Anaphore. Le Français moyen n’a pas perdu sa soirée, mercredi 2 mai, jour du grand débat télévisé entre Nicolas Sarkozy et François Hollande. S’il a dû supporter trois heures d’un échange assommant et technique tournant essentiellement autour de l’économie (le nouvel opium des intellectuels), au détriment des questions de société et de thèmes tels que le logement ou l’éducation, il a fait un grand pas en termes de vocabulaire et de rhétorique. D’abord, Gilles Bouleau, qui présentait l’avant-débat sur TF1, a précisé que les candidats n’étaient à un moment qu’à quelques « hectomètres » du plateau. Pour les déficients mathématiques et ceux qui ont raté le concours de l’École centrale, je précise qu’un hectomètre vaut cent mètres. Mais hectomètre est tellement plus poétique, et n’avait certainement jamais été entendu à l’antenne de TF1… Ensuite, le Français moyen a découvert, grâce au François moyen, l’existence de la figure rhétorique de l’anaphore, et surtout son nom. Précisons à toutes fins utiles que l’anaphore est la reprise de mots ou de séries de mots au début de phrases successives…. « Moi, président de la République blablabla… Moi, président de la République blablabla, blabla…», etc. La délicieuse Fleur Pellerin, du PS, a twitté : « Meilleur moment du débat, l’anaphore de François. » J’ai préféré, personnellement le moment où il a bâillé.

Lire la suite