Ériger la vie biologique en valeur suprême est une erreur que nous risquons de regretter, selon le nouvel essai décapant d’Alexandra Laignel-Lavastine.


Dans un livre décapant La déraison sanitaire, Alexandra Laignel-Lavastine part en guerre contre le « sanitairement correct ».

J’ai chez moi un très beau livre avec des lettres de résistants fusillés sous l’Occupation: Ils aimaient la vie à en mourir. Ce titre aurait pu être celui du texte d’Alexandra Laignel-Lavastine.

Nous aimons la vie, écrit-elle. Mais aussitôt elle ajoute : « la vie brute n’est pas tout ». Jamais, citons la encore, « nous n’avons été aussi armés médicalement et aussi désarmés moralement ». De confinement en confinement, de masques en masques nous avons accepté, poursuit-elle, de vivre dans un univers carcéral.

Les questions à vous poser pendant le couvre-feu

Qu’est-ce que la vie si l’on n’accepte pas de mourir pour elle ? Qu’est-ce que la vie si pour la préserver on nous somme d’avancer la tête baissée en rasant les murs ? Qu’est-ce que la vie quand elle est hissée au niveau d’un tout absolu et obligatoire ?

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Toutes ces questions irriguent les pages de La déraison sanitaire. Alexandra Laignel-Lavastine s’insurge contre le « quoi qu’il en coûte » psalmodié par ceux qui nous gouvernent. « Quoi qu’il en coute » c’est beaucoup, beaucoup trop cher. Notre abaissement, notre soumission sont un prix trop élevé que les générations à venir nous reprocherons un jour d’avoir payé.

Alexandra Laignel-Lavastine cite Walter Benjamin qui parle de la « vie nue » érigée – et il y voit une imposture – en valeur suprême. Puis sa plume se fait vengeresse. Voilà, écrit-elle, ce que nous dirons nos enfants. « Vous jouissez de la liberté acquise par nos ancêtres qui sont morts pour elle sur les barricades. Et voilà que vous vous barricadez contre un virus ? ». 

La Déraison sanitaire. 144 pages. Alexandra Laignel-Lavastine. Editions Au bord de l’Eau. 

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