En 2019, Emmanuel Macron pourrait bien enfiler le gilet jaune. Mais ce n’est pas la seule raison de vous plonger dans Causeur: du retour d’Alain Finkielkraut à l’analyse du Pacte de Marrakech, découvrez le menu du nouveau numéro. Bonne année (populiste ?) à tous !


2019 commence fort. Sous un calme apparent, se cache une société profondément fracturée que les cadeaux de Noël présidentiels n’ont sans doute pas suffi à ressouder. Depuis le discours d’Emmanuel Macron solennellement adressé aux Français le 10 décembre, le mea culpa du président, quelques mots sibyllins sur l’immigration et une ébauche d’autocritique laissent espérer un virage populiste aux plus optimistes d’entre nous.

Macron doit parler jaune

Après plusieurs semaines d’un mouvement social inédit dont le spontanéisme aura eu raison des tentatives de récupération (Insoumis, LR, RN…), il est temps de faire le point. Pour Elisabeth Lévy, l’idée d’un référendum d’initiative citoyenne et d’une démocratie rénovée par la participation, ne sauraient résoudre la crise. Il revient au président Macron de rompre avec le fanatisme progressiste des classes dirigeantes pour réintégrer tous ceux qui n’ont pas voté pour lui. Surtout s’ils n’ont pas le bon goût de vivre à Paris et de se déplacer en trottinette électrique.


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Sur le terrain, notre reporter Erwan Seznec est allé à la rencontre des révoltés qui veulent pendre l’administration à la lanterne. Travailleurs frontaliers, autoentrepreneurs, éleveurs, artisans, et même fonctionnaires : ces gilets jaunes ont accumulé une impressionnante réserve de colère contre un appareil administratif qui ne les entend pas voire les humilie. De mon côté, j’ai sillonné la petite ville d’Issoudun, passée en quelques décennies d’une relative prospérité à une précarité certaine, des cols blancs aux gilets jaunes. Un petit bout de France où la classe moyenne s’est lentement délitée. Avec plus ample recul, l’historien Patrice Gueniffey détecte dans notre ADN national un pacte égalitaire multiséculaire scellé entre le peuple français et ses dirigeants. En y renonçant, nos gouvernants ont aggravé le ressentiment populaire dont nos compatriotes sont si friands, analyse ce brillant Cassandre qui n’annonce rien de bon.

L’hypothèse populiste et l’impact de Marrakech

Quel débouché pourrait avoir ce mouvement si composite ? A en croire le politologue Jérôme Sainte-Marie, l’hypothèse populiste fait son chemin. Ni de droite ni de gauche, les gilets jaunes ont initié un mouvement social inédit parti du secteur privé. Cette coalition de petits salariés, de chefs d’entreprise, de retraités et de chômeurs précarisés constitue l’envers du bloc libéral macroniste. Et pourrait être au départ d’un populisme à la française. De quoi inquiéter la députée LREM Claire O’Petit, dont nous saluons l’ouverture d’esprit. La parlementaire macroniste n’a pas sa langue dans sa poche lorsqu’il s’agit de critiquer la déconnexion de ses petits camarades et de comprendre la colère des Français excédés par les limitations de vitesse et autres hausses d’impôts.

Côté actualités, Régis de Castelnau nous dit tout du Pacte de Marrakech sur les migrations. Un texte onusien théoriquement non-contraignant mais dont nos juges, très imaginatifs à leurs heures, pourraient bien se réclamer pour faire de la migration un droit de l’homme et tordre le coup à la souveraineté populaire. L’ancien flic devenu curé, Claude Sirvent, nous raconte son parcours en long et en large, sans langue de buis. Du commissariat de papa aux territoires occupés de la République, un itinéraire décidément peu banal.

Le retour d’Alain Finkielkraut

Enfin, après quelques mois d’éclipse, Alain Finkielkraut fait son grand retour chez Causeur. Pour l’Académicien, la mission des intellectuels ne consiste plus seulement à se battre pour la liberté et la justice mais pour les faits. Nier les réalités qui dérangent, telle est la nouvelle trahison des clercs.


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En ce surlendemain d’agapes, vous ne couperez pas au supplément de chair saignante que vous a préparé notre critique gastronomique Emmanuel Tresmontant. La viande extra dans tous ses états, pas question de s’en battre les steaks !

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