Faute d’être un grand artiste, Olivier Ciappa est un poème. L’interview qu’il a donné à Libération pour justifier le choix d’Inna Shevchenko, bûcheronne  ukrainienne et réfugiée politique sextremiste, comme modèle  pour le timbre de Marianne est un chef d’œuvre . « Pour moi, Marianne, qui est représentée seins nus, en 1789 aurait certainement été une Femen car elle se battait pour les valeurs de la République, la liberté, l’égalité, la fraternité » a déclaré celui qui se décrit comme un « activiste engagé ». Tout le monde sait que Robespierre était un militant LGBT, et que Saint-Just défendait les bébés phoques, mais là tout de même, faut pas pousser.  Dans son CAP en gender studies, il n’y avait sans doute pas de cours d’histoire de France. La vague réminiscence d’une visite scolaire au Louvre a dû lui faire prendre pour un éclair de génie le rapprochement inepte entre la militante féministe et La liberté guidant le peuple de Delacroix, où effectivement Marianne a les seins à l’air… sur les barricades de 1830. Et puis d’abord, contrairement à Inna qui voue une haine viscérale à la famille et à l’hétéro-patriarcat, tout le monde sait depuis Michel Delpech que « Marianne a cinq enfants/ Qu’elle élève de son mieux. »
Ne nous étonnons point d’un choix qui mêle inculture indignée et idéalisme pré-pubère  : ce sont les lycéens, citoyens militants aux goûts trash-lol qui ont eu la dure tâche de désigner de leurs suffrages le « symbole officiel de la France ». Inna la douce a eu heureusement la victoire modeste, elle s’est contenté d’un petit tweet , violent comme une tronçonneuse et vulgaire comme une paire de nichons dans une cathédrale :  « Femen est sur le timbre français. Maintenant les homophobes, les extrémistes et les fascistes devront lécher mon cul quand ils voudront envoyer une lettre.»
Ça ira !