J’aurais sûrement aimé être avocat mais pas tous les jours. En passant des heures sur les bancs des tribunaux en attendant mon tour d’être jugé, j’ai pu saisir l’abîme qui sépare l’idéal de justice poursuivi par l’étudiant en droit de la pratique de l’exercice au quotidien. Là où on espère des salauds magnifiques ou de dignes innocents, on voit défiler à la chaîne de minables coupables. On gâche sa jeunesse dans l’étude d’un Code pénal rébarbatif pour sortir Alfred du bagne et on se retrouve à Évry ou à Bobigny à conseiller Enguerrand et Godefroi[1. Les prénoms ont été modifiés] pour qu’ils échappent au quart de cellule individuelle qu’ils méritent. On entre dans la carrière pour défendre la veuve et l’orphelin de l’ouvrier amianté, et on finit par mouiller sa robe pour des voleurs, des violeurs et parfois même des traders. Heureusement, il arrive qu’au milieu de la racaille souvent en jogging et même pas toujours endimanchée pour l’occasion qui vient répondre de ses crapuleries en tous genres, un homme mérite d’être défendu. Et nous allons tenter de le faire. Qui ça nous ? Bah moi et l’avocat qui se réveille en moi.

Le mois dernier, à Saint-Étienne-du-Rouvray, un homme de 59 ans a été condamné à trois mois de prison avec sursis pour « sévices sexuels envers un animal domestique ou apprivoisé » après avoir été surpris par sa femme et sa fille aînée dans son garage et dans une poule avec laquelle il avait une relation sexuelle. Soupçonné par la cadette, les deux femmes avaient monté un stratagème pour le confondre, et le dénoncer. Au

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Mai 2017 - #46

Article extrait du Magazine Causeur