Il semble que le gouvernement ait enfin trouvé une ligne de défense quant au pépiement malheureux de la première petite amie de notre président normal. « Valérie Trierweiler est une femme libre et moderne, qui a le droit de s’exprimer librement, il faut lui laisser cette liberté là » déclarait ainsi Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole du gouvernement. Libre, et même trois fois libre elle est, libre elle restera. Le soutien au dissident charentais serait le produit d’une sympathie personnelle, sans aucun lien avec la politique officielle du gouvernement.

En tweetant effrontément, Valérie Trierweiler aurait fait preuve d’indépendance à l’égard de toutes les orthodoxies, de tous les pouvoirs constitués. C’est tout juste s’il n’est pas question de remettre à la rebelle en chef de l’Elysée une médaille pour hauts faits de résistance à l’ordre établi, quand bien même cet ordre serait celui de son compagnon (de la libération féminine). Juste une femme libre donc, et l’attaquer trop vigoureusement c’est s’exposer, on le sent venir, à l’accusation de machisme ou de sexisme.

Juste une femme libre, vraiment ? On apprend en lisant Le Parisien que le message de soutien à Olivier Falorni n’était qu’une mesure de représailles au message de soutien à Ségolène Royal de François Hollande. En clair, Mme Trierweiler a manifesté sa liberté d’esprit en…imitant rageusement son boyfriend. Nous voici au cœur de la théorie mimétique de René Girard, où l’individu moderne ne se pense jamais aussi libre que quand il est complètement fasciné par son modèle, au point de l’imiter en tout.

Des décennies de lutte pour la libération des femmes, pour que l’on en arrive à nous présenter l’aliénation la plus totale comme le parachèvement de la liberté féminine. Comprenne qui pourra.

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