Type H » et « Jaguar MKII » chahutant ainsi toutes les hiérarchies et les convenances. L’ostracisme est une vilaine maladie qui range trop souvent les collectionneurs par ordre social. C’est mal connaître la psychologie de l’amateur éclairé qui ne se laisse dicter aucun choix et fuit les évidences. On peut apprécier l’irrésistible ligne d’une Maserati Ghibli et, pour autant, être ému, par le charme populaire d’une 4CV. L’automobiliste amoureux est plein de paradoxes, il s’imagine à la fois, en Maurice Ronet dans « La Piscine » et en Bourvil au volant d’une 2CV. Corniaud ou vieux beau, même combat ! La lutte des classes a encore du chemin à parcourir dans ce bas monde automobile.
La Fuego semblait pourtant une cause perdue. Un sujet trop brûlant. Un de ces mauvais souvenirs du début des années 80 comme les films de Max Pécas, les tubes de Karen Cheryl ou l’arrivée des « Rouges » au gouvernement. Les chars soviétiques n’ont pas défilé sur les Champs-Elysées, la Fuego oui ! Un modèle inclassable aussi étrange que Jean Carmet en smoking et Roger Moore en bleu de travail. « Elle est d’ailleurs » comme le chantait Pierre Bachelet. De quelle planète exactement ? Lorsqu’on sait que son lancement en 1980 a précédé la sortie d’E.T sur les écrans. Le signe annonciateur d’un changement de civilisation. Antoine Grégoire rappelle la genèse de ce grand coupé 4 places, héritier des Caravelle et R15/R17 qui lorgnait du côté de la Porsche 924 tout en empruntant sa structure à la R18. Cette incomprise des parkings ne manquait pourtant pas d’atouts pour réussir son pari industriel : un hayon bulle audacieux, un bel agrément de conduite, des motorisations Turbo et Turbo diesel ainsi qu’une allure sportive. Son objectif commercial : équiper les classes moyennes d’une voiture différente et s’émanciper de l’hégémonique berline tricorps. Bien sûr, elle manquait de punch pour rivaliser avec les productions d’outre-Rhin et le losange n’avait pas l’éclat de l’étoile.
Mais qui a tué la Fuego ? La faute aux mauvais coucheurs, aux râleurs qui oublient que Renault avec le compagnonnage notamment de Matra, a souvent fait figure de visionnaire. Les précurseurs Rancho, Bagheera et autres Espace prouvent qu’en France, on n’a pas de pétrole mais des idées. Si la Fuego n’a pas rencontré un immense succès chez nous, elle a découvert son eldorado en Amérique du Sud. Audiard avait raison d’écrire que « L’homme de la Pampa, parfois rude, reste toujours courtois » surtout avec cette voiture « française ». Construite entre 1982 et 1992 en Argentine, la Fuego connut plusieurs évolutions et s’illustra en compétition. Délaissée dans l’hexagone, elle assura une « Reconquista » flamboyante sous l’Equateur. Trente ans après, en pleine mode vintage, la Fuego fait un retour en force chez les hipsters et autres gauchos à barbiche des villes. Elle n’a pas dit son dernier mot. Alors, Don’t Cry for Me Argentina !
La Renault Fuego de mon père de Antoine Grégoire – Editions ETAI.
Dénoncer, il y a longtemps que le journaliste de gauche y a pris goût, on le sait au moins depuis Debord, et dans cet embranchement hélas encore proliférant, la sous-espèce qui officie aux Inrocks décroche régulièrement la palme. C’est bien simple : sinon stigmatiser l’extrême droite qui pour lui commence à peu près à Manuel Valls, l’hebdo ringard des socialistes années 90 ne sait qu’une autre chose, recenser les perversions sexuelles qu’il croit à la mode. C’est là que le bât le blesse, quand ses deux amours s’emboutissent.
Par exemple, lorsque le journal municipal de Béziers (important organe qui fait assez notoirement l’opinion en France pour mériter un épluchage en règle, surtout au cœur de l’été) titre « Fessée judiciaire : visiblement, la LDH y prend goût ! », et agrémente sa page d’un photogramme datant du muet où l’on voit un homme administrer une chaste correction à une femme (tout habillée), les Inrocks rotent de rage. C’est Olympe de Gouges qu’on assassine. Le machisme en habit de maire. Ménard = Babar. Et tout ça. Pourtant le magazine déclinant de Mathieu Pigasse (-12% de diffusion payante d’une année sur l’autre) aurait dû jouir et se réjouir que cet art de la fessée qu’il chérit tant ait enfin franchi les barrières du périphérique et soit offert aux regards encore un peu terreux des Biterrois (c’est comme ça qu’on dit dans les journaux). Il n’y a pas un an, en effet, ils s’émouvaient que le Premier ministre anglais veuille interdire « certaines pratiques sexuelles » dans la pornographie de son pays, au premier rang desquelles la fessée. Et dans leur critique du navet 50 nuances de machin, ils se plaignaient encore d’« une toile de fond psy qui tend à faire du sado-masochisme une pathologie, et surtout pas un acte de transcendance ou de liberté ». Enfin, il n’hésite pas pour gonfler ses ventes à mettre en Une, cette semaine même, une jeune femme nue, certainement à peine majeure, sous le doux titre concis « Sexe 2015 ».
Malheureusement, ce n’est pas ainsi que ça se passe. Si vous dites du mal de la fessée entre adultes, les Inrocks dénonceront ; si par contre vous en dites du bien, les Inrocks dénonceront. Comme les grands moralistes antisexistes de Canal Plus font présenter depuis vingt ans la météo par des jeunes femmes réduites à l’état de pétasses. Je ne sais pas pourquoi, mais eux ils ont le droit.
Enfin, je suppose que les Inrocks eussent, grands princes, passé outre la beauferie du journal de la Ménardie si l’on avait vu la scène inverse, une femme représentant Robert Ménard fessant un homme, allégorie de la LDH. C’eût été une puissante manifestation de la libération des femmes. C’est-à-dire que, comme souvent, cela n’aurait eu aucun sens et n’aurait amusé personne.
C’est une bonne nouvelle pour les amateurs de romans noir et de thrillers: Jo Nesbö sait faire court. Du sang sur la glace se lit en une soirée et a plutôt la taille d’une novela que celle de ces pavés monumentaux auxquels nous a habitués la star planétaire du polar norvégien. On sait que d’habitude, avec dix aventures au compteur qui sont autant de best-sellers traduits en quarante langues, l’inspecteur Harry Hole nous a souvent entrainés loin d’Oslo pour nous plonger dans les bas-fonds de Bangkok ou chez des Sud-Africains sadiques.
Bien sûr, tout partait toujours de Norvège mais Nesbö avait fini par faire du « world polar » comme il y a une « world music ». Il l’a fait certes bien mieux que d’autres mais au fur et à mesure que ces romans gonflaient en volume, ils perdaient en originalité. On pouvait saluer la virtuosité du maître mais les deux derniers, Fantôme et Police, avaient quelque chose d’inflationniste dans les péripéties et on y perdait en route ce qui faisait la force des premières enquêtes de Harry Hole comme dans l’indépassable Bonhomme de neige. C’est aussi le problème d’avoir un personnage récurrent. On peut admettre que dans la vie d’une personne, même un flic, il puisse arriver une demi-douzaine d’événements personnels ou d’affaires particulièrement tragiques. Au-delà, le personnage auquel on croyait quitte son statut purement humain pour devenir un archétype, façon Tintin. Et ce qui est bon pour la bande dessinée le devient beaucoup moins quand on a voulu construire un personnage réaliste avec lequel on partage ses amours ratées, ses deuils, ses addictions, ses doutes. A la fin, on n’y croit plus, ou beaucoup moins.
Est-ce en se rendant compte de cette dilution qui aseptise que Nesbö a décidé de faire une pause avec Du sang sur la glace qui ne met plus en scène Harry Hole mais un tueur à gage au service d’un parrain du milieu dans l’Oslo de la fin des années 70, dans les jours qui précèdent Noël ? On apprend d’ailleurs au passage comment à cette époque l’héroïne a envahi Oslo à partir de la très septentrionale île minière du Svalbard, partagée entre URSS et Norvège, là où pouvait passer dans des températures polaires la came venue d’Afghanistan. Toujours est-il que dans Du sang sur la glace, Nesbö se recentre sur les codes du roman noir, tueurs, truands, affrontement entre mafias locales, femmes fatales, pour les réinventer sans les dénaturer, un peu comme un tragédien du dix-septième siècle qui accepte la règle des trois unités pour mieux jouir de la contrainte qui lui permettra de renouveler son inspiration.
C’est le tueur qui a la parole. Il est très attachant, en fait. Au début, on le voit exécuter un homme de main du Pêcheur, le grand rival de son patron. Il le fait sans sadisme excessif et prend bien soin de préciser à sa victime qu’il ne faut « rien voir de personnel » là-dedans. Notre tueur est, en outre, dyslexique. Il n’empêche qu’il ne cesse de vouloir écrire son histoire ou plus exactement une lettre à une fille sourde et muette dont il a dû « expédier » le petit copain. La fille sourde et muette ne le sait pas, évidemment, et le tueur qui est un peu amoureux d’elle, la protège de loin et s’arrange pour prendre le même train de banlieue qu’elle et lui murmurer tout son amour en s’asseyant derrière elle.
Murmurer son amour à quelqu’un qui n’entend pas, voilà une bien belle définition de l’écriture. Outre l’intrigue très bien menée- le tueur doit tuer la femme infidèle de son patron- et quelques scènes de bravoure comme la fusillade dans la crypte d’une église où il s’est introduit dans un cercueil, on comprendra que Nesbö a aussi fait de ce conte de Noël noir une réflexion sur son travail d’écrivain, sur la nécessité de raconter des histoires pour comprendre la vie ou, comme le dit le tueur lui-même, de trouver « la narration adéquate »: à la fois celle qui lui permettra de saisir les mobiles cachés de son patron mais aussi et surtout de trouver un sens à ce qui se présente devant nous comme un désordre tour à tour mélancolique et violent, désordre qu’on appelle la vie, faute de mieux
Et cela est bien plus difficile que d’échapper aux balles qui sifflent un peu partout dans Du sang sur la glace.
*Photo: Pixabay.
Du sang sur la glace, Jo Nesbö (Gallimard, Série noire).
Tout en restant faible, le vote juif en faveur du parti de Marine Le Pen progresse. Et ce n’est pas les récentes déclarations de Roger Cukierman mardi 4 août au micro de RTL qui pourront changer la donne. Le Président du CRIF a dit regretter que des Juifs puissent être séduits par le mouvement frontiste : « Je pense qu’ils ont un peu la mémoire courte. » Selon une étude de l’Ifop publiée en septembre dernier, Marine Le Pen récoltait 13,5% du vote juif quand son père ne recueillait en 2007 que 4,4%. Un juif français d’origine polonaise a accepté de se confier anonymement sur les raisons de son choix.
Denis est juif et il vote FN. Veste de cuir un peu élimée, un bon gros pull over sur un pantalon de toile, Denis, la soixantaine, est cadre et père de deux enfants. Il est aussi le fils de parents communistes qui ont pris leurs distances lorsqu’ils ont découvert les exactions soviétiques commises par Staline.
Denis s’excuse, il est un peu souffrant. Mais l’occasion qui lui est donnée de pouvoir dire ce qu’il a sur le cœur l’emporte. D’ailleurs, c’est lui qui lance la conversation : « Vous êtes quoi, je veux dire, vous votez quoi ? » Volonté d’être rassuré sur son interlocuteur ou simple curiosité ? Toujours est-il qu’une fois passées les présentations ce juif d’origine polonaise est un bavard, il est même intarissable dès qu’il est question de politique française.
La première fois qu’il a voté Front national, c’était aux dernières élections présidentielles. Il précise : « C’était la première fois que je votais. » Denis explique s’être intéressé à la politique française « il y a quinze ou vingt ans, avec l’islamisation ». Il justifie son vote tardif par un manque de motivation, l’absence de carte électorale, « au niveau administratif je suis un peu naze vous savez ! Et puis là, j’avais envie de voter, c’est tout. »
Voter FN reste encore tabou pour beaucoup, surtout au sein de la communauté juive.
Ce qui l’a poussé à voter pour le Front en 2012 ? D’abord la question de l’immigration et les constats dressés par le FN qui rejoignaient ses propres analyses, et ensuite « la position du parti sur l’Europe actuelle, la défense de la souveraineté nationale ». Jeune, Denis a manifesté contre Jean-Marie Le Pen. « Je suis descendu dans la rue lors de l’affaire de la profanation du cimetière juif de Carpentras en 1990, jusqu’à ce qu’on apprenne que le FN n’était pas responsable. Même aujourd’hui on se sert de cette affaire pour dénigrer Le Pen. » Et d’ajouter : « Ce qui m’a aussi radicalisé, c’est le dévoiement dans les médias de la pensée de Marine Le Pen, par exemple, en un discours qui n’est pas celui qu’elle tient, le spectacle de l’acharnement médiatique scandaleux contre le Front national auquel j’ai assisté. »
Denis se méfie des médias. Ces derniers sont coupables du délit de mauvaise foi à l’égard du parti frontiste et portent aussi à l’entendre la responsabilité du cas Dieudonné : « Dieudonné est le fruit de l’AFP. Il utilise les arguments fournis par l’AFP concernant Israël. » En effet, ce sioniste regrette la couverture médiatique française anti-Israël, l’affaire Al-Dura étant d’après lui l’illustration parfaite de cette obsession. Plus largement, « l’antisémitisme arabo-musulman » présent en France est en partie implanté par la presse française qu’il estime antisémite. Le Front National n’est pas exempt de tout reproche sur le sujet : « Je m’interroge sur le traitement du conflit israélo-palestinien fait par le FN, traitement que je trouve pour le moins stupide et au pire malveillant ». La comparaison de Gaza avec un camp de concentration effectuée par Jean-Marie Le Pen n’a pas plu à beaucoup de Juifs.
Si les attentats de janvier l’ont choqué, Denis explique ne pas avoir été vraiment surpris dans le fond : « Je m’attends au pire en ce moment, et en permanence. Pour tout vous dire, je suis même surpris qu’il n’y ait pas davantage d’attentats antisémites tel que celui de l’Hyper Cacher en France.» Tout comme le Front national, Denis voit un lien très fort entre insécurité et immigration. Il considère qu’il est quasiment impossible d’intégrer des populations aux mœurs et habitudes si différentes de la culture française, « en particulier du fait du nombre d’individus étrangers ou d’origine étrangère. » Ce juif ne cache pas avoir été marqué il y a une dizaine d’années par l’affaire du professeur d’histoire au collège, Louis Chagnon, poursuivi par des parents d’élèves pour avoir qualifié « d’assassin et de voleur » le prophète Mahomet. « En fait la question de l’Islam en France est arrivée petit à petit » précise-t-il. Zemmour est une des rares figures médiatiques qu’il apprécie, dont il rejoint notamment le constat sur la surreprésentation des noirs et des arabes en matière de délinquance. Le concept de préférence nationale ne le scandalise pas, bien au contraire. Denis considère que les Français doivent être, « naturellement », prioritaires devant les étrangers concernant l’accès au logement ou à l’emploi.
Autour du cou, l’étoile de David ayant appartenu à sa mère. Quand on la lui fait remarquer, il s’empresse de la cacher : « Je ne voulais pas qu’on la voie. » Denis n’est pas pratiquant mais comme le parti qu’il soutient, il est très attaché à la laïcité. D’ailleurs, les propositions du FN concernant l’interdiction de l’abattage religieux ou du port de la kippa dans l’espace public ne le dérangent pas.
Denis tient à être clair ou en tout cas fait tout pour le laisser croire : « Je ne dirai pas que j’ai les idées de Le Pen, c’est Le Pen qui exprime parfois mes idées. Après, que ce soit lui ou un autre, je m’en fous. Évidemment je ne suis pas d’accord avec tout. De toute façon, on n’a pas toujours toutes les idées de quelqu’un. » Revenant sur le fameux « point de détail » cher à l’ancien président du parti, ce juif n’est pas sûr de l’antisémitisme de son auteur : « A mon avis, Jean-Marie Le Pen est un provocateur souhaitant s’exprimer comme il l’entend. » Denis n’est pas totalement convaincu par le « nettoyage » de Marine Le Pen au sein du parti, les relents antisémites d’une extrême droite traditionaliste seraient toujours présents. Sans en attendre grand chose. « Le FN pense qu’il va pouvoir agir s’il est élu en 2017, personnellement je n’y crois pas trop. Plein de paramètres entre en jeu… Des forces étrangères extérieures peuvent s’y opposer, et puis je ne suis pas certain qu’elle ait les cadres suffisants pour diriger le pays. »
Ce fidèle auditeur de Radio Courtoisie ne manque pas de faire remarquer que Marine Le Pen a été l’une des premières de la classe politique à dénoncer la venue de Youssef al-Qaradawi au congrès de l’UOIF 2012. Ce prêcheur sunnite comptant d’innombrables fans des deux côtés de la Méditerranée et qui fait passer Hitler pour ‘exécuteur du « châtiment divin » infligé aux Juifs. Ses convictions, Denis les paye du prix du silence. Celui qu’il s’impose en compagnie de certains de ses coreligionnaires, même les plus proches. Son frère, confie t-il, le « traite de facho » lorsqu’ils parlent d’islam ou d’immigration et ses enfants ne sont pas plus séduits par le Front. Mais cet ashkénaze est plus bavard qu’un séfarade et il n’abandonne pas pour autant l’idée de rompre des lances avec eux.
Depuis peu, Denis est délégué CFDT, une fonction qu’il est fier d’assurer. Il préfère être discret sur ses opinions politiques, craignant que la CFDT ne le mette au ban de la sphère syndicale si elle avait connaissance de son vote.
Aux élections départementales, il a voté FN même s’il reconnaît ne pas s’être penché sur le programme. En attendant la prochaine présidentielle, il garde le cap : « Sûrement Marine. »
Le parking de l’aéroport de Francfort est pavé de bonnes intentions. Des places réservées aux femmes y ont été aménagées pour assurer à celles-ci une plus grande sécurité. Mais le zèle des dirigeants de l’aéroport a été jugé peu conforme aux standards d’une politique dépassant les « stéréotypes de genre ». Et les critiques ont tôt fait de fuser à l’encontre de ses dirigeants.
En Allemagne, la loi exige que des places de parking soient exclusivement assignées aux femmes. Cette obligation a été mise en place par le ministère de l’Egalité des sexes en 1998. À l’origine, il s’agissait de protéger les femmes seules et d’éviter agressions et harcèlement. Ces places doivent donc être bien éclairées et filmées par des caméras de surveillance. La loi définit un ratio d’emplacements dédiées aux femmes et les Lander ont la charge de déterminer la juste proportion de ces places sécurisées. À Francfort, le Land de la Hesse a fixé ce ratio à 5% des places de parking.
Les communicants de l’aéroport de Francfort pensaient donc faire d’une pierre deux coups en créant de jolis emplacements pour les clientes. Et une campagne de promotion a été lancée : « Vous voulez vous garer dans un parking plus spacieux, plus mignon et plus près du terminal ? Oui, alors, nous vous avons réservé une place dans l’un de nos parkings pour dames ! ». Ces places de parking sont en effet très « mignonnes », un panneau affichant une fleur sur fond bleu indique l’emplacement tandis qu’un marquage au sol rose bonbon attire l’œil. Rien que cela, c’est déjà suspect, et nos camarades internautes luttant sans relâche contre les amalgames entre les femmes et le rose, s’en offusquent.
Mais ce qui ne passe vraiment pas, c’est la largeur de ces places de parking. D’aucuns y voient un ignoble sous-entendu sexiste. Une journaliste irlandaise, directrice du magazine automobile Women Wheels le dit bien sur Twitter : « Cela renforce les stéréotypes selon lesquels une femme ne sait pas conduire ou se garer ». « Parce que oui, comme chacun sait grâce aux poncifs sexistes perpétués générations après générations, les femmes et les créneaux ce n’est pas vraiment ça… » abonde dans le même sens une journaliste de Terra Femina.
C’est donc raté pour l’aéroport de Francfort, ses dirigeants, qui pensaient bien faire, n’ont pas encore réussi à se débarrasser des horreurs machistes et phallocrates qui errent dans leurs cerveaux. Pourtant, nous dit le porte-parole de l’aéroport : « les clients, hommes et femmes, attendaient un tel service ».
Il y a un an, alors qu’une polémique similaire battait son plein en Chine, la cliente d’un centre commercial avait naïvement déclaré à l’AFP : « ce n’est pas sexiste, c’est juste plus pratique. Les femmes ne conduisent pas mal, elles ont juste plus de mal à estimer les distances quand elles se garent ». Mais il n’est plus tolérable que l’on colporte de tels stéréotypes. Et les femmes doivent apprendre à savoir qu’elles conduisent aussi bien que les hommes. Quoi qu’elles en pensent.
En 1993, j’étais peinard. Je cultivais mon jardin, c’est-à-dire que je m’occupais de mes gosses, de mes articles, et aussi des représentantes du sexe féminin dont certaines me voulaient du bien. En 1993, je regardais encore la télé, surtout à cause des enfants. Certes, je n’aimais pas les pubs. Mais, pour l’une d’elles, j’aurais donné tout l’or du monde. On y voyait un homme, genre jeune cadre élégant et moderne au volant d’une superbe automobile, une Audi je crois. Il roulait très lentement. Une fille regardait la voiture. Puis l’homme. Puis encore la voiture. Puis encore l’homme. Et, en fond sonore, il y avait une voix enveloppée dans un velours comminatoire : « Il a le pouvoir, il a l’argent, il a la voiture, il aura la femme ! » Fascinée, obéissante et soumise, la fille répétait en écho : « Il aura la femme ! » Et, conquise, elle montait dans la voiture.
La fille était bouleversante. Un mélange d’Anouk Aimée et de Fanny Ardant telles que les ont gardées Lola et La Femme d’à côté, jeunes et belles pour l’éternité. La pub fit aboyer les Chiennes de garde. Elle fut retirée. Jamais, moi qui ne demandais rien à personne, je n’avais été agressé avec une telle violence. Elles avaient tué la beauté d’Anouk Aimée et de Fanny Ardant, victimes expiatoires de la haine de féministes laides et repoussantes : laides et repoussantes dans leur tête, car pour le corps je ne sais pas, et je n’ai pas la moindre envie d’aller voir.[access capability= »lire_inedits »]
Oui, pour moi, le péché originel du féminisme date de 1993, annus horribilis. Depuis, c’est la guerre. Et ce n’est pas moi qui ai commencé. J’aime les filles, pas trop les femmes (ce mot est anxiogène) et pas du tout les féministes. J’aime Anouk Aimée et Fanny Ardant. Encore plus depuis qu’on les a assassinées. J’aime Vinca, 15 ans, jeune-fille en herbe, et aussi la Dame blanche, plus âgée et plus experte, qui aida Phil à faire ses premiers pas d’homme dans la vie. J’aime Yvonne de Galais, fragile comme un rêve, qui se donna au Grand Meaulnes avant de mourir. J’aime, je le répète, les filles et pas trop les femmes. Ce n’est pas une question d’âge. Il y en a qui à 18 ans portent toute la lourdeur accablante des femmes et d’autres qui, à 60 ans, ont la grâce juvénile des jeunes-filles.
Vous, les féministes, je ne vous aime pas du tout. D’Éros et Thanatos, vous n’avez gardé que Thanatos. Vous êtes de gauche. Il y a une gauche bien élevée et cultivée parfaitement fréquentable, mais minoritaire et timide. On ne l’entend jamais. C’est la gauche vulgaire, arrogante, obtuse et douillettement emmitouflée dans sa bêtise triomphante qui occupe le devant de la scène. C’est ainsi que vous êtes.
Vous êtes de gauche, et, bien naturellement, vous vous intéressez aux deux révolutions qui ont changé la face du monde. De 1789 et de 1917, vous avez pris ce qui vous a paru le meilleur. Le rasoir national, la guillotine des enragés hébertistes. La balle dans la nuque des tchékistes, vos amants virtuels. Vous détestez le catholicisme, et vous lui avez pris ce qu’il avait de pire : l’Inquisition et ses bûchers. Les Torquemada et les Savonarole en jupon sont chez vous légion.
À la guerre comme à la guerre. Par tous les moyens qui excluent tout respect de la Convention de Genève. Par tous les moyens, car vous le valez bien. Pourquoi vous ménagerait-on ? Vous avez ajouté à votre sinistre aigreur une hypocrisie sans nom qui vous disqualifie à jamais et qui autorise contre vous tous les procédés, même immoraux.
Vous a-t-on entendues quand Pierre Bergé a déclaré que « les femmes pouvaient bien louer leur ventre, puisqu’elles louaient déjà leurs bras » ? Rien. Pas un cri. Même pas un petit murmure de désapprobation. Parce que Pierre Bergé est millionnaire, de gauche et homosexuel. L’homme moderne, « in », « hype », comme vous l’aimez.
Quand on a inauguré dans les jardins du château de Versailles une structure (ça évite de dire sculpture) baptisée par son auteur « Le Vagin de la reine », vous vous êtes tues. Et pourtant le machin en question avait de quoi vous faire vomir. Un énorme entonnoir. Un gigantesque sonotone à l’ancienne. Un monstrueux schofar à rendre sourd Yahvé (si vous ne savez pas ce que c’est, demandez à un ami juif). Et vous n’avez rien dit. Pourquoi ? Parce que ladite structure a reçu la bénédiction de Fleur Pellerin et de tous les « artistes subversifs » qui sont de la même tribu politique que le bien-aimé Pierre Bergé.
Vous comprendrez donc que vous ne pouvez en aucun cas bénéficier de la protection des lois de la guerre. Contre vous tout est permis. Y compris les armes de destruction massive, y compris la plus redoutable, imparable effaceuse de conneries : « Français, encore un effort si vous voulez être républicains » est un chapitre d’un texte aussi fondamental à mes yeux que les deux Testaments ou le Manifeste du Parti communiste, La Philosophie dans le boudoir. Son auteur, le marquis de Sade, est un grand visionnaire méconnu (comme visionnaire, mais très connu par ailleurs).
Féministes, encore un effort si vous voulez être républicaines ! Écoutez le divin Marquis et baissez enfin la tête sous ce feu de napalm : « S’il devient donc incontestable que nous avons reçu de la nature le droit d’exprimer nos vœux indifféremment à toutes les femmes, il le devient de même que nous avons celui de l’obliger de se soumettre à nos vœux, non pas exclusivement, je me contrarierais, mais momentanément. Il est incontestable que nous avons le droit d’établir des lois qui la contraignent de céder aux feux de celui qui la désire ; la violence même étant un des effets de ce droit, nous pouvons l’employer légalement. Eh ! la nature n’a-t-elle pas prouvé que nous avions ce droit, en nous donnant la force nécessaire à les soumettre à nos désirs ? »
Le napalm ne vous suffit pas ? Voilà le vitriol ! «Tous les hommes ont donc un droit de jouissance égal sur toutes les femmes ; il n’est donc aucun homme qui, d’après les lois de la nature, puisse s’ériger sur une femme un droit unique et personnel. La loi qui les obligera de se prostituer, tant que nous le voudrons, aux maisons de débauche dont il vient d’être question, et qui les y contraindra si elles s’y refusent, qui les punira si elles y manquent, est donc une loi des plus équitables, et contre laquelle aucun motif légitime ou juste ne saurait réclamer. »
Et pour conclure, un peu d’huile bouillante comme au bon vieux temps du Moyen Âge : « Un homme qui voudra jouir d’une femme ou d’une fille quelconque pourra donc, si les lois que vous promulguez sont justes, la faire sommer de se trouver dans l’une des maisons dont j’ai parlé ; et là, sous la sauvegarde des matrones de ce temple de Vénus, elle lui sera livrée pour satisfaire, avec autant d’humilité que de soumission, tous les caprices qu’il lui plaira de se passer avec elle, de quelque bizarrerie ou de quelque irrégularité qu’ils puissent être, parce qu’il n’en est aucun qui ne soit dans la nature, aucun qui ne soit avoué par elle. »
Vous voyez ? Enfoncé !, ce pauvre timoré de Zemmour avec sa misogynie tiède comme un cataplasme. Sade, lui, avait une vision du monde. D’un monde meilleur, fait pour le bonheur de tous, et aussi, selon lui, de toutes. Un prophète mais, hélas ! pas un messie. Cette société de rêve qu’il appelait de ses vœux n’a pas vu le jour. Et le divin Marquis a fini enfermé à Charenton par Robespierre – un incorruptible, un pur, un puritain asexué. Vous êtes comme lui en pire. Lui coupait des têtes. Vous, vous voulez couper tout ce qui dépasse ! Et là, en tant qu’homme, je me sens concerné. Je ne veux pas être mutilé. Vous êtes des casse-couilles, vu l’ennui soporifique qui se dégage de vos litanies. Mais vous êtes aussi, pour les plus conséquentes et logiques d’entre vous, des coupe-couilles ! Et le marquis de Sade n’est pas de trop pour vous faire enfin plier.
Comme tout condamné à mort vous avez droit à un dernier mot. Sade, dites-vous, est vulgairement outrancier ? Certes. Mais, à tout prendre, je préfère ses outrances aux vôtres. Lui, au moins, il les fait avec la langue – une langue superbe et ambiguë dont vous ignorez décidément les délices.[/access]
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« Vous travaillez pour Closer ? », « Non, Causeur ». La scène s’est répétée mille fois et ne laisse pas d’amuser l’à-quoi-boniste qui écrit ces lignes. Bon, avouons-le, dans ces cas-là, j’ai tendance à rectifier le tir en précisant derechef à mon interlocuteur que nous ne partageons ni la ligne éditoriale, ni le tirage, ni – hélas – les émoluments de nos confrères.
J’ignore si Edwy Plenel, en pleine promotion de son livre sur le Rainbow warrior, a sursauté lorsque Closer lui a demandé un entretien. Avec son art du faux contre-pied, le PDG de Mediapart vomit votre magazine préféré mais adresse un satisfecit en règle à son quasi-homonyme boulevardier. L’interview publiée il y a maintenant un mois (désolé pour le retard, il me reste une pile de Voici à feuilleter) a de quoi laisser pantois. Laurence Pieau et Maëlle Brun y passent le célèbre moustachu à la question, avec une impertinence qui a dû la lui défriser : « La vraie mission de la presse est de révéler ce que les pouvoirs voudraient garder caché. Hors Mediapart, qui le fait aujourd’hui ? ». Plus brave et irrévérencieux que la bande à Plenel-Arfi, tu meurs ! La preuve, « un de vos journalistes (…) est le seul à ne pas se lever lors d’une conférence de presse à l’arrivée du Président » : on n’avait pas admiré pareil courage depuis les provocations antibolchéviques de Boulgakov sous Staline…
Grâce à cette tribune, l’ancien patron du Monde pavoise son domaine aux couleurs de l’indépendance, partant du principe qu’« en France, le journalisme est trop souvent compromis avec les pouvoirs, politiques ou économiques ». Fort bien, mais quid du pouvoir des juges, de la brigade financière et des médias qui s’en font le relais, notamment au cours de ces coups de Jarnac dans lesquels Mediapart n’a, bien entendu, jamais trempé ? On aurait apprécié une question de relance mais ne rêvons pas, pour Plenel, l’occasion était trop belle de pourfendre le monarchisme français, comme si l’Elysée détenait autre chose que l’autorité, laquelle a de moins en moins à voir avec le (vrai) pouvoir.
Mais je suis mauvaise langue. Lorsqu’ils entrent dans le vif du sujet, nos deux Closer osent une pointe d’audace : « Où placez-vous le curseur entre privé et public ? » En v’là une question qu’elle est bonne, et pas seulement parce que Mitterrand et Chirac ont longtemps caché leurs petits et gros bobos de santé. À cette interrogation essentielle, Edwy Plenel répond par une sentence aussi floue que définitive : « Tout ce qui est d’intérêt public doit être public. C’est notre loi fondamentale [Ndr : Qui l’a votée, en dehors du comité de rédaction de Mediapart ?] ». Sa sophistique fait rimer déontologie et tautologie (« la frontière est parfois brouillée, notamment quand on a du pouvoir, et que le pouvoir est utilisé au profit de la sphère privée ») mais souffre heureusement quelques exceptions, comme Mazarine, dont Plenel a tu l’existence du fait de son jeune âge. « Aujourd’hui encore, j’agirais de la même façon », jure-t-il. Ouf, on respire !
Logiquement, s’agissant des histoires de fesses, les mêmes causes devraient entraîner les mêmes effets. Peut-être doit-on imputer à l’extrême courtoisie de Plenel, qui n’aime rien tant qu’abonder dans le sens de son hôte – vilains réacs exceptés – la mansuétude dont il gratifie Closer. Car, reçu au cœur du temple de la paparazzade, le guide suprême de la République transparente creuse une nouvelle brèche dans sa morale : « Je cite souvent l’exemple de ce politique au discours officiel très homophobe [Ndr : Lequel ? des noms ! Les ratonneurs de folles ne courent pas la salle des quatre colonnes] » qui s’est avéré en être. « Que faire ? Jusqu’à récemment, je me disais que je ne le révélerais pas, car c’est sa part de contradiction intime. » Rassurez-vous, le vengeur démasqué a « évolué grâce à l’équipe de Mediapart, dont l’un des membres est cofondateur de l’association des journalistes LGBT : ils ont jugé légitimes vos révélations [Ndr : sur Florian Philippot, car les membres du Front national devraient être moins égaux que les autres.], s’étonnant que l’homosexualité soit automatiquement reléguée à la sphère privée, quand l’hétérosexualité, elle, est toujours publique » En cauchemar, un cheikh saoudien me faisait récemment la même remarque : pourquoi se priver d’une police des braguettes ? Sortons tous les homos de droite du placard. Cela mettrait Mediapart, Act up, Closer et Rivarol d’accord. Un petit miracle signé Plenel!
P.S : Vous vous demandez peut-être ce que je pense de Closer – le comité de salut public baptisé Mediapart, Causeur en disserte depuis belle lurette… Inutile d’épiloguer, notre ami Jean-Louis Murat a déjà tout dit, et fort éloquemment, il y a une dizaine d’années face à Laurence Pieau. Celle-ci semble avoir enfin trouvé son « signifiant » en la personne de Plenel. Loué soit-il.
On a beau avoir traîné ses guêtres dans les classes de biologie, une petite piqûre de rappel ne peut pas faire de mal. Une étude sur la climatisation publiée lundi par deux chercheurs néerlandais nous rappelle une évidence que la société contemporaine a tendance à oublier : l’homme et la femme sont différents et ne supportent pas aussi bien le froid. Les chanceux qui disposent de la climatisation au bureau peuvent en faire quotidiennement le constat. La ventilation est normalement réglée à 21 degrés. Température pensée pour convenir à un homme de quarante ans pesant 70 kilos.
Logiquement, le métabolisme féminin, moins important, réclame trois degrés de plus pour son bien-être. Ce qui explique beaucoup de frissons et la perpétuelle guerre des sexes autour du niveau de l’air conditionné. Eh oui, n’en déplaise aux tenants du gender, notre corps a un sexe, un seul, différent ce celui de son alter ego.
Lorsqu’elle a été créée dans les années 1960, la climatisation faisait fi de l’écart entre les deux sexes. Tous étaient rangés à la même enseigne, l’enseigne masculine. « Invention misogyne ! » hurlent déjà les réseaux sociaux. Mais la réalité est plus complexe. Une observation que l’on peut faire à propos de la médecine en général.
La recherche médicale a longtemps considéré l’homme comme un standard de la physiologie humaine. Pas forcément par sexisme, mais tout simplement parce que le corps masculin n’est pas sujet aux troubles hormonaux que connaît la femme, ce qui facilite son étude. Résultat, la médecine générale n’est pas adaptée au gabarit féminin et peut même se révéler dangereuse pour les patientes (voir à ce sujet le livre de Peggy Sastre, Le sexe des maladies). Certains pays tels que les Etats-Unis ou Israël, développent déjà une médecine sexuée, adaptée aux besoins de chacun. Par égalitarisme, la France reste à la traîne alors que, d’un point de vue sanitaire, il est urgent de prendre en compte les différences entre les hommes et les femmes.
Amies féministes, vous vous évertuez à mettre l’homme et la femme sur un pied d’égalité et en oubliez l’essentiel. À force de vouloir à tout prix faire disparaître les caractéristiques propres à chaque sexe, vous passez à côté de la vraie bataille.
Vous feriez mieux de rappeler notre inégalité physiologique. L’homme est supérieur à la femme physiquement et musculairement ? Tenons-en compte pour les soins médicaux (c’est vital), pour les services quotidiens (histoire de moins frissonner au bureau), et pourquoi pas, pour un zeste de courtoisie (sinon, qui porterait les valises ?).
Nous publions ce communiqué de Valérie Pécresse démentant les propos repris par Causeur dans cet article.
Valérie Pécresse dément catégoriquement les propos qui lui ont été prêtés dans Le Canard Enchaîné du 29 juillet, selon lequel elle aurait distingué ses compatriotes juifs et musulmans des autres au cours d’une réunion publique qui s’est tenue à la salle des fêtes du Blanc-Mesnil en présence de nombreux élus et personnalités le 8 juillet dernier.
Elle y avait réaffirmé, au contraire, que toutes les religions doivent s’inscrire dans les lois de la République. Voici les propos qu’elles a tenus : « c’est évident, ce que l’on a demandé aux catholiques et aux juifs par le passé, on doit pouvoir le demander aux musulmans de France. Mais ce qu’on a donné aux catholiques et aux juifs par le passé, on doit aussi pouvoir le donner aux musulmans de France, dès lors qu’ils s’intègrent dans les principes de la République. Tout ça, c’est des sujets dont il faut que nous parlions. Tout ça, c’est des sujets de discussion. »
L’enregistrement intégral de cette réunion publique a été réalisé par la télévision « La Locale » et a été déposé chez Maître Stéphane Emery, huissier de justice, et sera utilisé pour toutes les procédures judiciaires nécessaires à rétablir son honneur attaqué.
Il y aura du sang sur les murs. Dans un mois, dans un an, au plus tard dans dix-huit mois, dans le monde darwinien de la politique française, quelques-uns des grands fauves qui paradent aujourd’hui dans la jungle auront été éliminés par leurs congénères, à l’issue de combats sans merci. On en voit les prémices en observant à la loupe la cuisine interne des grands et petits partis qui se mettent en ordre de bataille pour les ultimes affrontements de ce quinquennat : élections régionales en décembre 2015, primaires de la droite en novembre 2016, élections présidentielle et législatives de mai 2017.
La défaite de Martine Aubry, incapable de faire élire son féal Gilles Pargneaux à la tête de la puissante fédération du Nord du PS, en dépit de son ralliement à la motion majoritaire du congrès de Poitiers, est la première manifestation spectaculaire de l’agonie du parti d’Épinay. Elle n’est pas la seule : sur tout le territoire, des embuscades au coin d’un bois se soldent par l’élimination d’apparatchiks apparemment indéboulonnables. Défaits à Poitiers, les « frondeurs » de Benoît Hamon, experts en coups de vice bureaucratiques, récupèrent des sections et des fédérations désertées par les militants. Les proches de Manuel Valls ne sont pas les derniers pour verrouiller à leur profit les instances décisionnaires du parti, mettant à mal l’unité de façade laborieusement construite par Jean-Christophe Cambadélis. Dans le petit monde des socialistes français, les passions tristes (haine, mépris, pulsions meurtrières) se déploient sans entraves.[access capability= »lire_inedits »]
Tous ceux qui ambitionnent de jouer les premiers rôles dans les décennies à venir ont intégré dans leur stratégie l’inéluctable : la défaite programmée de François Hollande en 2017, que seul un miracle pourrait conjurer. Le principal intéressé, le président de la République, partage bien entendu cette analyse, et tente frénétiquement d’éviter les poubelles de l’Histoire en cherchant à marquer des points sur la scène internationale, avec l’aide de son ancien rival Laurent Fabius, qui vise également une sortie honorable, sinon glorieuse, de la politique active. Objectif 2022, voire 2027 pour les quinquas et quadras de la gauche, chacun d’entre eux affûtant ses armes pour s’imposer après Waterloo. Martine Aubry passée à la trappe, Claude Bartolone fait banco sur le sauvetage, par la gauche, de la région Île-deFrance pour éliminer Manuel Valls avec l’aide de la maire de Paris Anne Hidalgo.
D’autres, comme Arnaud Montebourg, participeraient bien, de l’extérieur, à une entreprise de « pasokisation »[1. La « pasokisation » est le sort funeste d’un Parti socialiste dominateur à gauche, balayé électoralement, comme le Pasok grec, par une vague d’extrême gauche.] du PS, avec l’aide des amis de Mélenchon, et de quelques écolos plus rouges que verts, si d’aventure quelques mouvements sociaux de l’espèce indignée venaient à éclater dans les prochains mois. Manuel Valls, enfin, dont l’objectif de substituer au vieux parti d’Épinay une formation sociale-libérale s’affirme chaque jour davantage, n’est pas du genre à laisser passer sa chance.
Ceux qui croiraient que je noircis outrageusement le tableau n’auront qu’à méditer l’exemple de la situation de la gauche dans la nouvelle région Rhône-Alpes-Auvergne, à six mois des élections régionales. Le président sortant, Jean-Jack Queyranne (PS), pouvait nourrir quelques (maigres) espoirs de se voir reconduit à la tête d’un fief élargi : son adversaire désigné par Les Républicains, Laurent Wauquiez, est fortement marqué à droite, ce qui est un handicap certain dans une région où la sensibilité centriste et démocrate-chrétienne pèse encore dans les urnes. L’Auvergnat Wauquiez, avec le soutien de Nicolas Sarkozy, a brutalement éjecté son concurrent savoyard Michel Barnier, ci-devant vice-président de la Commission européenne, personnalité consensuelle, rassemblant largement au-delà des gaullistes purs et durs, et favori des milieux économiques rhônalpins.
Mais, pour avoir une petite chance de l’emporter, Queyranne devrait, dès le premier tour, présenter une liste d’union allant des communistes aux « centristes de progrès » (en fait des bayrouistes allergiques à Sarko). Au lieu de quoi il pourrait se retrouver sous les feux croisés de ses « amis » : appartenant, avec Jean-Louis Bianco, au dernier carré des « ségolénistes », Queyranne, 69 ans, est la cible rêvée de la gauche comme de la droite du parti. Les « frondeurs » éliminent ses amis de la liste des régionales dans les départements qu’ils contrôlent, comme la Loire, et Gérard Collomb, satrape vieillissant et ennemi juré de Jean-Jack, impose sa jeune épouse comme n° 2 de la liste du Rhône.
Les Verts rêvent de refaire, à la région, le coup de Grenoble aux municipales, où ils sont parvenus à déboulonner les socialistes. Pour faire bonne mesure, les communistes et leurs alliés mélenchonistes seront également présents au premier tour… La débâcle, qui verrait les socialistes arriver en troisième position, loin derrière la droite et au coude-à-coude avec le FN, se dessine inexorablement.
À droite c’est l’inverse, mais en fait cela revient au même : la perspective d’un Austerlitz électoral contraint à maintenir, pour la galerie, une unité de façade, mais cela n’empêche pas la guerre de tous contre tous. De plus, la présence électorale massive, dans tous les scénarios, de Marine Le Pen, interdit la présence de deux candidats, se réclamant de la droite modérée et du centre, au premier tour de la présidentielle. La bataille décisive se produira donc lors des primaires de cette famille politique en novembre 2016. Trois crocodiles occupent le principal marigot de la droite dite républicaine : Nicolas Sarkozy, Alain Juppé et François Fillon. Chacun d’entre eux sait que s’il ne décroche pas la timbale de la candidature en 2017, cela signifie sa mort politique. François Fillon semblant assez mal en point, l’affaire devrait donc se jouer entre Alain Juppé et Nicolas Sarkozy.
Alain Juppé a fort bien exposé la situation de départ : « Il [Nicolas Sarkozy] a le parti, moi j’ai l’opinion. » Avec sa PME politique, le maire de Bordeaux, qui bénéficie par ailleurs de la bienveillance des grands médias, entend bien démontrer que la vox populi aura raison des « appareils », devenus, selon lui, inefficients à l’heure de l’Internet, des réseaux sociaux et de la victoire culturelle de l’individualisme. De son côté, Nicolas Sarkozy se souvient de l’expérience balladurienne de 1995, dont il fut un protagoniste. La leçon qu’il en a tirée est que le chouchou des sondages et des éditorialistes n’est pas celui qui gagne l’élection. Il construit donc sa machine à tuer ses rivaux, avec ou sans primaire, en suivant une stratégie de jeu de go visant à occuper le terrain en plaçant ses pions aux bons endroits, comme on peut le constater en prenant connaissance des nominations au sein des instances dirigeantes des Républicains. Le territoire est quadrillé, les forces concentrées aux endroits clés, les alliances solidement scellées, notamment avec Bruno Le Maire. Son armée est positionnée, croit en la victoire, et ne fera pas de quartier. Vae victis ![/access]
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Il fallait oser ! Braver la doxa anti-Fuego, se mettre à dos tous les tenants du bon goût automobile et bousculer les idées préconçues. Antoine Grégoire, auteur prolixe et historien avisé, a relevé ce défi dans La Renault Fuego de mon père aux Editions ETAI. Il fallait un homme sans œillères pour s’attaquer à cet objet roulant non identifié, conspué par les esthètes et moqué par les humoristes. Un homme solide et cultivé, prêt à affronter les foudres du politiquement correct.
Antoine Grégoire, comme tous les authentiques passionnés, aime toutes les voitures sans distinction de marques et de puissance. Sa connaissance livresque ne se limite pas aux belles italiennes cabrées ou aux royales anglaises. Il a déjà écrit de nombreux ouvrages sur les Triumph, les Mercedes ou les utilitaires Citroën et Saviem. Il varie les plaisirs au gré de ses humeurs vagabondes. Il alterne les sujets : « Estafette » et « 300 SL papillon », « Type H » et « Jaguar MKII » chahutant ainsi toutes les hiérarchies et les convenances. L’ostracisme est une vilaine maladie qui range trop souvent les collectionneurs par ordre social. C’est mal connaître la psychologie de l’amateur éclairé qui ne se laisse dicter aucun choix et fuit les évidences. On peut apprécier l’irrésistible ligne d’une Maserati Ghibli et, pour autant, être ému, par le charme populaire d’une 4CV. L’automobiliste amoureux est plein de paradoxes, il s’imagine à la fois, en Maurice Ronet dans « La Piscine » et en Bourvil au volant d’une 2CV. Corniaud ou vieux beau, même combat ! La lutte des classes a encore du chemin à parcourir dans ce bas monde automobile.
La Fuego semblait pourtant une cause perdue. Un sujet trop brûlant. Un de ces mauvais souvenirs du début des années 80 comme les films de Max Pécas, les tubes de Karen Cheryl ou l’arrivée des « Rouges » au gouvernement. Les chars soviétiques n’ont pas défilé sur les Champs-Elysées, la Fuego oui ! Un modèle inclassable aussi étrange que Jean Carmet en smoking et Roger Moore en bleu de travail. « Elle est d’ailleurs » comme le chantait Pierre Bachelet. De quelle planète exactement ? Lorsqu’on sait que son lancement en 1980 a précédé la sortie d’E.T sur les écrans. Le signe annonciateur d’un changement de civilisation. Antoine Grégoire rappelle la genèse de ce grand coupé 4 places, héritier des Caravelle et R15/R17 qui lorgnait du côté de la Porsche 924 tout en empruntant sa structure à la R18. Cette incomprise des parkings ne manquait pourtant pas d’atouts pour réussir son pari industriel : un hayon bulle audacieux, un bel agrément de conduite, des motorisations Turbo et Turbo diesel ainsi qu’une allure sportive. Son objectif commercial : équiper les classes moyennes d’une voiture différente et s’émanciper de l’hégémonique berline tricorps. Bien sûr, elle manquait de punch pour rivaliser avec les productions d’outre-Rhin et le losange n’avait pas l’éclat de l’étoile.
Mais qui a tué la Fuego ? La faute aux mauvais coucheurs, aux râleurs qui oublient que Renault avec le compagnonnage notamment de Matra, a souvent fait figure de visionnaire. Les précurseurs Rancho, Bagheera et autres Espace prouvent qu’en France, on n’a pas de pétrole mais des idées. Si la Fuego n’a pas rencontré un immense succès chez nous, elle a découvert son eldorado en Amérique du Sud. Audiard avait raison d’écrire que « L’homme de la Pampa, parfois rude, reste toujours courtois » surtout avec cette voiture « française ». Construite entre 1982 et 1992 en Argentine, la Fuego connut plusieurs évolutions et s’illustra en compétition. Délaissée dans l’hexagone, elle assura une « Reconquista » flamboyante sous l’Equateur. Trente ans après, en pleine mode vintage, la Fuego fait un retour en force chez les hipsters et autres gauchos à barbiche des villes. Elle n’a pas dit son dernier mot. Alors, Don’t Cry for Me Argentina !
La Renault Fuego de mon père de Antoine Grégoire – Editions ETAI.
Dénoncer, il y a longtemps que le journaliste de gauche y a pris goût, on le sait au moins depuis Debord, et dans cet embranchement hélas encore proliférant, la sous-espèce qui officie aux Inrocks décroche régulièrement la palme. C’est bien simple : sinon stigmatiser l’extrême droite qui pour lui commence à peu près à Manuel Valls, l’hebdo ringard des socialistes années 90 ne sait qu’une autre chose, recenser les perversions sexuelles qu’il croit à la mode. C’est là que le bât le blesse, quand ses deux amours s’emboutissent.
Par exemple, lorsque le journal municipal de Béziers (important organe qui fait assez notoirement l’opinion en France pour mériter un épluchage en règle, surtout au cœur de l’été) titre « Fessée judiciaire : visiblement, la LDH y prend goût ! », et agrémente sa page d’un photogramme datant du muet où l’on voit un homme administrer une chaste correction à une femme (tout habillée), les Inrocks rotent de rage. C’est Olympe de Gouges qu’on assassine. Le machisme en habit de maire. Ménard = Babar. Et tout ça. Pourtant le magazine déclinant de Mathieu Pigasse (-12% de diffusion payante d’une année sur l’autre) aurait dû jouir et se réjouir que cet art de la fessée qu’il chérit tant ait enfin franchi les barrières du périphérique et soit offert aux regards encore un peu terreux des Biterrois (c’est comme ça qu’on dit dans les journaux). Il n’y a pas un an, en effet, ils s’émouvaient que le Premier ministre anglais veuille interdire « certaines pratiques sexuelles » dans la pornographie de son pays, au premier rang desquelles la fessée. Et dans leur critique du navet 50 nuances de machin, ils se plaignaient encore d’« une toile de fond psy qui tend à faire du sado-masochisme une pathologie, et surtout pas un acte de transcendance ou de liberté ». Enfin, il n’hésite pas pour gonfler ses ventes à mettre en Une, cette semaine même, une jeune femme nue, certainement à peine majeure, sous le doux titre concis « Sexe 2015 ».
Malheureusement, ce n’est pas ainsi que ça se passe. Si vous dites du mal de la fessée entre adultes, les Inrocks dénonceront ; si par contre vous en dites du bien, les Inrocks dénonceront. Comme les grands moralistes antisexistes de Canal Plus font présenter depuis vingt ans la météo par des jeunes femmes réduites à l’état de pétasses. Je ne sais pas pourquoi, mais eux ils ont le droit.
Enfin, je suppose que les Inrocks eussent, grands princes, passé outre la beauferie du journal de la Ménardie si l’on avait vu la scène inverse, une femme représentant Robert Ménard fessant un homme, allégorie de la LDH. C’eût été une puissante manifestation de la libération des femmes. C’est-à-dire que, comme souvent, cela n’aurait eu aucun sens et n’aurait amusé personne.
C’est une bonne nouvelle pour les amateurs de romans noir et de thrillers: Jo Nesbö sait faire court. Du sang sur la glace se lit en une soirée et a plutôt la taille d’une novela que celle de ces pavés monumentaux auxquels nous a habitués la star planétaire du polar norvégien. On sait que d’habitude, avec dix aventures au compteur qui sont autant de best-sellers traduits en quarante langues, l’inspecteur Harry Hole nous a souvent entrainés loin d’Oslo pour nous plonger dans les bas-fonds de Bangkok ou chez des Sud-Africains sadiques.
Bien sûr, tout partait toujours de Norvège mais Nesbö avait fini par faire du « world polar » comme il y a une « world music ». Il l’a fait certes bien mieux que d’autres mais au fur et à mesure que ces romans gonflaient en volume, ils perdaient en originalité. On pouvait saluer la virtuosité du maître mais les deux derniers, Fantôme et Police, avaient quelque chose d’inflationniste dans les péripéties et on y perdait en route ce qui faisait la force des premières enquêtes de Harry Hole comme dans l’indépassable Bonhomme de neige. C’est aussi le problème d’avoir un personnage récurrent. On peut admettre que dans la vie d’une personne, même un flic, il puisse arriver une demi-douzaine d’événements personnels ou d’affaires particulièrement tragiques. Au-delà, le personnage auquel on croyait quitte son statut purement humain pour devenir un archétype, façon Tintin. Et ce qui est bon pour la bande dessinée le devient beaucoup moins quand on a voulu construire un personnage réaliste avec lequel on partage ses amours ratées, ses deuils, ses addictions, ses doutes. A la fin, on n’y croit plus, ou beaucoup moins.
Est-ce en se rendant compte de cette dilution qui aseptise que Nesbö a décidé de faire une pause avec Du sang sur la glace qui ne met plus en scène Harry Hole mais un tueur à gage au service d’un parrain du milieu dans l’Oslo de la fin des années 70, dans les jours qui précèdent Noël ? On apprend d’ailleurs au passage comment à cette époque l’héroïne a envahi Oslo à partir de la très septentrionale île minière du Svalbard, partagée entre URSS et Norvège, là où pouvait passer dans des températures polaires la came venue d’Afghanistan. Toujours est-il que dans Du sang sur la glace, Nesbö se recentre sur les codes du roman noir, tueurs, truands, affrontement entre mafias locales, femmes fatales, pour les réinventer sans les dénaturer, un peu comme un tragédien du dix-septième siècle qui accepte la règle des trois unités pour mieux jouir de la contrainte qui lui permettra de renouveler son inspiration.
C’est le tueur qui a la parole. Il est très attachant, en fait. Au début, on le voit exécuter un homme de main du Pêcheur, le grand rival de son patron. Il le fait sans sadisme excessif et prend bien soin de préciser à sa victime qu’il ne faut « rien voir de personnel » là-dedans. Notre tueur est, en outre, dyslexique. Il n’empêche qu’il ne cesse de vouloir écrire son histoire ou plus exactement une lettre à une fille sourde et muette dont il a dû « expédier » le petit copain. La fille sourde et muette ne le sait pas, évidemment, et le tueur qui est un peu amoureux d’elle, la protège de loin et s’arrange pour prendre le même train de banlieue qu’elle et lui murmurer tout son amour en s’asseyant derrière elle.
Murmurer son amour à quelqu’un qui n’entend pas, voilà une bien belle définition de l’écriture. Outre l’intrigue très bien menée- le tueur doit tuer la femme infidèle de son patron- et quelques scènes de bravoure comme la fusillade dans la crypte d’une église où il s’est introduit dans un cercueil, on comprendra que Nesbö a aussi fait de ce conte de Noël noir une réflexion sur son travail d’écrivain, sur la nécessité de raconter des histoires pour comprendre la vie ou, comme le dit le tueur lui-même, de trouver « la narration adéquate »: à la fois celle qui lui permettra de saisir les mobiles cachés de son patron mais aussi et surtout de trouver un sens à ce qui se présente devant nous comme un désordre tour à tour mélancolique et violent, désordre qu’on appelle la vie, faute de mieux
Et cela est bien plus difficile que d’échapper aux balles qui sifflent un peu partout dans Du sang sur la glace.
*Photo: Pixabay.
Du sang sur la glace, Jo Nesbö (Gallimard, Série noire).
Tout en restant faible, le vote juif en faveur du parti de Marine Le Pen progresse. Et ce n’est pas les récentes déclarations de Roger Cukierman mardi 4 août au micro de RTL qui pourront changer la donne. Le Président du CRIF a dit regretter que des Juifs puissent être séduits par le mouvement frontiste : « Je pense qu’ils ont un peu la mémoire courte. » Selon une étude de l’Ifop publiée en septembre dernier, Marine Le Pen récoltait 13,5% du vote juif quand son père ne recueillait en 2007 que 4,4%. Un juif français d’origine polonaise a accepté de se confier anonymement sur les raisons de son choix.
Denis est juif et il vote FN. Veste de cuir un peu élimée, un bon gros pull over sur un pantalon de toile, Denis, la soixantaine, est cadre et père de deux enfants. Il est aussi le fils de parents communistes qui ont pris leurs distances lorsqu’ils ont découvert les exactions soviétiques commises par Staline.
Denis s’excuse, il est un peu souffrant. Mais l’occasion qui lui est donnée de pouvoir dire ce qu’il a sur le cœur l’emporte. D’ailleurs, c’est lui qui lance la conversation : « Vous êtes quoi, je veux dire, vous votez quoi ? » Volonté d’être rassuré sur son interlocuteur ou simple curiosité ? Toujours est-il qu’une fois passées les présentations ce juif d’origine polonaise est un bavard, il est même intarissable dès qu’il est question de politique française.
La première fois qu’il a voté Front national, c’était aux dernières élections présidentielles. Il précise : « C’était la première fois que je votais. » Denis explique s’être intéressé à la politique française « il y a quinze ou vingt ans, avec l’islamisation ». Il justifie son vote tardif par un manque de motivation, l’absence de carte électorale, « au niveau administratif je suis un peu naze vous savez ! Et puis là, j’avais envie de voter, c’est tout. »
Voter FN reste encore tabou pour beaucoup, surtout au sein de la communauté juive.
Ce qui l’a poussé à voter pour le Front en 2012 ? D’abord la question de l’immigration et les constats dressés par le FN qui rejoignaient ses propres analyses, et ensuite « la position du parti sur l’Europe actuelle, la défense de la souveraineté nationale ». Jeune, Denis a manifesté contre Jean-Marie Le Pen. « Je suis descendu dans la rue lors de l’affaire de la profanation du cimetière juif de Carpentras en 1990, jusqu’à ce qu’on apprenne que le FN n’était pas responsable. Même aujourd’hui on se sert de cette affaire pour dénigrer Le Pen. » Et d’ajouter : « Ce qui m’a aussi radicalisé, c’est le dévoiement dans les médias de la pensée de Marine Le Pen, par exemple, en un discours qui n’est pas celui qu’elle tient, le spectacle de l’acharnement médiatique scandaleux contre le Front national auquel j’ai assisté. »
Denis se méfie des médias. Ces derniers sont coupables du délit de mauvaise foi à l’égard du parti frontiste et portent aussi à l’entendre la responsabilité du cas Dieudonné : « Dieudonné est le fruit de l’AFP. Il utilise les arguments fournis par l’AFP concernant Israël. » En effet, ce sioniste regrette la couverture médiatique française anti-Israël, l’affaire Al-Dura étant d’après lui l’illustration parfaite de cette obsession. Plus largement, « l’antisémitisme arabo-musulman » présent en France est en partie implanté par la presse française qu’il estime antisémite. Le Front National n’est pas exempt de tout reproche sur le sujet : « Je m’interroge sur le traitement du conflit israélo-palestinien fait par le FN, traitement que je trouve pour le moins stupide et au pire malveillant ». La comparaison de Gaza avec un camp de concentration effectuée par Jean-Marie Le Pen n’a pas plu à beaucoup de Juifs.
Si les attentats de janvier l’ont choqué, Denis explique ne pas avoir été vraiment surpris dans le fond : « Je m’attends au pire en ce moment, et en permanence. Pour tout vous dire, je suis même surpris qu’il n’y ait pas davantage d’attentats antisémites tel que celui de l’Hyper Cacher en France.» Tout comme le Front national, Denis voit un lien très fort entre insécurité et immigration. Il considère qu’il est quasiment impossible d’intégrer des populations aux mœurs et habitudes si différentes de la culture française, « en particulier du fait du nombre d’individus étrangers ou d’origine étrangère. » Ce juif ne cache pas avoir été marqué il y a une dizaine d’années par l’affaire du professeur d’histoire au collège, Louis Chagnon, poursuivi par des parents d’élèves pour avoir qualifié « d’assassin et de voleur » le prophète Mahomet. « En fait la question de l’Islam en France est arrivée petit à petit » précise-t-il. Zemmour est une des rares figures médiatiques qu’il apprécie, dont il rejoint notamment le constat sur la surreprésentation des noirs et des arabes en matière de délinquance. Le concept de préférence nationale ne le scandalise pas, bien au contraire. Denis considère que les Français doivent être, « naturellement », prioritaires devant les étrangers concernant l’accès au logement ou à l’emploi.
Autour du cou, l’étoile de David ayant appartenu à sa mère. Quand on la lui fait remarquer, il s’empresse de la cacher : « Je ne voulais pas qu’on la voie. » Denis n’est pas pratiquant mais comme le parti qu’il soutient, il est très attaché à la laïcité. D’ailleurs, les propositions du FN concernant l’interdiction de l’abattage religieux ou du port de la kippa dans l’espace public ne le dérangent pas.
Denis tient à être clair ou en tout cas fait tout pour le laisser croire : « Je ne dirai pas que j’ai les idées de Le Pen, c’est Le Pen qui exprime parfois mes idées. Après, que ce soit lui ou un autre, je m’en fous. Évidemment je ne suis pas d’accord avec tout. De toute façon, on n’a pas toujours toutes les idées de quelqu’un. » Revenant sur le fameux « point de détail » cher à l’ancien président du parti, ce juif n’est pas sûr de l’antisémitisme de son auteur : « A mon avis, Jean-Marie Le Pen est un provocateur souhaitant s’exprimer comme il l’entend. » Denis n’est pas totalement convaincu par le « nettoyage » de Marine Le Pen au sein du parti, les relents antisémites d’une extrême droite traditionaliste seraient toujours présents. Sans en attendre grand chose. « Le FN pense qu’il va pouvoir agir s’il est élu en 2017, personnellement je n’y crois pas trop. Plein de paramètres entre en jeu… Des forces étrangères extérieures peuvent s’y opposer, et puis je ne suis pas certain qu’elle ait les cadres suffisants pour diriger le pays. »
Ce fidèle auditeur de Radio Courtoisie ne manque pas de faire remarquer que Marine Le Pen a été l’une des premières de la classe politique à dénoncer la venue de Youssef al-Qaradawi au congrès de l’UOIF 2012. Ce prêcheur sunnite comptant d’innombrables fans des deux côtés de la Méditerranée et qui fait passer Hitler pour ‘exécuteur du « châtiment divin » infligé aux Juifs. Ses convictions, Denis les paye du prix du silence. Celui qu’il s’impose en compagnie de certains de ses coreligionnaires, même les plus proches. Son frère, confie t-il, le « traite de facho » lorsqu’ils parlent d’islam ou d’immigration et ses enfants ne sont pas plus séduits par le Front. Mais cet ashkénaze est plus bavard qu’un séfarade et il n’abandonne pas pour autant l’idée de rompre des lances avec eux.
Depuis peu, Denis est délégué CFDT, une fonction qu’il est fier d’assurer. Il préfère être discret sur ses opinions politiques, craignant que la CFDT ne le mette au ban de la sphère syndicale si elle avait connaissance de son vote.
Aux élections départementales, il a voté FN même s’il reconnaît ne pas s’être penché sur le programme. En attendant la prochaine présidentielle, il garde le cap : « Sûrement Marine. »
Le parking de l’aéroport de Francfort est pavé de bonnes intentions. Des places réservées aux femmes y ont été aménagées pour assurer à celles-ci une plus grande sécurité. Mais le zèle des dirigeants de l’aéroport a été jugé peu conforme aux standards d’une politique dépassant les « stéréotypes de genre ». Et les critiques ont tôt fait de fuser à l’encontre de ses dirigeants.
En Allemagne, la loi exige que des places de parking soient exclusivement assignées aux femmes. Cette obligation a été mise en place par le ministère de l’Egalité des sexes en 1998. À l’origine, il s’agissait de protéger les femmes seules et d’éviter agressions et harcèlement. Ces places doivent donc être bien éclairées et filmées par des caméras de surveillance. La loi définit un ratio d’emplacements dédiées aux femmes et les Lander ont la charge de déterminer la juste proportion de ces places sécurisées. À Francfort, le Land de la Hesse a fixé ce ratio à 5% des places de parking.
Les communicants de l’aéroport de Francfort pensaient donc faire d’une pierre deux coups en créant de jolis emplacements pour les clientes. Et une campagne de promotion a été lancée : « Vous voulez vous garer dans un parking plus spacieux, plus mignon et plus près du terminal ? Oui, alors, nous vous avons réservé une place dans l’un de nos parkings pour dames ! ». Ces places de parking sont en effet très « mignonnes », un panneau affichant une fleur sur fond bleu indique l’emplacement tandis qu’un marquage au sol rose bonbon attire l’œil. Rien que cela, c’est déjà suspect, et nos camarades internautes luttant sans relâche contre les amalgames entre les femmes et le rose, s’en offusquent.
Mais ce qui ne passe vraiment pas, c’est la largeur de ces places de parking. D’aucuns y voient un ignoble sous-entendu sexiste. Une journaliste irlandaise, directrice du magazine automobile Women Wheels le dit bien sur Twitter : « Cela renforce les stéréotypes selon lesquels une femme ne sait pas conduire ou se garer ». « Parce que oui, comme chacun sait grâce aux poncifs sexistes perpétués générations après générations, les femmes et les créneaux ce n’est pas vraiment ça… » abonde dans le même sens une journaliste de Terra Femina.
C’est donc raté pour l’aéroport de Francfort, ses dirigeants, qui pensaient bien faire, n’ont pas encore réussi à se débarrasser des horreurs machistes et phallocrates qui errent dans leurs cerveaux. Pourtant, nous dit le porte-parole de l’aéroport : « les clients, hommes et femmes, attendaient un tel service ».
Il y a un an, alors qu’une polémique similaire battait son plein en Chine, la cliente d’un centre commercial avait naïvement déclaré à l’AFP : « ce n’est pas sexiste, c’est juste plus pratique. Les femmes ne conduisent pas mal, elles ont juste plus de mal à estimer les distances quand elles se garent ». Mais il n’est plus tolérable que l’on colporte de tels stéréotypes. Et les femmes doivent apprendre à savoir qu’elles conduisent aussi bien que les hommes. Quoi qu’elles en pensent.
En 1993, j’étais peinard. Je cultivais mon jardin, c’est-à-dire que je m’occupais de mes gosses, de mes articles, et aussi des représentantes du sexe féminin dont certaines me voulaient du bien. En 1993, je regardais encore la télé, surtout à cause des enfants. Certes, je n’aimais pas les pubs. Mais, pour l’une d’elles, j’aurais donné tout l’or du monde. On y voyait un homme, genre jeune cadre élégant et moderne au volant d’une superbe automobile, une Audi je crois. Il roulait très lentement. Une fille regardait la voiture. Puis l’homme. Puis encore la voiture. Puis encore l’homme. Et, en fond sonore, il y avait une voix enveloppée dans un velours comminatoire : « Il a le pouvoir, il a l’argent, il a la voiture, il aura la femme ! » Fascinée, obéissante et soumise, la fille répétait en écho : « Il aura la femme ! » Et, conquise, elle montait dans la voiture.
La fille était bouleversante. Un mélange d’Anouk Aimée et de Fanny Ardant telles que les ont gardées Lola et La Femme d’à côté, jeunes et belles pour l’éternité. La pub fit aboyer les Chiennes de garde. Elle fut retirée. Jamais, moi qui ne demandais rien à personne, je n’avais été agressé avec une telle violence. Elles avaient tué la beauté d’Anouk Aimée et de Fanny Ardant, victimes expiatoires de la haine de féministes laides et repoussantes : laides et repoussantes dans leur tête, car pour le corps je ne sais pas, et je n’ai pas la moindre envie d’aller voir.[access capability= »lire_inedits »]
Oui, pour moi, le péché originel du féminisme date de 1993, annus horribilis. Depuis, c’est la guerre. Et ce n’est pas moi qui ai commencé. J’aime les filles, pas trop les femmes (ce mot est anxiogène) et pas du tout les féministes. J’aime Anouk Aimée et Fanny Ardant. Encore plus depuis qu’on les a assassinées. J’aime Vinca, 15 ans, jeune-fille en herbe, et aussi la Dame blanche, plus âgée et plus experte, qui aida Phil à faire ses premiers pas d’homme dans la vie. J’aime Yvonne de Galais, fragile comme un rêve, qui se donna au Grand Meaulnes avant de mourir. J’aime, je le répète, les filles et pas trop les femmes. Ce n’est pas une question d’âge. Il y en a qui à 18 ans portent toute la lourdeur accablante des femmes et d’autres qui, à 60 ans, ont la grâce juvénile des jeunes-filles.
Vous, les féministes, je ne vous aime pas du tout. D’Éros et Thanatos, vous n’avez gardé que Thanatos. Vous êtes de gauche. Il y a une gauche bien élevée et cultivée parfaitement fréquentable, mais minoritaire et timide. On ne l’entend jamais. C’est la gauche vulgaire, arrogante, obtuse et douillettement emmitouflée dans sa bêtise triomphante qui occupe le devant de la scène. C’est ainsi que vous êtes.
Vous êtes de gauche, et, bien naturellement, vous vous intéressez aux deux révolutions qui ont changé la face du monde. De 1789 et de 1917, vous avez pris ce qui vous a paru le meilleur. Le rasoir national, la guillotine des enragés hébertistes. La balle dans la nuque des tchékistes, vos amants virtuels. Vous détestez le catholicisme, et vous lui avez pris ce qu’il avait de pire : l’Inquisition et ses bûchers. Les Torquemada et les Savonarole en jupon sont chez vous légion.
À la guerre comme à la guerre. Par tous les moyens qui excluent tout respect de la Convention de Genève. Par tous les moyens, car vous le valez bien. Pourquoi vous ménagerait-on ? Vous avez ajouté à votre sinistre aigreur une hypocrisie sans nom qui vous disqualifie à jamais et qui autorise contre vous tous les procédés, même immoraux.
Vous a-t-on entendues quand Pierre Bergé a déclaré que « les femmes pouvaient bien louer leur ventre, puisqu’elles louaient déjà leurs bras » ? Rien. Pas un cri. Même pas un petit murmure de désapprobation. Parce que Pierre Bergé est millionnaire, de gauche et homosexuel. L’homme moderne, « in », « hype », comme vous l’aimez.
Quand on a inauguré dans les jardins du château de Versailles une structure (ça évite de dire sculpture) baptisée par son auteur « Le Vagin de la reine », vous vous êtes tues. Et pourtant le machin en question avait de quoi vous faire vomir. Un énorme entonnoir. Un gigantesque sonotone à l’ancienne. Un monstrueux schofar à rendre sourd Yahvé (si vous ne savez pas ce que c’est, demandez à un ami juif). Et vous n’avez rien dit. Pourquoi ? Parce que ladite structure a reçu la bénédiction de Fleur Pellerin et de tous les « artistes subversifs » qui sont de la même tribu politique que le bien-aimé Pierre Bergé.
Vous comprendrez donc que vous ne pouvez en aucun cas bénéficier de la protection des lois de la guerre. Contre vous tout est permis. Y compris les armes de destruction massive, y compris la plus redoutable, imparable effaceuse de conneries : « Français, encore un effort si vous voulez être républicains » est un chapitre d’un texte aussi fondamental à mes yeux que les deux Testaments ou le Manifeste du Parti communiste, La Philosophie dans le boudoir. Son auteur, le marquis de Sade, est un grand visionnaire méconnu (comme visionnaire, mais très connu par ailleurs).
Féministes, encore un effort si vous voulez être républicaines ! Écoutez le divin Marquis et baissez enfin la tête sous ce feu de napalm : « S’il devient donc incontestable que nous avons reçu de la nature le droit d’exprimer nos vœux indifféremment à toutes les femmes, il le devient de même que nous avons celui de l’obliger de se soumettre à nos vœux, non pas exclusivement, je me contrarierais, mais momentanément. Il est incontestable que nous avons le droit d’établir des lois qui la contraignent de céder aux feux de celui qui la désire ; la violence même étant un des effets de ce droit, nous pouvons l’employer légalement. Eh ! la nature n’a-t-elle pas prouvé que nous avions ce droit, en nous donnant la force nécessaire à les soumettre à nos désirs ? »
Le napalm ne vous suffit pas ? Voilà le vitriol ! «Tous les hommes ont donc un droit de jouissance égal sur toutes les femmes ; il n’est donc aucun homme qui, d’après les lois de la nature, puisse s’ériger sur une femme un droit unique et personnel. La loi qui les obligera de se prostituer, tant que nous le voudrons, aux maisons de débauche dont il vient d’être question, et qui les y contraindra si elles s’y refusent, qui les punira si elles y manquent, est donc une loi des plus équitables, et contre laquelle aucun motif légitime ou juste ne saurait réclamer. »
Et pour conclure, un peu d’huile bouillante comme au bon vieux temps du Moyen Âge : « Un homme qui voudra jouir d’une femme ou d’une fille quelconque pourra donc, si les lois que vous promulguez sont justes, la faire sommer de se trouver dans l’une des maisons dont j’ai parlé ; et là, sous la sauvegarde des matrones de ce temple de Vénus, elle lui sera livrée pour satisfaire, avec autant d’humilité que de soumission, tous les caprices qu’il lui plaira de se passer avec elle, de quelque bizarrerie ou de quelque irrégularité qu’ils puissent être, parce qu’il n’en est aucun qui ne soit dans la nature, aucun qui ne soit avoué par elle. »
Vous voyez ? Enfoncé !, ce pauvre timoré de Zemmour avec sa misogynie tiède comme un cataplasme. Sade, lui, avait une vision du monde. D’un monde meilleur, fait pour le bonheur de tous, et aussi, selon lui, de toutes. Un prophète mais, hélas ! pas un messie. Cette société de rêve qu’il appelait de ses vœux n’a pas vu le jour. Et le divin Marquis a fini enfermé à Charenton par Robespierre – un incorruptible, un pur, un puritain asexué. Vous êtes comme lui en pire. Lui coupait des têtes. Vous, vous voulez couper tout ce qui dépasse ! Et là, en tant qu’homme, je me sens concerné. Je ne veux pas être mutilé. Vous êtes des casse-couilles, vu l’ennui soporifique qui se dégage de vos litanies. Mais vous êtes aussi, pour les plus conséquentes et logiques d’entre vous, des coupe-couilles ! Et le marquis de Sade n’est pas de trop pour vous faire enfin plier.
Comme tout condamné à mort vous avez droit à un dernier mot. Sade, dites-vous, est vulgairement outrancier ? Certes. Mais, à tout prendre, je préfère ses outrances aux vôtres. Lui, au moins, il les fait avec la langue – une langue superbe et ambiguë dont vous ignorez décidément les délices.[/access]
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« Vous travaillez pour Closer ? », « Non, Causeur ». La scène s’est répétée mille fois et ne laisse pas d’amuser l’à-quoi-boniste qui écrit ces lignes. Bon, avouons-le, dans ces cas-là, j’ai tendance à rectifier le tir en précisant derechef à mon interlocuteur que nous ne partageons ni la ligne éditoriale, ni le tirage, ni – hélas – les émoluments de nos confrères.
J’ignore si Edwy Plenel, en pleine promotion de son livre sur le Rainbow warrior, a sursauté lorsque Closer lui a demandé un entretien. Avec son art du faux contre-pied, le PDG de Mediapart vomit votre magazine préféré mais adresse un satisfecit en règle à son quasi-homonyme boulevardier. L’interview publiée il y a maintenant un mois (désolé pour le retard, il me reste une pile de Voici à feuilleter) a de quoi laisser pantois. Laurence Pieau et Maëlle Brun y passent le célèbre moustachu à la question, avec une impertinence qui a dû la lui défriser : « La vraie mission de la presse est de révéler ce que les pouvoirs voudraient garder caché. Hors Mediapart, qui le fait aujourd’hui ? ». Plus brave et irrévérencieux que la bande à Plenel-Arfi, tu meurs ! La preuve, « un de vos journalistes (…) est le seul à ne pas se lever lors d’une conférence de presse à l’arrivée du Président » : on n’avait pas admiré pareil courage depuis les provocations antibolchéviques de Boulgakov sous Staline…
Grâce à cette tribune, l’ancien patron du Monde pavoise son domaine aux couleurs de l’indépendance, partant du principe qu’« en France, le journalisme est trop souvent compromis avec les pouvoirs, politiques ou économiques ». Fort bien, mais quid du pouvoir des juges, de la brigade financière et des médias qui s’en font le relais, notamment au cours de ces coups de Jarnac dans lesquels Mediapart n’a, bien entendu, jamais trempé ? On aurait apprécié une question de relance mais ne rêvons pas, pour Plenel, l’occasion était trop belle de pourfendre le monarchisme français, comme si l’Elysée détenait autre chose que l’autorité, laquelle a de moins en moins à voir avec le (vrai) pouvoir.
Mais je suis mauvaise langue. Lorsqu’ils entrent dans le vif du sujet, nos deux Closer osent une pointe d’audace : « Où placez-vous le curseur entre privé et public ? » En v’là une question qu’elle est bonne, et pas seulement parce que Mitterrand et Chirac ont longtemps caché leurs petits et gros bobos de santé. À cette interrogation essentielle, Edwy Plenel répond par une sentence aussi floue que définitive : « Tout ce qui est d’intérêt public doit être public. C’est notre loi fondamentale [Ndr : Qui l’a votée, en dehors du comité de rédaction de Mediapart ?] ». Sa sophistique fait rimer déontologie et tautologie (« la frontière est parfois brouillée, notamment quand on a du pouvoir, et que le pouvoir est utilisé au profit de la sphère privée ») mais souffre heureusement quelques exceptions, comme Mazarine, dont Plenel a tu l’existence du fait de son jeune âge. « Aujourd’hui encore, j’agirais de la même façon », jure-t-il. Ouf, on respire !
Logiquement, s’agissant des histoires de fesses, les mêmes causes devraient entraîner les mêmes effets. Peut-être doit-on imputer à l’extrême courtoisie de Plenel, qui n’aime rien tant qu’abonder dans le sens de son hôte – vilains réacs exceptés – la mansuétude dont il gratifie Closer. Car, reçu au cœur du temple de la paparazzade, le guide suprême de la République transparente creuse une nouvelle brèche dans sa morale : « Je cite souvent l’exemple de ce politique au discours officiel très homophobe [Ndr : Lequel ? des noms ! Les ratonneurs de folles ne courent pas la salle des quatre colonnes] » qui s’est avéré en être. « Que faire ? Jusqu’à récemment, je me disais que je ne le révélerais pas, car c’est sa part de contradiction intime. » Rassurez-vous, le vengeur démasqué a « évolué grâce à l’équipe de Mediapart, dont l’un des membres est cofondateur de l’association des journalistes LGBT : ils ont jugé légitimes vos révélations [Ndr : sur Florian Philippot, car les membres du Front national devraient être moins égaux que les autres.], s’étonnant que l’homosexualité soit automatiquement reléguée à la sphère privée, quand l’hétérosexualité, elle, est toujours publique » En cauchemar, un cheikh saoudien me faisait récemment la même remarque : pourquoi se priver d’une police des braguettes ? Sortons tous les homos de droite du placard. Cela mettrait Mediapart, Act up, Closer et Rivarol d’accord. Un petit miracle signé Plenel!
P.S : Vous vous demandez peut-être ce que je pense de Closer – le comité de salut public baptisé Mediapart, Causeur en disserte depuis belle lurette… Inutile d’épiloguer, notre ami Jean-Louis Murat a déjà tout dit, et fort éloquemment, il y a une dizaine d’années face à Laurence Pieau. Celle-ci semble avoir enfin trouvé son « signifiant » en la personne de Plenel. Loué soit-il.
On a beau avoir traîné ses guêtres dans les classes de biologie, une petite piqûre de rappel ne peut pas faire de mal. Une étude sur la climatisation publiée lundi par deux chercheurs néerlandais nous rappelle une évidence que la société contemporaine a tendance à oublier : l’homme et la femme sont différents et ne supportent pas aussi bien le froid. Les chanceux qui disposent de la climatisation au bureau peuvent en faire quotidiennement le constat. La ventilation est normalement réglée à 21 degrés. Température pensée pour convenir à un homme de quarante ans pesant 70 kilos.
Logiquement, le métabolisme féminin, moins important, réclame trois degrés de plus pour son bien-être. Ce qui explique beaucoup de frissons et la perpétuelle guerre des sexes autour du niveau de l’air conditionné. Eh oui, n’en déplaise aux tenants du gender, notre corps a un sexe, un seul, différent ce celui de son alter ego.
Lorsqu’elle a été créée dans les années 1960, la climatisation faisait fi de l’écart entre les deux sexes. Tous étaient rangés à la même enseigne, l’enseigne masculine. « Invention misogyne ! » hurlent déjà les réseaux sociaux. Mais la réalité est plus complexe. Une observation que l’on peut faire à propos de la médecine en général.
La recherche médicale a longtemps considéré l’homme comme un standard de la physiologie humaine. Pas forcément par sexisme, mais tout simplement parce que le corps masculin n’est pas sujet aux troubles hormonaux que connaît la femme, ce qui facilite son étude. Résultat, la médecine générale n’est pas adaptée au gabarit féminin et peut même se révéler dangereuse pour les patientes (voir à ce sujet le livre de Peggy Sastre, Le sexe des maladies). Certains pays tels que les Etats-Unis ou Israël, développent déjà une médecine sexuée, adaptée aux besoins de chacun. Par égalitarisme, la France reste à la traîne alors que, d’un point de vue sanitaire, il est urgent de prendre en compte les différences entre les hommes et les femmes.
Amies féministes, vous vous évertuez à mettre l’homme et la femme sur un pied d’égalité et en oubliez l’essentiel. À force de vouloir à tout prix faire disparaître les caractéristiques propres à chaque sexe, vous passez à côté de la vraie bataille.
Vous feriez mieux de rappeler notre inégalité physiologique. L’homme est supérieur à la femme physiquement et musculairement ? Tenons-en compte pour les soins médicaux (c’est vital), pour les services quotidiens (histoire de moins frissonner au bureau), et pourquoi pas, pour un zeste de courtoisie (sinon, qui porterait les valises ?).
Nous publions ce communiqué de Valérie Pécresse démentant les propos repris par Causeur dans cet article.
Valérie Pécresse dément catégoriquement les propos qui lui ont été prêtés dans Le Canard Enchaîné du 29 juillet, selon lequel elle aurait distingué ses compatriotes juifs et musulmans des autres au cours d’une réunion publique qui s’est tenue à la salle des fêtes du Blanc-Mesnil en présence de nombreux élus et personnalités le 8 juillet dernier.
Elle y avait réaffirmé, au contraire, que toutes les religions doivent s’inscrire dans les lois de la République. Voici les propos qu’elles a tenus : « c’est évident, ce que l’on a demandé aux catholiques et aux juifs par le passé, on doit pouvoir le demander aux musulmans de France. Mais ce qu’on a donné aux catholiques et aux juifs par le passé, on doit aussi pouvoir le donner aux musulmans de France, dès lors qu’ils s’intègrent dans les principes de la République. Tout ça, c’est des sujets dont il faut que nous parlions. Tout ça, c’est des sujets de discussion. »
L’enregistrement intégral de cette réunion publique a été réalisé par la télévision « La Locale » et a été déposé chez Maître Stéphane Emery, huissier de justice, et sera utilisé pour toutes les procédures judiciaires nécessaires à rétablir son honneur attaqué.
Il y aura du sang sur les murs. Dans un mois, dans un an, au plus tard dans dix-huit mois, dans le monde darwinien de la politique française, quelques-uns des grands fauves qui paradent aujourd’hui dans la jungle auront été éliminés par leurs congénères, à l’issue de combats sans merci. On en voit les prémices en observant à la loupe la cuisine interne des grands et petits partis qui se mettent en ordre de bataille pour les ultimes affrontements de ce quinquennat : élections régionales en décembre 2015, primaires de la droite en novembre 2016, élections présidentielle et législatives de mai 2017.
La défaite de Martine Aubry, incapable de faire élire son féal Gilles Pargneaux à la tête de la puissante fédération du Nord du PS, en dépit de son ralliement à la motion majoritaire du congrès de Poitiers, est la première manifestation spectaculaire de l’agonie du parti d’Épinay. Elle n’est pas la seule : sur tout le territoire, des embuscades au coin d’un bois se soldent par l’élimination d’apparatchiks apparemment indéboulonnables. Défaits à Poitiers, les « frondeurs » de Benoît Hamon, experts en coups de vice bureaucratiques, récupèrent des sections et des fédérations désertées par les militants. Les proches de Manuel Valls ne sont pas les derniers pour verrouiller à leur profit les instances décisionnaires du parti, mettant à mal l’unité de façade laborieusement construite par Jean-Christophe Cambadélis. Dans le petit monde des socialistes français, les passions tristes (haine, mépris, pulsions meurtrières) se déploient sans entraves.[access capability= »lire_inedits »]
Tous ceux qui ambitionnent de jouer les premiers rôles dans les décennies à venir ont intégré dans leur stratégie l’inéluctable : la défaite programmée de François Hollande en 2017, que seul un miracle pourrait conjurer. Le principal intéressé, le président de la République, partage bien entendu cette analyse, et tente frénétiquement d’éviter les poubelles de l’Histoire en cherchant à marquer des points sur la scène internationale, avec l’aide de son ancien rival Laurent Fabius, qui vise également une sortie honorable, sinon glorieuse, de la politique active. Objectif 2022, voire 2027 pour les quinquas et quadras de la gauche, chacun d’entre eux affûtant ses armes pour s’imposer après Waterloo. Martine Aubry passée à la trappe, Claude Bartolone fait banco sur le sauvetage, par la gauche, de la région Île-deFrance pour éliminer Manuel Valls avec l’aide de la maire de Paris Anne Hidalgo.
D’autres, comme Arnaud Montebourg, participeraient bien, de l’extérieur, à une entreprise de « pasokisation »[1. La « pasokisation » est le sort funeste d’un Parti socialiste dominateur à gauche, balayé électoralement, comme le Pasok grec, par une vague d’extrême gauche.] du PS, avec l’aide des amis de Mélenchon, et de quelques écolos plus rouges que verts, si d’aventure quelques mouvements sociaux de l’espèce indignée venaient à éclater dans les prochains mois. Manuel Valls, enfin, dont l’objectif de substituer au vieux parti d’Épinay une formation sociale-libérale s’affirme chaque jour davantage, n’est pas du genre à laisser passer sa chance.
Ceux qui croiraient que je noircis outrageusement le tableau n’auront qu’à méditer l’exemple de la situation de la gauche dans la nouvelle région Rhône-Alpes-Auvergne, à six mois des élections régionales. Le président sortant, Jean-Jack Queyranne (PS), pouvait nourrir quelques (maigres) espoirs de se voir reconduit à la tête d’un fief élargi : son adversaire désigné par Les Républicains, Laurent Wauquiez, est fortement marqué à droite, ce qui est un handicap certain dans une région où la sensibilité centriste et démocrate-chrétienne pèse encore dans les urnes. L’Auvergnat Wauquiez, avec le soutien de Nicolas Sarkozy, a brutalement éjecté son concurrent savoyard Michel Barnier, ci-devant vice-président de la Commission européenne, personnalité consensuelle, rassemblant largement au-delà des gaullistes purs et durs, et favori des milieux économiques rhônalpins.
Mais, pour avoir une petite chance de l’emporter, Queyranne devrait, dès le premier tour, présenter une liste d’union allant des communistes aux « centristes de progrès » (en fait des bayrouistes allergiques à Sarko). Au lieu de quoi il pourrait se retrouver sous les feux croisés de ses « amis » : appartenant, avec Jean-Louis Bianco, au dernier carré des « ségolénistes », Queyranne, 69 ans, est la cible rêvée de la gauche comme de la droite du parti. Les « frondeurs » éliminent ses amis de la liste des régionales dans les départements qu’ils contrôlent, comme la Loire, et Gérard Collomb, satrape vieillissant et ennemi juré de Jean-Jack, impose sa jeune épouse comme n° 2 de la liste du Rhône.
Les Verts rêvent de refaire, à la région, le coup de Grenoble aux municipales, où ils sont parvenus à déboulonner les socialistes. Pour faire bonne mesure, les communistes et leurs alliés mélenchonistes seront également présents au premier tour… La débâcle, qui verrait les socialistes arriver en troisième position, loin derrière la droite et au coude-à-coude avec le FN, se dessine inexorablement.
À droite c’est l’inverse, mais en fait cela revient au même : la perspective d’un Austerlitz électoral contraint à maintenir, pour la galerie, une unité de façade, mais cela n’empêche pas la guerre de tous contre tous. De plus, la présence électorale massive, dans tous les scénarios, de Marine Le Pen, interdit la présence de deux candidats, se réclamant de la droite modérée et du centre, au premier tour de la présidentielle. La bataille décisive se produira donc lors des primaires de cette famille politique en novembre 2016. Trois crocodiles occupent le principal marigot de la droite dite républicaine : Nicolas Sarkozy, Alain Juppé et François Fillon. Chacun d’entre eux sait que s’il ne décroche pas la timbale de la candidature en 2017, cela signifie sa mort politique. François Fillon semblant assez mal en point, l’affaire devrait donc se jouer entre Alain Juppé et Nicolas Sarkozy.
Alain Juppé a fort bien exposé la situation de départ : « Il [Nicolas Sarkozy] a le parti, moi j’ai l’opinion. » Avec sa PME politique, le maire de Bordeaux, qui bénéficie par ailleurs de la bienveillance des grands médias, entend bien démontrer que la vox populi aura raison des « appareils », devenus, selon lui, inefficients à l’heure de l’Internet, des réseaux sociaux et de la victoire culturelle de l’individualisme. De son côté, Nicolas Sarkozy se souvient de l’expérience balladurienne de 1995, dont il fut un protagoniste. La leçon qu’il en a tirée est que le chouchou des sondages et des éditorialistes n’est pas celui qui gagne l’élection. Il construit donc sa machine à tuer ses rivaux, avec ou sans primaire, en suivant une stratégie de jeu de go visant à occuper le terrain en plaçant ses pions aux bons endroits, comme on peut le constater en prenant connaissance des nominations au sein des instances dirigeantes des Républicains. Le territoire est quadrillé, les forces concentrées aux endroits clés, les alliances solidement scellées, notamment avec Bruno Le Maire. Son armée est positionnée, croit en la victoire, et ne fera pas de quartier. Vae victis ![/access]
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