Marine Le Pen est assurée d’être au second tour en 2022. Qui en est responsable? Philippe Bilger analyse et s’inquiète.


Je n’ai pas l’intention de me pencher à nouveau sur le désir du président d’affronter encore Marine Le Pen et sur sa crainte que la victoire soit moins aisée qu’en 2017. Le Front républicain qui se fissure – parce que beaucoup à gauche comme à droite sont lassés d’avoir déjà largement « donné » pour sauver l’adversaire – n’est que l’une des inquiétudes qui agite le camp présidentiel. Le Premier ministre a beau dénoncer cette tentation, elle n’en demeure pas moins explicable.

Une autre est que le pouvoir à l’issue du mandat ne soit jugé que sur sa gestion diversement appréciée de l’épidémie depuis le début de l’année 2020, sans parvenir à transmettre la réalité de réformes qui auraient diversifié le bilan.

Récemment un reproche fondamental a été fait au président de la République d’avoir, par son action ou son inaction, favorisé le développement du RN. Il l’a vigoureusement contredit en rappelant que le FN puis le RN n’était pas né avec lui et que donc il déniait sa responsabilité dans ce processus.

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Pourtant, ne devrait-on pas faire preuve de lucidité et accepter l’évidence que le RN s’est bien nourri de quelque chose, de faiblesses et d’incuries du gouvernement, de son langage longtemps si peu régalien, de sa médiocrité dans le maintien de l’ordre et la lutte contre les multiples délits et crimes qui indignent et bouleversent notre pays, qu’il s’agisse de l’immigration, des cités, des quartiers sensibles, des jeunes ou des moins jeunes, des voyous attaquant la police, des bandes s’affrontant sans souci de la loi, de tout ce qui, du plus infime au plus grave, manifeste que la France est en péril et que, si on l’avait rêvée rassemblée en 2017, elle n’a jamais été plus éclatée et fracturée.

Les partis «de gouvernement» admettent que le RN a eu raison avant tout le monde

Le réel, sous Emmanuel Macron, vote RN. Et le président a laissé faire, pour ne pas dire davantage.

Il est donc évident que sur ce terreau d’indéniable faillite sur le plan de la sécurité et de la Justice, le RN s’est greffé avec efficacité d’autant plus que ce domaine a

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