Je me souviens… qu’on n’allait pas au cinéma pour voir des hommes et des femmes faire l’amour. Si certaines scènes du Diable au corps nous ont jadis donné des émotions, ce fut à travers des représentations très succinctes. À Hollywood, en ce temps-là, un certain « code Hays » interdisait à Wyler, Cukor, Lubitsch, Hitchcock et autres maîtres de la suggestion d’en montrer autant qu’ils l’auraient voulu. Il me semble que c’est à la fin des années 1960 que Louis Malle et surtout Antonioni, avec Monica Vitti, ont porté la copulation à l’écran. Depuis, on n’a pas arrêté le progrès jusqu’à ce que, tout récemment, soient mises en spectacle des pratiques homosexuelles (L’Inconnu du lac d’Alain Guiraudie, La Vie d’Adèle d’Abdellatif Kechiche) ou prostitutionnelles (Jeune et jolie de François Ozon).

Le premier réflexe est de traiter par le mépris ces exhibitions ; le deuxième est d’y aller voir quand même ; le troisième (mais c’est plus qu’un réflexe) est de chercher à s’y instruire. N’y a-t-il pas dans ces films matière à réflexion, qui les distinguera de la simple pornographie ? Après tout, de la rencontre sexuelle, si importante dans notre vie, nous n’avons, sauf écrits spécialisés, qu’une expérience étroite : la nôtre. Devons- nous nous en contenter ?

*Photo: Marine Vatch dans Jeune et jolie

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