Ce qui force l’admiration chez François Hollande, c’est son sens de l’humour. Dans son adresse aux Français que Libération est si fier de publier, le candidat socialiste insiste sur l’immense savoir-faire de ses compatriotes (je cite), ainsi que sur la richesse de leur vie intellectuelle et artistique que le monde entier leur envie.

Dans les discours du Comité Central Chinois, on tient volontiers ce genre de propos avec le plus grand sérieux. Ils caressent dans le sens du poil l’orgueil national et donnent à chaque « camarade » l’illusion de participer à un destin collectif hors du commun. Personne ne soupçonnera François Hollande de démagogie. Mais on lui concédera volontiers un sens de l’humour assez incisif sans savoir s’il vise certains caciques de son parti quand il parle de l’attachement profond de nos fonctionnaires, « les meilleurs du monde » – on ne le répétera jamais assez – aux valeurs de la République.

La valorisation excessive d’un peuple, d’un parti ou d’un leader, quel qu’il soit, provoque immanquablement l’effet opposé : un sourire narquois (sauf dans les comices agricoles). Merci donc à François Hollande de nous avoir offert ce discours électoraliste dont Flaubert se serait délecté. Les brillants intellectuels dont est peuplée la France auront également savouré cet art consommé de la parodie. Les grands humoristes font les grands présidents. François Hollande a donc toutes les chances d’y parvenir.

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