Nous venons de passer une semaine incroyable, au royaume farfelu – un monde où règne le n’importe-quoi et son corollaire le baroque moderne.

Au Pakistan, un ministre a avancé une solution novatrice pour pacifier le pays gangréné par le terrorisme : organiser une partie du cricket entre le gouvernement et les terroristes talibans. « Selon mes informations, les talibans adorent le cricket… Nous pourrions donc faire un match avec eux qui pourrait même être plus concluant que les pourparlers », a déclaré à la presse locale le ministre de l’Intérieur, Chaudhry Nisar ; avant d’ajouter que le cricket est « un sport qui propage la paix et l’harmonie ». Avec le plus grand sérieux du monde le porte-parole officiel des talibans, Shahidullah Shahid a rétorqué : « Le gouvernement veut détourner nos jeunes du jihad et de l’enseignement islamique par le cricket. Nous sommes vraiment contre le cricket, nous n’aimons pas ce sport ». Pour mémoire le cricket est un sport collectif d’origine britannique qui se joue avec une batte, servant à frapper une balle. (A ne pas confondre avec le croquet, qui se joue avec un maillet et une boule). Ne rions pas trop de la proposition pakistanaise ; les autorités n’ont pas précisé comment se jouerait ce match… les terroristes pourraient bien succomber à coups de battes sur la tête ! Ce qui ferait des images fascinantes pour la télévision…

Etats-Unis. Sans transition, nous apprenons que George Walker Bush  – le président que vous avez adoré détester – est devenu un… artiste peintre. Parfois le talent se transmet de génération en génération… parfois non. C’est exactement ce qui s’est passé chez les Bush. Comment un chef d’État dilettante a réussi à devenir un peintre amateur tout à fait médiocre (allez-vous demander)? Et bien c’est très simple : à cause de l’ennui. Les œuvres de l’ex-président républicain seront présentées prochainement à Dallas lors d’une exposition intitulée « L’art du leadership: la diplomatie personnelle d’un président ». Dans le même temps, la chaîne de télévision NBC diffuse des images de Bush devant certains de ses chefs d’œuvres picturaux. Essentiellement des portraits de caniches. Vivement qu’il donne au monde sa « Nature morte au bretzel », tant attendue. A suivre…

L’Australie est un immense pays entouré d’eau, qui a donné à l’humanité le chat marsupial à queue tachetée, le wombat commun et Nicole Kidman. L’Australie est aussi une terre riche en aventures époustouflantes. Ainsi nous apprenons cette semaine qu’une sculpture géante en forme de mangue (un monument de dix mètres de haut et de sept tonnes) a fait l’objet d’un vol absolument dantesque, à l’aide de grues et d’engins de chantiers, à Bowen – connue pour être la « capitale de la mangue », dans l’Etat du Queensland. Finalement « Big mango » a été retrouvée par les autorités. Le méfait farfelu était malheureusement l’œuvre d’une chaîne de fast-food en mal de publicité. On aurait préféré une bande d’étudiants un peu éméchés…

Toujours dans le domaine de l’art, nous apprenons qu’un individu audacieux a tenté de voler une œuvre de Bansky en attaquant au marteau-piqueur le mur d’un commerce de la Nouvelle-Orléans sur lequel elle se trouvait. Interpellé par des passants le larron a prétendu, avant d’être mis en fuite, avoir été commissionné par un musée pour récupérer ce pochoir du célèbre et mystérieux street-artist dont les œuvres atteignent déjà des prix astronomiques. Depuis le mur est gardé par un policier. C’est un peu normal. La tentation est grande d’investir dans la pierre…

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Un clown ça va. C’est quand il y en a beaucoup qye ça pose des problèmes. Méditons cet adage populaire. Savez-vous que des « clowns activistes »© grenouillent parmi la population des opposants-punks-à-chiens qui militent à plein temps contre l’aéroport Notre-Dame-des-Landes ? C’est à l’occasion de la récente et ravageuse manif nantaise que les clowns sont sortis du bois. Dans un article fascinant le site Reporterre nous apprend que « Parmi les nombreuses composantes de la lutte, la BAC, Brigade activiste des clowns, joue sa partition ». Impressionnant. Les clowns pratiquent des activités, des « ateliers basés sur l’évocation d’émotions », ils portent des nez rouges, et sont profondément sinistres… « ‘Pour moi, c’est un état d’être’, résume Marion, 28 ans, pour qui le clown activisme a été vecteur vers l’engagement politique. »  Et tout cela est du plus grand sérieux. On ne badine pas avec le rire… « Armé de sa bienveillance le clown se donne notamment un rôle de médiateur auprès du public en le faisant interagir » Le clown tend à l’agent d’ambiance, à l’animateur citoyen, au grand frère, au médiateur du tri sélectif. « Cette force subversive de désobéissance – souligne Reporterre – permet de remettre en question l’autorité de façon conviviale. » J’aime à imaginer les éclats de rire sonores des promoteurs du projet, vraisemblablement terrifiés par cette révolution festive… L’article se termine par l’évocation d’une scène rituelle hallucinante, entre culte païen et quincaillerie raëlienne. « (dans la forêt) une grappe de clowns en cercle profite d’une éclaircie pour faire une session de percussion corporelle. Rejoints par d’autres, ils sont une vingtaine à psalmodier des séries de syllabes en se frappant le torse en rythme. » Secte. Secte. Secte. Secte.

Dans le même temps, l’immense Nadine Morano – espoir de l’UMP depuis… toujours – s’est distinguée en écrivant imprudemment sur les réseaux sociaux : « François Hollande aura mis deux ans à faire voter la loi Florange qui restera dans les anales (sic) de l’inutilité !« . C’est cul-cul. Voilà un message qui restera, lui, dans les annales.

 

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